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Journées d’étude des 9 et 10 novembre 2026 : La philosophie avant la terminale : une condition de sa démocratisation ?

Une condition de sa démocratisation ?

mercredi 16 septembre 2026, par Acireph

La philosophie avant la terminale

Une condition de sa démocratisation ?

Conférences – Ateliers – Analyse de pratiques

Si l’on souhaite que tout le monde puisse philosopher, ne faut-il pas commencer à pratiquer la philosophie plus tôt ? Non seulement pour permettre à celles et ceux qui n’iront pas jusqu’en Terminale générale ou technologique, de rencontrer la philosophie, mais aussi pour préparer davantage et progressivement celles et ceux qui y parviendront. Depuis sa création, l’ACIREPh soutient, dans la continuité des travaux du GREPH, la nécessité d’un enseignement de la philosophie avant la Terminale comme une mesure concrète pour permettre une véritable démocratisation de la philosophie.

L’idée d’introduire la philosophie avant la Terminale a fait l’objet de nombreuses controverses au sein de la profession. Des expérimentations d’enseignement de la philosophie avant la Terminale ont été développées dans divers cadres. L’Inspection a elle-même proposé un cadre expérimental d’Éclairages philosophiques en Seconde et Première (voir son rapport de 2013). L’introduction d’un enseignement en Première de la spécialité HLP a incontestablement déplacé les termes du débat, mais la question demeure : l’extension est-elle possible et souhaitable ? L’Acireph propose de s’emparer de cette question, fortifiée par un élément encore largement délaissé par l’Inspection : le développement d’un ensemble d’initiatives qui défend une introduction de la philosophie au Collège et même, à l’école Primaire en France depuis près de 30 ans désormais. À la suite des programmes pensés par Matthew Lipman et Ann Margaret Sharp dans les années 1970 pour enseigner la philosophie en Primaire et dans le Secondaire aux États-Unis, des initiatives avant le lycée se sont développées progressivement en France. Des recherches académiques y sont consacrées et des formations universitaires leur sont dédiées.

En se développant, ce mouvement de philosophie pour/avec les enfants interroge les finalités, les modalités et les fondements du modèle traditionnel d’enseignement de la philosophie confiné à la Terminale.

Ces initiatives conduisent, d’abord, à regarder et interroger la conception de l’enfance et celle de la philosophie qui conduit à affirmer que des élèves avant la Terminale seraient trop jeunes, trop immatures pour philosopher, toujours en défaut de quelque chose. Ces élèves font pourtant de la physique, des mathématiques, de la littérature et s’exercent à l’écriture ou aux discussions argumentées dans d’autres disciplines en amont de la classe de terminale. Que manquerait-il donc aux enfants et aux adolescents pour pratiquer la philosophie ? Sont-ils en défaut par nature (leur âge) ou par rapport à une façon de concevoir la philosophie, celle du Lycée français ?

Elles conduisent, ensuite, sur le plan didactique, à questionner l’affirmation selon laquelle la philosophie doit s’enseigner comme un tout indivisible, en une année, d’un seul bloc. Les élèves apprennent les mathématiques tout au long de leur scolarité. Et non toutes les mathématiques en une fois, en CP ou en CM2. De même pour les autres disciplines. Pourquoi un enseignement progressif de la philosophie serait-il « par nature » impossible ? Interroger la notion de progressivité impose d’abandonner une fois pour toutes l’idée qu’il faudrait enseigner « toute la philo » et « en une seule une fois ». Que peuvent nous apprendre ici les diverses didactiques de la philosophie avant la Terminale ?

Mais interroger la progressivité, c’est aussi interroger le sens et la pertinence des exercices traditionnels en philosophie. Nous savons que ces exercices canoniques sont impraticables avant la Terminale. Faire de la philosophie en Seconde, au Collège ou en Primaire, suppose donc d’accepter la diversification des formes d’exercices et d’exercisation à la philosophie. Si l’Inspection a essayé de libérer les exercices de leurs exigences formelles les plus contestables, il n’en demeure pas moins qu’elles pèsent encore fortement sur notre enseignement, au risque de le vider de son sens et de son intérêt. Accepter la diversification des formes d’intervention de la philosophie dans le cursus scolaire impliquerait donc aussi de repenser le sens et les finalités de la philosophie à l’École, pour tenir compte de la pluralité possible de ses temps et lieux d’exercices. Comment concevoir cette redéfinition ? Quelles pourraient en être les reformulations ?

Surgissant brutalement en Terminale, la philosophie conserve l’image d’une discipline difficile, insaisissable et aristocratique. Seul.es « meilleur.es » pourraient y réussir. Et l’enseignant·e de philo. est perçu.e comme « un.e prof. pas comme les autres ». Si la philosophie était enseignée avant la Terminale, elle ferait moins peur aux élèves, mieux préparés. Le rôle et l’image de l’enseignant.e de philosophie seraient aussi transformés.

Inscription uniquement en ligne (dans la limite des places disponibles) sur : https://www.helloasso.com/associations/acireph/evenements/journees-d-etude-philosopher-avant-la-terminale

PROGRAMME DES JOURNÉES D’ÉTUDE

LIEU  : AGECA, 177 rue de Charonne, 75011 Paris – Métro : ligne 2, station Alexandre Dumas

Accueil 9h00

9h30-12h00 - Chaque journée sera introduite par un temps de plénière :

  • Conférence inaugurale de Michel Tozzi  : Histoire et développement des pratiques d’introduction de la philosophie en amont de la Terminale en France
  • Table-ronde de collègues ayant expérimenté des pratiques d’introduction de la philosophie en amont dans le cadre scolaire : enseignement primaire, collège, lycée.

13h30–17h30 - Des ateliers seront proposés autour de plusieurs axes :

ATELIERS THÉMATIQUES :
(PROGRAMME DÉTAILLÉ À VENIR)

  • Progressivité : Que peut signifier progresser en philosophie ? Comment décomposer les compétences complexes mobilisées en sous-compétences qu’on pourrait acquérir progressivement ?
  • Démocratisation et frontières d’accès : quels sont les prérequis pour accéder à la philosophie ?
  • Spécificité disciplinaire et transversalité : quelles articulations avec les autres savoirs ?

ATELIERS PRATIQUES :
(PROGRAMME DÉTAILLÉ À VENIR)
Quelles pratiques ? Quels exercices ? Démonstration de dispositifs élaborés pour introduire la philosophie en amont du lycée.

N.B. : Les journées d’étude sont déclarées comme formation syndicale, cette année en partenariat avec SUD éducation : cela vous donne la possibilité de vous absenter de vos cours pendant la formation. La formation sur le temps de travail est un droit pour tous les personnels de l’Éducation nationale, syndiqués ou non. Il suffit d’adresser à votre rectorat une demande de congé pour formation syndicale AVANT LE 9 OCTOBRE 2026 via le secrétariat de votre établissement. C’est à vous de le faire : l’association ne le fait pas pour vous. Modèle ci-dessous à télécharger en cliquant sur le document pdf :