Acireph : Association pour la Création d’Instituts de Recherche sur l’Enseignement de la PHilosophie

La guerre des programmes : Acte 5

La Gigantomachia ! L’Histoire d’un naufrage. Les programmes du GTD Renaut : des premiers débat à leur liquidation
samedi 10 août 2013 par Serge Cospérec

Épisode n°1 : le lancement de la réflexion (31 mars 1998 – décembre 1999)

Épisode n°2 : le calme avant la tempête (mars 2000 -juin 2000)

Épisode n°3 : la guerre est déclarée ! Tous les coups sont permis : du coup de force institutionnel au trucage des consultations (Juillet 2000- décembre 2000)

Épisode n°4 : la fin annoncée, Jack Lang capitule…(janvier 2001 - août 2001)

Épisodes à venir :
Episode 5 : les liquidateurs… (septembre 2001 - février 2002)

Bis repetita placent...

« Il était sans doute naïf de s’imaginer que les professeurs de philosophie laisseraient passer une aussi belle occasion de démontrer une fois de plus que la discipline qui se targue d’être la plus consciente et la plus critique de toutes est aussi celle qui se révèle à peu près toujours, en pratique, la plus conservatrice et la plus imperméable à toute idée de réforme. » [1]

Présentation générale de l’acte 5


L’acte 5 porte sur la période qui a vu les professeurs de philosophie se diviser et s’opposer autour de la réforme des programmes proposée par le Groupe d’experts que présidait le philosophe Alain Renaut. Deux faits le distinguent immédiatement des précédents : 1° la violence des polémiques et des procédés utilisée par le front conservateur (APPEP-Inspection) ; 2° l’entrée en lice d’une nouvelle association de professeurs de philosophie, l’ACIREPh qui soutient la nécessité d’une rénovation de l’enseignement de philosophie et fédère les professeurs de philosophie, toujours plus nombreux, qui jugent le statu quo intenable.

L’acte 5 comporte de nombreux événements et rebondissements. Chaque épisode fait l’objet d’une présentation, mais commençons par rappeler le contexte. Au début de l’année 1998, la réflexion sur la réforme des programmes de philosophie est engagée. Le groupe d’experts présidé par Alain Renaut n’ignore pas la difficulté de l’entreprise et entend proposer un projet de réforme prudent. La situation paraît favorable : la crise dure depuis vingt ans ; le contraste est toujours plus fort entre l’intérêt croissant – hors du lycée – pour la philosophie et son enseignement scolaire en plein marasme. Mais rappelons brièvement en quoi consiste la crise spécifique à la philosophie. Pour faire image, on peut parler d’écarts qui vont croissant. Écart entre un programme datant, dans sa conception et son contenu, de trente ans et un public qui a massivement changé. Les savoirs dont la philosophie est tributaire ont eux-aussi beaucoup évolué, tant dans les sciences sociales et humaines que dans les sciences de la nature et de l’esprit, et les questions philosophiques avec eux. La société aussi a beaucoup changé, et avec elle les problèmes sur lesquels il serait prioritaire d’initier les élèves à une approche philosophique. Comme rien n’a été fait pour réduire ces écarts, la raison d’être de l’enseignement de la philosophie apparaît de moins en moins clairement. Le désintéressement de beaucoup d’élèves est aggravé par la difficultés des exercices traditionnels auxquels ils ont peu préparés. L’abattement des professeurs est également très sensible, particulièrement au moment du baccalauréat devant la médiocrité des copies.

Rappelons que, depuis 1973, aucune évolution n’a été possible (cf. les actes précédents). Les propositions de réformes sérieuses ont été rejetées par des professeurs embarqués par l’APPEP et l’Inspection générale dans une défense crispée et suicidaire du statu quo. Et quand, devant la pression du Ministère, l’Inspection a proposé sa non-réforme (les programmes du GTD Lucien-Menasseyre- Dagognet), elle a été logiquement repoussée par les Instances consultatives et décisionnaires (le Conseil National des Programmes, le Ministère, le Conseil Supérieur de l’éducation) ainsi que par les professeurs et la majorité des syndicats d’enseignants (cf. acte 4 pour le détail de cet épisode) .

En 1998, Alain Renaut est pressenti pour élaborer de nouveaux programmes. Il est chargé d’organiser une journée disciplinaire (le 31 mars 1998) qui donnera le coup d’envoi de la réflexion suivie d’une série de débats publics, dans diverses revues et à la radio. C’est l’épisode 1, la réflexion est lancée.

[1Jacques BOUVERESSE, à propos du Rapport de la « Commission de philosophie et d’épistémologie » de 1989


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