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	<title>ACIREPh</title>
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		<title>ACIREPh</title>
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		<title>Manifeste pour l'enseignement de la philosophie</title>
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		<dc:date>2020-08-29T01:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Activit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;dagogie</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>Connaissances</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce texte est un acte fondateur de l'association. Il part d'un &#233;tat des lieux de l'enseignement de la philosophie en France pour en arriver &#224; une liste de 10 chantiers qui d&#233;finissent les buts de l'ACIREPh.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Manifeste pour l'enseignement de la philosophie a &#233;t&#233; unanimement approuv&#233; lors de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du 31 mars 2001. Il a &#233;t&#233; actualis&#233; en 2020.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://acireph.org/mot/activites" rel="tag"&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://acireph.org/mot/avenir-de-la-philosophie" rel="tag"&gt;Avenir de la philosophie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://acireph.org/mot/democratisation" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/connaissances" rel="tag"&gt;Connaissances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#034;&lt;i&gt;La philosophie n'est pas un temple, mais un chantier.&lt;/i&gt;&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Canguilhem&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e est en panne. Certes, il n'a jamais touch&#233; autant d'&#233;l&#232;ves qu'aujourd'hui et sa l&#233;gitimit&#233; n'a jamais &#233;t&#233; mieux &#233;tablie dans une soci&#233;t&#233; o&#249; la demande de philosophie, quelle que soit son ambigu&#239;t&#233;, n'a jamais &#233;t&#233; aussi forte. Mais sa vitalit&#233;, sa capacit&#233; de renouvellement sont atteintes et les sympt&#244;mes d'un d&#233;p&#233;rissement de la philosophie scolaire se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des sympt&#244;mes de d&#233;p&#233;rissement&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Un grand nombre d'&#233;l&#232;ves&lt;/i&gt; &#8212; et pas seulement dans les s&#233;ries technologiques &#8212; &lt;i&gt;ne parviennent pas &#224; tirer un r&#233;el profit de l'enseignement de philosophie tel qu'il leur est actuellement dispens&#233;&lt;/i&gt;. Cela fait dire que les &#233;l&#232;ves qui n'ont pas de philosophie en demandent, mais que ceux qui en font s'y ennuient. La formule est sans doute excessive, mais les constats que tout un chacun peut faire au moment du baccalaur&#233;at ne sont gu&#232;re encourageants : nombre de copies ne portent aucune trace d'un an de philosophie, et malgr&#233; leur bonne volont&#233; &#233;vidente la plupart n'en contiennent que des bribes confuses ; seule une fraction d'entre elles t&#233;moignent de l'acquisition des rudiments d'une culture et d'une d&#233;marche philosophique. Les difficult&#233;s d'&#233;valuation, si fr&#233;quemment &#233;voqu&#233;es (et auxquelles la profession ne s'est jamais vraiment donn&#233; les moyens de faire face, sauf &#224; relever la notation d'une fa&#231;on volontariste qui &#233;lude le probl&#232;me), ne sont qu'un sympt&#244;me : ce qu'enregistre en d&#233;finitive l'&#233;preuve du baccalaur&#233;at - et qu'on constate au-del&#224; du bac dans toutes les formations sup&#233;rieures - c'est l'incapacit&#233; de l'enseignement de philosophie &#224; former actuellement d'une mani&#232;re satisfaisante une grande partie des &#233;l&#232;ves qui lui sont confi&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Face &#224; l'expression de nouvelles demandes et de nouveaux besoins, on enregistre dans la profession des r&#233;actions de frilosit&#233; et de crispation. &lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Depuis trente ans, &lt;i&gt;toutes les tentatives pour r&#233;former les programmes ont &#233;chou&#233;&lt;/i&gt;. Plus globalement, la profession se montre incapable d'assurer une &#233;volution r&#233;guli&#232;re de la discipline qui tienne compte aussi bien de l'&#233;tat des d&#233;bats philosophiques contemporains que des changements dans l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques mois de philosophie en terminale, les &#233;l&#232;ves se plaignent presque unanimement d'avoir une seule ann&#233;e pour assimiler la d&#233;marche et la culture philosophique n&#233;cessaires et regrettent de n'avoir pas commenc&#233; d&#232;s la classe de premi&#232;re. Mais il faut bien reconna&#238;tre que &lt;i&gt;l'id&#233;e d'enseigner la philosophie sur deux ans, voire trois &lt;/i&gt; (comme c'est le cas dans la plupart des pays d'Europe o&#249; existe un enseignement, obligatoire ou optionnel, de philosophie) suscite encore aujourd'hui dans la profession des divergences sensibles d'appr&#233;ciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'enseignement dans les s&#233;ries technologiques&lt;/i&gt; reste un sujet tabou : le cadavre dans le placard. Les difficult&#233;s y sont criantes. Mais jamais on n'a pris la peine de r&#233;unir ceux qui y enseignent pour mesurer leurs succ&#232;s comme leurs &#233;checs, et en tirer les cons&#233;quences. Si nombre de professeurs se passionnent pour cet enseignement, et quelquefois y r&#233;ussissent, beaucoup attendent impatiemment la mutation qui les d&#233;livrera de ce qu'ils vivent comme un fardeau ; et plus d'un dit d&#233;sormais &#224; mi-voix qu'apr&#232;s tout la philosophie n'a peut-&#234;tre pas sa place dans ces s&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, est-il surprenant que &lt;i&gt;l'hypoth&#232;se d'un enseignement de la philosophie dans les lyc&#233;es professionnels&lt;/i&gt; inqui&#232;te plus qu'elle n'enthousiasme ? Sa mise en place poserait assur&#233;ment d'&#233;normes probl&#232;mes. Mais on peut se demander si, par l'effet de ses craintes, la profession ne pr&#233;f&#232;rera pas plut&#244;t renoncer devant l'obstacle que se demander si ce ne serait pas pour elle l'occasion d'innovations f&#233;condes et de remises en cause salutaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La philosophie est-elle encore formatrice ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Devant ces ph&#233;nom&#232;nes de fragilisation, de scl&#233;rose et de d&#233;sarroi, on peut se demander combien de temps encore la philosophie sera en mesure de justifier et de conserver sa place si particuli&#232;re dans l'enseignement secondaire fran&#231;ais. Et la question qui se pose est la suivante : &lt;strong&gt;A quelles conditions la philosophie au lyc&#233;e peut-elle rester ou redevenir une discipline vivante et formatrice ?&lt;/strong&gt; Cette question ne concerne pas seulement les enseignants de philosophie, mais tous ceux qui, &#224; des titres divers, s'int&#233;ressent &#224; elle parce qu'ils enseignent d'autres disciplines, parce qu'ils ont des responsabilit&#233;s syndicales ou politiques, parce qu'ils sont &#233;l&#232;ves, parents d'&#233;l&#232;ves, ou tout simplement des citoyens &#224; qui l'avenir de cet enseignement importe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour leur part, les professeurs de philosophie du secondaire se retrouvent extraordinairement d&#233;munis : il n'existe parmi eux aucune structure institutionnelle d'&#233;change didactique et p&#233;dagogique. Chacun est seul dans ses classes, aussi bien pour faire face &#224; ses &#233;checs et &#224; ses besoins que pour soutenir et poursuivre dans la dur&#233;e ses propres innovations. La formation initiale des professeurs de philosophie et leur formation continue restent presque exclusivement th&#233;oriques. Pire : les exp&#233;riences et les recherches didactiques et p&#233;dagogiques sont parfois accueillies avec m&#233;fiance ou m&#233;pris. Celui qui en exprime le besoin est aussit&#244;t soup&#231;onn&#233; d'entretenir une conception techniciste ou formaliste de l'enseignement qui ferait perdre &#224; la philosophie son &#226;me : il passe simplement pour un pi&#232;tre professeur parce qu'il serait un mauvais philosophe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La &#8220;doctrine officieuse&#8221; et ses cons&#233;quences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, p&#232;se depuis 50 ans sur l'enseignement de philosophie une &lt;i&gt;doctrine officieuse &lt;/i&gt; qui impr&#232;gne et oriente de fait la profession. Elle est &lt;i&gt;officieuse&lt;/i&gt; parce qu'elle ne figure comme telle dans aucune instruction officielle ni aucun texte de programme. Mais c'est une &lt;i&gt;doctrine&lt;/i&gt; parce qu'elle est explicite et coh&#233;rente ; elle a &#233;t&#233; express&#233;ment formul&#233;e lors de colloques, de conf&#233;rences et dans divers articles ; elle est en permanence rappel&#233;e en filigrane dans les rapports des jurys de concours ou certains rapports d'inspection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette doctrine part d'un principe qui inspire l'enseignement de la philosophie en France depuis plus d'un si&#232;cle :&lt;i&gt; l'enseignement de la philosophie est un enseignement philosophique.&lt;/i&gt; Sa finalit&#233; premi&#232;re n'est pas que l'&#233;l&#232;ve sache ce qu'ont dit Platon ou Descartes, mais qu'il apprenne &#224; mener par lui-m&#234;me une r&#233;flexion philosophique et d&#233;veloppe ainsi son esprit critique et l'autonomie de son jugement. C'est l&#224; un principe que personne ne conteste. Ce qui est contestable en revanche, c'est la d&#233;formation que la doctrine officieuse lui fait subir, et ce sont les normes et les repr&#233;sentations qu'elle pr&#233;tend en tirer pour l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du principe qu'un enseignement de la philosophie doit &#234;tre philosophique, elle croit pouvoir en d&#233;duire deux autres :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'enseignement de la philosophie &lt;i&gt;n'&lt;/i&gt;aurait &#224; r&#233;pondre &lt;i&gt;qu'&#224; &lt;/i&gt; des exigences philosophiques, &#224; l'exclusion de toute autre ; et&lt;/li&gt;&lt;li&gt; il lui &lt;i&gt;suffirait&lt;/i&gt; de satisfaire &#224; ces exigences pour &#234;tre ce qu'il doit &#234;tre.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, c'est &#224; partir de la &lt;i&gt;seule&lt;/i&gt; consid&#233;ration de l'essence de la philosophie que devrait se r&#233;gler son enseignement. Le sophisme est manifeste : que l'enseignement de la philosophie doive r&#233;pondre &#224; des exigences philosophiques n'implique &#233;videmment pas qu'il doive, et puisse m&#234;me, en ignorer d'autres, celles qui d&#233;coulent du fait qu'il est un enseignement et qu'il s'adresse, dans un cadre scolaire pr&#233;cis, &#224; des &#233;l&#232;ves d&#233;termin&#233;s : des exigences p&#233;dagogiques et didactiques. Elaborer un programme qui soit formateur pour les &#233;l&#232;ves d'une s&#233;rie d&#233;termin&#233;e, s'entendre sur des crit&#232;res d'&#233;valuation, concevoir un enseignement dans les lyc&#233;es professionnels, etc. : aucun de ces probl&#232;mes ne peut &#234;tre r&#233;solu sans articuler ensemble exigences philosophiques, p&#233;dagogie et didactique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette articulation, la doctrine officieuse la rend impossible : constituant la philosophie en puissance r&#233;gulatrice qui n'a de compte &#224; rendre qu'&#224; elle-m&#234;me, elle conduit &#224; juger son enseignement en rapport avec des exigences abstraites et id&#233;ales, jamais en rapport avec ses effets de formation sur ceux &#224; qui il s'adresse. L'enseignant de philosophie n'aurait &#224; justifier ce qu'il dit et fait qu'au regard d'une id&#233;e de la philosophie comme pens&#233;e qui se fonde en permanence sur elle-m&#234;me. Or cette id&#233;e rel&#232;ve d'&lt;i&gt;une&lt;/i&gt; conception de la philosophie ; elle est r&#233;cus&#233;e dans d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, une telle doctrine conduit &#224; ignorer ou m&#233;priser les exigences p&#233;dagogiques propres &#224; la situation scolaire : ou bien on pr&#233;tend qu'elles sont magiquement satisfaites pourvu que celles de la philosophie le soient ; ou bien on les renvoie &#224; l'idiosyncrasie et &#224; la &#8220;petite cuisine&#8221; de chaque enseignant. Cela revient &#224; entretenir la c&#233;cit&#233; sur les processus par lesquels les &#233;l&#232;ves s'approprient peu &#224; peu les comp&#233;tences et les savoirs requis et sur les obstacles qu'ils peuvent rencontrer dans ces apprentissages. Cela revient &#224; la n&#233;gation pure et simple du &lt;i&gt;m&#233;tier&lt;/i&gt; d'enseignant et des pratiques diverses par lesquelles chacun dans ses classes, de mani&#232;re intuitive ou m&#233;thodique, s'efforce de conduire le travail et la progression de ses &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &lt;i&gt;le mythe d'une discipline &#8220; ascolaire &#8221;&lt;/i&gt; se paie cher. Au fil des ann&#233;es s'est d&#233;velopp&#233;e une scolarisation rampante et non assum&#233;e de la philosophie, une mauvaise scolarisation : ce sont les sujets du bac et les manuels qui fixent le programme r&#233;el et ce sont les fascicules de m&#233;thode qui codifient la dissertation. Et tant qu'on se contentera de d&#233;clarer que les candidats au baccalaur&#233;at doivent &#8220; prendre le risque de penser &#8221; et qu'une bonne copie est celle qui &#8220; &#233;tonne le correcteur &#8221;, il ne faudra pas s'&#233;tonner de voir les &#233;l&#232;ves chercher &#224; se rassurer, demander avec insistance ce qu'on attend d'eux et, faute de r&#233;ponse, se d&#233;brouiller avec l'aide en ligne sur l'Internet. Sous l'effet de cette r&#233;gulation par le mauvais bout, les contenus se normalisent et s'appauvrissent, les exigences m&#233;thodologiques tournent &#224; la caricature. Tout se passe comme si la doctrine officieuse produisait exactement ce qu'elle pr&#233;tend &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Articuler philosophie et p&#233;dagogie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne sortira pas l'enseignement de la philosophie de l'impasse o&#249; il s'est mis lui-m&#234;me sans un r&#233;examen collectif de ces id&#233;es re&#231;ues et de ces repr&#233;sentations qui gouvernent la profession depuis des d&#233;cennies, la replient sur elle-m&#234;me et paralysent son &#233;volution. Il ne s'agit pas de remplacer une doctrine par une autre, mais de lever les verrous et de lib&#233;rer les initiatives et les &#233;changes. Il s'agit d'&lt;i&gt;ouvrir un espace de d&#233;bat et de r&#233;flexion&lt;/i&gt; o&#249; l'exp&#233;rience de chacun &#8212; qu'il enseigne en s&#233;rie technologique dans un lyc&#233;e de zone sensible ou dans un grand lyc&#233;e parisien, qu'il soit agr&#233;g&#233; ou ma&#238;tre-auxiliaire &#8212; soit &#233;galement reconnue et o&#249; la pluralit&#233; des d&#233;marches p&#233;dagogiques ne soit plus consid&#233;r&#233;e comme une menace pour le caract&#232;re philosophique de l'enseignement, mais comme l'expression normale et stimulante d'un enseignement vivant et formateur de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la cr&#233;ation d'un tel espace, dans des conditions de reconnaissance institutionnelle (les IREPH : Instituts de Recherche sur l'Enseignement de la Philosophie), qui est la raison d'&#234;tre de notre association. En 20 ans d'existence, nous nous sommes efforc&#233;s, avec les moyens limit&#233;s qui sont les n&#244;tres, de le faire d'ores et d&#233;j&#224; vivre : nous avons tenu des colloques et des journ&#233;es d'&#233;tude, nous avons mis en place des groupes de travail r&#233;gionaux et th&#233;matiques, nous avons particip&#233; aux d&#233;bats sur les programmes et les &#233;preuves du baccalaur&#233;at en tentant d'y apporter des suggestions et des arguments. A partir de ces 20 ann&#233;es d'exp&#233;riences, de prises de conscience et de confrontations, ce manifeste propose d'ouvrir &lt;strong&gt;10 chantiers pour l'enseignement de la philosophie. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chantiers doivent contribuer &#224; faire vivre et &#233;tendre la philosophie au lyc&#233;e et &#224; l'Universit&#233;. Ils rel&#232;vent &#233;videmment de la responsabilit&#233; des professeurs. Ce sont eux qui doivent op&#233;rer, dans le respect de leur tradition, le renouvellement n&#233;cessaire de leur enseignement : ils sont en effet les mieux plac&#233;s et les mieux arm&#233;s (pour autant qu'ils s'en donnent et qu'on leur en donne les moyens) pour r&#233;fl&#233;chir, exp&#233;rimenter et &#233;changer collectivement sur leurs pratiques. Ces chantiers font concourir philosophie, p&#233;dagogie et didactique au d&#233;veloppement de l'esprit critique et de l'autonomie du jugement des &#233;l&#232;ves. Parce qu'ils d&#233;veloppent les moyens de favoriser l'appropriation et l'exercice par le plus grand nombre du savoir et de la r&#233;flexion philosophique, ces chantiers apportent par l&#224; m&#234;me leur pierre &#224; la difficile et n&#233;cessaire d&#233;mocratisation de la philosophie et de son enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dix chantiers pour l'enseignement de la philosophie&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premier chantier :
Reconna&#238;tre que la philosophie au lyc&#233;e est une discipline scolaire.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'identification pure et simple de l'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e &#224; la philosophie tout court emp&#234;che de penser la sp&#233;cificit&#233; de la philosophie comme discipline scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie, en effet, existe pr&#233;alablement &#224;, et ind&#233;pendamment de, son enseignement au lyc&#233;e. Elle vit d'abord ailleurs : dans les recherches, les livres et les d&#233;bats des philosophes et &#8212; plus ou moins &#8212; dans ce que tout un chacun peut dire ou &#233;crire quand il philosophe. Ce qui fait sa sp&#233;cificit&#233; comme discipline scolaire, c'est sa valeur formatrice, ce sont les finalit&#233;s qui lui sont assign&#233;es en tant qu'elle participe, avec les autres disciplines, &#224; la formation intellectuelle des &#233;l&#232;ves des lyc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, l'enseignement n'a pas &#224; &#234;tre con&#231;u &#224; partir d'une id&#233;e a priori de ce qu'est la philosophie &#8212; il y en a d'ailleurs de multiples &#8212; mais &#224; partir de la question : &lt;i&gt;qu'est-ce qui dans l'h&#233;ritage de 2500 ans de philosophie et dans la vie philosophique contemporaine peut le mieux contribuer &#224; permettre aux &#233;l&#232;ves de se forger un esprit critique, de d&#233;velopper leurs capacit&#233;s de r&#233;flexion et l'autonomie de leur jugement, de se construire une culture qui soit un instrument d'intelligibilit&#233; du monde qui les entoure ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette question d&#233;coule une s&#233;rie d'autres sur lesquelles doit porter la r&#233;flexion collective des professeurs de philosophie. Quels sont les contenus de connaissances et les outils intellectuels que, comme dans toutes les autres disciplines, les &#233;l&#232;ves doivent apprendre &#224; ma&#238;triser ? Quelles comp&#233;tences doivent-ils acqu&#233;rir ? Que peut-on exiger d'un &#233;l&#232;ve de terminale de telle ou telle s&#233;rie ? A l'aune de quels crit&#232;res son travail sera-t-il &#233;valu&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie nullement que l'on r&#233;duise la philosophie au bachotage ou la subordonne au baccalaur&#233;at, ni qu'on l'enferme dans une perspective &#233;troitement utilitaire ou techniciste, ni qu'on lui enl&#232;ve son caract&#232;re de recherche et de d&#233;couverte intellectuelle. Cela signifie au contraire qu'on lui redonne, contre la &#8220; mauvaise scolarisation par les manuels &#8221;, son plein sens de discipline scolaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Etudier la philosophie au lyc&#233;e, c'est se former &#224; la philosophie et se former par la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me chantier :
Reconna&#238;tre qu'apprendre &#224; philosopher est un apprentissage et qu'enseigner la philosophie est un m&#233;tier.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait sans dommage identifier purement et simplement le professeur de philosophie &#224; un philosophe. Celui qui fait le philosophe devant ses &#233;l&#232;ves ne les forme pas puisqu'il les traite comme des disciples qu'ils ne seront jamais. Et sa &#8220;philosophie&#8221; restera faible, r&#233;p&#233;titive, victime de cette confusion des genres. Cette identification, avec les images de soi qui l'accompagnent, reste pourtant fortement ancr&#233;e dans les esprits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On la r&#233;sume souvent dans la formule : &lt;i&gt;&#8220; le professeur de philosophie est l'auteur de son cours &#8221;&lt;/i&gt;. Si on entend par l&#224; que chaque professeur organise comme il le veut et sous sa pleine responsabilit&#233; son ann&#233;e et son approche des notions et des textes avec telle ou telle classe, selon son propre style d'enseignement, alors c'est trivial, et il n'est pas besoin d'en faire un dogme. Mais si cela veut dire qu'un cours est un texte, faisant &#339;uvre, que le professeur &#233;crit et dit (ou qu'il improvise sans l'avoir &#233;crit) devant ses &#233;l&#232;ves, ou m&#234;me avec eux, alors cette formule est fausse et n&#233;faste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est &lt;i&gt;fausse&lt;/i&gt;, sur le plan intellectuel : lorsqu'un philosophe est l'auteur d'une &#339;uvre, il la publie, ce qui signifie qu'il prend le risque de la soumettre &#224; la critique de ses pairs. Or les &#233;l&#232;ves ne sont pas nos pairs, et leur critique, si elle a lieu, ne nous fait pas courir grand risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est &lt;i&gt;n&#233;faste&lt;/i&gt;, sur le plan p&#233;dagogique : elle fait l'impasse sur l'activit&#233; des &#233;l&#232;ves, et emp&#234;che de se poser la question de &lt;i&gt;ce que font les &#233;l&#232;ves&lt;/i&gt; lorsqu'ils &#233;coutent un tel texte. Ou plus pr&#233;cis&#233;ment, elle pr&#233;suppose acquise la capacit&#233; d'une &#233;coute active et critique de la parole de l'enseignant : la capacit&#233; de se l'approprier pour son propre compte, d'en saisir la dimension probl&#233;matique et de s'en servir pour mettre en &#339;uvre sa propre pens&#233;e, dans une dissertation par exemple. Elle pr&#233;suppose donc acquis ce qui, en r&#233;alit&#233;, ne l'est que par un tout petit nombre &#224; l'entr&#233;e en terminale, et doit au contraire &#234;tre appris par la grande majorit&#233; des &#233;l&#232;ves aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre formule exprime la m&#234;me occultation de la dimension d'apprentissage : &lt;i&gt;&#8220; la philosophie est &#224; elle-m&#234;me sa propre p&#233;dagogie &#8221;&lt;/i&gt;. Si on veut simplement signifier qu'en classe de philosophie on doit philosopher, personne ne saurait la contester s&#233;rieusement. Mais si on entend par l&#224; que, pour apprendre &#224; philosopher, il suffirait d'entendre ou de lire de la philosophie et que le professeur peut se passer de toute r&#233;flexion sur les moyens &#224; mettre en &#339;uvre pour amener ses &#233;l&#232;ves &#224; faire de la philosophie, alors elle est trompeuse et nocive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler des conditions de l'apprentissage de la philosophie au lieu de parler philosophie est encore trop souvent per&#231;u comme une faiblesse ou un signe d'insuffisance philosophique, ce qui a pour effet pervers d'instiller un sentiment de culpabilit&#233; ou d'&#233;chec chez l'enseignant qui, dans sa pratique, a besoin d'outils p&#233;dagogiques, et de l'isoler : comment r&#233;soudre des difficult&#233;s d'ordre p&#233;dagogique quand la seule discussion admise est la discussion philosophique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concevoir l'enseignement de la philosophie comme un apprentissage, c'est justement s'atteler &#224; cette difficult&#233; : comment faire entrer des &#233;l&#232;ves dans l'ensemble des d&#233;marches intellectuelles qui constituent l'activit&#233; philosophique ? Cela suppose de r&#233;fl&#233;chir &#224; la fa&#231;on dont les connaissances et les comp&#233;tences philosophiques acquises par l'enseignant au cours de ses &#233;tudes universitaires &#8212; qui sont, rappelons-le, essentiellement des connaissances d'histoire de la philosophie &#8212; vont pouvoir &#234;tre mises au service de cette t&#226;che de formation &#224; l'activit&#233; philosophique ; de clarifier les buts que l'on vise et d'ajuster au mieux les moyens (quels concepts, quels textes, quelles d&#233;marches, quels exercices&#8230;) pour atteindre ces buts avec les &#233;l&#232;ves ; de r&#233;organiser en permanence, &#224; l'&#233;preuve de l'exp&#233;rience et au plus pr&#232;s de la r&#233;alit&#233; des classes, ce rapport entre comp&#233;tences philosophiques et comp&#233;tences p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail, chacun certes l'effectue plus ou moins, m&#234;me si c'est souvent de mani&#232;re intuitive ; mais il l'effectuera d'autant mieux qu'il en prendra une claire conscience &#224; travers le partage des exp&#233;riences et la r&#233;flexion commune. Cela suppose de reconna&#238;tre et d'assumer son &lt;i&gt;m&#233;tier de professeur&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Troisi&#232;me chantier :
Assumer la diversification des formes d'enseignement de la philosophie qu'entra&#238;ne sa d&#233;mocratisation.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici le mod&#232;le philosophique fran&#231;ais s'est &#233;tendu en g&#233;n&#233;ralisant l'enseignement de la classe de philosophie : les &lt;i&gt;Instructions de 1925&lt;/i&gt;, texte de r&#233;f&#233;rence d'une aristocratie intellectuelle, sont devenues, &#224; la virgule pr&#232;s, la bible d'un enseignement de masse. Mais en un si&#232;cle, la position d'exception de la philosophie, &#8220; couronnement des humanit&#233;s &#8221;, est devenue par l'effet conjugu&#233; de l'extension de la philosophie et de la massification de l'enseignement une position de &lt;i&gt;repli sur soi&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'introduction de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques en est l'exemple flagrant : on a d'abord choisi de transplanter directement aupr&#232;s de publics nouveaux, sans aucun souci de leur cursus et de leurs sp&#233;cificit&#233;s, le programme, la p&#233;dagogie et le mode d'&#233;valuation de la &#8220;classe de philosophie&#8221;. Puis on a fait le silence non seulement sur les difficult&#233;s p&#233;dagogiques et les &#233;checs caract&#233;ris&#233;s dans ces classes, souvent v&#233;cus dans la honte et la solitude, mais aussi sur le tr&#233;sor d'inventions que les professeurs y d&#233;ploient quotidiennement : on consid&#232;re celles-ci comme de simples exp&#233;dients, in&#233;vitables de la part d'un enseignement &#224; la d&#233;rive ou d'un enseignant en p&#233;ril ; elles appellent au mieux la sympathie, mais on leur refuse la reconnaissance et la possibilit&#233; de circuler parmi les enseignants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, les professeurs qui se sont investis aupr&#232;s des &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques sont nombreux &#224; juger que le travail pour aller &#224; ce qui est philosophiquement essentiel et l'effort d'imagination p&#233;dagogique que cet enseignement exige d'eux sont tout &#224; fait salutaires. Ils sont une source de renouvellement particuli&#232;rement f&#233;conde dont les effets s'&#233;tendent, avec b&#233;n&#233;fice, &#224; leur enseignement dans toutes les autres s&#233;ries. On peut enseigner dans ces s&#233;ries sans avoir le sentiment ni de &#8220;brader&#8221; la philosophie ni de d&#233;choir, mais bien au contraire d'y exercer pleinement son m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose &#233;videmment que la diversification des formes d'enseignement de la philosophie qu'entra&#238;ne n&#233;cessairement sa d&#233;mocratisation soit reconnue de plein droit et soit collectivement assum&#233;e, au lieu d'&#234;tre laiss&#233;e au bricolage individuel. Dispenser un enseignement diversifi&#233;, ce n'est pas m&#233;priser les &#233;l&#232;ves en leur dispensant une philosophie au rabais. C'est reconna&#238;tre que &lt;i&gt;les capacit&#233;s philosophiques qu'on rencontre chez tous les &#233;l&#232;ves ne s'expriment pas chez tous de la m&#234;me mani&#232;re et ne peuvent pas &#234;tre cultiv&#233;es chez tous selon les m&#234;mes modalit&#233;s&lt;/i&gt;. La mani&#232;re dont des &#233;l&#232;ves peuvent se former &#224; la philosophie ne saurait &#234;tre ind&#233;pendante ni de leur parcours scolaire ant&#233;rieur, ni de leur bagage culturel, ni des rapports qu'ils entretiennent avec le langage, avec l'&#233;cole ou avec les adultes, ni non plus de leur projet professionnel et de la fa&#231;on dont plus g&#233;n&#233;ralement ils envisagent leur avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'enseignement de la philosophie veut vraiment s'adresser &#224; tous, il doit s'interroger : qu'est-ce qui, dans ses formes d'enseignement, est ins&#233;parable et constitutif de la discipline ? qu'est-ce qui rel&#232;ve d'une histoire contingente, c'est-&#224;-dire du r&#244;le institutionnel, de la fonction sociale et du public que la discipline a pu avoir &#224; telle ou telle &#233;poque ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quatri&#232;me chantier :
Reconna&#238;tre que faire de la philosophie ne sert pas seulement &#224; philosopher.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La philosophie fait appel &#224; un &lt;i&gt;riche &#233;ventail de comp&#233;tences&lt;/i&gt; : poser des probl&#232;mes ; analyser des concepts ; se d&#233;centrer de son propre point de vue et prendre de la distance &#224; l'&#233;gard de ses opinions ; exercer son esprit critique &#224; l'&#233;gard des id&#233;es re&#231;ues et des sch&#232;mes de pens&#233;e &#233;tablis ; passer de l'expression imm&#233;diate et spontan&#233;e de son avis au d&#233;veloppement argument&#233; et nuanc&#233; d'une position ; pratiquer un va-et-vient permanent entre l'abstrait et le concret, entre le particulier et l'universel ; tirer les le&#231;ons d'un exemple et envisager les cons&#233;quences d'un principe ; faire &#233;voluer le contenu et la formulation de ses id&#233;es pour tenir compte d'objections dont on reconna&#238;t la l&#233;gitimit&#233; ; conduire une r&#233;flexion depuis l'exposition d'une question jusqu'&#224; la formulation d'une r&#233;ponse ; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cours de philosophie, ces comp&#233;tences sont des moyens au service d'un seul but : le libre exercice de la pens&#233;e, pratiqu&#233; pour lui-m&#234;me. Mais ces comp&#233;tences ont aussi une valeur en elles-m&#234;mes. Elles constituent des &#233;l&#233;ments indispensables de la formation de l'&#233;l&#232;ve, quel que soit son avenir scolaire et professionnel et quelles que soient les activit&#233;s dans lesquelles il s'engagera au cours de son existence future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la philosophie a d'autant plus de valeur qu'elle &#233;chappe au souci de l'utile. Et c'est en un sens vrai : quand on se forme &#224; la philosophie, comme quand on se forme &#224; la musique ou aux math&#233;matiques, on vise la philosophie pour elle-m&#234;me. Mais dans le m&#234;me temps, on se forme par la philosophie, comme on se forme par la musique ou par les math&#233;matiques ; et en ce sens-l&#224;, la philosophie n'a pas &#224; rougir d'&#234;tre utile, et m&#234;me de revendiquer son utilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie ne saurait justifier la position qu'il occupe aujourd'hui &#8212; et encore moins le renforcement de sa pr&#233;sence dans les cursus scolaires et universitaires &#8212; s'il ne fait pas la preuve de son &lt;i&gt;utilit&#233;&lt;/i&gt; dans la formation intellectuelle et culturelle de tous les &#233;l&#232;ves et s'il ne s'interroge pas sur son efficacit&#233; ainsi que sur les moyens de l'&#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cinqui&#232;me chantier :
Red&#233;finir l'&#233;l&#233;mentaire.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On entend souvent dire : &lt;i&gt;&#8220; les &#233;l&#232;ves ont droit &#224; toute la philosophie &#8221;&lt;/i&gt;. Si on entend par l&#224; qu'il n'y a aucune raison de ne pas proposer aux &#233;l&#232;ves des s&#233;ries litt&#233;raires de r&#233;fl&#233;chir sur les sciences, &#224; ceux des s&#233;ries scientifiques de s'interroger sur l'art et &#224; ceux des s&#233;ries technologiques de se poser des questions m&#233;taphysiques, tout le monde sera d'accord. Mais pr&#233;tendre que le programme d'une ann&#233;e de philosophie, quelle que soit la s&#233;rie et quel que soit l'horaire, doit avoir une vis&#233;e encyclop&#233;dique et &#234;tre aussi illimit&#233; dans son principe qu'ind&#233;termin&#233; dans son contenu puisque toute la philosophie en puissance doit y &#234;tre incluse, c'est une id&#233;e contestable et d&#233;sastreuse dans la pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est dans son principe solidaire d'une conception initiatique de l'enseignement : il faudrait faire op&#233;rer &#224; l'&#233;l&#232;ve une sorte de conversion intellectuelle par laquelle il acc&#233;derait en quelques mois &#224; une nouvelle mani&#232;re de consid&#233;rer toute chose et d'aborder tous les probl&#232;mes. C'est l&#224; simplement une doctrine p&#233;dagogique et nul n'a le droit de l'&#233;riger en norme unique. Mais surtout elle a, dans un cadre scolaire, des effets particuli&#232;rement n&#233;fastes : si toute la philosophie est au programme, rien n'est au programme et rien n'est exigible. Refuser ainsi d'indiquer &#224; l'&#233;l&#232;ve sur quoi il doit faire porter son effort, quels probl&#232;mes il doit comprendre, quelles connaissances ma&#238;triser et quelles comp&#233;tences acqu&#233;rir, ne lui permet pas de s'engager dans un v&#233;ritable travail de formation de soi. C'est l'entretenir dans l'id&#233;e qu'on est &#8220;dou&#233; pour la philo&#8221; ou pas et, &#224; l'examen, favoriser l'habile ignorant au d&#233;triment de celui qui a travaill&#233; et appris. En outre, &#224; refuser ainsi de d&#233;limiter et d'expliciter l'&#233;l&#233;mentaire, la discipline perd sa consistance et la philosophie se transforme peu &#224; peu en une &#8220;mati&#232;re d'&#233;veil&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que l'&#233;l&#233;mentaire, en philosophie, c'est ce qui est premier, ce dont tout d&#233;coule. Mais c'est confondre &lt;i&gt;deux sens du mot &#8220;&#233;l&#233;mentaire&#8221;&lt;/i&gt; : les &#233;l&#233;ments premiers d'un syst&#232;me &lt;i&gt;(philosophique)&lt;/i&gt; et les premiers pas d'une progression &lt;i&gt;(p&#233;dagogique)&lt;/i&gt;. La responsabilit&#233; collective des enseignants de philosophie est, comme dans n'importe quelle autre discipline, de discerner et de pr&#233;lever ce qui, dans les d&#233;marches, les probl&#232;mes, les concepts et les doctrines majeures de la tradition, peut &#234;tre formateur pour des &#233;l&#232;ves d&#233;butants qui, dans leur immense majorit&#233;, ne feront plus de philosophie ensuite. Refuser d'op&#233;rer une telle s&#233;lection, mettre d'un coup les &#233;l&#232;ves devant &#8220;toute la philosophie&#8221;, c'est en r&#233;alit&#233; d&#233;missionner. Bien entendu, ce choix n'est pas simple. Il ne peut se faire qu'&#224; partir de l'exp&#233;rience et de la r&#233;flexion de toute la profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fixer ainsi des exigences limit&#233;es et raisonnables, ce n'est ni renoncer ni baisser le niveau. Le pire est d'avoir des exigences d&#233;raisonnables qu'on est incapable de tenir et de faire respecter. Car on perd alors tout crit&#232;re pour juger des progr&#232;s ou des &#233;checs. C'est une des raisons des inextricables probl&#232;mes d'&#233;valuation rencontr&#233;s au baccalaur&#233;at. Mieux vaut moins, mais mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sixi&#232;me chantier : Articuler l'apprentissage philosophique et les savoirs.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se former &#224; la philosophie, c'est apprendre &#224; penser &#224; travers l'appropriation de connaissances philosophiques et non-philosophiques. On a us&#233; et abus&#233; de la formule de Kant selon laquelle &lt;i&gt;on ne peut apprendre la philosophie mais seulement &#224; philosopher&lt;/i&gt;. Certes, on veut souligner par l&#224; que l'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e ne saurait consister &#224; &#233;tudier pour elles-m&#234;mes des doctrines philosophiques, l'histoire de la philosophie ou celle des id&#233;es. Mais, sur ce principe, l'accord des professeurs de philosophie est unanime. En revanche, &#224; durcir souvent jusqu'&#224; la caricature les distinctions l&#233;gitimes entre penser et conna&#238;tre, entre la philosophie et les savoirs positifs ou entre le mouvement d'une pens&#233;e vivante et les id&#233;es des philosophes, on finit par s'interdire toute r&#233;flexion s&#233;rieuse sur la mani&#232;re de les articuler dans l'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : si le cours de philosophie s'organise autour de probl&#232;mes, ceux-ci ne peuvent &#234;tre s&#233;rieusement abord&#233;s par les &#233;l&#232;ves qu'&#224; travers la connaissance des principales options philosophiques qu'ils ont engendr&#233;es et par la ma&#238;trise progressive des distinctions conceptuelles qui permettent de leur donner un sens. Ces options et ces distinctions n'ont rien de naturel ni de spontan&#233;. C'est dans l'histoire de la philosophie qu'elles ont &#233;t&#233; produites et c'est l&#224; seulement qu'on peut les rencontrer. On ne peut &#233;luder la question : qu'est-ce que des &#233;l&#232;ves d&#233;butants doivent savoir de l'histoire de la philosophie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : la philosophie s'est toujours nourrie de ce qui n'est pas elle et on ne saurait philosopher un tant soit peu sur les sciences, l'art ou la religion sans disposer d'&#233;l&#233;ments de connaissance solides et pr&#233;cis sur certains &#233;pisodes fondamentaux de l'histoire des sciences, sur certains courants artistiques et esth&#233;tiques, sur certains textes religieux. On ne peut &#233;luder la question : puisque ces connaissances indispensables ne sont pas fournies actuellement par le lyc&#233;e, quelle place l'enseignement de la philosophie doit-il leur donner s'il veut &#234;tre pertinent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : assimiler une id&#233;e de tel ou tel grand philosophe et l'exposer pour son propre compte, c'est une comp&#233;tence philosophique fondamentale. L'&#233;l&#232;ve qui a compris les arguments justifiant l'id&#233;e de &#8220;contrat social&#8221; ou celle d'&#8220;imp&#233;ratif cat&#233;gorique&#8221; et qui est capable de l'exposer intelligemment &lt;i&gt;pense&lt;/i&gt; tout autant que celui qui pose un probl&#232;me ou analyse un concept. On a fini par faire de la question de cours un &#233;pouvantail, comme s'il n'y avait pas de diff&#233;rence entre r&#233;citer des formules et s'approprier des id&#233;es. On ne peut &#233;luder la question : comment favoriser et valoriser ce travail par lequel l'&#233;l&#232;ve apprend &#224; int&#233;rioriser et &#224; faire siennes des id&#233;es qu'il n'a pas invent&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Septi&#232;me chantier : Articuler l'apprentissage philosophique et l'apprentissage de nouveaux usages de la langue.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se former &#224; la philosophie, c'est apprendre &#224; faire un usage philosophique de la langue orale et &#233;crite. Chacun sait que la plupart des &#233;l&#232;ves ont d'&#233;normes difficult&#233;s &#224; &#233;crire, ou &#224; articuler oralement, un discours un tant soit peu construit, suivi et coh&#233;rent. On impute un peu trop facilement ces difficult&#233;s &#224; un d&#233;faut de la pens&#233;e, ou &#224; ce qu'on a coutume d'appeler la &#8220; mauvaise ma&#238;trise de la langue &#8221;. Ce qui se passe est bien plut&#244;t d'abord que les &#233;l&#232;ves sont confront&#233;s pour la premi&#232;re fois &#224; cet usage particulier de la langue qui consiste &#224; r&#233;fl&#233;chir sur le sens des mots et des questions, sur le statut des propositions et la logique des discours, et &#224; faire de cette r&#233;flexion l'objet m&#234;me d'un discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est bien cet usage particulier de la langue qu'ils doivent apprendre. A cet &#233;gard, l'id&#233;e selon laquelle &lt;i&gt;&#8220; le mod&#232;le de la dissertation, c'est la le&#231;on du professeur &#8221;&lt;/i&gt; s'av&#232;re dramatiquement insuffisante, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle fait l'impasse sur cet apprentissage. Et pire encore est l'id&#233;e que &lt;i&gt;&#8220; pour faire une dissertation, il suffit de penser &#8221;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire de cet apprentissage un objet de r&#233;flexion, est-ce r&#233;duire la philosophie &#224; une &#8220; rh&#233;torique argumentative &#8221; ou au &#8220; d&#233;bat d'opinion &#8221; ? Cette objection fait resurgir la traditionnelle pr&#233;vention des philosophes &#224; l'&#233;gard de la rh&#233;torique, et cette pr&#233;vention n'est pas infond&#233;e : aucun de nous ne veut transformer ses &#233;l&#232;ves en apprentis sophistes qui mettraient en &#339;uvre de mani&#232;re m&#233;canique des artifices de langage. Mais nous n'en sommes pas l&#224;. Les &#233;l&#232;ves, dans leur grande majorit&#233;, sont tr&#232;s loin de courir le risque d'un exc&#232;s de rh&#233;torique. Le probl&#232;me est bien plut&#244;t qu'ils manquent g&#233;n&#233;ralement des outils de la rh&#233;torique la plus &#233;l&#233;mentaire, la plus n&#233;cessaire et la plus l&#233;gitime pour &#233;laborer et d&#233;velopper leur pens&#233;e. Par exemple, ils ne savent pas comment s'y prendre pour articuler un raisonnement et sa r&#233;futation, pour pr&#233;senter une objection et y r&#233;pondre, pour mener une analyse de notion ou de probl&#232;me ; ils ne savent ni comment &lt;i&gt;&#233;crire&lt;/i&gt; cela, ni comment le &lt;i&gt;lire&lt;/i&gt; dans un texte, ni non plus comment le &lt;i&gt;parler&lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;entendre&lt;/i&gt; dans une discussion orale. Tout cela, les professeurs ont &#224; le leur apprendre, &#224; leur en faire d&#233;couvrir les normes, &#224; leur en faire construire la comp&#233;tence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore la question ne peut &#234;tre &#233;lud&#233;e : comment conjuguer l'apprentissage de la pens&#233;e avec celui des outils langagiers et discursifs par lesquels cette pens&#233;e, non seulement s'exprime, mais plus encore s'&#233;labore, se forme, s'affermit et s'affine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Huiti&#232;me chantier : Enseigner la philosophie vivante.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apprendre &#224; philosopher, c'est &#234;tre confront&#233; &#224; la fois &#224; une tradition et &#224; la philosophie vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence d'un v&#233;ritable programme et le poids des sujets de baccalaur&#233;at sur une discipline qui n'existe qu'en ann&#233;e d'examen ont produit peu &#224; peu un r&#233;tr&#233;cissement des horizons de l'enseignement philosophique. Comme on ignore ce que traitent les coll&#232;gues, on fait ce qu'on croit qu'ils font (ce qui figure dans les manuels) et on se replie non seulement sur les auteurs canoniques, mais sur un tout petit nombre de textes et de doctrines qui ont acquis le statut de pont aux &#226;nes. Evidemment on a le droit d'&#234;tre original, mais c'est aux risques et p&#233;rils de l'&#233;l&#232;ve : m&#234;me si elle est m&#233;diocrement restitu&#233;e, le correcteur reconna&#238;tra toujours l'&lt;i&gt;All&#233;gorie de la caverne&lt;/i&gt; ; une id&#233;e de Vico, de Carnap, ou m&#234;me de Locke, risque de n'&#234;tre ni connue ni comprise et de s'attirer un point d'interrogation, quand ce n'est pas une grande rature en rouge. En une trentaine d'ann&#233;es, le programme de 1973 a &#233;t&#233; peu &#224; peu &#233;cr&#234;t&#233; de toutes ses innovations : les questions au choix ont &#224; peu pr&#232;s disparu ; on enseigne de moins en moins &#8220;la formation d'un concept scientifique&#8221; (peu utile au bac o&#249; les sujets de philosophie des sciences sont devenus de plus en plus g&#233;n&#233;raux) et &#8220;la constitution d'une science de l'homme&#8221; (le m&#233;pris des sciences humaines instill&#233; depuis 50 ans a fini par produire ses effets). L'enseignement de philosophie tend &#224; s'enfermer dans une &#8220;philosophie philosophante&#8221; et &#224; reprendre ind&#233;finiment quelques &#233;pisodes de l'histoire de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes de la 1&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle nous paraissent sans doute aujourd'hui poussi&#233;reux ; mais on y trouvait un &#233;cho des d&#233;bats philosophiques qui avaient alors cours en France ; les programmes des ann&#233;es 60-70 ont int&#233;gr&#233; la pr&#233;sence dans la pens&#233;e contemporaine de Marx, de Nietzsche, de Freud, de la tradition d'&#233;pist&#233;mologie et d'histoire des sciences fran&#231;aise. Mais aujourd'hui, la plupart des d&#233;bats contemporains particuli&#232;rement intenses en philosophie du langage, en philosophie de l'esprit ou en philosophie politique n'ont &#224; peu pr&#232;s aucune r&#233;sonance dans la philosophie telle qu'elle s'enseigne au lyc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que l'enseignement de la philosophie n'a pas &#224; suivre les modes et doit se tenir &#224; l'&#233;cart de l'actualit&#233;. Sans doute. Mais peut-on parler des rapports de l'&#226;me et du corps dans les &lt;i&gt;M&#233;ditations&lt;/i&gt; ou aborder le &lt;i&gt;Contrat social&lt;/i&gt; sans jamais se demander ce que Descartes et Rousseau ont &#224; nous dire aujourd'hui, par exemple au regard des questions soulev&#233;es par les penseurs cognitivistes ou contractualistes contemporains ? On ne peut entretenir une relation vivante avec les classiques que si on les lit en relation avec nos questions, qui sont pour une bonne part celles de la philosophie d'aujourd'hui. Les &#233;l&#232;ves lisent des journaux, des revues, regardent &#224; la t&#233;l&#233;vision des &#233;missions scientifiques ou des d&#233;bats d'id&#233;es ; et ils posent des questions. Le professeur de philosophie a sans doute &#224; leur parler de Platon, mais Platon ne saurait suffire &#224; leur curiosit&#233; ni leur donner tous les moyens de s'orienter dans la pens&#233;e d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discerner dans les travaux contemporains ce qui non seulement est important, mais ce qui peut &#234;tre formateur et utile aux &#233;l&#232;ves, ce devrait &#234;tre un souci collectif et permanent de notre profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Neuvi&#232;me chantier : Sortir l'enseignement de la philosophie de son enfermement en terminale.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie &#233;touffe en terminale ; l'avenir de l'enseignement de la philosophie passe par son extension en amont et en aval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des raisons purement historiques, l'enseignement de la philosophie occupe, dans l'institution scolaire fran&#231;aise, une position d'exception : install&#233; en classe terminale et dans cette seule ann&#233;e, assur&#233; par un enseignant qui restera &#224; jamais, dans la plupart des cas, l'unique professeur de philosophie rencontr&#233; par chacun dans sa vie, il est toujours con&#231;u, m&#234;me si on n'ose plus gu&#232;re employer cette expression, comme le &#8220; couronnement &#8221; des &#233;tudes secondaires. Or cette position est loin d'avoir les effets b&#233;n&#233;fiques qu'on lui suppose. Au lieu d'&#234;tre une ann&#233;e marquante et r&#233;ellement formatrice, elle est en r&#233;alit&#233; le plus souvent une parenth&#232;se dans le cursus des &#233;l&#232;ves, parenth&#232;se aussi vite referm&#233;e qu'elle a &#233;t&#233; ouverte : on se souvient d'un professeur charismatique et du sujet tomb&#233; au bac, mais il ne reste le plus souvent de la terminale ni culture ni savoir-faire philosophiques effectifs. Les professeurs de philosophie du sup&#233;rieur le savent bien, et ils ne pr&#233;supposent souvent aucun acquis d&#233;termin&#233; chez leurs &#233;tudiants de classes pr&#233;paratoires ou d'Universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'enseignement de la philosophie souffre de son confinement dans la classe de terminale. Il ne peut y avoir de vraie formation &#224; la philosophie si on ne reconna&#238;t pas que, comme toutes les autres disciplines, son apprentissage demande du temps et doit &#234;tre conduit selon une progression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir de l'enseignement de la philosophie passe par son extension en dehors de la terminale. &lt;i&gt;Extension en amont&lt;/i&gt; d'abord, c'est-&#224;-dire au moins &#224; partir de la classe de premi&#232;re : les &#233;l&#232;ves le demandent fr&#233;quemment, ce qui traduit l'inad&#233;quation du mod&#232;le actuel d'une &#8220; &#233;closion soudaine &#8221; et le besoin qu'ils ressentent d'avoir du temps devant eux pour se former efficacement. &lt;i&gt;Extension en aval&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire dans toutes les branches des &#233;tudes sup&#233;rieures : l'enseignement en terminale prendrait ainsi un sens nouveau en devenant la base d'une formation qui se continuerait de mani&#232;re diversifi&#233;e selon les &#233;tudes poursuivies. Concevoir et mettre en &#339;uvre les modalit&#233;s de cette extension est sans doute l'un des chantiers les plus ambitieux et les plus neufs pour l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dixi&#232;me chantier : Remodeler la formation initiale et continue des professeurs de philosophie &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les conditions et les modalit&#233;s de la formation des enseignants de philosophie n'apparaissent plus aujourd'hui satisfaisantes. On ne peut ici qu'indiquer quelques n&#339;uds de difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cursus universitaires, de la 1&#232;re ann&#233;e de Licence au Master, sont rarement coh&#233;rents. Les &#233;tudiants se voient proposer chaque ann&#233;e des contenus d'enseignement souvent disparates qu'ils ont beaucoup de mal &#224; relier entre eux et &#224; faire tenir ensemble. Au bout de 4 ans, il n'est pas rare qu'ils n'aient jamais eu de cours sur des auteurs, des th&#232;mes ou des courants de pens&#233;e fondamentaux. C'est tout autant le cas pour les &#233;tudiants pass&#233;s par les classes pr&#233;paratoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;paration aux concours est de fait surtout assur&#233;e par les kh&#226;gnes, seul lieu o&#249; les &#233;tudiants sont r&#233;guli&#232;rement entra&#238;n&#233;s &#224; la dissertation et &#224; la le&#231;on qui sont actuellement la base des &#233;preuves de concours. L'Universit&#233; n'a pas autant de moyens de le faire. Il y a l&#224; une in&#233;galit&#233; grave et un dysfonctionnement majeur (qui n'est certes pas propre &#224; la philosophie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les concours, et tout particuli&#232;rement l'agr&#233;gation, sont con&#231;us et v&#233;cus comme des &#8220;brevets d'excellence philosophique&#8221; et des moyens de continuer d'&#8220;&#234;tre philosophe&#8221; plut&#244;t que comme la voie d'entr&#233;e dans le m&#233;tier de professeur de philosophie. Les &#233;preuves privil&#233;gient simultan&#233;ment la possession de connaissances tr&#232;s pr&#233;cises, voire pointues, d'histoire de la philosophie (auteurs de l'&#233;crit &#224; l'agr&#233;gation) et la capacit&#233; in&#233;vitablement rh&#233;torique &#224; traiter de toute question possible (oral d'agr&#233;gation). Passer une ann&#233;e enti&#232;re &#224; &#233;tudier des auteurs comme Fichte ou Plotin (qui ne figurent pas au programme de terminale) et se voir proposer &#224; l'oral de l'agr&#233;gation des sujets comme &#8220;L'insouciance&#8221; ou &#8220;Qu'est-ce qu'un paysage ?&#8221;, est-ce vraiment la meilleure mani&#232;re de se pr&#233;parer &#224; enseigner la philosophie ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les jeunes enseignants sont pour la plupart d&#233;&#231;us de l'ann&#233;e qu'ils passent &#224; la fois en stage et en INSPE. Manifestement, la confrontation de l'exp&#233;rience qu'ils font dans leur classe avec l'indispensable r&#233;flexion p&#233;dagogique et didactique ne se fait pas, ou tr&#232;s mal, ou trop peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me la formation continue des enseignants de philosophie est presque exclusivement &#233;rudite et ne fait pour ainsi dire aucune place &#224; l'&#233;change sur les pratiques, &#224; la r&#233;flexion sur les obstacles p&#233;dagogiques et &#224; la mise en circulation des innovations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans une connaissance s&#233;rieuse et non mythologique de la tradition de l'enseignement philosophique, il est difficile de la faire vivre et &#233;voluer, et de nourrir utilement le d&#233;bat entre professeurs de philosophie. Il para&#238;t n&#233;cessaire d'int&#233;grer &#224; la formation des nouveaux professeurs un enseignement de l'histoire de la discipline, en France et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; un ensemble de probl&#232;mes s&#233;rieux et d&#233;licats qu'on ne saurait traiter en quelques lignes ni r&#233;soudre par quelques mesures rapides. C'est un chantier de longue haleine qui suppose une analyse lucide, approfondie et non manich&#233;enne de la situation et qui conduira sans doute &#224; un certain nombre de remises en cause. Il est l'affaire de toute la profession : professeurs de terminale et de classes pr&#233;paratoires, universitaires et formateurs d'INSPE, inspecteurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>185 sujets de dissertation du bac</title>
		<link>https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/article/185-sujets-de-dissertation-du-bac</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Admin</dc:creator>


		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cette liste n'est pas class&#233;e par notions, car de nombreux sujets en interrogent plusieurs, sans qu'il soit possible de d&#233;terminer laquelle est la plus importante. Cependant, il n'est pas difficile de distinguer quelques notions qui se signalent par leur fr&#233;quence particuli&#232;rement &#233;lev&#233;e, comme l'Art ou la V&#233;rit&#233; Le d&#233;sir est-il la marque de notre imperfection ? &#201;prouver l'injustice, est-ce n&#233;cessaire pour savoir ce qui est juste ? D&#233;fendre ses droits, est-ce d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts ? (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/" rel="directory"&gt;L'&#233;valuation&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/dissertation" rel="tag"&gt;Dissertation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/notions" rel="tag"&gt;Notions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette liste n'est pas class&#233;e par notions, car de nombreux sujets en interrogent plusieurs, sans qu'il soit possible de d&#233;terminer laquelle est la plus importante. Cependant, il n'est pas difficile de distinguer quelques notions qui se signalent par leur fr&#233;quence particuli&#232;rement &#233;lev&#233;e, comme l'Art ou la V&#233;rit&#233; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le d&#233;sir est-il la marque de notre imperfection ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#201;prouver l'injustice, est-ce n&#233;cessaire pour savoir ce qui est juste ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D&#233;fendre ses droits, est-ce d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on se lib&#233;rer de sa culture ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La raison peut-elle rendre raison de tout ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une &#339;uvre d'art est-elle n&#233;cessairement belle ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Suffit-il d'observer pour conna&#238;tre ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tout ce que j'ai le droit de faire est-il juste ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une soci&#233;t&#233; peut-elle se passer d'art ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La loi suffit-elle &#224; d&#233;finir le juste ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Suis-je le sujet de mon d&#233;sir ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Vit-on en soci&#233;t&#233; pour satisfaire ses d&#233;sirs ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une soci&#233;t&#233; peut-elle se passer d'art ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La loi suffit-elle &#224; d&#233;finir le juste ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Y a-t-il des techniques pour &#234;tre heureux ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'exp&#233;rience se r&#233;duit-elle au v&#233;cu ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La connaissance des &#234;tres vivants implique-t-elle de les hi&#233;rarchiser ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Toute v&#233;rit&#233; est-elle bonne &#224; dire ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on agir moralement sans s'interesser &#224; la politique ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le travail permet-il de prendre conscience de soi ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sommes-nous d'autant plus heureux que nous sommes plus libres ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La technique doit-elle permettre de d&#233;passer les limites de l'humain ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que devons-nous &#224; l'Etat ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Interpr&#232;te-t-on &#224; d&#233;faut de conna&#238;tre ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Faut-il ne d&#233;sirer que ce qui est accessible ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La libert&#233; peut-elle &#234;tre un fardeau ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La culture d&#233;nature-t-elle l'homme ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on avoir raison contre les faits ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La libert&#233; est-elle menac&#233;e par l'&#233;galit&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'art est-il moins n&#233;cessaire que la science ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on prouver une hypoth&#232;se scientifique ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'homme est-il condamn&#233; &#224; se faire des illusions sur lui-m&#234;me ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Avons-nous le devoir de chercher la v&#233;rit&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Serions-nous plus libre sans l'Etat ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que gagne-t-on en travaillant ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Toute croyance est-elle contraire &#224; la raison ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-il exister des d&#233;sirs naturels ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Travailler, est-ce seulement &#234;tre utile ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La recherche de la v&#233;rit&#233; peut-elle se passer du doute ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Faut-il &#234;tre cultiv&#233; pour appr&#233;cier une &#339;uvre d'art ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une v&#233;rit&#233; scientifique peut-elle &#234;tre dangereuse ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le r&#244;le de l'historien est-il de juger ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La recherche de la v&#233;rit&#233; peut-elle &#234;tre d&#233;sint&#233;ress&#233;e ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Faut-il oublier le pass&#233; pour se donner un avenir ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'art peut-il se passer de r&#232;gles ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D&#233;pend-il de nous d'&#234;tre heureux ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'art peut-il se passer d'une ma&#238;trise technique ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une vie heureuse est-elle une vie de plaisirs ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que gagne-t-on &#224; &#233;changer ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le d&#233;veloppement technique transforme-t-il les hommes ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'objectivit&#233; de l'histoire suppose-t-elle l'impartialit&#233; de l'historien ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le langage trahit-il la pens&#233;e ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-il absurde de d&#233;sirer l'impossible ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne r&#233;pond ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on &#234;tre s&#251;r d'avoir raison ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La technique s'oppose-t-elle &#224; la nature ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on d&#233;sirer sans souffrir ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-il plus facile de conna&#238;tre autrui que de se conna&#238;tre soi-m&#234;me ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une connaissance scientifique du vivant est-elle possible ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La perception peut-elle s'&#233;duquer ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Y a-t-il d'autres moyens que la d&#233;monstration pour &#233;tablir une v&#233;rit&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'art transforme-t-il notre conscience du r&#233;el ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-ce &#224; la loi de d&#233;cider de mon bonheur ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on aimer une &#339;uvre d'art sans la comprendre ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on en finir avec les pr&#233;jug&#233;s ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que gagnons-nous &#224; travailler ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Toute prise de conscience est-elle lib&#233;ratrice ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les &#339;uvres d'art sont-elles des r&#233;alit&#233;s comme les autres ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le d&#233;sir peut-il se satisfaire de la r&#233;alit&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que vaut l'opposition du travail manuel et du travail intellectuel ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les &#233;changes favorisent-ils la paix ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'art nous &#233;loigne-t-il de la r&#233;alit&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Faut-il pr&#233;f&#233;rer le bonheur &#224; la v&#233;rit&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une culture peut-elle &#234;tre porteuse de valeurs universelles ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Cela a-t-il un sens de vouloir &#233;chapper au temps ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; N'avons-nous de devoirs qu'envers autrui ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'exp&#233;rience peut-elle d&#233;montrer quelque chose ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on juger objectivement la valeur d'une culture ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Quel besoin avons-nous de chercher la v&#233;rit&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'int&#233;r&#234;t de l'histoire est-ce d'abord de lutter contre l'oubli ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Qu'attendons-nous de la technique ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'action politique doit-elle &#234;tre guid&#233;e par la connaissance de l'histoire ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le juste et l'injuste ne sont-ils que des conventions ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le langage ne sert-il qu'&#224; communiquer ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Etre libre est-ce ne rencontrer aucun obstacle ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La sensibilit&#233; aux &#339;uvres d'art demande-t-elle &#224; &#234;tre &#233;duqu&#233;e ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Raisonne-t-on bien quand on veut avoir raison &#224; tout prix ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pourquoi voulons-nous &#234;tre libres ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Toute v&#233;rit&#233; est-elle d&#233;montrable ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Qu'est-ce que comprendre autrui ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Doit-on tout attendre de l'Etat ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La notion d'inconscient psychique est-elle contradictoire ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Faut-il vouloir tout d&#233;montrer ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les hommes ont-ils besoin d'&#234;tre gouvern&#233;s ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on &#234;tre esclave d'un objet technique ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'artiste ne cherche-t-il qu'&#224; divertir ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le dialogue est-il le chemin de la v&#233;rit&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pourquoi sommes-nous sensibles &#224; la beaut&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le bonheur est-il une affaire priv&#233;e ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'id&#233;e d'une libert&#233; totale a-t-elle un sens ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Prendre conscience de soi est-ce devenir &#233;tranger &#224; soi ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La v&#233;rit&#233; d&#233;pend-elle de nous ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Respecter la nature est-ce renoncer &#224; la transformer ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'homme cherche-t-il toujours &#224; conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ne d&#233;sirons-nous que les choses que nous estimons bonnes ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D&#233;fendre ses droits est-ce la m&#234;me chose que d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sans l'art parlerait-on de beaut&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Connaissons-nous mieux le pr&#233;sent que le pass&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La politique est-elle une science ou un art ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La diversit&#233; des langues est-elle un obstacle &#224; l'entente entre les peuples ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Notre libert&#233; de pens&#233;e a-t-elle des limites ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Que peut la raison pour exclure la violence ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; De quelle v&#233;rit&#233; l'opinion est-elle capable ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Donner pour recevoir est-ce le principe de tout &#233;change ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La question &#034;qui suis-je ?&#034; admet-elle une r&#233;ponse exacte ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tout pouvoir s'accompagne-t-il de violence ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Notre connaissance du r&#233;el se limite-t-elle au savoir scientifique ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La libert&#233; se d&#233;finit-elle comme un pouvoir de refuser ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le projet de ma&#238;triser la nature est-il raisonnable ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une &#339;uvre d'art peut-elle ne pas &#234;tre belle ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'art modifie-t-il notre rapport &#224; la r&#233;alit&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les sciences humaines pensent-elles l'homme comme un &#234;tre pr&#233;visible ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La m&#233;moire suffit-elle &#224; l'historien ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'exigence de Justice et loi et l'exigence de libert&#233; sont-elles s&#233;parables ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; A quoi servent les sciences ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les passions nous emp&#234;chent-elles de faire notre devoir ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le d&#233;veloppement technique transforme-t-il r&#233;ellement l'homme ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pourquoi s'int&#233;resser &#224; l'histoire ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Si la technique est lib&#233;ratrice de quoi nous lib&#232;re-t-elle ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on se mentir &#224; soi-m&#234;me ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; A quelles conditions une activit&#233; est-elle un travail ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La philosophie peut-elle se passer d'une r&#233;flexion sur les sciences ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on convaincre autrui qu'une &#339;uvre d'art est belle ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; A quoi reconna&#238;t-on qu'un &#233;v&#233;nement est historique ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La libert&#233; humaine est-elle limit&#233;e par la n&#233;cessit&#233; de travailler ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Juge-t-on du beau ou le per&#231;oit-on ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le droit nous dit-il ce qu'il est juste de faire ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La culture fait-elle l'homme ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on &#234;tre heureux sans &#234;tre libre ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Doit-on tout faire pour &#234;tre heureux ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les &#339;uvres d'art &#233;duquent-elles notre perception ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les &#233;changes sont-ils toujours int&#233;ress&#233;s ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une v&#233;rit&#233; peut-elle &#234;tre d&#233;finitive ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Suffit-il d'avoir le choix pour &#234;tre libre ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pourquoi chercher &#224; se conna&#238;tre soi-m&#234;me ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Vivons-nous pour &#234;tre heureux ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'artiste est-il ma&#238;tre de son &#339;uvre ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Respecter tout &#234;tre vivant, est-ce un devoir moral ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Suis-je ce que mon pass&#233; a fait de moi ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une &#339;uvre d'art a-t-elle toujours un sens ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La politique &#233;chappe-t-elle &#224; une exigence de v&#233;rit&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La conscience de l'individu n'est-elle que le reflet de la soci&#233;t&#233; &#224; laquelle il appartient ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'artiste donne-t-il quelque chose &#224; comprendre ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Travailler, est-ce seulement mettre en oeuvre des techniques ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on ne pas admettre la v&#233;rit&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'artiste peut-il &#234;tre indiff&#233;rent au beau ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les hommes vivent-ils en soci&#233;t&#233; par int&#233;r&#234;t ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une v&#233;rit&#233; scientifique peut-elle &#234;tre approximative ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on &#234;tre soi-m&#234;me devant les autres ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Sait-on ce qu'on d&#233;sire ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'esprit d&#233;pend-il de la mati&#232;re ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Suis-je l'esclave de mes d&#233;sirs ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une soci&#233;t&#233; juste peut-elle accepter des in&#233;galit&#233;s ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-on prisonnier de la langue dans laquelle on parle ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'esprit doit-il quelque chose au corps ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Travailler moins, est-ce vivre mieux ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Faut-il d&#233;montrer pour savoir ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Nos convictions morales sont-elles fond&#233;es sur l'exp&#233;rience ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le d&#233;sir est-il par nature illimit&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Savons-nous toujours ce que nous d&#233;sirons ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pourquoi avons-nous int&#233;r&#234;t &#224; &#233;tudier l'histoire ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pour &#234;tre juste, suffit-il d'ob&#233;ir aux lois ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Pouvons-nous toujours justifier nos croyances ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Choisit-on d'&#234;tre artiste ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Faut-il des connaissances pour appr&#233;cier une &#339;uvre d'art ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'autorit&#233; de l'&#201;tat s'oppose-t-elle &#224; la libert&#233; des individus ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Le bonheur est-il le but de l'existence ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Y a -t-il des v&#233;rit&#233;s indiscutables ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La religion n'est-elle qu'un fait de culture ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Tous les &#233;changes sont-ils profitables ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Est-on d'autant plus heureux que l'on est plus cultiv&#233; ?&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Peut-on vivre sans morale ? (Pondichery 2018 ES)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Doit-on attendre de la technique qu'elle mette fin au travail ? (Pondichery 2018 ES)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Toute d&#233;monstration est-elle scientifique ? (Pondichery 2018 S)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Une loi injuste vaut-elle mieux que l'absence de loi ? (Pondichery 2018 S)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Douter, est-ce renoncer &#224; la v&#233;rit&#233; ? (Pondichery 2018 BTN)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; La culture sert-elle &#224; changer le monde ? (Pondichery 2018 BTN)&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Communiqu&#233; sur le sujet du bac 2017</title>
		<link>https://acireph.org/l-acireph-2/positions-publiques/article/communique-sur-le-sujet-du-bac-2017</link>
		<guid isPermaLink="true">https://acireph.org/l-acireph-2/positions-publiques/article/communique-sur-le-sujet-du-bac-2017</guid>
		<dc:date>2017-06-17T12:43:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Explication de texte</dc:subject>
		<dc:subject>Sujets</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Communiqu&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
La stup&#233;faction, l'accablement ou la col&#232;re. C'est ce que de nombreux professeurs ont &#233;prouv&#233; en d&#233;couvrant le texte de Michel Foucault propos&#233; comme troisi&#232;me sujet au baccalaur&#233;at de philosophie 2017 en s&#233;rie scientifique (m&#233;tropole). Qui peut s&#233;rieusement croire qu'un &#233;l&#232;ve de s&#233;rie S, apr&#232;s quelques mois de philosophie, est en mesure de comprendre et d'expliquer un texte si allusif, connot&#233; et obscur ? Ce sujet sape tous les efforts qui auraient &#233;t&#233; fournis, tant par les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://acireph.org/l-acireph-2/positions-publiques/" rel="directory"&gt;Positions publiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://acireph.org/mot/explication-de-texte" rel="tag"&gt;Explication de texte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/sujets" rel="tag"&gt;Sujets&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Communiqu&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La stup&#233;faction, l'accablement ou la col&#232;re. C'est ce que de nombreux professeurs ont &#233;prouv&#233; en d&#233;couvrant le texte de Michel Foucault propos&#233; comme troisi&#232;me sujet au baccalaur&#233;at de philosophie 2017 en s&#233;rie scientifique (m&#233;tropole). Qui peut s&#233;rieusement croire qu'un &#233;l&#232;ve de s&#233;rie S, apr&#232;s quelques mois de philosophie, est en mesure de comprendre et d'expliquer un texte si allusif, connot&#233; et obscur ? Ce sujet sape tous les efforts qui auraient &#233;t&#233; fournis, tant par les &#233;l&#232;ves que par leurs professeurs, pour apprendre &#224; expliquer philosophiquement un texte. Beaucoup d'&#233;l&#232;ves se demanderont : pourquoi faire des efforts en philosophie ? Aggravant le pr&#233;jug&#233; qu'en &#171; philo, c'est la loterie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas p&#233;naliser les candidats, les correcteurs sont par avance condamn&#233;s &#224; mettre la moyenne &#224; de laborieuses paraphrases n'ayant rien ou pratiquement rien saisi du sens et des enjeux du texte. On voudrait tourner en ridicule l'&#233;preuve de philosophie du baccalaur&#233;at ou achever de la d&#233;consid&#233;rer qu'on ne s'y prendrait pas autrement, et cela, au moment m&#234;me o&#249; s'annonce une r&#233;forme des &#233;preuves du baccalaur&#233;at.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais il y a plus. Le d&#233;calage ahurissant et manifeste entre la r&#233;alit&#233; des classes et la repr&#233;sentation qu'en ont, semble-t-il, ceux qui ont test&#233;, choisi et valid&#233; le choix d'un tel sujet, t&#233;moigne de graves et persistantes d&#233;faillances dans la proc&#233;dure de choix des sujets. Certes, il y a eu des am&#233;liorations, mais de tels &#233;garements se r&#233;p&#232;tent d'ann&#233;e en ann&#233;e. Ils sont d'autant plus graves qu'avec des sujets nationaux la moindre erreur d'appr&#233;ciation affecte aussit&#244;t des centaines de milliers de candidats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ACIREPh s'adresse &#224; l'Inspection g&#233;n&#233;rale de philosophie et lui demande d'&#339;uvrer, dans l'int&#233;r&#234;t de tous, &#224; la r&#233;forme des proc&#233;dures d'&#233;laboration et de choix des sujets. Les conditions des test qui permettent d'&#233;valuer la faisabilit&#233; des sujets doivent &#234;tre r&#233;vis&#233;es. L'ACIREPh a aussi propos&#233; que les commissions de choix de sujet proc&#232;dent &#224; une justification &#233;crite de leurs choix et qu'un rapport de correction du baccalaur&#233;at, nourri des observations et r&#233;flexions des commissions d'entente et d'harmonisation, soit publi&#233; chaque ann&#233;e. Ces deux &#233;l&#233;ments permettraient l'&#233;laboration progressive d'une jurisprudence tr&#232;s utile &#224; la communaut&#233; des professeurs de philosophie correcteurs au baccalaur&#233;at.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Remarques compl&#233;mentaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'extrait donn&#233; s'inscrit dans un texte de pr&#233;sentation de la pens&#233;e du directeur de th&#232;se de Foucault : le philosophe Georges Canguilhem. Il s'agit d'un texte qui pr&#233;sente des th&#232;ses centrales de la pens&#233;e d'un autre auteur que le signataire du texte : premi&#232;re information secr&#232;te, dont le candidat n'avait pas connaissance. L'introduction r&#233;dig&#233;e par Foucault, dont est extrait le passage, est destin&#233;e &#224; la traduction anglaise du &lt;i&gt;Normal et du pathologique&lt;/i&gt;, ouvrage majeur de Canguilhem. En lisant ce texte, on voit clairement que les destinataires sont, au vu de l'ambition et de la densit&#233; du texte, des personnes disposant d'une tr&#232;s solide culture en histoire et philosophie des sciences (sont cit&#233;s Althusser, Bourdieu, Castel, Passeron, la psychanalyse, Bachelard, Cavaill&#232;s, Mendelssohn, Kant, Descartes, Luther, Leibniz, Fontenelle, Koyr&#233; et Kuhn). Cette longue liste signale &#224; quel niveau de connivence de culture philosophique Foucault suppose son lecteur. Pour parler de mani&#232;re concr&#232;te de science, et ne pas rendre son discours trop d&#233;sincarn&#233;, Foucault sollicite les exemples suivants : la physiologie des enzymes, les travaux de Willis et Prochaska sur le &#171; r&#233;flexe &#187;, une remarque de Lwoff sur les mutations g&#233;n&#233;tiques, etc. Bienvenue aux candidats du bac dans le monde merveilleux de la philosophie des sciences universitaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; dans quel contexte d&#233;barque l'extrait que le malheureux candidat doit expliquer. C'est pourquoi, extraire quelques lignes d'un tel texte est d&#233;j&#224; en soi un pari absurde. Mais pire encore : il faut au moins deux pages ant&#233;rieures au passage s&#233;lectionn&#233; pour arriver &#171; dans &#187; le texte choisi pour le bac en sachant de quoi on parle. Sans aucun exemple (en m&#234;me temps, il n'est pas s&#251;r que la simple allusion &#224; telle th&#233;orie scientifique, r&#233;gime d'&#233;criture dans lequel se situe Foucault dans cette introduction, aurait beaucoup parl&#233; au candidat), le candidat doit affronter un texte qui d&#233;ploie la fin d'un raisonnement d&#233;but&#233; depuis deux pages en amont &#8211; d'o&#249; le c&#244;t&#233; tr&#232;s affirmatif du texte, et peu argumentatif : le gros de l'argumentation est ailleurs, il est avant l'extrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; titre d'exemple, la signification du rapport entre le concept et la vie, donn&#233;e deux pages plus t&#244;t, est indispensable pour comprendre la tr&#232;s myst&#233;rieuse formule au c&#339;ur du texte. Cette formule, qui plus est, comprend l'expression &#171; cet al&#233;a &#187; : or, l'adjectif d&#233;monstratif &#171; cet &#187; renvoie &#224; un al&#233;a d&#233;crit plusieurs lignes avant le d&#233;but de l'extrait : le candidat ne peut donc absolument pas savoir de quoi parle Foucault quand il &#233;voque &#171; cet al&#233;a &#187;. Mais il se trouve cependant sommer de proposer une interpr&#233;tation, qui ne pourra &#234;tre que fautive s'il cherche au sein du texte (car il ne peut faire autrement) &#224; quoi renvoie l'expression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; la situation ubuesque o&#249; de tels choix irresponsables nous m&#232;nent : ce texte, de nombreux enseignants de philosophie ne le comprennent pas. Ce texte, les correcteurs qui vont devoir lui attribuer une note sur 20 transpirent et s'accrochent pour &#234;tre s&#251;r de l'avoir vraiment compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dilemme est le suivant : soit on prend au s&#233;rieux la (tr&#232;s hypocrite) consigne &#171; la connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise &#187;, et on se risque, en tant que correcteur, &#224; devoir attribuer une note &#224; une explication d'un texte dont on ne comprend pas soi-m&#234;me le sens ; soit on veut pouvoir se donner les moyens d'&#233;valuer l'explication du candidat &#224; l'aune de ce que veut dire le texte, et on devra pour cela lire les pages en amont de l'extrait, en se mettant d&#232;s lors dans une posture de s&#233;v&#233;rit&#233; abusive sur les contresens possibles du candidat (contresens qu'on pourra relever justement parce qu'on a soi-m&#234;me &#233;t&#233; lire les pages pr&#233;c&#233;dant le passage &#224; expliquer).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le texte donn&#233; en sujet 3, s&#233;rie S&lt;/h2&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#192; la limite, la vie, c'est ce qui est capable d'erreur. Et c'est peut-&#234;tre &#224; cette donn&#233;e ou plut&#244;t &#224; cette &#233;ventualit&#233; fondamentale qu'il faut demander compte du fait que la question de I'anomalie traverse de part en part toute la biologie. &#192; elle aussi qu'il faut demander compte des mutations et des processus &#233;volutifs qu'elle induit. &#192; elle qu'il faut demander compte de cette mutation singuli&#232;re, de cette &#171; erreur h&#233;r&#233;ditaire &#187;, qui fait que la vie a abouti avec I'homme &#224; un vivant qui ne se trouve jamais tout &#224; fait &#224; sa place, &#224; un vivant vou&#233; &#224; &#171; errer &#187; et destin&#233; finalement a I'&#171; erreur &#187;. Et si on admet que le concept, c'est la r&#233;ponse que la vie elle-m&#234;me donne &#224; cet al&#233;a, il faut convenir que I'erreur est &#224; la racine de ce qui fait la pens&#233;e humaine et son histoire. L'opposition du vrai et du faux, les valeurs qu'on pr&#234;te &#224; l'un et &#224; I'autre, les effets de pouvoir que les diff&#233;rentes soci&#233;t&#233;s et les diff&#233;rentes institutions lient &#224; ce partage, tout cela m&#234;me n'est peut-&#234;tre que la r&#233;ponse la plus tardive &#224; cette possibilit&#233; d'erreur intrins&#232;que[1] &#224; la vie. Si I'histoire des sciences est discontinue, c'est-&#224;-dire si on ne peut l'analyser que comme une s&#233;rie de &#171; corrections &#187;, comme une distribution nouvelle du vrai et du faux qui ne lib&#232;re jamais enfin et pour toujours la v&#233;rit&#233;, c'est que, I&#224; encore, l'&#171; erreur &#187; constitue non pas I'oubli ou le retard d'une v&#233;rit&#233;, mais la dimension propre &#224; la vie des hommes et au temps de l'esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; FOUCAULT, Dits et &#201;crits (1978)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelles &#233;preuves pour le bac en s&#233;ries technologiques ? Osons imaginer !</title>
		<link>https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/article/quelles-epreuves-pour-le-bac-en-series-technologiques-osons-imaginer</link>
		<guid isPermaLink="true">https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/article/quelles-epreuves-pour-le-bac-en-series-technologiques-osons-imaginer</guid>
		<dc:date>2017-04-27T10:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph, Guillaume Lequien, Jo&#235;l, Sarah Margairaz</dc:creator>


		<dc:subject>Avenir de la philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lorsqu'un groupe de travail fut mis en place en 2012 par l'IGEN et la DEGESCO pour tenter d'avancer vers une r&#233;forme de ces &#233;preuves, l'Acireph mit en avant les principes qui devraient l'orienter. Nous &#233;labor&#226;mes quelques sujets au fil des d&#233;bats et des interrogations auxquels nous avions &#224; faire face. Pour &#234;tre force de proposition, il s'agissait de ne pas se laisser enfermer dans l'existant et d'oser imaginer de nouvelles modalit&#233;s pour &#233;valuer le travail et les acquis philosophiques des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/" rel="directory"&gt;L'&#233;valuation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://acireph.org/mot/avenir-de-la-philosophie" rel="tag"&gt;Avenir de la philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsqu'un groupe de travail fut mis en place en 2012 par l'IGEN et la DEGESCO pour tenter d'avancer vers une r&#233;forme de ces &#233;preuves, l'Acireph mit en avant les principes qui devraient l'orienter. Nous &#233;labor&#226;mes quelques sujets au fil des d&#233;bats et des interrogations auxquels nous avions &#224; faire face. Pour &#234;tre force de proposition, il s'agissait de ne pas se laisser enfermer dans l'existant et d'oser imaginer de nouvelles modalit&#233;s pour &#233;valuer le travail et les acquis philosophiques des &#233;l&#232;ves de ces s&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une premi&#232;re r&#233;union en octobre 2012 en pr&#233;sence des diff&#233;rentes associations professionnelles, syndicats et corps d'inspection, l'activit&#233; du groupe de travail fut interrompue, faute d'un accord suffisant entre les diff&#233;rentes tendances au sein de l'Inspection elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, le probl&#232;me demeure. &lt;a href='https://acireph.org/l-acireph-2/article/resultats-de-l-enquete-acireph-snes-sur-l-enseignement-de-la-philosophie' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e en 2015 le montre&lt;/a&gt; : 82 % des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu jugent que les &#233;preuves du bac philo en s&#233;ries technologiques doivent &#234;tre, soit &#171; conserv&#233;es mais am&#233;nag&#233;es &#187;, soit &#171; enrichies par de nouvelles &#233;preuves &#187;, soit &#171; &#224; remplacer totalement &#187;. Les suffrages les plus nombreux reviennent m&#234;me &#224; la r&#233;ponse la plus radicale : 37 % des professeurs souhaitent &lt;i&gt;remplacer totalement&lt;/i&gt; les &#233;preuves du bac de philosophie en ST.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une chose est claire : le statu quo est intenable.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pr&#233;sentons ici :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; les &lt;strong&gt;principes&lt;/strong&gt; qui devraient selon nous guider une transformation de ces &#233;preuves,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; quelques &lt;strong&gt;exemples de sujets&lt;/strong&gt; imagin&#233;s suivant ces principes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Au sein de l'Acireph le d&#233;bat n'est pas clos : la r&#233;flexion se poursuit et se nourrit du pluralisme des points de vue de ceux qui s'efforcent d'y contribuer...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Quelques principes pour une r&#233;forme des &#233;preuves de philosophie du baccalaur&#233;at technologique&lt;/i&gt;&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**1) Proposer une &#233;preuve qui comporte plusieurs phases, afin d'&#233;viter l'effet de &#171; tout ou rien &#187; des &#233;preuves actuelles. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, un &#233;l&#232;ve qui ne parvient pas &#224; discerner le ou les probl&#232;mes &#233;voqu&#233;s par une question de dissertation, ou qui ne comprend pas tel passage important d'un texte, qui peut tenir en une demi-ligne, va n&#233;cessairement se situer sous la moyenne (sauf si cela est le cas de la grande majorit&#233; des copies, auquel cas les correcteurs doivent &#171; bricoler &#187;, ce qui n'est pas souhaitable). Il faut donc une &#233;preuve qui &#233;vite cet effet de &#171; tout ou rien &#187;, qui peut cr&#233;er un &#233;cart important entre ce que l'&#233;l&#232;ve est capable de faire en moyenne dans l'ann&#233;e et ce qu'il fait au Bac.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**2) Proposer une &#233;preuve qui valorise le travail de l'ann&#233;e des &#233;l&#232;ves. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre d'un programme de notions, qui permet de poser un nombre ind&#233;fini de probl&#232;mes au Bac, la possibilit&#233; d'utiliser les connaissances philosophiques acquises pendant l'ann&#233;e scolaire est al&#233;atoire. Les &#233;l&#232;ves s'en rendent compte, ce qui ne les encourage pas &#224; acqu&#233;rir ces connaissances. A l'oppos&#233;, il faut donc une &#233;preuve qui permette clairement de valoriser l'acquisition des connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre du programme actuel, les solutions sont limit&#233;es. Il peut s'agir d'interroger les &#233;l&#232;ves sur les rep&#232;res, ou sur quelques textes d'auteur au programme chaque ann&#233;e (par ex trois textes, un sur chaque notion principale). Il peut encore s'agir de leur demander de poser librement un probl&#232;me philosophique sur une des neuf notions du programme. Bien s&#251;r, ces questions ne constitueraient qu'une partie minime de l'&#233;preuve, sur 5 points par exemple. Mais elles permettraient de valoriser assur&#233;ment l'acquisition de connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**3) Proposer un seul type d'&#233;preuve, avec un choix de deux sujets. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Attendu que les s&#233;ries technologiques ont un nombre d'heures limit&#233;, et que les &#233;l&#232;ves rencontrent des difficult&#233;s importantes &#224; l'&#233;crit, il est actuellement difficile de les pr&#233;parer &#224; deux types de sujet diff&#233;rents &#8211; que certains &#233;l&#232;ves continuent &#224; confondre &#224; la fin de l'ann&#233;e. Il est donc opportun de ne proposer qu'un seul type d'&#233;preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est cependant n&#233;cessaire de conserver un choix de sujets, dans le but de permettre &#224; chaque &#233;l&#232;ve de valoriser le mieux possible ses connaissances et sa r&#233;flexion. Un choix entre deux sujets semble raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;**4) Expliciter les attendus de l'&#233;preuve. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A propos des &#233;preuves actuelles, les &#233;ternelles discussions &#224; propos de ce qui est demand&#233; au Bac, &lt;i&gt;formellement&lt;/i&gt; et non sur le contenu, lors des commissions d'entente notamment, semblent montrer qu'il y a un flou sur les attendus. Il faut donc une plus grande clart&#233; &#224; ce sujet, le mieux &#233;tant que les attendus de l'&#233;preuve soient formul&#233;s pour les &#233;l&#232;ves avec les sujets donn&#233;s au Bac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, une certaine formulation de ces attendus existe dans le programme, en quelques lignes. Mais il faut quelque chose de plus explicite, pour les professeurs et pour les &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Voici 3 exemples de sujets qui seraient en accord avec ces principes :&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_41 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://acireph.org/IMG/doc/epreuve_zero_1.doc' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Word - 33.5 kio' type=&#034;application/msword&#034;&gt;&lt;img src='https://acireph.org/local/cache-vignettes/L64xH64/doc-d03fe.svg?1772068010' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#201;preuve z&#233;ro - 1&#232;re version
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_42 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://acireph.org/IMG/doc/epreuve_zero_2.doc' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Word - 32.5 kio' type=&#034;application/msword&#034;&gt;&lt;img src='https://acireph.org/local/cache-vignettes/L64xH64/doc-d03fe.svg?1772068010' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#201;preuve z&#233;ro - 2&#232;me version
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_43 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://acireph.org/IMG/doc/epreuve_zero_3.doc' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Word - 36 kio' type=&#034;application/msword&#034;&gt;&lt;img src='https://acireph.org/local/cache-vignettes/L64xH64/doc-d03fe.svg?1772068010' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#201;preuve z&#233;ro - 3&#232;me version
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt; Une proposition moins audacieuse, qui pourrait &#234;tre mise en place dans le cadre actuel... &lt;/i&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En &#233;tant plus r&#233;aliste, il est probable que les seuls am&#233;nagements acceptables de fa&#231;on &#224; peu pr&#232;s consensuelle, consisteraient &#224; conserver un choix entre 3 sujets, mais avec :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; un sujet de dissertation &#034;nu&#034; (pour satisfaire les traditionalistes...)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; un sujet de dissertation guid&#233;e&lt;/li&gt;&lt;li&gt; un sujet d'explication de texte mieux guid&#233;e&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Voici des exemples pour ces nouveaux types de sujets, fruits de notre r&#233;flexion collective : &lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_50 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://acireph.org/IMG/pdf/dissertation_guidee.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 43.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://acireph.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772036340' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Dissertation guid&#233;e
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_51 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://acireph.org/IMG/pdf/explication_de_texte.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 60.2 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://acireph.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772036340' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Explication de texte guid&#233;e
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Envie de participer aux travaux de notre commission &#034;Nouvelles &#233;preuves&#034; ? &gt;&gt; n'h&#233;sitez pas &#224; nous contacter ! &lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>	Le sujet texte des s&#233;ries technologiques : difficile pour les &#233;l&#232;ves, mais aussi pour les enseignants ! </title>
		<link>https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/article/le-sujet-texte-des-series-technologiques-difficile-pour-les-eleves-mais-aussi</link>
		<guid isPermaLink="true">https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/article/le-sujet-texte-des-series-technologiques-difficile-pour-les-eleves-mais-aussi</guid>
		<dc:date>2016-07-01T18:38:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jo&#235;l</dc:creator>


		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'ann&#233;e derni&#232;re, &#224; l'&#233;preuve de philosophie du Bac, les candidats des s&#233;ries technologiques ont eu &#224; plancher sur un texte de Hume difficile, contenant de surcro&#238;t une erreur de traduction. Cette ann&#233;e, aucune erreur &#224; d&#233;plorer dans le texte (en langue fran&#231;aise d'origine), mais &#224; nouveau un texte bien difficile, de Merleau-Ponty. Difficile pour les &#233;l&#232;ves, mais aussi pour les enseignants ! &lt;br class='autobr' /&gt; En r&#233;sum&#233;, dans le passage soumis aux candidats, Merleau-Ponty d&#233;fend l'id&#233;e que le but des (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/" rel="directory"&gt;L'&#233;valuation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ann&#233;e derni&#232;re, &#224; l'&#233;preuve de philosophie du Bac, les candidats des s&#233;ries technologiques ont eu &#224; plancher sur un texte de Hume difficile, contenant de surcro&#238;t une erreur de traduction. Cette ann&#233;e, aucune erreur &#224; d&#233;plorer dans le texte (en langue fran&#231;aise d'origine), mais &#224; nouveau un texte bien difficile, de Merleau-Ponty. Difficile pour les &#233;l&#232;ves, mais aussi pour les enseignants !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En r&#233;sum&#233;, dans le passage soumis aux candidats, Merleau-Ponty d&#233;fend l'id&#233;e que le but des peintres n'est pas d'&#233;voquer le monde r&#233;el, mais &#171; de fabriquer sur la toile un spectacle qui se suffit &#187;. Pour expliquer cette id&#233;e, il met en cause la distinction entre le &#171; sujet du tableau &#187; et la &#171; mani&#232;re du peintre &#187;, le &#171; fond &#187; et la &#171; forme &#187;. Et le texte se termine par l'id&#233;e qu'il est impossible d'imaginer une peinture sans jamais l'avoir vue, sur la base d'analyses de cette peinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; &#233;l&#232;ves, si j'en crois les copies que j'ai corrig&#233;es, &lt;i&gt;la quasi-totalit&#233; ignoraient la distinction fond/forme, et ont &#233;t&#233; incapables d'expliquer ce point central&lt;/i&gt; (la question 2.b portait justement sur ce point). Surtout que, dans le texte, du fait d'un chiasme, le terme de &#171; fond &#187; semblait renvoyer &#224; celui de &#171; mani&#232;re &#187;, et le terme de &#171; forme &#187; &#224; &#171; ce qu'on dit &#187; ! &lt;i&gt;De plus, la quasi-totalit&#233; ont &#233;t&#233; d&#233;sorient&#233;s par le propos essentiellement critique du texte&lt;/i&gt;, qui rejette une certaine conception de la peinture (comme repr&#233;sentation ou &#233;vocation du monde r&#233;el), mais sans en pr&#233;senter une autre (hormis l'expression de &#171; spectacle qui se suffit &#187;, le texte ne pr&#233;cise pas du tout ce que recherche le peintre ou le spectateur). D'o&#249;, dans nombre de copies s&#233;rieuses en apparence, des interpr&#233;tations tr&#232;s difficiles &#224; &#233;valuer : l'id&#233;e que le peintre cherche &#224; exprimer des sentiments personnels, &#224; d&#233;livrer un message, &#224; &#233;pater les gens en faisant quelque chose de spectaculaire, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; enseignants, reconnaissons aussi que le texte &#233;tait difficile &#224; comprendre, &#224; nouveau du fait de sa port&#233;e essentiellement critique : en creux, l'auteur d&#233;fend-il l'id&#233;e que le but de la peinture est essentiellement de repr&#233;senter un monde imaginaire, quoique plus ou moins inspir&#233; du r&#233;el ? Et dans quel int&#233;r&#234;t alors ? Ou bien d&#233;fend-il l'id&#233;e que la peinture pr&#233;sente simplement des formes qui peuvent faire na&#238;tre un plaisir esth&#233;tique, que ces formes repr&#233;sentent quelque chose de r&#233;el ou non ? Ou bien encore autre chose ? Seule la connaissance des id&#233;es esth&#233;tiques de Merleau-Ponty pouvait permettre &#224; l'enseignant de r&#233;pondre &#224; ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, les enseignants avaient &#224; corriger des copies plaquant sur un texte &#233;nigmatique des interpr&#233;tations plus ou moins arbitraires. La cons&#233;quence : une &#233;valuation compliqu&#233;e et incertaine, sauf &#224; sanctionner la quasi-totalit&#233; des candidats ayant choisi le sujet texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix du texte est &#233;videmment en cause, encore une fois ! Mais, plus profond&#233;ment, la situation d&#233;crite met en &#233;vidence un double probl&#232;me r&#233;current, quoique sous une forme extr&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Un programme totalement ind&#233;termin&#233; permet la fabrication de sujets pour lesquels les &#233;l&#232;ves ne sont pas pr&#233;par&#233;s&lt;/i&gt; : ignorance des distinctions conceptuelles pertinentes, comme ici la distinction fond/forme ; ignorance des id&#233;es philosophiques de base qui permettraient de p&#233;n&#233;trer le sujet, surtout quand ces id&#233;es sont en creux dans un sujet, comme ici dans le texte de Merleau-Ponty.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Mais un tel programme tend aussi &#224; placer les enseignants-correcteurs dans une situation d'incomp&#233;tence&lt;/i&gt;, car un peu de modestie oblige &#224; constater que l'enseignant lui-m&#234;me ne peut pas tout conna&#238;tre en philosophie, comme ici les id&#233;es esth&#233;tiques de Merleau-Ponty, alors que l'&#233;valuation des copies sur un sujet quelconque exige une tr&#232;s bonne ma&#238;trise du sujet (qui est bien plus que la capacit&#233; &#224; faire une bonne copie). D'o&#249;, chaque ann&#233;e, les risques d'acceptation trop &#233;troite ou trop large des diverses interpr&#233;tations d'une question ou d'un texte, de la signification d'un terme, de la valeur d'un argument, etc.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;sultats de l'enqu&#234;te ACIREPh-SNES sur l'enseignement de la philosophie</title>
		<link>https://acireph.org/l-acireph-2/article/resultats-de-l-enquete-acireph-snes-sur-l-enseignement-de-la-philosophie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://acireph.org/l-acireph-2/article/resultats-de-l-enquete-acireph-snes-sur-l-enseignement-de-la-philosophie</guid>
		<dc:date>2016-01-22T18:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Activit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>Sujets</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;sultats de l'enqu&#234;te men&#233;e de juin &#224; octobre 2015 par l'ACIREPh et le groupe Philosophie du SNES pour dresser un &#233;tat des lieux de l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_13 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;113&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://acireph.org/IMG/png/nuagelexicalq22.png?1707424854' width='500' height='319' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Question 22 : quelles autres raisons que les horaires expliquent selon vous les difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves au bac ?
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;**********************************************************************&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette enqu&#234;te a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e par Internet, du 21 juin &#224; la mi-octobre 2015. Elle fut propos&#233;e conjointement par l'Acireph et le Snes et communiqu&#233;e sur nos listes de diffusion respectives, ainsi que sur le groupe Facebook &#171; Enseigner la philosophie &#187;. Elle a &#233;galement &#233;t&#233; transmise par le biais du dernier envoi r&#233;alis&#233; par l'Acireph dans tous les lyc&#233;es publics et priv&#233;s de France. Le questionnaire comportait &#224; la fois des questions ferm&#233;es et des questions ouvertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus de 400 coll&#232;gues&lt;/strong&gt; (420) enseignant la philosophie ont r&#233;pondu &#224; cette enqu&#234;te. 420 r&#233;ponses, sur 4000 professeurs de philosophie, cela peut para&#238;tre peu repr&#233;sentatif. Pourtant ce pourcentage doit &#234;tre rapport&#233; &#224; l'isolement traditionnel des professeurs de philosophie, &#224; leur faible taux d'engagement syndical ou dans les associations professionnelles, ainsi qu'&#224; l'in&#233;vitable suspicion de partialit&#233; politique ou p&#233;dagogique que pouvait susciter un questionnaire &#233;labor&#233; par un syndicat et une association professionnelle. Reste qu'il s'agit de &lt;strong&gt;la plus vaste consultation des professeurs de philosophie depuis l'entr&#233;e en vigueur des derniers programmes&lt;/strong&gt; (2003 pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales, 2005 pour les technologiques). La derni&#232;re consultation avait &#233;t&#233; organis&#233;e en 2000 dans un contexte mouvement&#233;, par l'Inspection g&#233;n&#233;rale.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On trouvera un r&#233;cit &#233;difiant de cet &#233;pisode dans notre histoire critique de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Chapitre I : le m&#233;tier&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Caract&#233;ristiques des participants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur la composition de l'&#233;chantillon des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu, il faut souligner qu'une majorit&#233; d'entre eux est &lt;strong&gt;jeune &lt;/strong&gt; : 55 % enseignent la philosophie depuis moins de 15 ans. C'est un biais en termes de repr&#233;sentativit&#233;, puisque la pyramide des &#226;ges des professeurs de philosophie montre toujours une nette majorit&#233; de coll&#232;gues n&#233;s avant 1975 (voir le rapport &#171; Poirier &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#201;tat de l'enseignement de la philosophie en 2007-2008 &#187;, rapport de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Mais d'un autre c&#244;t&#233;, on peut voir ce biais positivement : il semble que les coll&#232;gues les plus fra&#238;chement arriv&#233;s dans le m&#233;tier s'expriment en faveur de certaines transformations importantes de leur enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours sur le profil des participants, une &#233;crasante majorit&#233; d'entre eux enseigne dans le public (87 %). Les acad&#233;mies les mieux repr&#233;sent&#233;es sont, par ordre d&#233;croissant : Versailles, Cr&#233;teil, Grenoble, Lille, Nantes, Amiens, Lyon, Paris, Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les effectifs en classe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;63 %&lt;/strong&gt; des enseignants ayant r&#233;pondu ont &lt;strong&gt;plus de 100 &#233;l&#232;ves en charge&lt;/strong&gt; pendant l'ann&#233;e scolaire, et &lt;strong&gt;30 % plus de 130 &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt;. On ne peut pas attendre une formation d'une qualit&#233; &#233;gale lorsqu'on a plus de 150 &#233;l&#232;ves (15 % des r&#233;ponses) ou bien lorsqu'on en a moins de 80 (15 % &#233;galement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos coll&#232;gues ont r&#233;pondu que les effectifs trop lourds avaient pour cons&#233;quences :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une &#233;nergie &#224; faire cours et une qualit&#233; d'&#233;coute des &#233;l&#232;ves en baisse (85 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des travaux demand&#233;s aux &#233;l&#232;ves moins nombreux (75 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une moindre qualit&#233; des corrections (45 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant les d&#233;doublements, la quasi-totalit&#233; des enseignants (93 %) estime que les heures &#224; effectifs d&#233;doubl&#233;s sont n&#233;cessaires. Pourtant, les cons&#233;quences de la derni&#232;re r&#233;forme du lyc&#233;e se font sentir : en &lt;strong&gt;s&#233;ries technologiques, 69 % des coll&#232;gues n'ont aucune heure d&#233;doubl&#233;e&lt;/strong&gt;. En s&#233;rie S, 83 % n'ont aucune heure d&#233;doubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on se demande sous quelle forme ont lieu les heures d&#233;doubl&#233;es : c'est l'EMC, ex-ECJS, et l'AP, qui permettent &#224; une nette majorit&#233; de professeurs de philosophie (environ 70 %) de pouvoir enseigner en classe d&#233;doubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Acireph s'est plusieurs fois exprim&#233;e dans le sens d'un maintien ou d'un r&#233;tablissement des d&#233;doublements et continuera &#224; le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche l'EMC ne semble pas sp&#233;cialement pris en charge par les professeurs de philosophie. Ainsi seulement 22 % des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu sont concern&#233;s par l'EMC &#224; la rentr&#233;e 2015, contre 37 % qui ne le sont pas et 41 % qui ne le savaient pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les causes des difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question 17 &#233;tait la suivante : &#171; Quelles sont selon vous les principales raisons des difficult&#233;s rencontr&#233;es par nos &#233;l&#232;ves ? &#187; Chacune des raisons propos&#233;es devait &#234;tre estim&#233;e avoir un r&#244;le tr&#232;s important, important, moins important ou n&#233;gligeable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les coll&#232;gues ayant r&#233;pondu, &lt;strong&gt;les principales raisons des difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves en philosophie, class&#233;es par ordre d'importance (r&#244;le jug&#233; &#171; important &#187; ou &#171; tr&#232;s important &#187;), sont les suivantes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) La ma&#238;trise de la langue (91 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Les effectifs (85 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Les acquis scolaires (culturels, m&#233;thodologiques) des &#233;l&#232;ves inadapt&#233;s (81 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) L'absence de d&#233;doublement (77 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 ex aequo) Les &#233;preuves du bac et l'absence de philo avant la terminale (60 %)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) le programme (52 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces raisons, certaines font partie de choses qui ne d&#233;pendent absolument pas de nous, professeurs de philosophie, ni individuellement, ni collectivement. Pour d'autres, on peut discuter de notre pouvoir, ou des cons&#233;quences qu'il nous faudrait en tirer pour ajuster notre enseignement &#224; l'&#233;tat r&#233;el dans lequel nous arrivent nos &#233;l&#232;ves, pour rendre la philosophie au lyc&#233;e plus formatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait consid&#233;rer que &lt;strong&gt;la ma&#238;trise de la langue&lt;/strong&gt; d'une part, &lt;strong&gt;les acquis scolaires des &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt; d'autre part, &#233;chappent assez largement au pouvoir des professeurs de philosophie. Bien s&#251;r, nous pouvons le d&#233;plorer. Ce serait une mani&#232;re de reconna&#238;tre qu'en effet notre enseignement ne tient pas ses promesses mais que ce n'est pas de sa faute et que nous n'y pouvons rien &#224; notre niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, on pourrait aussi croiser ce r&#233;sultat avec la question de &lt;strong&gt;la &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;philosophie avant la terminale&lt;/strong&gt; : son absence est jug&#233;e importante ou tr&#232;s importante pour expliquer les difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves par 60 % des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu. S'il faut am&#233;liorer la formation des &#233;l&#232;ves du double point de vue de leur ma&#238;trise linguistique et de leurs acquis m&#233;thodologiques ou culturels, est-ce qu'il n'y aurait pas une solution &#224; chercher dans un v&#233;ritable cursus de philosophie au lyc&#233;e, de la seconde &#224; la terminale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait alors imaginer un vrai travail de la profession, de l'Inspection ou du Conseil Sup&#233;rieur des Programmes visant &#224; &#233;tablir clairement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quels sont les savoir-faire linguistiques &#224; ma&#238;triser pour pouvoir mener un raisonnement philosophiquement solide ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; quels sont les acquis culturels et m&#233;thodologiques fondamentaux qui devraient &#234;tre enseign&#233;s avant la Terminale pour permettre &#224; l'ann&#233;e du bac d'&#234;tre philosophiquement formatrice pour les &#233;l&#232;ves ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Acireph se bat depuis sa cr&#233;ation pour 3 changements d&#233;cisifs dans l'enseignement de la philosophie : une transformation des programmes, une transformation des &#233;preuves du bac, et l'introduction de la philosophie avant (et apr&#232;s) la terminale. Or &lt;strong&gt;une tr&#232;s nette majorit&#233; des coll&#232;gues (60 %) trouvent que l'absence de philosophie avant la terminale et les &#233;preuves du bac ont un r&#244;le important ou tr&#232;s important pour expliquer les difficult&#233;s des &#233;l&#232;ves.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question 18 &#233;tait une question ouverte, qui demandait si &lt;strong&gt;d'autres raisons&lt;/strong&gt; expliquent les difficult&#233;s rencontr&#233;es par les &#233;l&#232;ves. Sur les 420 personnes qui ont r&#233;pondu au questionnaire, 93 ont ajout&#233; quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de r&#233;ponses reprennent finalement des &#233;l&#233;ments cit&#233;s dans la question 17, ce qui t&#233;moigne sans doute de l'importance accord&#233;e &#224; ces &#233;l&#233;ments : les lacunes des &#233;l&#232;ves (20 r&#233;ponses), l'inadaptation des programmes par rapport aux volumes horaires (16 r&#233;ponses), l'inadaptation des &#233;preuves (15 r&#233;ponses). Cependant, deux autres raisons cit&#233;es m&#233;ritent d'&#234;tre mentionn&#233;es : la d&#233;valorisation de l'&#233;cole, de la culture, de la philosophie (13 r&#233;ponses) ; les coefficients trop faibles de la philosophie dans certaines s&#233;ries (5 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre II : les programmes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la question 12 &#171; Avez-vous une mani&#232;re diff&#233;rente de faire cours en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et en s&#233;ries technologiques ? &#187; (plusieurs r&#233;ponses possibles), 72 % des coll&#232;gues r&#233;pondent &#171; oui, dans les contenus des cours (supports, textes) &#187; et 66 % &#171; oui, dans la nature des travaux exig&#233;s &#187;. Il y a probablement l&#224; quelque chose de s&#233;rieux &#224; penser : car les programmes et les &#233;preuves du bac sont, de leur c&#244;t&#233;, rigoureusement de m&#234;me nature en s&#233;ries technologiques qu'en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales (&#224; la nuance pr&#232;s des 3 questions pour l'explication de texte). Nous trouvons bien, d'un c&#244;t&#233; comme de l'autre, une liste de notions, une liste de rep&#232;res, une liste d'auteurs &#8211; et la dissertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur &lt;strong&gt;appr&#233;ciation des programmes&lt;/strong&gt; (Q.15), les participants au questionnaire se montrent tr&#232;s majoritairement, voire &lt;strong&gt;massivement &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;insatisfaits du statu quo&lt;/strong&gt;. En s&#233;rie ES, 75 % des r&#233;ponses d&#233;clarent le programme &#171; trop lourd &#187; et/ou &#171; trop ind&#233;termin&#233; &#187;. Cette proportion atteint 81 % pour la s&#233;rie S et 60 % pour les s&#233;ries technologiques. Seule une courte majorit&#233; trouve les programmes &#171; bien en l'&#233;tat &#187; en s&#233;rie L (54 %) ; pour les autres s&#233;ries, ils sont seulement 25 % en ES, 19 % en S et presque 40 % en s&#233;ries technologiques &#224; exprimer cet avis. Par ailleurs, 77 % des coll&#232;gues d&#233;clarent souhaiter un &#171; dialogue collectif de la profession &#187; sur la question des programmes (Q.36).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il s'agit de proposer des &lt;strong&gt;transformations des programmes actuels&lt;/strong&gt;, l'interpr&#233;tation est rendue difficile par la formulation des r&#233;ponses possibles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une premi&#232;re chose est claire : c'&lt;strong&gt;est le &#171; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;moins de notions&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &#187; qui l'emporte largement (oui &#224; 77 %).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une seconde chose est claire : le &#171; non &#187; l'emporte largement contre des notions davantage reli&#233;es entre elles (par couplage), et contre remplacer des notions par des questions (non &#224; 70 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En revanche l'id&#233;e de &lt;strong&gt;remplacer des notions par des probl&#232;mes&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;divise&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; la profession : le pour et le contre obtiennent chacun la moiti&#233; des suffrages. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faut-il entendre par &#171; probl&#232;mes &#187; ? Quelle diff&#233;rence avec les &#171; questions &#187; ? Des exemples &#233;taient donn&#233;s entre parenth&#232;ses. Pour les questions : &#171; qu'est-ce qui fait qu'une action est bonne ou mauvaise ? &#187; ou &#171; pourquoi devrions-nous &#234;tre gouvern&#233;s ? &#187;. Pour les probl&#232;mes : &#171; libert&#233; et d&#233;terminisme &#187; ou &#171; art et imitation &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble donc que nos coll&#232;gues soient hostiles &#224; ce que les notions soient remplac&#233;es par des probl&#232;mes formul&#233;s sous forme de questions explicites, mais qu'ils soient plut&#244;t partag&#233;s lorsqu'il s'agit de probl&#232;mes formul&#233;s sous forme de couplage de notions, alors que par ailleurs ils rejettent des notions reli&#233;es entre elles&#8230; On pourrait proposer une hypoth&#232;se : relier les notions entre elles ne change pas grand-chose &#224; l'ind&#233;termination des programmes, nous le savons d&#232;s maintenant car c'est d&#233;j&#224; le cas (le travail et la technique, th&#233;orie et exp&#233;rience, la justice et le droit, l'existence et le temps). Or cela n'emp&#234;che pas certains sujets du bac de porter sur une seule des notions pr&#233;tendument coupl&#233;es, si bien qu'en r&#233;alit&#233; tout se passe comme si ni les champs notionnels (la culture, le sujet, etc.), ni les couplages de notions ne r&#233;duisaient l'&#233;tendue des sujets possiblement trait&#233;s par les &#233;l&#232;ves au bac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, si l'id&#233;e de remplacer les notions par des probl&#232;mes sous la forme &#171; libert&#233; et d&#233;terminisme &#187; para&#238;t int&#233;ressante pour la moiti&#233; des coll&#232;gues qui ont r&#233;pondu, c'est sans doute parce que des probl&#232;mes ainsi formul&#233;s r&#233;duisent clairement le champ des possibles. &#171; Libert&#233; et d&#233;terminisme &#187; ne recouvre pas la libert&#233; politique, par exemple. Et en m&#234;me temps, des probl&#232;mes sous cette forme laissent encore une marge de man&#339;uvre importante, probablement plus importante que des questions formul&#233;es directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur le chemin de la d&#233;termination des programmes&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;,&lt;/strong&gt; il semble donc que nos coll&#232;gues restent encore oppos&#233;s &#224; une pr&#233;cision vraiment cibl&#233;e, et sont partag&#233;s pour ce qui est de pr&#233;ciser en partie ce qu'il faut &#233;tudier pendant l'ann&#233;e, ce &#224; propos de quoi les &#233;l&#232;ves sont cens&#233;s arriver arm&#233;s au bac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier constat remarquable &lt;strong&gt;&#224; propos des &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;rep&#232;res &lt;/strong&gt; : seuls 27 % des professeurs ayant r&#233;pondu traitent explicitement tous les rep&#232;res pendant l'ann&#233;e ; 36 % ne les prennent pas explicitement en compte ; et 60 % en font quelques-uns mais sont embarrass&#233;s par d'autres&#8230; (plusieurs r&#233;ponses &#233;taient possibles, Q.19).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chapitre III : les &#233;preuves du baccalaur&#233;at&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous avons demand&#233; : &#171; Dans les conditions actuelles de notre enseignement, pensez-vous que, &#224; la fin de l'ann&#233;e scolaire, les &#233;l&#232;ves soient pr&#233;par&#233;s &#224; traiter l'ensemble des sujets possibles au bac ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s&#233;rie L, o&#249; pourtant une majorit&#233; de coll&#232;gues trouvent les programmes &#171; bien en l'&#233;tat &#187;, et o&#249; nous disposons de 8 heures par semaine, seules 43 % des r&#233;ponses sont positives, tandis que 44 % r&#233;pondent &#171; non, il y a toujours un sujet pour lequel mes &#233;l&#232;ves n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s &#187;. Le pire constat concerne &lt;strong&gt;les &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;s&#233;ries ES et S&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;, o&#249; une petite minorit&#233; (environ 20 %) des r&#233;ponses sont positives, tandis qu'une &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;tr&#232;s nette majorit&#233; (environ 60 %)&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; des coll&#232;gues r&#233;pondent &#171; non, il y a toujours un sujet pour lequel mes &#233;l&#232;ves n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s &#187;.&lt;/strong&gt; Pour les s&#233;ries technologiques, ils sont 47 % &#224; r&#233;pondre &#171; non, il y a toujours un sujet pour lequel mes &#233;l&#232;ves n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s &#187; ; c'est pour ces s&#233;ries que la r&#233;ponse &#171; non, je suis content quand il y a au moins un sujet sur les trois pour lequel le cours peut directement les aider &#187; obtient le plus fort pourcentage : 25 %, contre environ 22 % en ES et S et 12 % en L.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ainsi, les professeurs ont &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;pleinement conscience&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; que les conditions actuelles ne permettent pas de &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;pr&#233;parer s&#233;rieusement&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; les &#233;l&#232;ves &#224; l'&#233;preuve de philosophie du baccalaur&#233;at.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question suivante (Q.21) demandait : &#171; en cas de r&#233;ponse n&#233;gative, y a-t-il une autre raison que les horaires ? &#187; et 69 % des r&#233;ponses sont positives. Ce n'est donc pas qu'un probl&#232;me de temps. Mais alors, d'&lt;i&gt;o&#249; provient cette impr&#233;paration des &#233;l&#232;ves au bac de philo ? &lt;/i&gt;Les coll&#232;gues &#233;taient alors invit&#233;s &#224; s'exprimer (question ouverte, Q.22) sur ces autres raisons. 212 personnes ont r&#233;pondu. Voici les raisons donn&#233;es par ordre d&#233;croissant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) L'ind&#233;termination des programmes (80 r&#233;ponses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) La lourdeur des programmes (50 r&#233;ponses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Le mauvais choix des sujets (40 r&#233;ponses), dont : des sujets trop difficiles (14 r&#233;ponses), des sujets qui croisent des notions non conform&#233;ment au tableau (14 r&#233;ponses), des sujets trop pr&#233;cis (7 r&#233;ponses), trop originaux (3 r&#233;ponses), mal formul&#233;s (2 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) L'insuffisance des acquis scolaires (20 r&#233;ponses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Les classes surcharg&#233;es (12 r&#233;ponses)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Les horaires insuffisants, notamment en s&#233;rie S (10 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur les &#233;preuves du bac que les r&#233;sultats sont les plus int&#233;ressants, du point de vue d'une transformation de l'enseignement de la philosophie. En effet, &lt;strong&gt;seule une faible minorit&#233; (18 %) des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu estime que les &#233;preuves de philosophie au baccalaur&#233;at sont &#171; &#224; conserver en l'&#233;tat &#187;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;en s&#233;ries technologiques &lt;/strong&gt; ;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;ils sont 49 % pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales, &#224; peine la moiti&#233; des coll&#232;gues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, 51 % des coll&#232;gues pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et &lt;strong&gt;82 % pour les s&#233;ries technologiques&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; jugent que les &#233;preuves du bac philo doivent &#234;tre, soit &#171; conserv&#233;es mais am&#233;nag&#233;es &#187;, soit &#171; enrichies par de nouvelles &#233;preuves &#187;, soit &#171; &#224; remplacer totalement &#187;. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s&#233;ries technologiques, les suffrages les plus nombreux reviennent m&#234;me &#224; la r&#233;ponse la plus radicale : &lt;strong&gt;37 % des professeurs souhaitent &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;remplacer totalement&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; les &#233;preuves du bac de philosophie en ST&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;ponses sont &#224; mettre en rapport avec la question pr&#233;c&#233;dente (Q.23), qui demandait : &#171; pr&#233;parez-vous &#233;quitablement aux deux types d'&#233;preuve, ou bien en privil&#233;giez-vous une ? &#187; En tendance les 2 types d'&#233;preuves sont pr&#233;par&#233;s de fa&#231;on &#233;quitable y compris en s&#233;ries technologiques (57 % contre 76 % en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales). En revanche lorsque les professeurs mettent davantage l'accent sur l'une des &#233;preuves, c'est l'explication de texte qui est privil&#233;gi&#233;e pour les s&#233;ries technologiques (26 %). On s'aper&#231;oit donc ici que la cible des critiques des &#233;preuves de philo au bac technologique est sans doute &#224; rechercher dans la dissertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, 75 % des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu d&#233;clarent souhaiter un &#171; dialogue collectif de la profession &#187; sur la question des &#233;preuves du bac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les questions ouvertes, de nombreux coll&#232;gues proposent un oral pour &#233;valuer la philo au bac, notamment pour les &#233;l&#232;ves de s&#233;ries technologiques. La proposition d'une dissertation &lt;i&gt;guid&#233;e&lt;/i&gt; revient aussi tr&#232;s souvent. En s&#233;ries technologiques, la dissertation est tr&#232;s critiqu&#233;e, souvent qualifi&#233;e d'impossible &#224; r&#233;ussir. L'&#233;preuve texte-questions est aussi critiqu&#233;e pour sa forme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Chapitre IV : les perspectives&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La philosophie avant la Terminale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les professeurs ayant r&#233;pondu &#224; notre enqu&#234;te estiment tr&#232;s majoritairement (65 %) que la possibilit&#233; d'intervenir en Seconde et en Premi&#232;re est une bonne chose mais &lt;strong&gt;doit &#234;tre &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;renforc&#233;e&lt;/strong&gt; (Q.26).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant un enseignement de philosophie d&#232;s la classe de Premi&#232;re (Q.27), &lt;strong&gt;u&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;ne franche&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; majorit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu souhaitent que la philosophie soit enseign&#233;e d&#232;s la Premi&#232;re, suivant une approche soit disciplinaire, soit interdisciplinaire, en s&#233;ries g&#233;n&#233;rales&lt;/strong&gt; : 89 % en L, et environ 80 % en ES et en S ; &lt;strong&gt;une &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;nette majorit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; le souhaite &#233;galement, de fa&#231;on remarquable, &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;pour les s&#233;ries technologiques&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;(66 %). En s&#233;rie L, une &#171; approche disciplinaire &#187; de cet enseignement est pl&#233;biscit&#233;e (68 %) mais pas dans les autres s&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales raisons mentionn&#233;es (Q.28, question ouverte, 139 personnes ont r&#233;pondu) sont les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le oui : cela permettrait que les &#233;l&#232;ves se familiarisent avec la discipline, son esprit, ses m&#233;thodes (89 r&#233;ponses), notamment gr&#226;ce &#224; un travail interdisciplinaire (23/89 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le non : du fait de l'immaturit&#233; intellectuelle et/ou culturelle des &#233;l&#232;ves (10 r&#233;ponses), du fait que le travail interdisciplinaire constituerait une dilution de la discipline (6 r&#233;ponses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enseigner la philosophie de la Premi&#232;re &#224; la Terminale, pour toutes les s&#233;ries, cela obligerait n&#233;cessairement l'institution &#224; introduire une progressivit&#233;, ce que demande l'Acireph depuis sa cr&#233;ation. Il s'agirait l&#224; clairement d'une premi&#232;re &#233;tape vers un v&#233;ritable cursus de philosophie au lyc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La philosophie en lyc&#233;e professionnel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La philosophie n'est actuellement enseign&#233;e qu'&#224; la moiti&#233; d'une classe d'&#226;ge. La Q.29 demandait aux coll&#232;gues si l'enseignement de la philosophie en lyc&#233;e professionnel leur semblait envisageable : sur le mod&#232;le de l'existant ; OU sous une autre forme. &lt;strong&gt;Sur le mod&#232;le de l'existant&lt;/strong&gt;, c'est le &#171; non &#187; qui l'emporte tr&#232;s largement &#224; 87 %. En revanche, &lt;strong&gt;sous une autre forme&lt;/strong&gt;, le &#171; oui &#187; obtient 72 % de r&#233;ponses positives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;ponses contiennent implicitement une affirmation int&#233;ressante : les professeurs de philosophie reconnaissent que la mani&#232;re dont la philosophie est enseign&#233;e n'est &lt;strong&gt;pas si universelle&lt;/strong&gt; qu'elle le pr&#233;tend ; qu'il serait donc possible de faire autrement, et que ce serait m&#234;me indispensable pour pouvoir d&#233;mocratiser la philosophie. La d&#233;mocratisation de l'enseignement de la philosophie semble donc avoir de beaux jours devant elle, mais &#224; condition de repenser s&#233;rieusement notre p&#233;dagogie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, &#224; la question &#171; seriez-vous volontaires ? &#187;, les professeurs de philosophie sont h&#233;sitants et plut&#244;t r&#233;serv&#233;s : 53/47 entre le non et le oui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La formation professionnelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une tr&#232;s franche majorit&#233; des coll&#232;gues ayant r&#233;pondu souhaitent que les formations propos&#233;es aux professeurs de philosophie int&#232;grent davantage une r&#233;flexion sur les pratiques d'enseignement : 75 % souhaiteraient ainsi pouvoir travailler sur les mani&#232;res de faire cours, 70 % sur les mani&#232;res de pr&#233;parer aux &#233;preuves du bac ; ce dont l'Acireph ne peut que se r&#233;jouir, puisque tel serait le sens m&#234;me des Instituts de recherche sur l'enseignement de la philosophie dont nous demandons la cr&#233;ation : donner des moyens institutionnels de partager des pratiques p&#233;dagogiques, d'en d&#233;battre entre coll&#232;gues et d'en &#233;valuer collectivement les effets sur la formation philosophique des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'analyse du SNES des r&#233;sultats de cette enqu&#234;te est consultable ici :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.snes.edu/-Pour-un-etat-des-lieux-de-l-enseignement-de-la-philosophie-dans-le-secondaire-.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.snes.edu/-Pour-un-etat-des-lieux-de-l-enseignement-de-la-philosophie-dans-le-secondaire-.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On trouvera un r&#233;cit &#233;difiant de cet &#233;pisode dans notre histoire critique de la &#171; guerre des programmes &#187;, consultable sur ce site.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &#201;tat de l'enseignement de la philosophie en 2007-2008 &#187;, rapport de l'Inspection g&#233;n&#233;rale de l'&#201;ducation nationale, septembre 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<description>&lt;p&gt;Pr&#233;sentation rapide de l'ACIREPh&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/connaissances" rel="tag"&gt;Connaissances&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://acireph.org/mot/raisonnement" rel="tag"&gt;Raisonnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ACIREPh est une association de professeurs de philosophie ouverte &#224; tous les coll&#232;gues qui enseignent cette mati&#232;re, dans les &#233;tablissements publics ou priv&#233;s. Cr&#233;&#233;e en 1998, son but est de r&#233;fl&#233;chir &#224; l'enseignement de la philosophie dans les lyc&#233;es, et de proposer des pistes pour une am&#233;lioration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre constat est en effet que, depuis de nombreuses ann&#233;es, l'enseignement de la philosophie tel qu'il est institu&#233; est difficilement praticable, ce qui contribue &#224; sa d&#233;t&#233;rioration. L'ACIREPh ouvre des d&#233;bats, diffuse des id&#233;es, des exp&#233;rimentations, et organise p&#233;riodiquement des rencontres o&#249; les professeurs de philosophie peuvent analyser en commun leurs difficult&#233;s, d&#233;couvrir ou confronter leurs pratiques, dans un esprit pluraliste, sans tabou, sans autoritarisme et sans pr&#233;tention &#224; d&#233;tenir ce qui serait LA v&#233;rit&#233; sur l'enseignement de la philosophie. En particulier, chaque ann&#233;e, nous organisons des Journ&#233;es d'&#233;tude sur un ou plusieurs th&#232;mes. Nous publions aussi une revue : &lt;i&gt;C&#244;t&#233;-Philo.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ACIREPh a le double souci de d&#233;fendre les exigences propres &#224; notre discipline, essentielle &#224; la formation de l'esprit critique, et de consid&#233;rer les &#233;l&#232;ves comme ils sont, pour une r&#233;elle efficacit&#233; p&#233;dagogique. Ce double souci anime les id&#233;es dont nous d&#233;battons :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Remplacer les programmes actuels de notions, infaisables car contenant en puissance un nombre ind&#233;fini de probl&#232;mes qu'aucun &#233;l&#232;ve ne peut ma&#238;triser, par des programmes plus d&#233;termin&#233;s : par exemple des programmes de probl&#232;mes.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Repenser les &#233;preuves du Baccalaur&#233;at, notamment pour les s&#233;ries technologiques. Pr&#233;ciser les attentes pour les diff&#233;rents types d'&#233;preuve, et sortir ainsi des &#233;ternelles discussions (notamment en commission d'entente du Bac) sur ce qui est formellement exig&#233; des &#233;l&#232;ves. Instituer des rapports de jurys diffus&#233;s &#224; tous.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Assurer de meilleures conditions pour les apprentissages : d&#233;doublement (notamment pour les s&#233;ries technologiques), travaux dirig&#233;s, diversification des pratiques et des exercices, etc. Limiter la place du cours magistral dans notre enseignement, en faveur d'un travail plus actif en classe de la part des &#233;l&#232;ves.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; R&#233;former l'enseignement de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques, en repensant ses contenus, ses pratiques et ses exercices.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Commencer la philosophie d&#232;s la 1&#232;re, notamment pour la s&#233;rie Litt&#233;raire, et mettre ainsi en place un v&#233;ritable cursus permettant une progressivit&#233; ce qui &#171; donnerait de l'air &#187; &#224; un enseignement qui &#233;touffe dans l'&#233;troite ann&#233;e de Terminale sur laquelle p&#232;se l'examen final.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dans le cadre d'une progressivit&#233; sur plusieurs ann&#233;es, introduire un v&#233;ritable apprentissage de l'argumentation philosophique.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Association_pour_la_cr%C3%A9ation_des_instituts_de_recherche_sur_l%27enseignement_de_la_philosophie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'ACIREPh sur Wikip&#233;dia&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
*****&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La notation de la comp&#233;tence philosophique</title>
		<link>https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/article/la-notation-de-la-competence-philosophique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/article/la-notation-de-la-competence-philosophique</guid>
		<dc:date>2009-10-24T17:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;SP&#201;CIFICIT&#201;S DE LA PHILOSOPHIE ET SP&#201;CIFICIT&#201;S DE L'&#201;VALUATION &lt;br class='autobr' /&gt;
(article paru dans C&#244;t&#233;-Philo n&#176;14) &lt;br class='autobr' /&gt; [ Sociologue, professeur d'universit&#233; &#224; l'IUFM de Bretagne, Pierre Merle a notamment publi&#233; L'&#233;l&#232;ve humili&#233;. L'&#233;cole : un espace de non-droit ? Paris, PUF, 2005 ; Les notes. Secrets de fabrication, Paris, PUF, 2007 ; La d&#233;mocratisation de l'enseignement, Rep&#232;res, La D&#233;couverte, 2009. ] &lt;br class='autobr' /&gt; La comp&#233;tence philosophique est r&#233;put&#233;e rebelle &#224; la mesure. Massivement, les lyc&#233;ens accordent un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/" rel="directory"&gt;L'&#233;valuation&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://acireph.org/mot/dissertation" rel="tag"&gt;Dissertation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;SP&#201;CIFICIT&#201;S DE LA PHILOSOPHIE ET SP&#201;CIFICIT&#201;S DE L'&#201;VALUATION&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;(article paru dans C&#244;t&#233;-Philo n&#176;14)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; [ Sociologue, professeur d'universit&#233; &#224; l'IUFM de Bretagne, Pierre Merle a notamment publi&#233; &lt;i&gt;L'&#233;l&#232;ve humili&#233;. L'&#233;cole : un espace de non-droit ?&lt;/i&gt; Paris, PUF, 2005 ; &lt;i&gt;Les notes. Secrets de fabrication&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 2007 ; &lt;i&gt;La d&#233;mocratisation de l'enseignement&lt;/i&gt;, Rep&#232;res, La D&#233;couverte, 2009. ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comp&#233;tence philosophique est r&#233;put&#233;e rebelle &#224; la mesure. Massivement, les lyc&#233;ens accordent un cr&#233;dit limit&#233; &#224; la notation dans cette discipline : elle serait incertaine, quasi al&#233;atoire. &lt;i&gt;A contrario&lt;/i&gt;, les math&#233;matiques seraient un parangon d'exactitude. Bachelard offre aux philosophes examinateurs un aphorisme consolant : &#171; l'opinion pense mal, elle ne pense pas, elle traduit des besoins en connaissance (&#8230;). On ne peut rien fonder sur l'opinion, il faut d'abord la d&#233;truire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche de destruction est toutefois ardue. Dans sa logique interne, l'opinion sur la notation en philosophie n'a pas seulement pour argument ordinaire une exp&#233;rience subjective confondue spontan&#233;ment avec la connaissance, elle s'appuie aussi sur quelques faits troublants. Par exemple, il y a un quart de si&#232;cle, un laur&#233;at au concours g&#233;n&#233;ral de philosophie, honor&#233; du second prix, a &#233;t&#233; coiff&#233; d'un bonnet d'&#226;ne &#224; l'&#233;preuve du baccalaur&#233;at : un calamiteux 1/20. Par une alchimie ind&#233;cente, l'excellence et la nullit&#233;, ces deux extr&#234;mes adul&#233; et bl&#226;m&#233; de la hi&#233;rarchie scolaire, se sont confondues dans le m&#234;me candidat. Quel d&#233;sordre ! Si la notation ne distingue plus le bon grain de l'ivraie, comment fonder les d&#233;cisions de passage et d'orientation ? Sur quoi reposent les hi&#233;rarchies de dipl&#244;mes, statuts, revenus et pouvoirs ? Dans un univers scolaire o&#249; la notation est cens&#233;e mesurer la quintessence des performances des &#233;l&#232;ves, la philosophie, suspect&#233;e par ses notes, a-t-elle sa place comme discipline d'enseignement ? Le questionnement p&#233;dagogique est &#233;galement in&#233;vitable : s'il est si difficile d'&#233;valuer la comp&#233;tence philosophique d'un lyc&#233;en, comment d&#233;finir ce que cette discipline transmet effectivement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; quelques questions susceptibles de justifier une investigation sur la notation en philosophie. La liste n'est pas exhaustive. Centrale dans l'organisation scolaire, la notation mobilise aussi l'&#233;nergie des enseignants confront&#233;s &#224; des questions simples et redoutables : comment noter de fa&#231;on &#233;quitable ? Comment assurer une &#233;valuation suffisamment fiable des comp&#233;tences acquises et des progr&#232;s encore &#224; r&#233;aliser ? Ces questions sont didactiques mais aussi &#233;thiques. Elles soul&#232;vent des interrogations philosophiques et sociologiques telles que la d&#233;finition de l'&#233;galit&#233; et de la justice. Noter est une responsabilit&#233; professorale de premier ordre pour une autre raison. Les &#233;l&#232;ves attachent une grande importance &#224; leurs notes. Leurs exp&#233;riences subjectives de l'&#233;valuation, valorisantes ou humiliantes (Merle, 2005), contribuent de fa&#231;on essentielle &#224; l'amour de l'&#233;cole ou &#224; son rejet, &#224; la passion pour une discipline ou sa d&#233;testation. Les professeurs sont moralement engag&#233;s par de telles implications de leurs pratiques &#233;valuatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une investigation sur la notation doit d'embl&#233;e questionner un &lt;i&gt;a priori &lt;/i&gt;tenace : la notation de la comp&#233;tence philosophique et, par assimilation la philosophie elle-m&#234;me, serait particuli&#232;re. Particuli&#232;re par rapport &#224; quoi ? Son objet, sa m&#233;thode, son projet ? Mais les autres disciplines n'ont-elles pas tout autant leurs sp&#233;cificit&#233;s ? L'investigation scientifique tire sa pertinence d'une approche comparative. Elle a &#233;t&#233; men&#233;e de longue date sur les &#233;preuves du baccalaur&#233;at. Une recherche pionni&#232;re, &#233;difiante, sera pr&#233;sent&#233;e. Incontournable, elle est loin d'&#233;puiser la question de la notation comme l'attestent les recherches sur les &#171; biais sociaux d'&#233;valuation &#187;. Ceux-ci favorisent une interpr&#233;tation de la notation conceptualis&#233;e en termes d'&#171; arrangement &#187;. Enfin, dans une derni&#232;re partie, les connaissances accumul&#233;es par les recherches sont sollicit&#233;es pour cerner les principes et pratiques d'une notation centr&#233;e sur l'&#233;quit&#233; et les progr&#232;s des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La docimologie ou l'impossible exactitude &#233;valuative&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les approches docimologiques &#8211; du grec dokim&#233; &#171; &#233;preuve &#187; - reposent sur des exp&#233;riences de multi-correction. La premi&#232;re recherche a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e sur la session 1930 du baccalaur&#233;at (Laugier et Weinberg, 1936). Pour chacune des disciplines retenues par l'&#233;tude, cent copies de bac ont fait l'objet de cinq autres notations. Les auteurs ont calcul&#233; l'&#233;cart maximum entre les notes, la moyenne des &#233;carts, les &#233;carts les plus fr&#233;quents (voir tableau ci-dessous). R&#233;sultat accablant pour la philosophie : 13 points de diff&#233;rence pour la m&#234;me copie entre le correcteur le plus indulgent et le plus s&#233;v&#232;re. Au-del&#224; de cette situation extr&#234;me, les &#233;carts les plus fr&#233;quents sont de cinq et sept points (&#224; &#233;galit&#233;) et l'&#233;cart moyen de 3,4 points. L'incertitude de la notation est &#233;lev&#233;e. Mais le r&#233;sultat est tout aussi troublant pour la correction des &#233;preuves de fran&#231;ais pour laquelle l'impr&#233;cision est quasi &#233;quivalente. Aussi &#233;tonnante, sinon plus, la situation des math&#233;matiques. Cette discipline n'honore pas sa r&#233;putation d'infaillibilit&#233;. Tout comme les autres disciplines, la championne de la d&#233;monstration rigoureuse &#233;choue &#224; garantir &#224; ses &#233;l&#232;ves une mesure exacte de leur comp&#233;tence disciplinaire. Les &#233;valuations en math&#233;matiques et philosophie ne pr&#233;sentent pas une diff&#233;rence de nature mais de degr&#233;. Apr&#232;s l'objectivation statistique, il faut revenir &#224; Bachelard : &#171; L'opinion pense mal &#187;. Non qu'elle se trompe sur l'incertitude de la notation en philosophie, mais la croyance dans l'exactitude de la note pour les disciplines dites scientifiques est erron&#233;e : &#171; Ce que l'on croit savoir occulte ce que l'on devrait savoir &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tableau 1 : &#201;carts maximums, &#233;carts moyens et &#233;carts les plus fr&#233;quents lors d'une exp&#233;rience de multi-correction men&#233;e sur 100 copies du baccalaur&#233;at (session 1930)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id01bf_c0'&gt;Disciplines&lt;/th&gt;&lt;th id='id01bf_c1'&gt;&#201;cartmaximum&lt;/th&gt;&lt;th id='id01bf_c2'&gt;Moyenne des &#233;carts&lt;/th&gt;&lt;th id='id01bf_c3'&gt;&#201;cartsles plus fr&#233;quents&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id01bf_c0'&gt;Fran&#231;ais&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id01bf_c1'&gt;13&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='id01bf_c2'&gt;3,3&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id01bf_c3'&gt;6 et 7&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id01bf_c0'&gt; Anglais&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id01bf_c1'&gt;9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='id01bf_c2'&gt;2,2&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id01bf_c3'&gt;4&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id01bf_c0'&gt;Math&#233;matiques&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id01bf_c1'&gt;9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='id01bf_c2'&gt;2,1&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id01bf_c3'&gt;4&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id01bf_c0'&gt;Philosophie&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id01bf_c1'&gt;12&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='id01bf_c2'&gt;3,4&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id01bf_c3'&gt;5 et 7&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id01bf_c0'&gt;Physique&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric ' headers='id01bf_c1'&gt;8&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='id01bf_c2'&gt;1,9&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id01bf_c3'&gt;4&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lecture : les &#233;carts les plus fr&#233;quemment rencontr&#233;s lors de la multi-correction de copies de fran&#231;ais sont 6 et 7 points. Source : Laugier et Weinberg (1936, p.78)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cette recherche fondatrice de 1930, l'incertitude de la notation d'une copie a &#233;t&#233; r&#233;guli&#232;rement confirm&#233;e, notamment en math&#233;matiques, m&#234;me lorsqu'il existe un bar&#232;me pr&#233;cis de notation, question par question (Aymes, 1979). Tout l'int&#233;r&#234;t de l'&#233;tude d&#233;taill&#233;e de la notation de copies est de montrer que pour une m&#234;me question, par exemple not&#233;e sur 2 points, la note peut varier de 0,5 point &#224; 2. Quelle que soit la discipline, le travail de correcteur est un travail d'expert, d'interpr&#233;tation de la r&#233;ponse de l'&#233;l&#232;ve. La formule des &#233;l&#232;ves - &#171; en math, c'est bon ou c'est pas bon &#187; - est une simplification abusive. La connaissance math&#233;matique n'est pas &#233;quivalente aux Saintes &#201;critures. Elle se pr&#233;sente sous des formes vari&#233;es, d&#233;monstrations limpides ou laborieuses, illustrations bien con&#231;ues ou malheureuses, cha&#238;nons argumentaires judicieux ou discutables, conclusions claires ou confuses&#8230; Autant de raisons, identiques &#224; celles &#233;voqu&#233;es par le philosophe examinateur, qui am&#232;nent les correcteurs de math&#233;matiques &#224; porter des appr&#233;ciations divergentes sur les m&#234;mes r&#233;ponses en fonction des pond&#233;rations accord&#233;es &#224; tel ou tel crit&#232;re. La recherche la plus r&#233;cente (Suchaut, 2008) d&#233;bouche sur le m&#234;me r&#233;sultat. Six copies de bac de sciences &#233;conomiques et sociales - deux faibles (not&#233;es 9/20 au bac), deux moyennes (11/20) et deux bonnes (15/20) - ont fait l'objet d'une trentaine de corrections. Les &#233;carts maximums de notation pour chaque copie sont de 9 &#224; 11 points (tableau 2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tab 2 : Exp&#233;rience de multicorrection de copies du bac en sciences &#233;conomiques et sociales (ann&#233;es 2006 et 2007)&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='idb633_c0'&gt; &lt;/th&gt;&lt;th id='idb633_c1'&gt;Copie 1&lt;/th&gt;&lt;th id='idb633_c2'&gt;Copie 2&lt;/th&gt;&lt;th id='idb633_c3'&gt;Copie 3&lt;/th&gt;&lt;th id='idb633_c4'&gt;Copie 4&lt;/th&gt;&lt;th id='idb633_c5'&gt;Copie 5&lt;/th&gt;&lt;th id='idb633_c6'&gt;Copie 6&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idb633_c0'&gt;Note au bac&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c1'&gt;9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c2'&gt;11&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c3'&gt;15&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c4'&gt;9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c5'&gt;15&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c6'&gt;11&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='idb633_c0'&gt;Note minimum&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c1'&gt;5&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c2'&gt;5&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c3'&gt;8&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c4'&gt;3&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c5'&gt;8&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c6'&gt;4&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idb633_c0'&gt;Note maximum&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c1'&gt;15&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c2'&gt;16&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c3'&gt;18&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c4'&gt;13&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c5'&gt;17&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c6'&gt;14&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='idb633_c0'&gt;Ecart max.&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c1'&gt;10&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c2'&gt;11&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c3'&gt;10&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c4'&gt;10&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c5'&gt;9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c6'&gt;10&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idb633_c0'&gt;Moyenne&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c1'&gt;8,8&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c2'&gt;9,0&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c3'&gt;13,0&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c4'&gt;8,8&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c5'&gt;12,9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c6'&gt;8,0&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='idb633_c0'&gt;Ecart-type&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c1'&gt;2,4&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c2'&gt;2,7&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c3'&gt;2,5&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c4'&gt;2,1&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c5'&gt;2,1&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c6'&gt;1,8&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='idb633_c0'&gt;Mode&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c1'&gt;7&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c2'&gt;8&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c3'&gt;14&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c4'&gt;9&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c5'&gt;13&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule' headers='idb633_c6'&gt;8&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lecture&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; : La copie 1, not&#233;e 9/20 au bac, a pour moyenne, corrig&#233;e par 34 correcteurs, 8,8/20. La notation la plus fr&#233;quente (le mode) est 7/20.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Source&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; : Suchaut (2008)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie, le fran&#231;ais, les sciences &#233;conomiques et sociales, disciplines &#233;valu&#233;es essentiellement par des dissertations ou commentaires, sont particuli&#232;rement soumis aux incertitudes de la notation. En ce sens, l'exp&#233;rience de l'&#233;valuation par les &#233;l&#232;ves n'est pas totalement infond&#233;e. Pour les cinq disciplines de la recherche de Laugier et Weinberg, les &#233;carts &#233;gaux ou sup&#233;rieurs &#224; cinq points entre les correcteurs se pr&#233;sentent d'ailleurs avec des fr&#233;quences diff&#233;rentes selon les disciplines et leurs modalit&#233;s d'&#233;valuation : 2.5% en physique, 4.6% en math&#233;matiques, 5.7% en anglais, 20.1% en fran&#231;ais et... 23% en philosophie (Laugier et Weinberg, p. 80). Laugier et Weinberg ont calcul&#233; que pour obtenir la 'note vraie' (avec 5% de risque d'erreur), il fallait recourir &#224; la moyenne de 13 correcteurs en math&#233;matiques, 78 en composition fran&#231;aise et&#8230; 127 en philosophie. Les auteurs concluaient que &#8220;dans la dispersion des notes [particuli&#232;rement en philosophie], la diversit&#233; propre des correcteurs intervient pour une part plus importante que la diversit&#233; des copies' (cit&#233; p.126).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses &#233;tudes se sont donn&#233; pour objet d'expliquer les &#233;carts de notation. La note r&#233;sulte d'un processus de comparaison. La m&#234;me copie est sur&#233;valu&#233;e lorsqu'elle vient apr&#232;s une copie faible et sous-&#233;valu&#233;e lorsqu'elle vient apr&#232;s une copie forte. Les qualit&#233;s ou insuffisances de la (ou des) copie(s) ant&#233;rieurement corrig&#233;e(s) influencent l'appr&#233;ciation de la copie en cours d'&#233;valuation. Produit par la correction pr&#233;c&#233;dente, l'&#8220;effet d'ancre&#8221;, pour reprendre le terme technique, s'exerce aussi lorsque deux ou trois bonnes copies sont plac&#233;es au d&#233;but d'un paquet. La moyenne globale des copies est alors plus faible. L'effet inverse s'exerce dans le cas de mauvaises copies. Ces donn&#233;es &#233;clairent en partie les modalit&#233;s d'&#233;valuation des copies. Le correcteur &#233;tablit au d&#233;but de sa correction un ensemble d'exigences &#224; partir de la lecture des premi&#232;res copies et ces exigences servent de r&#233;f&#233;rences dans la suite de son travail de correction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre constat. M&#234;me avec des crit&#232;res de notation bien d&#233;finis, leurs mises en &#339;uvre par le m&#234;me correcteur sont inconstantes. Dans la cadre d'une correction anonyme, les notations de 26 versions anglaises selon l'ordre de correction (du n&#176;1 au n&#176;26 et du n&#176;26 au n&#176;1) ont &#233;t&#233; compar&#233;es (Bonniol cit&#233; par Noizet et Caverni, 1978). Outre les effets d'ancre, les copies plac&#233;es dans le premier tiers du paquet sont en moyenne not&#233;es de fa&#231;on plus indulgente. Corrig&#233;es dans l'ordre inverse, ces copies sont not&#233;es plus s&#233;v&#232;rement. Chaque correcteur trouvera, dans l'examen critique de sa pratique, quelques interpr&#233;tations &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne troublant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le baccalaur&#233;at est-il pour autant une loterie ? Nullement. Pour deux raisons. La premi&#232;re tient au fait que le bac ne repose pas sur une seule &#233;preuve mais sur plusieurs. La multiplication des &#233;preuves diminue l'al&#233;atoire : les corrections s&#233;v&#232;res sont g&#233;n&#233;ralement compens&#233;es par des corrections indulgentes. Une autre raison aboutit &#224; diff&#233;rencier &#233;preuves du bac et loterie. Les &#233;l&#232;ves tangents, n'ayant pas obtenu la moyenne apr&#232;s les &#233;crits, font l'objet d'une seconde forme d'&#233;valuation, orale cette fois. L'incertitude de l'&#233;valuation est donc une nouvelle fois temp&#233;r&#233;e, de fa&#231;on avantageuse pour l'&#233;l&#232;ve de surcro&#238;t puisque celui-ci b&#233;n&#233;ficie de la meilleure de ses deux prestations &#233;crite et orale. Enfin, au moment des d&#233;lib&#233;rations finales, les membres du jury disposent du livret scolaire de l'&#233;l&#232;ve et doivent r&#233;glementairement tenir compte des performances scolaires obtenues par l'&#233;l&#232;ve pendant l'ann&#233;e de terminale. Le r&#233;sultat de ces arrangements internes au jury, cette cuisine &#233;valuative, est connu : les bons &#233;l&#232;ves ont g&#233;n&#233;ralement leur bac et les accidents sont rares. En revanche, la non-obtention de la moyenne pendant l'ann&#233;e ne pr&#233;dit pas forc&#233;ment l'&#233;chec. Le bac fonctionne comme une seconde chance. Cette organisation complexe, parfois critiqu&#233;e, vou&#233;e semble-t-il au d&#233;p&#233;rissement avec la r&#233;forme actuelle du lyc&#233;e et le recours croissant au contr&#244;le continu, pr&#233;sente l'avantage d'apporter une mesure globalement fiable de la comp&#233;tence des &#233;l&#232;ves alors m&#234;me que chaque &#233;preuve apporte des qualit&#233;s de fiabilit&#233; moindre. Outre que l'organisation actuelle d&#233;livre un dipl&#244;me national, elle permet aussi de limiter les &#171; biais sociaux &#187; d'&#233;valuation mis en &#233;vidence par l'approche sociologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'approche sociologique de la notation : les biais sociaux d'&#233;valuation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'approche sociologique a mis en &#233;vidence des &#171; biais sociaux &#187; d'&#233;valuation, c'est-&#224;-dire des erreurs syst&#233;matiques de mesures semblables &#224; une erreur de parallaxe. Ces biais sont consid&#233;r&#233;s comme &#171; robustes &#187;. Ils font consensus dans la communaut&#233; scientifique. Les recherches sur cette question aboutissent r&#233;guli&#232;rement aux m&#234;mes r&#233;sultats. Les principaux biais sociaux d'&#233;valuation concernent l'effet des caract&#233;ristiques sociales des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe des recherches montrant l'existence de biais sociaux d'&#233;valuation est de comparer les r&#233;sultats des &#233;l&#232;ves &#224; des tests de comp&#233;tence anonymes aux moyennes annuelles qu'ils ont obtenues dans le cadre de leur classe, not&#233;s par leurs professeurs. A comp&#233;tences scolaires identiques mesur&#233;es par des tests, les &#233;l&#232;ves ne font pas l'objet de notations en classe ind&#233;pendantes de leurs caract&#233;ristiques socio-scolaires : genre, redoublement, &#226;ge, origine sociale. Ces r&#233;sultats sont &#233;tablis de fa&#231;on convergente par de nombreuses recherches tant psychologiques que sociologiques (Noizet et Caverni, 1978 ; Merle, 2007). Les principaux biais sociaux de notation sont les suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Not&#233;es par leurs professeurs, les filles obtiennent en moyenne des notes sup&#233;rieures &#224; celles des gar&#231;ons &#224; comp&#233;tences identiques aux tests.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#192; comp&#233;tences &#233;gales, les &#233;l&#232;ves redoublants sont not&#233;s plus s&#233;v&#232;rement que les &#233;l&#232;ves &#171; &#224; l'heure &#187;. Il en est de m&#234;me des &#233;l&#232;ves &#171; en retard &#187; qui ne sont pas redoublants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour un niveau donn&#233; de r&#233;sultats aux tests, les enfants de cadres sup&#233;rieurs sont mieux not&#233;s que les enfants des autres milieux. Dans la recherche de Duru-Bellat et Mingat (1993), ce biais social d'&#233;valuation, estim&#233; &#224; un demi-point, repr&#233;sente presque le quart de la diff&#233;rence moyenne qui s&#233;pare les enfants de cadres des enfants d'ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les biais sociaux d'&#233;valuation concernent &#233;galement les appr&#233;ciations litt&#233;rales port&#233;es sur les &#233;l&#232;ves. Zimmermann (1982) a montr&#233; le d&#233;calage, selon l'origine sociale, entre la notation (chiffr&#233;e ou sous forme de lettres) et les appr&#233;ciations qualitatives port&#233;es sur les &#233;l&#232;ves. Pour les enfants d'origine ais&#233;e, les appr&#233;ciations et notes sont majoritairement concordantes. En revanche, pour les enfants d'ouvriers, les appr&#233;ciations peu valorisantes par rapport aux notes constituent une situation fr&#233;quente. A comp&#233;tences identiques, les enfants d'origine modeste sont donc plus souvent l'objet d'une sous-notation et d'appr&#233;ciations litt&#233;rales moins favorables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces biais sociaux d'&#233;valuation ont fait l'objet d'interpr&#233;tations non exclusives l'une de l'autre. Le professeur-correcteur subirait l'effet de st&#233;r&#233;otypes sociaux. Ainsi les redoublants, syst&#233;matiquement moins bien not&#233;s en classe comparativement &#224; une &#233;valuation anonyme, seraient p&#233;nalis&#233;s par leur pass&#233; scolaire d&#233;faillant, preuve de leur insuffisance pr&#233;sente. Inversement, les &#233;l&#232;ves d'origine ais&#233;e seraient cr&#233;dit&#233;s de comp&#233;tences sup&#233;rieures. Soit le professeur adh&#232;re, dans une semi-conscience, &#224; l'id&#233;ologie du don et &#224; sa transmission h&#233;r&#233;ditaire ; soit, le cr&#233;dit accord&#233;e &#224; la th&#233;orie bourdieusienne de la reproduction inciterait le correcteur &#224; accorder aux &#233;l&#232;ves d'origine ais&#233;e des comp&#233;tences sup&#233;rieures &#224; celles qui sont effectivement les leurs. Autre interpr&#233;tation, dans le quotidien de la classe, les &#233;l&#232;ves d'origine ais&#233;e manifesteraient davantage dans leur participation orale les comp&#233;tences scolaires attendues, notamment linguistiques et syntaxiques. La notation de leurs copies int&#233;grerait cette plus forte visibilit&#233; en classe. Il en serait de m&#234;me des filles, non en raison d'une participation forc&#233;ment sup&#233;rieure, mais d'un comportement plus conformes aux attentes. Les recherches montrent qu'elles sont jug&#233;es moins bavardes en classe bien qu'elles soient peut-&#234;tre seulement plus discr&#232;tes dans leurs discussions clandestines, ce qui demeure une qualit&#233; appr&#233;ciable pour l'enseignant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte des biais sociaux d'&#233;valuation est loin d'expliquer l'ensemble des al&#233;as de la notation et justifie le d&#233;veloppement d'une th&#233;orie de la notation fond&#233;e sur la notation d'arrangements &#233;valuatifs (Merle, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Arrangements &#233;valuatifs et mesures des performances scolaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans une perspective interactionniste, telle qu'elle fut initialement pens&#233;e par Simmel (1981), la soci&#233;t&#233; est &#8220;quelque chose que les individus font et subissent &#224; la fois&#8221; (p.90). Si la notation a toujours pour objet de classer les &#233;l&#232;ves selon leurs performances scolaires, les incertitudes associ&#233;es &#224; la note sont expliqu&#233;es par l'existence d'arrangements, de transactions sociales, qui tiennent au contexte scolaire d'&#233;valuation appr&#233;hend&#233; &#224; quatre niveaux : l'&#233;tablissement, la classe, la relation duale ma&#238;tre-&#233;l&#232;ve et la personne du ma&#238;tre. Ces arrangements ne sont pas forc&#233;ment explicites pour les professeurs. En forte interd&#233;pendance mutuelle, ils sont distingu&#233;s pour des raisons heuristiques. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quatre types d'arrangements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les arrangements &#233;valuatifs propres aux &#233;tablissements peuvent &#234;tre mesur&#233;s. Dans une recherche r&#233;alis&#233;e sur 17 &#233;tablissements (Duru-Bellat et Mingat, 1993), on pouvait s'attendre &#224; ce que les &#233;tablissements dans lesquels les &#233;l&#232;ves obtiennent des r&#233;sultats globalement faibles aux tests de comp&#233;tence soient ceux dans lesquels les notes moyennes attribu&#233;es par les professeurs &#233;taient &#233;galement basses. Il n'en est rien. Les notations les plus indulgentes en classe sont en moyenne attribu&#233;es aux &#233;l&#232;ves qui ont obtenu les r&#233;sultats les plus faibles aux tests de comp&#233;tence standardis&#233;s, et inversement. Des approches ethnographiques aboutissent &#224; des conclusions du m&#234;me ordre. Dans les 'coll&#232;ges difficiles', une partie des enseignants sont amen&#233;s &#224; des adaptations sensibles de leurs pratiques ordinaires d'&#233;valuation en &#233;vitant des contr&#244;les qui aboutiraient &#224; des notes jug&#233;es tr&#232;s faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seconde niveau d'arrangement, la classe. Des arrangements de ce type se r&#233;alisent lorsque le professeur, prenant en consid&#233;ration la bonne volont&#233; de 'ses' &#233;l&#232;ves, d&#233;cide de supprimer de la moyenne trimestrielle les notes d'un contr&#244;le peu r&#233;ussi, ou d'ajouter un devoir 'facile' en fin de trimestre, etc. Dans la situation inverse - agitation, travail non fait, chahut - le professeur peut avoir recours &#224; une 'interrogation surprise' ou donner un devoir 'difficile', sorte de sanction pour montrer aux &#233;l&#232;ves les cons&#233;quences de leur manque d'attention en cours. Le fait que les moyennes annuelles aient tendance &#224; baisser lorsque le nombre moyen d'&#233;l&#232;ves de la classe augmente tend &#224; montrer que la notation assure indirectement une fonction de r&#233;compenses et de sanctions collectives, ces derni&#232;res &#233;tant d'autant plus n&#233;cessaires que le nombre d'&#233;l&#232;ves augmente. L'&#233;valuation est aussi un moyen de surveiller et punir. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arrangements &#233;valuatifs propres &#224; la classe sont d&#233;pendants de normes de notation externe et du niveau scolaire des &#233;l&#232;ves. La notation des comp&#233;tences se r&#233;alise en effet quasi exclusivement dans le cadre de la classe &#224; l'exception des examens blancs et des &#233;valuations nationales. Or les &#233;l&#232;ves sont regroup&#233;s par classe de fa&#231;on sp&#233;cifique. La s&#233;gr&#233;gation urbaine aboutit &#224; une homog&#233;n&#233;it&#233; sociale et scolaire du recrutement des &#233;tablissements. A ce premier facteur d'homog&#233;n&#233;isation, il faut en ajouter un autre. Par le jeu des s&#233;ries de baccalaur&#233;at en second cycle et des options, notamment avec les classes bilingues et europ&#233;ennes, les &#233;l&#232;ves sont, dans chaque &#233;tablissement, regroup&#233;s dans des groupes de 20 &#224; 40 dont le niveau de comp&#233;tences est relativement proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces modalit&#233;s particuli&#232;res de regroupement des &#233;l&#232;ves ont des incidences sur l'&#233;valuation de leurs comp&#233;tences. Le professeur &#233;labore son &#233;valuation en fonction d'une exigence ordinaire de l'organisation scolaire, une sorte de &#8220;constante macabre&#8221;, imposant une &#233;valuation gaussienne : quelques faibles, une majorit&#233; de moyens, quelques forts. Cette norme d'&#233;valuation aboutit &#224; constituer des diff&#233;rences de comp&#233;tences entre &#233;l&#232;ves pourtant globalement proches. Si on compare les &#233;valuations r&#233;alis&#233;es par les professeurs aux r&#233;sultats des &#233;l&#232;ves &#224; des tests standardis&#233;s de comp&#233;tence, on constate qu'une des sp&#233;cificit&#233;s de l'&#233;valuation en classe tend &#224; surestimer les comp&#233;tences des meilleurs de la classe et &#224; sous-estimer les comp&#233;tences des plus faibles. Dans les bonnes classes, les &#233;l&#232;ves d&#233;sign&#233;s comme &#171; faibles &#187; ont un niveau aux tests de comp&#233;tences standardis&#233;s parfois sup&#233;rieur aux &#171; bons &#233;l&#232;ves &#187; scolaris&#233;s dans les classes faibles. Les arrangements au niveau de la classe tendent &#224; concilier des exigences contradictoires : respecter les normes usuelles de notation (construire une courbe de Gauss), tenir compte des normes de notation disciplinaires (cf. infra), susciter et maintenir la mobilisation scolaire des &#233;l&#232;ves &#224; l'&#233;gard de la discipline enseign&#233;e. Une alchimie complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me niveau, la relation duale ma&#238;tre &#233;l&#232;ve. Ces arrangements concernent les &#233;l&#232;ves consid&#233;r&#233;s individuellement. Outre l'octroi d'une note de participation en cours, l'&#233;l&#232;ve qui accepte de faire un travail suppl&#233;mentaire, un expos&#233; par exemple, ou de refaire un devoir 'rat&#233;', pourra b&#233;n&#233;ficier d'une note suppl&#233;mentaire ou d'une note se substituant &#224; ce devoir, ou bien encore d'une note qui ne sera prise en compte dans la moyenne que si elle d&#233;passe 10/20, etc. La dispersion des comportements des professeurs est grande dans ce domaine. Ceux-ci peuvent &#234;tre en effet plus ou moins sensibles au sentiment d'iniquit&#233; que les &#233;l&#232;ves faibles ressentent &#224; l'&#233;gard de leurs notes lorsque ceux-ci ont le sentiment que la r&#233;compense que constitue la note obtenue n'est pas &#224; la hauteur des efforts fournis. Dans ce type de situation, le professeur peut &#234;tre amen&#233;, au nom d'un &#233;quilibre n&#233;cessaire entre travail et gratification scolaires, &#224; noter davantage les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s par l'&#233;l&#232;ve que le niveau atteint et normalement vis&#233; &#224; tel ou tel niveau de scolarit&#233;. Ces arrangements rel&#232;vent parfois de la n&#233;gociation individuelle, parfois m&#234;me du marchandage, et sont sous l'influence des comportements des &#233;l&#232;ves et de ph&#233;nom&#232;nes in&#233;vitables d'attirance ou de r&#233;pulsion ma&#238;tre-&#233;l&#232;ve. Les deux exemples suivants (Merle, 2007) pr&#233;sentent la fa&#231;on dont des comportements d'&#233;l&#232;ves particuliers peuvent orienter la dynamique relationnelle des interactions ma&#238;tre-&#233;l&#232;ves :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'C'est vrai que tu as des &#233;l&#232;ves qui sont &#233;pouvantables aussi, &#231;a arrive : j'avais une classe, il y avait deux mecs, un jour &#224; l'intercours, j'&#233;tais seule avec eux parce que les autres &#233;taient sortis, et il y en a un qui a dit en rigolant &#224; son copain : 'on se la coince'. Des mecs comme &#231;a, aucune piti&#233;. Je crois qu'il n'a pas mesur&#233; la distance &#224; laquelle je tenais. Pour lui dans sa t&#234;te, &#231;a n'&#233;tait m&#234;me pas insultant, parce que c'est comme &#231;a qu'il doit traiter les filles par ailleurs, mais je m'en fous, je n'ai pas non plus une piti&#233; infinie pour ces pauvres petits enfants d'ouvriers' (professeur femme, philosophie, classe terminale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;'J'ai de bonnes &#233;l&#232;ves, j'ai trois petites gamines qui ont vraiment une t&#234;te d'ange, qui sont vraiment..., qui sont adorables, qui sont bosseuses, qui r&#233;pondent, qui connaissent plein de trucs. Et c'est s&#251;r que quand j'arrive &#224; leur copie, j'ai un pr&#233;jug&#233; positif, et je le sens. Alors quelquefois, je me dis, oh l&#224; l&#224; ! Est-ce que tu ne l'as pas surnot&#233;e ? (professeur femme, classe de troisi&#232;me).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces arrangements individuels qui engagent de fa&#231;on personnelle &#233;l&#232;ve et ma&#238;tre sont indissociables d'une quatri&#232;me forme d'arrangement : l'arrangement par rapport &#224; soi. La notation du professeur est orient&#233;e par sa propre histoire scolaire et par les diverses significations que celui-ci associe &#224; son activit&#233; de notation : 'juger de fa&#231;on impartiale', aider, r&#233;compenser, sanctionner... Les pratiques particuli&#232;rement vari&#233;es des professeurs concernant leurs notes minimum ou maximum sont r&#233;v&#233;latrices du statut qu'ils accordent &#224; l'&#233;valuation. Il peut s'agir parfois d'une &#233;chelle de notation dans laquelle l'&#233;l&#232;ve ne peut jamais d&#233;passer une note plafond, chaque paquet de copies se r&#233;f&#233;rant &#224; une hi&#233;rarchie intangible des comp&#233;tences et des hi&#233;rarchies du monde (&#171; 17, c'est le maximum ; 18, c'est moi ; 19, c'est l'&#233;crivain ; 20, c'est Dieu &#187;, professeur agr&#233;g&#233; de grammaire). Ou bien, certains professeurs ne mettent jamais de notes en dessous de 07 : &#171; un &#233;l&#232;ve ne peut jamais rien savoir &#187;. Les notes trop basses sont jug&#233;es d&#233;courageantes, voire inf&#226;mantes pour l'&#233;l&#232;ve qui fait l'effort d'&#233;couter et de comprendre m&#234;me si son attention n'est gu&#232;re couronn&#233;e de succ&#232;s. D'autres enseignants adh&#232;rent &#224; l'id&#233;e d'une mesure indiscutable : la copie &#171; vide &#187; n'&#233;chappe pas au z&#233;ro, ou bien au 01/20, r&#233;compense cruelle accord&#233;e pour l'effort d'&#233;criture, voire l'encre d&#233;pens&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arrangements par rapport &#224; soi, tout comme les arrangements par rapport &#224; la classe pr&#233;c&#233;demment pr&#233;sent&#233;s, n'existent pas dans une sorte de vide social. Ils sont aussi d&#233;pendants de normes de notation disciplinaires. Tel professeur, dans telle discipline, en l'occurrence en Sciences et vie de la terre, notant au dessus de la moyenne de sa discipline, estime que sa notation est &#171; quasi-pathologique &#187;. Il essaie de &#171; se corriger &#187; mais estime ne gu&#232;re parvenir au respect de la norme de notation de sa discipline qu'il estime d&#233;courageante pour les &#233;l&#232;ves. En philosophie, la moyenne se situe plut&#244;t &#224; 9/20 ; les notes en dessous de 6 ou au dessus de 14/20 sont peu fr&#233;quentes (Dogat, 2004). Un professeur de philosophie dont la moyenne de classe avoisinerait les 13/20, ce qui est possible dans certaines disciplines, serait suspect&#233; par le chef d'&#233;tablissement, voire ses coll&#232;gues, de laxisme, d'excentrisme, d'incomp&#233;tence ou des trois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie des professeurs ont une conscience aig&#252;e ou diffuse de ces arrangements et celle-ci les incite &#224; &#234;tre favorables au maintien de l'organisation actuelle du bac qui constitue, dans leur propos, une garantie d'&#233;quit&#233; scolaire, une mise &#224; distance salutaire, un garde-fou institutionnel &#224; l'&#233;gard de d&#233;rives possibles auxquelles nul ne peut avoir la certitude d'&#233;chapper. Cette position est scientifiquement fond&#233;e. Les biais sociaux d'&#233;valuation ont &#233;galement &#233;t&#233; constat&#233;s en classe terminale. Si l'obtention du baccalaur&#233;at &#233;tait r&#233;alis&#233;e uniquement par le contr&#244;le continu, les redoublants, les gar&#231;ons et les enfants d'origine populaire, moins bien not&#233;s &#224; comp&#233;tences &#233;gales pendant l'ann&#233;e, seraient moins souvent bacheliers (Oget, 1999).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arrangements &#233;valuatifs sont d'une grande vari&#233;t&#233; et sont d'autant plus fr&#233;quents que l'enseignant est certes confront&#233; &#224; la question de l'ordre scolaire, &#224; la gestion des relations ma&#238;tre-&#233;l&#232;ves dans la classe, mais simultan&#233;ment &#224; la question de la transmission du savoir et de la motivation de l'&#233;l&#232;ve &#224; l'&#233;gard de sa discipline. Ces contraintes de l'action enseignante expliquent que les arrangements &#233;valuatifs int&#232;grent in&#233;vitablement une dimension didactique. La notation au demi-point pr&#232;s ne doit pas &#234;tre comprise dans le cadre de la 'note vraie' esp&#233;r&#233;e par Laugier et Weinberg mais aussi et d'abord comme le r&#233;sultat d'une 'transaction' ou d'un contrat de type didactique. Le 9.5/20 n'exprime pas tant la pr&#233;cision de la mesure des performances qu'une sorte d'avertissement symbolique dont l'objet est de signaler &#224; l'&#233;l&#232;ve que celui-ci ne remplit pas les exigences attendues sp&#233;cifiques &#224; la discipline, la classe et son &#233;tablissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le de l'&#233;valuation comme arrangement pr&#233;sente un triple avantage : mieux rendre compte de la diversit&#233; des situations scolaires appr&#233;hend&#233;es notamment en termes de diff&#233;rence de s&#233;lectivit&#233; scolaire et sociale des &#233;tablissements ; rendre plus intelligible la r&#233;ussite scolaire en milieu populaire, trajectoires sociales peu compatibles avec la th&#233;orie bourdieusienne de la reproduction ; &#234;tre conciliable avec la diversit&#233; des origines socio-professionnelles des enseignants, diversit&#233; peu compatible avec des st&#233;r&#233;otypes et attentes professorales qui seraient partag&#233;es par tous de fa&#231;on identique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Arrangements &#233;valuatifs et performances scolaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce serait se tromper sur la signification sociale de ces arrangements &#233;valuatifs que de les juger n&#233;gativement. Dans les situations les plus ordinaires et les plus fr&#233;quentes, ces arrangements constituent une fa&#231;on de 'tenir' les &#233;l&#232;ves et de favoriser leur mobilisation scolaire. Quelques professeurs emploient d'ailleurs le terme de 'notes th&#233;rapeutiques' pour d&#233;signer cette pratique (Merle, 2007). Laxisme ? Nullement. G. Felouzis (1997) a montr&#233; que ces 'indulgences calcul&#233;es' favorisaient les progressions des &#233;l&#232;ves aussi bien en math&#233;matiques qu'en fran&#231;ais. Il s'agit d'une modalit&#233; sp&#233;cifique des 'effets d'attentes' : la bonne note et la reconnaissance parentale apport&#233;e par la r&#233;ussite aux devoirs sont des sources d'encouragement, redonnent du sens au travail et aux &#233;tudes et, finalement, cr&#233;ent les conditions d'une am&#233;lioration des comp&#233;tences scolaires. &lt;i&gt;A contrario&lt;/i&gt;, une notation s&#233;v&#232;re est plut&#244;t source de d&#233;couragement et aboutit le plus souvent &#224; freiner le rythme moyen de progression des &#233;l&#232;ves. Autrement dit, l'&#233;valuation sommative est aussi formative, pas seulement en raison des conseils qui peuvent &#234;tre apport&#233;s lors de la correction et dont on conna&#238;t l'effet b&#233;n&#233;fique sur les acquis cognitifs des &#233;l&#232;ves, mais aussi par le niveau m&#234;me de la note, plus ou moins source de mobilisation scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arrangements internes &#224; la classe sont parfois sous la contrainte de contraintes externes. Ainsi, dans certains 'grands lyc&#233;es' des centres villes, des moyennes g&#233;n&#233;ralement assez basses sont attribu&#233;es &#224; des lyc&#233;ens de niveau 'moyen' ou 'juste' afin d'assurer, via le redoublement ou le changement d'&#233;tablissement, un taux de r&#233;ussite au bac proche de 100%. La publication des palmar&#232;s des &#233;tablissements par la presse (les indicateurs bruts de r&#233;ussite au bac) favorise la concurrence entre &#233;tablissements et incite les chefs d'&#233;tablissement &#224; une vigilance accrue lors du passage en classes de premi&#232;re et terminale. Ce contexte scolaire particulier suscite l'&#233;litisme et, par ricochet, des notations plus s&#233;v&#232;res au d&#233;triment des &#233;l&#232;ves faibles ou moyens... Le projet d'&#234;tre un 'bon &#233;tablissement', au sens r&#233;ducteur mais commun de l'expression, d&#233;fini par la publication des taux 'bruts' de r&#233;ussite au bac, peut &#234;tre contradictoire avec des arrangements &#233;valuatifs, internes &#224; la classe et favorables aux progr&#232;s des &#233;l&#232;ves. Cet effet des structures sur les pratiques d'&#233;valuation introduit une r&#233;flexion sur les principes et pratiques au fondement d'une notation &#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Principes et pratiques d'une notation &#233;thique &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une notation &#233;thique doit satisfaire au moins deux exigences &#233;ventuellement concurrentes. Premi&#232;rement, respecter le principe juridique de l'&#233;galit&#233; de traitement. A comp&#233;tence &#233;gale, la notation doit &#234;tre identique. Deuxi&#232;mement, la notation est aussi un moyen p&#233;dagogique et, &#224; ce titre, au service des missions de l'&#233;cole : favoriser les apprentissages, l'acc&#232;s aux dipl&#244;mes et, &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt;, l'int&#233;gration sociale et professionnelle. Autant ses principes sont simples &#224; &#233;noncer - m&#234;me en simplifiant excessivement les missions de l'&#233;cole qui assure aussi un r&#244;le de s&#233;lection des &#233;l&#232;ves -, autant leur application soul&#232;ve des difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Recourir &#224; des bar&#232;mes de notation et proposer des corrections&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le respect du principe de l'&#233;galit&#233; de traitement impose de limiter les al&#233;as de la notation et les biais sociaux d'&#233;valuation. L'al&#233;a de la notation est limit&#233; par la multiplication des &#233;preuves, la mise en &#339;uvre d'un bar&#232;me pr&#233;cis, l'existence de plusieurs correcteurs. Dans le quotidien de la classe, ces pratiques sont difficiles &#224; mettre en &#339;uvre. La multiplication du nombre et des formes des &#233;preuves (interrogations courtes sur les le&#231;ons, devoirs longs sur des questions complexes, dissertations) alourdit sensiblement les t&#226;ches de correction. Le recours &#224; un bar&#232;me pr&#233;cis, explicite pour les &#233;l&#232;ves, est la norme dans certaines disciplines mais est souvent absent dans d'autres. Ce serait pourtant &#224; la fois un guide possible pour le professeur, un moyen d'auto-contr&#244;le, et une garantie d'&#233;quit&#233; pour les &#233;l&#232;ves. La notation est jug&#233;e moins cr&#233;dible par ceux-ci dans les disciplines n'ayant pas recours &#224; un bar&#232;me (Merle, 1998, 2003). Or si le sentiment d'une notation al&#233;atoire ou &#171; &#224; la t&#234;te du client &#187; domine chez l'&#233;l&#232;ve, son investissement scolaire est amoindri. Le bar&#232;me procure du cr&#233;dit et de la l&#233;gitimit&#233; &#224; la note, au professeur et &#224; la discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi un bar&#232;me n'est-il pas la norme ? Il est difficile &#224; mettre en &#339;uvre pour noter commentaires et dissertations et son application est, de surcro&#238;t, une source de contestation potentielle des notes par les &#233;l&#232;ves. Autant de raisons de rester &#224; des notations globales et intuitives ou d'utiliser un bar&#232;me g&#233;n&#233;ral peu contraignant (compr&#233;hension du sujet, rigueur de l'argumentation&#8230;) au d&#233;triment d'une &#233;valuation plus fine, plus intelligible et plus constructive pour l'&#233;l&#232;ve. Qu'un bar&#232;me soit pr&#233;sent ou non, la correction est toujours utile, notamment sous une forme &#233;crite, y compris pour les dissertations, en raison des obstacles linguistiques et syntaxiques consid&#233;rables rencontr&#233;s par les &#233;l&#232;ves. Un ou des mod&#232;les &#8211; et non LE mod&#232;le - sont des n&#233;cessit&#233;s pratiques. Les refuser &#224; l'&#233;l&#232;ve sous pr&#233;texte que chaque r&#233;flexion doit suivre son propre chemin revient &#224; penser qu'un nouveau-n&#233; apprendra &#224; parler sans les sons et les mots apport&#233;s continument avant m&#234;me qu'il ne les comprenne. L'&#233;l&#232;ve sans mod&#232;le est, &lt;i&gt;mutadis mutandis&lt;/i&gt;, l'&#233;quivalent de Victor, l'enfant sauvage de l'Aveyron d&#233;crit par Jean Itard. Il ne lui est pas donn&#233; les cl&#233;s des portes qu'il pourrait ouvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Adapter les &#233;preuves&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par sa forme particuli&#232;rement cod&#233;e, la dissertation n'entretient qu'un rapport indirect avec le cours qu'il soit magistral ou non. Pour la philosophie - le fran&#231;ais et les sciences &#233;conomiques et sociales sont dans des situations semblables -, est pos&#233;e la question pol&#233;mique de la pertinence de l'&#233;preuve. Il faut introduire dans la r&#233;flexion un argument li&#233; &#224; l'histoire de la philosophie. La dissertation, forme canonique de l'&#233;valuation dans la discipline, est loin d'avoir toujours &#233;t&#233; la r&#232;gle. Au XIXe et jusqu'&#224; l'entre deux guerres, l'&#233;valuation des &#233;l&#232;ves rel&#232;ve bien davantage de la restitution que de la r&#233;flexion (Poucet, 2006). A l'aune des pratiques actuelles, ce mode d'&#233;valuation pass&#233; serait jug&#233; pauvre, peu propice &#224; la pens&#233;e philosophique, voire antinomique &#224; celle-ci. Une telle pratique, la r&#232;gle &#224; l'&#233;poque des humanit&#233;s triomphantes, a-elle &#233;t&#233; un obstacle &#224; la formation de quelques philosophes illustres n&#233;s &#224; la fin du XIXe et au d&#233;but du XXe ? La ma&#238;trise de notions incontournables et la classique &#8220;question de cours&#8221; ne seraient-elles pas des cheminements possibles pour parvenir &#224; une r&#233;flexion &#233;labor&#233;e ? La progressivit&#233; des apprentissages fond&#233;e sur principe de &#8220;la zone proximale de d&#233;veloppement&#8221; propos&#233; par Vygostski n'apporte-t-elle pas des justifications empiriques &#224; une telle d&#233;marche p&#233;dagogique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe gu&#232;re de domaines dans lesquels le principe de progressivit&#233; dans l'entra&#238;nement et dans les &#233;preuves n'est pas &#224; l'&#339;uvre, aussi bien dans l'apprentissage de la parole, de la lecture que du saut en hauteur... Si la barre est trop haute pour une partie des &#233;l&#232;ves, il devient impossible d'&#233;valuer les comp&#233;tences notionnelles qu'ils ma&#238;trisent cependant. La progressivit&#233; des &#233;preuves est une des conditions d'une &#233;valuation &#233;quitable. Entre l'&#233;l&#232;ve qui a compris le sujet de la dissertation et celui qui peine ou &#233;choue &#224; ce niveau de r&#233;flexion, il existe une multitude de niveaux de comp&#233;tences quasi impossible &#224; &#233;valuer sans un cadre d'&#233;valuation appropri&#233;. L'&#233;preuve de dissertation, si difficile, est m&#234;me une difficult&#233; pour les meilleurs &#233;l&#232;ves jamais gratifi&#233;s des meilleures notes dont ils peuvent b&#233;n&#233;ficier dans les disciplines scientifiques (Dogat, 2004). Dans cette perspective, le rapport Bouveresse-Derrida (1989) pr&#233;sente des propositions qui redonneraient &#224; une grande part des &#233;l&#232;ves &#8211; et parfois aux professeurs &#8211; un sens &#224; l'apprentissage, &#224; l'enseignement et &#224; l'&#233;valuation. Le rapport propose notamment : &#8220;une s&#233;rie de questions visant &#224; &#233;valuer l'assimilation du vocabulaire philosophique de base et des distinctions conceptuelles &#233;l&#233;mentaires, ainsi que la connaissance de points de rep&#232;res dans l'histoire de la philosophie (par exemple 6 questions propos&#233;es dans le cadre du programme g&#233;n&#233;ral, les &#233;l&#232;ves en choisissant 3 ; dur&#233;e : une heure)&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Mutualiser des &#233;preuves d'&#233;valuation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Autre pratique n&#233;cessaire &#224; l'&#233;quit&#233; : la mutualisation des &#233;preuves. Le recours &#224; des &#233;preuves communes &#224; l'ensemble des classes d'un &#233;tablissement - souvent organis&#233;es en fin de troisi&#232;me ou en terminale - est lourde &#224; mettre en place mais pr&#233;sente un triple avantage. D'une part, elle permet des comparaisons inter-classes du niveau des &#233;l&#232;ves et d'&#233;viter une sous-estimation des comp&#233;tences des &#233;l&#232;ves &#233;tiquet&#233;s faibles scolaris&#233;s dans les bonnes classes. D'autre part, une &#233;valuation anonyme des comp&#233;tences supprime les biais de notation in&#233;vitablement pr&#233;sents lorsque le professeur note ses propres &#233;l&#232;ves. Enfin, la conception d'&#233;preuves anonymes n&#233;cessite un travail collectif des professeurs, la recherche d'accords sur un bar&#232;me de notation et/ou des exigences disciplinaires communes. Ce partage d'exp&#233;riences favorise une convergence des pratiques de notation et parall&#232;lement des contenus d'enseignement. Pour ces raisons, cette mutualisation est favorable &#224; l'&#233;quit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;server l'anonymat social et scolaire de l'&#233;l&#232;ve&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#201;viter les biais sociaux de notation n&#233;cessite aussi de limiter la connaissance personnelle des &#233;l&#232;ves. Des recherches en psychologie sociale ont montr&#233;, lors d'exp&#233;riences de multi-corrections, que la mention de la profession d'un des parents sur des copies aboutissait &#224; augmenter ou diminuer la note selon que la profession soit favoris&#233;e ou d&#233;favoris&#233;e (Noizet et Caverni, 1978). Il faut tirer toutes les cons&#233;quences de ces recherches. Au d&#233;but de chaque ann&#233;e scolaire, les professeurs font majoritairement remplir par leurs &#233;l&#232;ves une fiche de renseignements sur laquelle figure un certain nombre d'informations : profession des parents, &#226;ge, redoublement, niveau ant&#233;rieur dans la discipline&#8230; Or m&#234;me lorsque les professeurs pr&#233;sentent quelques justifications pour disposer de ces informations (Merle, 2007), celles-ci favorisent les biais de notation. Pour cette raison, l'usage des fiches de renseignements devrait &#234;tre r&#233;glementairement proscrit. Cette d&#233;marche est difficile &#224; mettre en &#339;uvre : les professeurs consid&#232;rent g&#233;n&#233;ralement qu'ils ont l&#233;gitimit&#233; pour demander aux &#233;l&#232;ves, par le biais de cette fiche de renseignements, toutes les informations qu'ils souhaitent. Cependant, la direction des &#233;tablissements procure le plus souvent aux professeurs des listes de composition de leurs classes et celles-ci sont suffisantes pour assurer le contr&#244;le des pr&#233;sents. Une sensibilisation des enseignants sur les biais sociaux de notation serait susceptible de faire &#233;merger des pratiques professorales plus exigeantes en termes d'&#233;valuation &#233;quitable des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;f&#233;rer la notation encourageante &#224; la croyance en la note vraie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, l'al&#233;a consid&#233;rable de la notation, maintes fois d&#233;montr&#233;, devrait amener les professeurs &#224; consid&#233;rer avec plus de circonspection leurs notations. Les enqu&#234;tes men&#233;es aupr&#232;s des professeurs montrent en effet qu'une partie d'entre eux adh&#232;re &#224; l'id&#233;e d'une mesure exacte de la comp&#233;tence des &#233;l&#232;ves. Ce sont en quelque sorte des croyants. D'autres, plus dubitatifs, ont une connaissance des incertitudes de leurs notations (Merle, 2007). Les premiers, les &#8220;croyants&#8221;, utilisent toute l'&#233;chelle des notes basses et font preuve d'intransigeance en mati&#232;re de passage dans la classe sup&#233;rieure. Les seconds, les &#8220;dubitatifs&#8221;, h&#233;sitent &#224; mettre des notes inf&#233;rieures &#224; 5, voire 6 ou 7/20. Ils con&#231;oivent leurs contr&#244;les en commen&#231;ant par quelques exercices accessibles aux &#233;l&#232;ves faibles et limitent les questions croche-pieds. Ils indiquent parfois recourir &#224; des notes &#171; th&#233;rapeutiques &#187;, c'est-&#224;-dire guid&#233;es par le souci d'encourager l'&#233;l&#232;ve en difficult&#233; et de r&#233;compenser ses progr&#232;s. Cet usage p&#233;dagogique de la note d&#233;laisse, en partie et momentan&#233;ment, le principe de l'&#233;galit&#233; de traitement - difficile &#224; atteindre en mati&#232;re d'&#233;valuation - au profit d'un int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur : pr&#233;server la scolarit&#233; de l'&#233;l&#232;ve et sa motivation face aux apprentissages. La notation est un levier psychologique et p&#233;dagogique terriblement puissant. Un mauvais usage d&#233;bouche sur un d&#233;sastre ; un bon usage sur un cercle vertueux &#171; r&#233;compense-apprentissage-r&#233;compense &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principes et fondements d'une notation &#233;thique font pleinement partie du m&#233;tier d'enseignant. L'arr&#234;t&#233; du 19 d&#233;cembre 2006 relatif au cahier des charges de la formation des ma&#238;tres pr&#233;cise d'ailleurs que leur formation professionnelle doit notamment permettre la ma&#238;trise des comp&#233;tences suivantes : &#171; agir de fa&#231;on &#233;thique &#187; ; &#171; prendre en compte la diversit&#233; des &#233;l&#232;ves &#187; ; &#171; &#233;valuer les &#233;l&#232;ves &#187;. Le cahier des charges de la formation des ma&#238;tres ouvre une r&#233;flexion sur la dimension &#233;thique de l'&#233;valuation, sur la justice de la notation, sur les modalit&#233;s pratiques de mise en &#339;uvre du principe juridique de l'&#233;galit&#233; de traitement. Il n'existe pas de raison pour que les professeurs de philosophie se saisissent moins que leurs coll&#232;gues des autres disciplines de ces questions et notions qui ne sont de surcro&#238;t pas &#233;trang&#232;res &#224; leurs contenus d'enseignements...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre MERLE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IUFM de Bretagne&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Bibliographie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aymes Jean, &#171; Une exp&#233;rience de multi-correction &#187;, &lt;i&gt;Bulletin de l'Association des professeurs de math&#233;matiques de l'enseignement public&lt;/i&gt;, 321, 789-797, 1979.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouveresse Jacques &amp; Derrida Jacques, &lt;i&gt;Pr&#233;ambule aux Principes pour une r&#233;flexion sur les contenus de l'enseignement&lt;/i&gt;, mars 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dogat Renaud, Des bonnes notes au bac philo, &lt;i&gt;C&#244;t&#233; Philo&lt;/i&gt;, 4, 2004, 48-52.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Duru-Bellat Marie, Mingat Alain&lt;i&gt;, Pour une approche analytique du fonctionnement du syst&#232;me &#233;ducatif, &lt;/i&gt;Paris, P.U.F, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Felouzis Georges, &lt;i&gt;L'efficacit&#233; des enseignants. Sociologie de la relation p&#233;dagogique, &lt;/i&gt;Paris, PUF, 1997&lt;i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laugier Henri &amp; Weinberg Dagmar, &lt;i&gt;Commission fran&#231;aise pour l'enqu&#234;te Carnegie sur les examens et concours. La correction des &#233;preuves &#233;crites au baccalaur&#233;at&lt;/i&gt;, Paris, Maison du livre, 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merle Pierre, &#171; Equit&#233; et notation : l'exp&#233;rience subjective des lyc&#233;ens &#187;, &lt;i&gt;Carrefours de l'&#233;ducation&lt;/i&gt;, 5, p. 60-79, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merle Pierre, &#171; Le rapport des coll&#233;giens aux math&#233;matiques et au fran&#231;ais. La perception des &#233;l&#232;ves de 6 e et 3e &#187;, &lt;i&gt;Orientation scolaire et professionnelle&lt;/i&gt;, 32, p. 641-668, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merle Pierre&lt;i&gt;, L'&#233;l&#232;ve humili&#233;. L'&#233;cole : un espace de non-droit ?&lt;/i&gt; Paris, PUF, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merle Pierre, &lt;i&gt;Les notes. Secrets de fabrication&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Noizet G&#233;rard, Caverni Jean-Paul, &lt;i&gt;Psychologie de l'&#233;valuation scolaire&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oget David, &lt;i&gt;Efficacit&#233; et co&#251;ts du baccalaur&#233;at g&#233;n&#233;ral et technologique : quelle alternative &#224; l'organisation des &#233;preuves ?&lt;/i&gt; 1999, Doctorat, IREDU, 408 p, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poucet Bruno, Histoire de la dissertation de philosophie dans l'enseignement secondaire, &lt;i&gt;C&#244;t&#233; Philo&lt;/i&gt;, n&#176;9, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simmel Georg, &lt;i&gt;Sociologie et &#233;pist&#233;mologie&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1991, (1er &#233;d. 1917).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suchaut Bruno, &lt;i&gt;La loterie des notes au bac. Un r&#233;examen de l'arbitraire de la notation des &#233;l&#232;ves,&lt;/i&gt;Ir&#233;du-CNRS et Universit&#233; de Bourgogne, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zimmermann Daniel, &lt;i&gt;La s&#233;lection non-verbale &#224; l'&#233;cole&lt;/i&gt;, Paris, ESF, 1982.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Repenser les conditions de l'&#233;valuation en philosophie</title>
		<link>https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/article/repenser-les-conditions-de-l-evaluation-en-philosophie</link>
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		<dc:date>2009-01-01T18:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Par Fran&#231;ois LAFAYETTE QUATRE PRINCIPES POUR UNE &#201;VALUATION PLUS &#201;QUITABLE ET PLUS FORMATIVE EN PHILOSOPHIE 1. L'&#233;valuation n'est &#233;quitable que si elle porte sur ce qui a effectivement &#233;t&#233; enseign&#233; et appris pendant l'ann&#233;e 2. L'&#233;valuation n'est &#233;quitable que si elle refl&#232;te l'ensemble du travail effectu&#233; et des acquis 3. L'&#233;valuation n'est formative que si elle permet au professeur comme &#224; l'&#233;l&#232;ve d'identifier clairement la raison des erreurs, manques ou insuffisances et les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/" rel="directory"&gt;L'&#233;valuation&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par &lt;strong&gt;Fran&#231;ois LAFAYETTE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;QUATRE PRINCIPES POUR UNE &#201;VALUATION PLUS &#201;QUITABLE ET PLUS FORMATIVE EN PHILOSOPHIE&lt;/strong&gt;&lt;/h2&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;1. L'&#233;valuation n'est &lt;strong&gt;&#233;quitable&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;que si elle porte sur ce qui a &lt;strong&gt;effectivement &#233;t&#233; enseign&#233; et appris&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;pendant l'ann&#233;e&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;2. L'&#233;valuation n'est &lt;strong&gt;&#233;quitable&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;que si elle refl&#232;te &lt;strong&gt;l'ensemble du travail&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;effectu&#233; et des acquis&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;3. L'&#233;valuation n'est &lt;strong&gt;formative&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;que si elle permet au professeur comme &#224; l'&#233;l&#232;ve d'identifier clairement &lt;strong&gt;la raison des erreurs&lt;/strong&gt;, manques ou insuffisances et les &lt;strong&gt;conditions &lt;/strong&gt;du progr&#232;s et de la r&#233;ussite&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;4. L'&#233;valuation n'est &lt;strong&gt;formative&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;que si ses modalit&#233;s sont clairement compatibles avec la n&#233;cessaire &lt;strong&gt;progressivit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;de tout apprentissage&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise en compte de ces quatre principes aboutirait, selon moi, aux dix propositions suivantes : &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;DIX PROPOSITIONS POUR UNE &#201;VALUATION PLUS &#201;QUITABLE ET PLUS FORMATIVE EN PHILOSOPHIE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id6602_c0'&gt;P1. Les programmes de philosophie devront &#233;noncer explicitement les connaissances et comp&#233;tences devant faire l'objet d'un apprentissage ou d'un approfondissement dans le cadre du cours de philosophie&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, ce n'est pas le cas, car :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- le programme demeure ind&#233;termin&#233; :&lt;/strong&gt; l'ACIREPh maintient que seul est un programme de &lt;i&gt;probl&#232;mes &lt;/i&gt;(et non de notions) permettrait de circonscrire raisonnablement l'objet de l'enseignement ; outre le fait que c'est le seul qui soit coh&#233;rent avec l'esprit d'un tel enseignement (la philosophie traite de &lt;i&gt;probl&#232;mes &lt;/i&gt;et non de &lt;i&gt;notions&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;- la logique qui a pr&#233;sid&#233; &#224; sa conception n'est pas respect&#233;e :&lt;/strong&gt; les notions de la deuxi&#232;me colonne devaient permettre de limiter le nombre de probl&#232;mes auxquels renvoyaient celles de la premi&#232;re colonne ; il est explicitement dit, en formation continue comme en formation initiale, qu'il n'y a pas &#224; tenir compte de cette articulation et que le programme c'est la liste de l'ensemble des notions (premi&#232;re et deuxi&#232;me colonnes indiff&#233;remment).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les &lt;strong&gt;rares &#233;l&#233;ments de connaissance &lt;/strong&gt;(les &#171; rep&#232;res &#187;) &lt;strong&gt;ne font pas l'objet d'une &#233;valuation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;les comp&#233;tences attendues ne sont pas d&#233;finies&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;( pour conna&#238;tre les propositions de l'ACIREPh sur les programmes se r&#233;f&#233;rer &#224; ses travaux !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;P2. Fonder l'&#233;valuation sur la &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;vari&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;des exercices permettant de former et d'appr&#233;cier la diversit&#233; des connaissances et comp&#233;tences des &#233;l&#232;ves.&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'ambition d'une &#233;valuation plus juste et plus formative rend absolument n&#233;cessaire l'abandon des recommandations et pratiques actuelles qui consistent &#224; ne prendre en compte que les trois exercices trimestriels de type baccalaur&#233;at.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les recommandations et pratiques actuelles sont &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;inad&#233;quates, parce que&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elles focalisent l'attention des &#233;l&#232;ves pr&#233;matur&#233;ment et exclusivement sur les exercices du baccalaur&#233;at,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elles entretiennent &#171; le culte de la note &#187; et la mythologie d'une discipline inaccessible ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elles d&#233;couragent des &#233;l&#232;ves le plus souvent et imm&#233;diatement plac&#233;s devant leur &#233;chec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elles poussent les enseignants et les &#233;l&#232;ves &#224; n&#233;gliger les autres exercices qui &#8211; de toutes les fa&#231;ons &#8211; &#171; ne comptent pas &#187; - et sont donc de ce fait &lt;i&gt;anti-formatives&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elles appauvrissent l'enseignement de philosophie et constituent le plus puissant obstacle &#224; la diversification des pratiques et &#224; l'innovation p&#233;dagogique, elles encouragent un enseignement routinier et scl&#233;ros&#233; (la &#171; philo-du-bac &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elles ne permettent pas de distinguer le formatif, le sommatif et le certificatif puisque qu'on exige d'embl&#233;e des &#233;l&#232;ves (et toujours) un devoir type baccalaur&#233;at&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elles placent les enseignants dans la contradiction : la confusion du formatif et du sommatif fait qu'ils ne savent jamais s'ils doivent noter les devoirs (et d&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e) &#171; &lt;i&gt;comme au bac&lt;/i&gt; &#187; - ce qu'ils font le plus souvent cependant en raison du cadre programmatique et institutionnel (mais aussi&#8230; pour ne pas mentir aux &#233;l&#232;ves, ni &#224; l'institution et aux parents : puisque la moyenne trimestrielle, etc. ) ; au mieux, chacun opte selon les classes, les ann&#233;es, ou la conviction du moment pour telle ou telle modulation : l'&#233;valuation en philosophie devient alors al&#233;atoire d'un enseignant &#224; un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, &lt;strong&gt;les recommandations et pratiques actuelles sont profond&#233;ment injustes &lt;/strong&gt;pour toutes les raisons qui pr&#233;c&#232;dent et parce qu'elles ne refl&#232;tent que tr&#232;s partiellement et tr&#232;s limitativement le travail et les acquis r&#233;els des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Voici &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;un exemple &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;(&#224; adapter) en fonction des comp&#233;tences et objectifs &#233;nonc&#233;s (ou qui devraient l'&#234;tre) dans les programmes et selon les s&#233;ries pour donner une id&#233;e de ce que serait une &#233;valuation plus &#233;quitable et plus formative :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(ATTENTION ce qui suit est BANAL mais tellement contraire &#224; nos traditions que vous risquez de vous sentir mal !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En philosophie, l'&#233;valuation sera fond&#233;e sur la prise en compte de comprendra quatre types de travaux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Rem&lt;/i&gt;&lt;i&gt;arque&lt;/i&gt;&lt;i&gt; : &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;la pond&#233;ration des divers &#233;l&#233;ments &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;est bien entendu &#224; r&#233;fl&#233;chir et d&#233;terminer collectivement !!! mais elle&lt;/i&gt; &lt;strong&gt;est in&#233;vitable &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;et il faut bien que les &#233;l&#232;ves connaissent les modalit&#233;s de l'&#233;valuation, non seulement par simple justice, mais si on veut justement s'inscrire dans une perspective formative.] &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id147f_c0'&gt;TYPES DE TRAVAIL&lt;/th&gt;&lt;th id='id147f_c1'&gt;POND&#201;RATION&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id147f_c0'&gt;&lt;strong&gt;- 1. les &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;compositions de philosophie&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;de type baccalaur&#233;at :&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;dissertation&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;et &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;commentaire ordonn&#233;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;d'un texte&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id147f_c1'&gt;30 %&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id147f_c0'&gt;&lt;strong&gt;- 2. des &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;interrogation&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;s&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;portant sur les connaissances philosophiques : concepts et distinctions lexicales ou conceptuelles (&#171; rep&#232;res &#187;) fondamentaux, doctrines&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id147f_c1'&gt;30 %&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td headers='id147f_c0'&gt;&lt;strong&gt;- 3. des &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;exercices&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;philosophiques relatifs &#224; des comp&#233;tences explicitement vis&#233;es par les programmes&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;(*)&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id147f_c1'&gt;30 %&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td headers='id147f_c0'&gt;&lt;strong&gt;- 4. des &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;travaux personnels&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;ou &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;en groupe&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;d&#233;finis par l'enseignant et pouvant comprendre : des &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;lectures, &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;des &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;expos&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;, des &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;travaux de recherche et de r&#233;flexion,&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;la tenue d'un &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;cahier ou &#171; journal &#187;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;de philosophie comprenant ces travaux, etc.&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td headers='id147f_c1'&gt;10 %&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(*)&lt;/strong&gt; comme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; rep&#233;rer un probl&#232;me philosophique dans une question, un texte, ou &#224; partir d'une notion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; reconna&#238;tre et utiliser des concepts essentiels de la tradition philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;finir et analyser un concept, op&#233;rer une distinction de concepts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; identifier la logique interne d'un texte ou d'une pens&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; rep&#233;rer les analogies et les diff&#233;rences entre deux textes traitant le m&#234;me probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; confronter des th&#232;ses visant &#224; l'&#233;laboration d'une r&#233;ponse r&#233;fl&#233;chie &#224; une question pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;valuer un argument par son insertion dans un dialogue critique ou par sa confrontation &#224; des exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; construire ou reconstruire la progression argument&#233;e dans les &#233;tapes d'une analyse.&lt;br class='manualbr' /&gt;- &#233;valuer la force et la pertinence d'une argumentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; tirer les le&#231;ons d'un exemple, les cons&#233;quences d'un principe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; exercer un va-et-vient permanent de l'universel au particulier, de l'abstrait au concret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;P3. R&#233;&#233;crire &#8211; en cons&#233;quence des points pr&#233;c&#233;dents - &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;de nouvelles instructions &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;concernant les exercices et le travail des &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Les instructions de 1977 ont &lt;strong&gt;plus de 30 ans &lt;/strong&gt;, bien qu'abrog&#233;es en 2009 (sans &#234;tre remplac&#233;es !!!) nombre d'Inspecteurs et de sites &#171; officiels &#187; s'y r&#233;f&#232;rent ; elles datent &lt;strong&gt;d'avant &lt;/strong&gt;la d&#233;mocratisation de l'enseignement secondaire et l'extension &lt;i&gt;&#224; toutes &lt;/i&gt;les s&#233;ries technologiques de l'enseignement de philosophie (progressivement r&#233;alis&#233;es dans les ann&#233;es 80). On peut penser qu'un tel chantier ne serait s&#251;rement pas indigne de l'Inspection de philosophie, en charge, en principe, de la p&#233;dagogie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id7101_c0'&gt;P4. Faire conna&#238;tre d&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e les modalit&#233;s de l'&#233;valuation (voire l'&#233;ch&#233;ancier pr&#233;visionnel des diff&#233;rents exercices), la pond&#233;ration des diff&#233;rents types d'exercices dans l'&#233;valuation finale (trimestrielle), et les conditions &#233;ventuelles de rattrapage
&lt;p&gt;P5. Expliciter les crit&#232;res communs d'&#233;valuation des exercices, notamment ceux du baccalaur&#233;at&lt;/p&gt;
&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, bien s&#251;r, moraliser le baccalaur&#233;at, pour cela :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='idf4a9_c0'&gt;P6. Diversifier les exercices du baccalaur&#233;at, notamment pour les s&#233;ries technologiques
&lt;p&gt;P7. Repenser les conditions d'&#233;laboration des sujets en introduisant des clauses d'&#233;criture contraignantes pour s'assurer que leur rapport aux programmes est bien explicite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P8. Repenser le fonctionnement et les moyens des commissions d'ententeP9. &#201;tablir pour chaque sujet un rapport&lt;/p&gt;
&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Sur ces derniers points se reporter, l&#224; encore, aux travaux et propositions de l'Acireph !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin tout cela aurait beaucoup plus de sens et serait plus &#233;vident &#224; organiser si la condition institutionnelle de la progressivit&#233; des apprentissage &#233;tait satisfaite, &#224; savoir :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;P10. Instituer &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;pour tous&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;les &#233;l&#232;ves d&#232;s la classe de premi&#232;re d'un enseignement de philosophie permettant un apprentissage progressif et serein, d&#233;livr&#233; de la pression &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;qu'exerce d&#232;s la 1&#232;re heure de Terminale l'&#233;preuve du baccalaur&#233;at&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;**************************&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
R&#233;sum&#233; des dix propositions pour une &#233;valuation pus &#233;quitable et plus formative en philosophie&lt;/h2&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;P1. Les programmes de philosophie devront &#233;noncer explicitement les connaissances et comp&#233;tences devant faire l'objet d'un apprentissage ou d'un approfondissement dans le cadre du cours de philosophie&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;P2. Fonder l'&#233;valuation sur la &lt;i&gt;vari&#233;t&#233;&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;des exercices permettant de former et d'appr&#233;cier la diversit&#233; des connaissances et comp&#233;tences des &#233;l&#232;ves.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;P3. R&#233;&#233;crire &#8211; en cons&#233;quence des points pr&#233;c&#233;dents - &lt;i&gt;de nouvelles instructions&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;concernant les exercices et le travail des &#233;l&#232;ves&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;P4. Faire conna&#238;tre d&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e les modalit&#233;s de l'&#233;valuation (voire l'&#233;ch&#233;ancier pr&#233;visionnel des diff&#233;rents exercices), la pond&#233;ration des diff&#233;rents types d'exercices dans l'&#233;valuation finale (trimestrielle), et les conditions &#233;ventuelles de rattrapage&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;P5. Expliciter les crit&#232;res communs d'&#233;valuation des exercices, notamment ceux du baccalaur&#233;at&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;P6. Diversifier les exercices du baccalaur&#233;at, notamment pour les s&#233;ries technologiques&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;P7. Repenser les conditions d'&#233;laboration des sujets en introduisant des clauses d'&#233;criture contraignantes pour s'assurer que leur rapport aux programmes est bien explicite&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;P8. Repenser le fonctionnement et les moyens des commissions d'entente&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;P9. &#201;tablir pour chaque sujet un rapport&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;P10. Instituer &lt;i&gt;pour tous&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;les &#233;l&#232;ves d&#232;s la classe de premi&#232;re d'un enseignement de philosophie permettant un apprentissage progressif et serein, d&#233;livr&#233; de la pression qu'exerce d&#232;s la 1&#232;re heure de Terminale l'&#233;preuve du baccalaur&#233;at&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Extraits du Colloque de Reims 2006</title>
		<link>https://acireph.org/nos-recherches/en-lycees-professionnels/article/extraits-du-colloque-de-reims-2006</link>
		<guid isPermaLink="true">https://acireph.org/nos-recherches/en-lycees-professionnels/article/extraits-du-colloque-de-reims-2006</guid>
		<dc:date>2006-12-31T17:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;PROMESSES, DIFFICULT&#201;S &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Louis POIRIER, IGEN &lt;br class='autobr' /&gt; Pourquoi introduire un enseignement de la philosophie dans les lyc&#233;es professionnels ? Pareille question devrait &#234;tre jug&#233;e parfaitement incongrue, tant la r&#233;ponse va de soi : parce qu'il n'y a pas de raison de ne pas proposer le m&#234;me enseignement g&#233;n&#233;ral aux trois voies de nos lyc&#233;es. L'introduction d'un enseignement de philosophie dans les lyc&#233;es professionnels est un &#233;l&#233;ment essentiel dans une politique qui revendique pour objectif (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://acireph.org/nos-recherches/en-lycees-professionnels/" rel="directory"&gt;En lyc&#233;es professionnels&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/dissertation" rel="tag"&gt;Dissertation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/notions" rel="tag"&gt;Notions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PROMESSES, DIFFICULT&#201;S&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jean-Louis POIRIER, IGEN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pourquoi introduire un enseignement de la philosophie dans les lyc&#233;es professionnels ? Pareille question devrait &#234;tre jug&#233;e parfaitement incongrue, tant la r&#233;ponse va de soi : parce qu'il n'y a pas de raison de ne pas proposer le m&#234;me enseignement g&#233;n&#233;ral aux trois voies de nos lyc&#233;es. L'introduction d'un enseignement de philosophie dans les lyc&#233;es professionnels est un &#233;l&#233;ment essentiel dans une politique qui revendique pour objectif 'l'&#233;gale dignit&#233; des trois voies'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais il faut mentionner encore deux autres raisons la premi&#232;re tient &#224; l'ouverture d'esprit v&#233;ritable, gage de libert&#233;, qu'apporte la philosophie &#224; de futurs travailleurs la seconde se rapporte &#224; l'int&#233;r&#234;t de la discipline enseigner en lyc&#233;e professionnel est occasion de ressourcer et renouveler la p&#233;dagogie, au plus grand b&#233;n&#233;fice de toutes les voies d'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nul ne niera les difficult&#233;s. Notamment celles qui tiennent aux mod&#232;les culturels dominants qui conduisent au rejet d'une pens&#233;e d&#233;sint&#233;ress&#233;e, et celles qui tiennent au rapport des jeunes &#224; l'expression &#233;crite, Pour vaincre ces d&#233;ficits, il n'y faut pas seulement conviction et lucidit&#233;, il y faut encore la capacit&#233; de remettre en chantier la pratique m&#234;me de l'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En leur modestie, les exp&#233;riences conduites jusqu'ici dessinent bel et bien un projet. Elles ne s'interdisent pas de grandes ambitions, elles r&#233;clament une volont&#233;. Sous la conduite du Recteur Bloch, les Acad&#233;mies de Nantes, Montpellier et Reims ont montr&#233; le chemin. Celle de Nice, &#233;galement, de son c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;UN D&#201;FI ET UNE CHANCE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; PESSEL (IGEN Honoraire)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il importe de donner aux professeurs de philosophie qui vont enseigner dans les lyc&#233;es professionnels le moyen de conna&#238;tre ce milieu absolument nouveau pour eux. Il est n&#233;cessaire qu'ils puissent, au d&#233;but de l'ann&#233;e, rencontrer l'&#233;quipe p&#233;dagogique et &#233;laborer un projet commun, dans lequel la philosophie n'apparaisse pas comme une pi&#232;ce rapport&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun professeur ne doit &#234;tre affect&#233; exclusivement en lyc&#233;e professionnel (crainte souvent manifest&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel &#224; des volontaires est souhaitable. Il n'est pas difficile d'en trouver, y compris parmi les professeurs de classes pr&#233;paratoires, en particulier si l'inspection le recommande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rythme p&#233;dagogique de ces classes est sp&#233;cifique et il faut en tenir compte surtout en raison de la discontinuit&#233; introduite par les stages &#224; l'ext&#233;rieur de l'&#233;tablissement. Les heures d'enseignement philosophique doivent &#234;tre d&#233;termin&#233;es, non pas de fa&#231;on hebdomadaire, mais globalement par rapport &#224; l'ensemble de l'ann&#233;e scolaire Il n'est pas s&#251;r qu'il faille dans tous les cas conserver la dur&#233;e habituelle des le&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mani&#232;re pour les &#233;l&#232;ves d'&#234;tre pr&#233;sents dans l'&#233;tablissement et par cons&#233;quent la repr&#233;sentation qu'ils s'en font, est diff&#233;rente de ce qui se passe dans les Lyc&#233;es d'enseignement g&#233;n&#233;ral et technologique. Il faut que les professeurs de philosophie en soient conscients car cela impose sans doute un autre type de disponibilit&#233; et m&#234;me d'interdisciplinarit&#233;. Il faudrait en tenir compte dans le calcul des heures de service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faut, bien entendu, un programme pour cet enseignement. Mais l'on peut imaginer de dissocier, pour les lyc&#233;es professionnels, les deux fondions traditionnelles d'un programme d&#233;finition du projet p&#233;dagogique et organisation de l'&#233;valuation des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le projet p&#233;dagogique doit correspondre aux normes g&#233;n&#233;rales de la discipline. Il serait ruineux de concevoir une sorte de philosophie adapt&#233;e &#224; un public particulier. Le risque serait alors de fonder l'enseignement sur une demande imaginaire des &#233;l&#232;ves qui ne correspondrait, souvent, qu'aux pr&#233;jug&#233;s des professeurs. On est au contraire surpris de l'ambition th&#233;orique que ces classes manifestent lorsqu'on leur en donne l'occasion. L'exp&#233;rience prouve d'ailleurs que les questions les plus m&#233;taphysiques ont autant de succ&#232;s &#8221; que celles qui semblent plus &#233;troitement li&#233;es &#224; ce qu'on pourrait supposer proche de l'exp&#233;rience des &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; l'exigence de traitement exhaustif du programme (que la forme actuelle des &#233;preuves de philosophie au baccalaur&#233;at rend n&#233;cessaire dans les autres s&#233;ries), il ne faut pas craindre de substituer l'id&#233;e que le programme d&#233;finit des lignes de force &#224; partir desquelles le professeur peut agencer son enseignement. On a m&#234;me envisag&#233; une d&#233;lib&#233;ration de la classe qui, quelques semaines apr&#232;s le d&#233;but de l'ann&#233;e, d&#233;terminerait avec le professeur une sorte de contrat. Cela n'ira pas sans incidences sur l'&#233;valuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faudra, en effet, inventer un nouveau type d'&#233;valuation, &#224; la fois dans ses cons&#233;quences pour le calcul des points au baccalaur&#233;at et pour la forme de l'&#233;preuve. Cela pourrait se pr&#233;senter comme l'octroi de points suppl&#233;mentaires qui tiendrait compte de l'assiduit&#233; des &#233;l&#232;ves et de leur performance le jour de l'examen. Cet examen pourrait prendre la forme d'un entretien oral sur la base d'un document r&#233;sumant pour chaque classe ce qui a &#233;t&#233; fait pendant l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exercices &#233;crits ne seraient pas abandonn&#233;s, mais ils auraient pour fonction de pr&#233;parer &#224; l'oral, par exemple, par la constitution d'une sorte de &#8220; journal de bord &#8221; o&#249;, avec l'aide du professeur, l'&#233;l&#232;ve fixerait bri&#232;vement les acquis de chaque s&#233;ance ou groupe de s&#233;ances. La dissertation philosophique reste ici un id&#233;al &#224; atteindre plut&#244;t qu'un mod&#232;le &#224; r&#233;aliser. Encore faudrait-il, ici comme ailleurs, que ses r&#232;gles soient clairement d&#233;finies, &#224; partir d'exemples pr&#233;cis. Rien n'indique que les &#233;l&#232;ves des lyc&#233;es professionnels soient, au moins dans certaines fili&#232;res, incapables d'y satisfaire. Il serait n&#233;anmoins injuste de ne concevoir l'&#233;valuation que sous la forme de la dissertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En conclusion, on peut dire que l'introduction de l'enseignement philosophique dans les lyc&#233;es professionnels repr&#233;sente un d&#233;fi et une chance pour la discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un d&#233;fi parce qu'il faut vaincre des r&#233;sistances et des difficult&#233;s. Mais il y a une demande qu'on ne saurait prendre &#224; la l&#233;g&#232;re. Les &#233;l&#232;ves revendiquent assez souvent une sorte de droit &#224; la philosophie. Mais il importe que ce droit soit institu&#233; par la mise en &#339;uvre des normes de la discipline. Ainsi, dans l'exp&#233;rience qui a &#233;t&#233; men&#233;e, au-del&#224; d'un simple d&#233;bat d'opinions sur des questions qui les int&#233;ressaient, les &#233;l&#232;ves ont pu, progressivement, &#233;laborer une double rationalit&#233; : celle de la situation dialogique et celle de l'objet dont ils d&#233;battaient. Le d&#233;bat se transformait donc en le&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La poursuite et l'extension de cette exp&#233;rimentation repr&#233;sentent une chance pour l'enseignement philosophique. Il sera contraint, en inventant pour les lyc&#233;es professionnels des moyens adapt&#233;s, de faire avancer la n&#233;cessaire r&#233;flexion sur sa pratique dans les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et technologiques. L'exp&#233;rience montre en effet qu'il n'y a pas de diff&#233;rence de nature entre les difficult&#233;s rencontr&#233;es par les &#233;l&#232;ves dans l'ensemble des classes de Terminale. riais, pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales et technologiques, on rencontre entre les &#233;tablissements, et dans les &#233;tablissements, entre les classes, le m&#234;me genre de diff&#233;rences que celles qu'on rencontre entre les diff&#233;rentes fili&#232;res des lyc&#233;es professionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'avantage de la situation d'exp&#233;rimentation est de remplacer la d&#233;ploration, Si souvent exprim&#233;e, sur l'&#233;cart entre ce qu'on voudrait enseigner et ce que l'on a PH enseigner en raison de la &#8220;faiblesse des &#233;l&#232;ves &#8221;, par une r&#233;flexion sur ce qui s'est effectivement produit dans la relation p&#233;dagogique. Les professeurs qui ont particip&#233; &#224; cette exp&#233;rimentation ne manifestaient pas de la d&#233;ception mais une sorte de vigilance par rapport au r&#233;el A cet &#233;gard, ce serait en effet une chance pour la discipline Si la m&#234;me vigilance pouvait s'&#233;tendre, par la g&#233;n&#233;ralisation de cet esprit d'exp&#233;rimentation, c'est-&#224;-dire d'innovation n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'EXP&#201;RIENCE DE NANTES (1998-2000)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;M. Alain LASALLE (IPR-IA)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RAPPEL ET BILAN DE LEXPERIENCE CONDUITE EN 1998-1999 ET MODALITES DE l'EXP&#201;RIMENTATION EN 1999-2000&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un aspect du bilan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans le rapport r&#233;dig&#233; en juillet dernier, au terme de la premi&#232;re ann&#233;e d'exp&#233;rimentation, un point revenait : l'&#233;crit, indispensable &#224; l'accomplissement authentique d'un enseignement philosophique et outil n&#233;cessaire pour une &#233;valuation objective de l'exp&#233;rimentation. Mieux, &#8220;il est nettement apparu que la limite de cette exp&#233;rimentation a &#233;t&#233; rencontr&#233;e d&#232;s lors qu'il s'est agi de penser, de d&#233;finir et de mettre en &#339;uvre une &#233;valuation qui ne doit pas seulement &#234;tre envisag&#233;e dans la perspective d'une &#233;preuve d'examen, mais &#233;galement comme un outil indispensable pour mesurer l'exp&#233;rimentation de cet enseignement elle-m&#234;me &#8221;. De fait, &#8220; lorsque des exercices &#233;crits ont &#233;t&#233; effectu&#233;s, ce n'est jamais all&#233; - autant qu'il a &#233;t&#233; possible de le v&#233;rifier - jusqu'&#224; la r&#233;daction d'un authentique &#233;crit, il s'agissait de textes ponctuels, formulant quelques propositions, ou de rapides r&#233;ponses &#224; quelques questions. La r&#233;daction est souvent fautive et impr&#233;cise ; il appara&#238;t que dans l'ensemble les professeurs se sont refus&#233;s de deux mani&#232;res &#224; &#233;valuer de tels travaux : d'une part, en formulant seulement un avis (ce que prescrivent effectivement les compl&#233;ments au programme pour le d&#233;but d'ann&#233;e) d'autre part, en ne donnant &#224; la note - g&#233;n&#233;ralement assez flatteuse - qu'une valeur indicative.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est ce constat qui m'avait conduit, au terme du rapport, &#224; formuler cette proposition : &#8220; que cette ann&#233;e soit consacr&#233;e &#224; un travail, fruit de rencontres r&#233;guli&#232;res un mercredi apr&#232;s-midi toutes les 6 semaines - de l'ensemble des professeurs qui ont enseign&#233; dans ces classes en 1998-1999, afin que nous r&#233;fl&#233;chissions ensemble aux exercices et aux modalit&#233;s d'une &#233;valuation possible, ce qui ne serait pas sans retomb&#233;es sur l'enseignement philosophique l&#224; o&#249; il est institutionnellement pr&#233;sent. Si les &#233;tablissements volontaires poursuivaient cette ann&#233;e scolaire 1999-2000 l'exp&#233;rience d'un enseignement philosophique dans leurs classes terminales, ils fourniraient ainsi une assise &#224; notre r&#233;flexion et la possibilit&#233; de mesurer la pertinence des voies explor&#233;es et des exercices envisag&#233;s.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lorsque la d&#233;cision de Monsieur le Recteur BENEJAM a &#233;t&#233; connue, c'est sur le travail &#233;crit que l'accent a &#233;t&#233; port&#233; ; de fait, les difficult&#233;s rencontr&#233;es dans les s&#233;ries de la voie professionnelle concernent en grande partie les &#233;l&#232;ves des s&#233;ries de la voie technologique : la r&#233;flexion sur les probl&#232;mes des uns ne peut que permettre de penser des solutions pour ceux des autres. C'est une nouvelle fois l'unit&#233; de l'enseignement philosophique qui se trouve mise l'&#233;preuve et confirm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation du travail de l'ann&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Centr&#233;es sur la production &#233;crite et les voies de sa r&#233;alisation, cinq r&#233;unions de travail ont &#233;t&#233; fix&#233;es : Il s'agit, progressivement, de rep&#233;rer et d'analyser les difficult&#233;s, de proposer des exercices capables de vaincre les obstacles afin d'envisager la possibilit&#233; d'un devoir &#233;crit achev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NATURE ET FORMES DES DIFFICULTES RENCONTREES PAR LES ELEVES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Enqu&#234;tes pr&#233;paratoires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Afin de d&#233;gager les difficult&#233;s et de penser la nature des obstacles, des exercices ponctuels ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s ; tous partaient d'un objet commun. Il s'agissait &#224; son sujet de r&#233;pondre &#224; des questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un professeur est parti de la projection d'un film, en relation avec une notion pr&#233;c&#233;demment &#233;tudi&#233;e ; des questions d'explicitation et de reconstruction &#233;taient pos&#233;es. Un autre est parti de la le&#231;on elle-m&#234;me et a demand&#233;, par groupes de huit, aux &#233;l&#232;ves de r&#233;pondre &#224; chacun une question ; parce qu'ils &#233;taient 24, trois sujets &#233;taient propos&#233;s, qui tous reprenaient les propos du cours en invitant &#224; les assumer r&#233;flexivement et &#224; les prolonger. Deux professeurs ont distribu&#233; un texte - l'un de Spinoza, l'autre de Diderot - au sujet duquel ils ont pos&#233; des questions qui exigeaient des &#233;l&#232;ves qu'ils manifestent la compr&#233;hension qu'ils en avaient. G&#233;n&#233;ralement, ce premier exercice pr&#233;ludait &#224; un second o&#249;, avec le possible recours aux dictionnaires, les &#233;l&#232;ves devaient cette fois partant de notions ou de concepts aller &#224; la rencontre des propos de l'auteur Les deux derniers professeurs ont emprunt&#233; d'autres voies : soit, partant du rapport de la nature &#224; la culture, il a &#233;t&#233; demand&#233; de penser une liste de notions et de concepts et de l&#233;gitimer en quoi les uns appartenaient &#224; un ordre et les autres &#224; un autre ; soit, peut-&#234;tre plus traditionnellement, un sujet de type dissertatif a &#233;t&#233; donn&#233;, les &#233;l&#232;ves ont eu &#224; construire un d&#233;veloppement argument&#233; pouvant conduire &#224; une solution,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultats et premiers constats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Ce que poss&#232;dent en commun les travaux rendus :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bri&#232;vet&#233; (jamais pour l'ensemble de l'exercice plus de deux pages)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; &#224; mobiliser &#224; la premi&#232;re personne les r&#233;flexions construites en commun dans la le&#231;on&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; de pr&#233;senter par &#233;crit un discours ordonn&#233; et o&#249; les arguments proc&#233;deraient logiquement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un constat &#224; valeur programmatique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe qui a travaill&#233; par groupes de huit et qui a ainsi produit trois devoirs collectifs n'autorise pas un semblable constat ; tout se passe comme si l'effet du collectif rendait imperceptibles les d&#233;faillances individuelles. De fait, les travaux rendus sont plus longs et davantage ordonn&#233;s : un plan se remarque facilement ; les id&#233;es sont pr&#233;sent&#233;es selon une progression &#233;galement rep&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;fl&#233;chissant sur les conditions de production, il nous est vite apparu que la m&#233;diation de l'oral, d'une part, et que la relation de l'&#233;l&#232;ve argumentant pour d'autres &#224; qui il devait s'expliquer afin de les convaincre, d'autre part, avaient &#233;t&#233; d&#233;terminantes. En effet, si l'&#233;crit - ici comme ailleurs - est faible, parce que souvent vide lorsqu'il n'est pas simplement absurde, et s'il est per&#231;u comme simple exercice scolaire, c'est qu1il est priv&#233; d'authentiques destinataires rationnels &#224; qui il conviendrait de s'adresser afin que, selon les principes de la raison commune, nous puissions nous entendre. S'il &#233;tait besoin de se convaincre, il suffirait de demander &#224; un &#233;l&#232;ve de lire le devoir dont il est l'auteur pour le voir s'y refuser, ne se reconnaissant nullement en ce qui d&#233;sormais est per&#231;u par l'artifice de l'exercice comme pure ext&#233;riorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons donc d&#233;cid&#233; de construire des exercices qui mobiliseraient d'abord une structure intersubjective - phase craie - en vue de conduire, chacun et pour lui-m&#234;me, &#224; proposer un texte qu'habiterait encore la forme de l'interlocution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DES EXERCICES ORAUX POUR UNE PRODUCTION ECRITE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Le travail oral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lorsqu'il s'agit de participer au travail de la classe ou d'exposer et de d&#233;velopper une id&#233;e aux autres, il appara&#238;t que tout &#233;l&#232;ve - ind&#233;pendamment des difficult&#233;s li&#233;es &#224; la ma&#238;trise simple de langue et surtout ind&#233;pendamment des r&#233;ticences, voire d'une suspicion, face &#224; l'activit&#233; d'une pens&#233;e se faisant et se refaisant dans les formulations toujours plus exactes et plus pr&#233;cises d'un discours ; difficult&#233;s et r&#233;ticences qui engagent la repr&#233;sentation des disciplines d'enseignement g&#233;n&#233;ral en lyc&#233;e professionnel - sait &#234;tre capable d'entendre et de se faire entendre. Il faut donc que les exercices oraux pr&#233;paratoires dans une distribution de r&#244;les et de fonctions - instituent chacun dans sa relation aux autres : tel exposera sa pens&#233;e que tel autre, secr&#233;taire du groupe notera et soumettra aux participants pour que la formulation ainsi amend&#233;e permette &#224; tous de s'y reconna&#238;tre. Partant, chacun sera en mesure de se r&#233;approprier le discours collectif pour le faire sien. De la m&#234;me mani&#232;re, &#224; chaque &#233;tape d'une le&#231;on ou au terme de celle-ci, un &#233;l&#232;ve proposera aux autres une ressaisie qui, dict&#233;e et donc adress&#233;e &#224; tous, constituera la m&#233;moire de la classe. Elle peut alors prendre place dans un cahier de classe, &#339;uvre collective. Il arrive que la forme &#233;crite requi&#232;re la m&#233;diation du tableau o&#249; se trouvent d'abord r&#233;capitul&#233;s les &#233;l&#233;ments de la r&#233;flexion, par le professeur et sous la conduite des &#233;l&#232;ves, avant que dans un deuxi&#232;me temps, on classe et ordonne ce qui a &#233;t&#233; dit Ce travail s'ach&#232;ve &#233;galement par la dict&#233;e de quelques lignes qui rassemblent et objectivent ce qui a &#233;t&#233; pens&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Les possibilit&#233;s d'un travail &#233;crit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'horaire des sections de Bac Professionnel rend quasi impossible une r&#233;daction hors de la classe ; lorsque cela a &#233;t&#233; tent&#233;, les r&#233;sultats ont &#233;t&#233; d&#233;cevants : bien que fort s&#233;rieuses, les copies ont laiss&#233; para&#238;tre que, hors de l'encadrement du professeur, les difficult&#233;s initiales subsistaient, quelles que scient les consignes donn&#233;es. Il est toutefois &#224; noter que seules deux classes ont &#233;t&#233; invit&#233;es &#224; travailler de cette mani&#232;re, D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale lorsque l'exercice &#233;crit est tr&#232;s limit&#233; dans ses objectifs comme dans ses moyens, une certaine r&#233;ussite a &#233;t&#233; constat&#233;e ; c'est le cas des reprises dict&#233;es &#233;voqu&#233;es plus haut. Cela s'est rencontr&#233; &#233;galement lorsque le souci de mesurer la pertinence de la compr&#233;hension d'un texte a conduit le professeur &#224; demander aux &#233;l&#232;ves de r&#233;&#233;crire un passage ou, quand un plan est donn&#233; ou &#233;tabli, il s'agit de r&#233;diger compl&#232;tement tout ou partie des paragraphes correspondant aux &#233;tapes de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il ressort donc que si la voie choisie d'une m&#233;diation de l'oral avec pour fin la production d'un texte &#233;crit s'est r&#233;v&#233;l&#233;e pertinente, il convient de rester fort modeste quant aux r&#233;sultats obtenus. Les difficult&#233;s rencontr&#233;es - peut-&#234;tre davantage visibles dans les sections des Baccalaur&#233;ats Professionnels, mais tout aussi r&#233;elles dans les sections des s&#233;ries technologiques, plus particuli&#232;rement industrielles, sans &#234;tre totalement absentes des s&#233;ries des baccalaur&#233;ats g&#233;n&#233;raux - sont &#233;galement li&#233;es au parcours des &#233;l&#232;ves scolaris&#233;s dans les lyc&#233;es professionnels. Orient&#233;s souvent &#224; la suite d'&#233;checs scolaires dans les disciplines d'enseignement g&#233;n&#233;ral, ils ont reconquis une image positive d'eux-m&#234;mes dans les disciplines professionnelles et vivent globalement les disciplines d'enseignement g&#233;n&#233;ral comme celles qui peuvent menacer la r&#233;ussite &#224; l'examen. C'est surtout parce que la philosophie ne figure pas aux &#233;preuves du Bac Professionnel que, g&#233;n&#233;ralement, l'enseignement philosophique a &#233;t&#233; assez bien re&#231;u. Pourtant afin de se situer dans cette activit&#233; &#8220; gratuite &#8221;, des demandes d'&#233;valuation chiffr&#233;e ont &#233;t&#233; formul&#233;es par les &#233;l&#232;ves, &#224; l'issue de leurs productions &#233;crites, qui sont toujours rest&#233;es de faible ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'EXP&#201;RIENCE DE REIMS (2000 - 2001)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Exp&#233;rience pilot&#233;e par M. Francis FOREAUX, IA-IPR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EXTRAIT DE LA NOTE D'&#201;TAPE DU 19/01/01 DE M. JEAN-LOUIS POIRIER, IGEN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les sites retenus pour l'exp&#233;rience :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il fallait d'abord d&#233;terminer l'ensemble des sites possibles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des cit&#233;s scolaires, afin de pouvoir faire intervenir dans les LP des professeurs de philosophie d&#233;j&#224; dans la place,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des sites pourvus en moyens de remplacement, puisqu'il &#233;tait pr&#233;vu que des EH assurent la suppl&#233;ance des professeurs intervenants, partiellement d&#233;charg&#233;s de service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, et compte tenu de la r&#232;gle du volontariat, 3 sites : Europe &#224; Reims, Godart-Roger &#224; Epernay et Oehmichen &#224; Ch&#226;lons-en-Champagne ont pu &#234;tre retenus, et 4 professeurs engag&#233;s dans l'exp&#233;rience. Ce petit nombre est la cons&#233;quence d'une relative difficult&#233; &#224; trouver des volontaires (sans doute en raison de l'&#233;poque tardive o&#249; la proposition a &#233;t&#233; faite, mais aussi parce qu'on s'est refus&#233; &#224; exercer toute pression). Mais le fait est que les volontaires trouv&#233;s sont r&#233;ellement volontaires et exceptionnellement motiv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'int&#233;gration de l'enseignement de la philosophie dans les &#233;tablissements&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Instruits par les pr&#233;c&#233;dentes exp&#233;riences, nous avons veill&#233; avec beaucoup de soin &#224; r&#233;ussir l'int&#233;gration de ces professeurs au sein de l'&#233;quipe p&#233;dagogique et dans l'&#233;tablissement. &#192; cet effet, des rencontres ont &#233;t&#233; organis&#233;es dans chaque &#233;tablissement, r&#233;unissant non seulement les &#233;l&#232;ves des classes choisies et les professeurs, mais aussi l'&#233;quipe de direction et les autres personnels enseignants (des disciplines g&#233;n&#233;rales et professionnelles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, ces rencontres se sont d&#233;roul&#233;es de la m&#234;me fa&#231;on dans tous les &#233;tablissements et ont &#233;t&#233; fructueuses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des &#233;l&#232;ves, il fallait vaincre une certaine r&#233;ticence : ils admettent assez volontiers qu'un enseignement de la philosophie leur apportera quelque chose de plus, et ils savent que c'est une demande qui est la leur (demande parfois relay&#233;e par des organisations). Ils insistent surtout sur le fait qu'ils ne veulent pas d'une philosophie &#8220; au rabais&#8221;. Il reste que s'ils acceptent un surcro&#238;t de travail et une surcharge de leur emploi du temps, ils ne cachent pas que c'est parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Du c&#244;t&#233; des professeurs des autres disciplines, qu'on a tenu &#224; impliquer dans l'exp&#233;rience au prix de quelques explications, ils semblent comprendre et accepter leur r&#226;le. Il nous para&#238;t que cet appui, celui de toute l'&#233;quipe p&#233;dagogique est essentiel &#224; la r&#233;ussite de l'exp&#233;rience : et dans chaque &#233;tablissement, non seulement les professeurs de philosophie sont bien accept&#233;s, mais ceux-ci s'int&#232;grent pleinement &#224; l'&#233;quipe, y compris en ce qui concerne le professionnel (ils suivront, comme les autres professeurs, les stages de leurs &#233;l&#232;ves ils collaboreront avec les professeurs d'atelier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement et l'&#233;valuation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En accord avec les professeurs, un programme a &#233;t&#233; d&#233;termin&#233; (cf. annexe). Il s'inspire des programmes &#233;tablis lors des pr&#233;c&#233;dentes exp&#233;riences, notamment de celui de Montpellier. On a essay&#233; &#224; la fois de l'all&#233;ger et de le d&#233;terminer (il est plus court et plus pr&#233;cis), mais aussi d'y faire valoir les niveaux d'exigence traditionnellement consid&#233;r&#233;s comme les plus hauts (un des items porte sur la &#8220; m&#233;taphysique &#8221;). Ce programme sert de r&#233;f&#233;rentiel, mais la plus grande libert&#233; est laiss&#233;e aux professeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a essay&#233; aussi de fixer les principes d'une &#233;valuation (puisqu'un &#8220; certificat &#8221; pourra &#234;tre attribu&#233; aux &#233;l&#232;ves), qui, en se fondant sur la soutenance d'un carnet de bord, ferait intervenir l'&#233;crit et l'oral (cf. annexe). Il nous semble que si l'exp&#233;rience de Reims doit aller plus loin que les pr&#233;c&#233;dentes, ce sera en se confrontant au probl&#232;me de l'&#233;valuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Premier bilan de l'exp&#233;rience :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Globalement, sur les trois sites, l'exp&#233;rience se d&#233;roule bien jusqu'&#224; pr&#233;sent, malgr&#233; les r&#233;serves d'un des 4 professeurs&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;Sur le premier site&lt;/i&gt; (Godart-Roger, &#224; Epernay) l'enseignement concerne deux groupes (15 + 13 &#233;l&#232;ves) d'une m&#234;me classe (&#233;lectroniciens, maintenance des syst&#232;mes m&#233;caniques automatis&#233;s), &#224; raison d'1 heure 1/2 par semaine, Le professeur conduit la classe &#224; partir des repr&#233;sentations des &#233;l&#232;ves, en les amenant &#224; pr&#233;ciser et discuter leur point de vue, puis &#224; mettre en ordre les notions. C'est le professeur lui-m&#234;me qui, au cours suivant, propose et dicte une synth&#232;se. Les &#233;l&#232;ves sont satisfaits de voir certaines de leurs id&#233;es reprises dans un texte constitu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la m&#234;me m&#233;thode, on a &#233;tudi&#233; un texte d'&#201;pict&#232;te. Les &#233;l&#232;ves &#8220; accrochent et sont actifs ', mais il faut canaliser la discussion et, dans un des deux groupes, moins productif et plus agit&#233;, g&#233;rer la discipline. Ils ont beaucoup de mal &#224; tenir un &#8220; carnet de bord &#8221;, &#224; moins que l'on ne consid&#232;re que la prise de notes sous la conduite du professeur en tienne lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sur le second site&lt;/i&gt; (Oehmichen &#224; Ch&#226;lons-en-Champagne), deux professeurs interviennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier professeur a la responsabilit&#233; d'une classe (enti&#232;re) de 6 &#233;l&#232;ves (MSMA), &#224; raison de 2 s&#233;ances d'1 heure par semaine et 2 heures tous les 15 jours. Le contact qui a &#233;t&#233; pris avant le d&#233;part des &#233;l&#232;ves en stage conduit &#224; une appr&#233;ciation nuanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, le professeur ne rencontre aucun probl&#232;me d'immaturit&#233;, le contact est facile, les &#233;l&#232;ves font preuve d'une spontan&#233;it&#233; de bon aloi et se pr&#234;tent bien au jeu d'une r&#233;flexion collective. De ce point de vue, ils se comportent mieux que la plupart des &#233;l&#232;ves de s&#233;rie S. La discussion est d'un niveau plus &#233;lev&#233; qu'en STI. Les &#233;l&#232;ves ne se lassent pas et sont demandeurs d'approfondissement. De ce point de vue, l'impression est remarquablement positive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, il faut reconna&#238;tre qu'il est tr&#232;s difficile d'obtenir une production &#233;crite personnelle. Le professeur n'a pas encore assez de recul pour juger ; en attendant il fournit lui-m&#234;me une synth&#232;se &#233;crite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second professeur enseigne dans des conditions comparables (2 heures par semaine, avec 8 &#233;l&#232;ves, en MSMA). Exception faite pour un &#233;l&#232;ve qui ne vient pas du tout (et dont le comportement est identique dans les autres disciplines), l'ensemble de la classe se dit satisfait. Faisant du fran&#231;ais et de l'histoire et g&#233;ographie, les &#233;l&#232;ves consid&#232;rent comme &#8220; normal 'de faire de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le professeur estime que ses &#233;l&#232;ves ont compris que &#8220;tout n'est pas autoris&#233; dans la mani&#232;re de penser &#8221;,. Mais le probl&#232;me de l'&#233;crit est consid&#233;rable : ils ne sont pas pr&#234;ts, et le professeur &#8220;les force&#8221; &#224; &#233;crire. Faire une dissertation est inimaginable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le professeur envisage de traiter l'int&#233;gralit&#233; du programme, il pratique avec mesure et directivit&#233; le cours dialogu&#233;. Il fait le carnet de bord avec les &#233;l&#232;ves, il les guide (mais il &#233;voque l'insuffisance du CDI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En conclusion, le professeur juge que ses &#233;l&#232;ves sont particuli&#232;rement r&#233;ceptifs, il appr&#233;cie leur honn&#234;tet&#233;, le fait qu'ils veulent r&#233;ellement comprendre. Ils sont capables d'une r&#233;flexion tout &#224; fait s&#233;rieuse et il n'est pas s&#251;r que cette possibilit&#233; existe avec la m&#234;me consistance dans les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sur le troisi&#232;me site&lt;/i&gt; (Europe &#224; Reims), te professeur intervient dans 2 sections de 15 &#233;l&#232;ves chacune (vendeurs), qu'il a s&#233;par&#233;ment. En raison des stages, au d&#233;but du mois de janvier, il ne les a vus que trois fois, il est donc trop t&#244;t pour avoir une appr&#233;ciation d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; ce professeur, les r&#233;sistances ont paru plus vives qu'&#224; ses coll&#232;gues. Il compte moins de r&#233;actions favorables. Le cours a commenc&#233; sur ce qu'il juge &#234;tre un peu un malentendu : de mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, les &#233;l&#232;ves semblent retirer de l'enseignement un contenu purement informationnel, ils n'acc&#232;dent pas assez &#224; l'autonomie et &#224; la r&#233;flexion. Ils prennent bien des notes, mais ils ont du mal &#224; fournir eux-m&#234;mes de l'&#233;crit, le carnet de bord n'est pas fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cela dit, les &#233;l&#232;ves ont des capacit&#233;s, ils s'int&#233;ressent au cours, ils participent normalement, et les &#233;l&#233;ments n&#233;gatifs relev&#233;s ne les distinguent pas, en fait, des &#233;l&#232;ves des autres s&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience semble bien engag&#233;e. On peut penser qu'elle confirmera la possibilit&#233; d'un enseignement de la philosophie dans les lyc&#233;es professionnels. Il est d&#233;j&#224; visible que les difficult&#233;s principales concerneront la production &#233;crite et l'&#233;valuation Il conviendra de s'ouvrir &#224; toutes les possibilit&#233;s. La pr&#233;sente exp&#233;rience est donc l'occasion de renouveler la r&#233;flexion sur ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les programmes d'enseignement &#233;labor&#233;s par l'Inspection...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;[Commentaire de l'ACIREPh : &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;les programmes concoct&#233;s par l'Inspection n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;ellement mis en &#339;uvre ; c'est qu'il aurait fallu les penser, les concevoir, &#224; partir des besoins et des caract&#233;ristiques de ces s&#233;ries au lieu de reproduire ce qui se faisait ailleurs ; r&#233;sultat : des programmes infaisables, inadapt&#233;s... et anti-p&#233;dagogiques au possible. On aurait voulu d&#233;montrer l'impossibilit&#233; de faire de la philo dans ces s&#233;ries qu'on ne s'y saurait pas pris autrement. Fort heureusement les professeurs volontaires soutenus par les IPR engag&#233;s dans l'action ont su adapter leurs pratiques &#224; la r&#233;alit&#233; du terrain. On notera qu'entre les premiers programmes et les derniers, une &#233;volution se dessine&#8230; on commence &#224; prendre en compte les difficult&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;]&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. NANTES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;PROJET DE PROGRAMME POUR l'ENSEIGNEMENT PHILOSOPHIQUE EN LYC&#201;ES PROFESSIONNELS&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un enseignement &#233;l&#233;mentaire de philosophie ouvre l'esprit &#224; ses propres pouvoirs d'intelligence du r&#233;el comme &#224; ses interrogations les plus fondamentales. D&#233;veloppant les facult&#233;s de r&#233;flexion des &#233;l&#232;ves, il les met en mesure de juger par eux-m&#234;mes, et ainsi de prendre part, de fa&#231;on consciente et active, &#224; la soci&#233;t&#233; de leur temps, &#224; l'humanit&#233;. Par la formation d'un jugement autonome et critique, il pr&#233;pare &#224; la vie intellectuelle et pratique, &#224; l'exercice de la libert&#233; et de la citoyennet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exigence philosophique est une : le programme exprime cette unit&#233;. C'est pourquoi il est g&#233;n&#233;ral : c'est sa mise en &#339;uvre qui requiert des dispositions adapt&#233;es &#224; chaque classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA NATURE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conna&#238;tre, transformer, respecter la nature&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le naturel et l'artificiel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps de la nature et le temps de l'histoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature humaine comme probl&#232;me &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE LANGAGE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Penser et parler&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler et communiquer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Peut-on tout dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une langue ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE TRAVAIL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travail humain et activit&#233; animale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Division naturelle, r&#233;partition technique et organisation sociale du travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travail et loisir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit au travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; LA JUSTICE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exigence de justice et l'institution du droit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit de punir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force et le droit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justice, &#233;galit&#233;, &#233;quit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA RAISON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#202;tre raisonnable&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La preuve et l'argument&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'irrationnel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'universalit&#233; de la raison &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; LA LIBERTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sir, volont&#233; et autonomie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;cessit&#233; et libert&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois, sont-elles pour la libert&#233; un obstacle ou une condition ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude de toutes les notions est obligatoire ; elle doit toujours &#234;tre d&#233;termin&#233;e par des probl&#232;mes philosophiques explicitement formul&#233;s. Dans la liste pr&#233;sente chacune des notions est accompagn&#233;e de quelques indications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;COMPL&#201;MENTS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le cours de philosophie ne vise pas &#224; transmettre &#224; un public passif des informations ou des connaissances constitu&#233;es, mais requiert du professeur qu'il int&#232;gre &#224; Sa d&#233;marche les interrogations et les arguments que d&#233;veloppent les &#233;l&#232;ves et de ceux-ci qu'ils prennent part &#224; l'effort commun de r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La r&#233;ussite d'un enseignement philosophique en lyc&#233;e professionnel suppose d'une part que soient mises en &#339;uvre des dispositions p&#233;dagogiques appropri&#233;es aux &#233;l&#232;ves de ces Lyc&#233;es ainsi qu'aux conditions effectives de cet enseignement, d'autre part que soient respect&#233;es les normes propres &#224; la discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour chacune des six notions du programme, quelques indications sont propos&#233;es &#224; la r&#233;flexion, Elles ne sont ni imp&#233;ratives ni limitatives. De m&#234;me, l'ordre des notions ne contraint pas la libert&#233; du professeur. On pourrait tout aussi bien organiser le cours selon un ordre diff&#233;rent. Il serait possible, par exemple, de prendre un premier axe de pens&#233;e qui, avec la raison et le langage, d&#233;terminerait les conditions de la pens&#233;e dans son exigence de v&#233;rit&#233; ; un second axe qui, avec la nature et le travail, sp&#233;cifierait l'humanit&#233; comme &#234;tre historique ; un troisi&#232;me, enfin, qui, avec la justice et la libert&#233;, d&#233;terminerait son &#234;tre social en tant que citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En ce qui concerne les travaux &#233;crits demand&#233;s aux &#233;l&#232;ves, le professeur se montrera particuli&#232;rement attentif aux difficult&#233;s que ceux des s&#233;ries professionnelles, plus que ceux des autres s&#233;ries, rencontrent dans l'usage de la langue &#233;crite. Les exercices &#233;crits pourront prendre la forme de d&#233;finitions et de distinctions conceptuelles, recherche et analyse d'exemples, &#233;laboration de questions en probl&#232;mes, construction d'argumentations rigoureuses, etc. Tous ces exercices contribuent &#224; la formation d'une r&#233;flexion claire et ordonn&#233;e, telle qu'elle trouve son accomplissement dans la dissertation. Un &#8220; cahier d'exercices &#8221; tenu par chaque &#233;l&#232;ve pourrait s'av&#233;rer un moyen utile pour entra&#238;ner ceux-ci &#224; l'&#233;crit. Il s'agit toujours d &#8216;encourager l'&#233;l&#232;ve &#224; r&#233;diger philosophiquement sa conception, c'est-&#224;-dire &#224; mettre en &#339;uvre un discours qui, partant d'une question, pose un probl&#232;me qu'il lui faut r&#233;soudre et &#224; cette fin argumente et progresse jusqu'&#224; l'&#233;nonc&#233; d'une solution claire, avec pour seul souci la v&#233;rit&#233; fond&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il importe aussi d'exercer les &#233;l&#232;ves &#224; l'oral en les encourageant &#224; prendre la parole et en leur apprenant &#224; ma&#238;triser une spontan&#233;it&#233; parfois excessive, afin qu'ils forment mieux leur propre pens&#233;e, qu'ils l'explicitent plus clairement et plus compl&#232;tement et qu'ils aient le souci de la fonder. Il faut aussi leur apprendre &#224; s'&#233;couter mutuellement pour prendre en consid&#233;ration les arguments et les objections qu'on peut leur opposer et d&#233;passer ainsi le moment de l'affrontement dogmatique des opinions. Les m&#234;mes exercices peuvent &#234;tre faits &#224; l'oral et &#224; l'&#233;crit, de telle sorte que le travail effectu&#233; oralement en classe trouve naturellement pour les &#233;l&#232;ves un ach&#232;vement dans le cahier d'exercices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La lecture des textes philosophiques, qui constituent le socle indispensable de notre enseignement, a pour fin de pr&#233;senter aux &#233;l&#232;ves des mod&#232;les au contact desquels leur pens&#233;e propre peut se former, Le professeur fera appara&#238;tre pour la classe le probl&#232;me pr&#233;cis auquel le texte &#233;tudi&#233; veut apporter une r&#233;ponse. Surtout, il s'efforcera de faire apercevoir l'actualit&#233; de ce probl&#232;me, non dans la signification factuelle du mot &#8220; actualit&#233; &#8221;, mais en opposition avec une approche purement historique du texte, c'est-&#224;-dire en montrant que le probl&#232;me que pose celui-ci conserve un sens pour nous et pour une pens&#233;e du pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#233;valuation des travaux devra privil&#233;gier les indications p&#233;dagogiques sur la notation. On se gardera de d&#233;courager les &#233;l&#232;ves, en d&#233;but d'ann&#233;e, par des notes trop basses :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;on pr&#233;f&#233;rera, dans ce cas, ne pas noter les premiers exercices et faire une large place aux explications et &#224; la rectification des erreurs commises. Le professeur se souviendra que la pr&#233;cision de ses propres annotations est l'une des conditions du progr&#232;s de ses &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;2. Programmes de MONTPELLIER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;PROJET DE PROGRAMME POUR l'ENSEIGNEMENT PHILOSOPHIQUE EN LYC&#201;ES PROFESSIONNELS&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA NATURE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La connaissance de la nature&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le naturel et l'artificiel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de la nature humaine &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE LANGAGE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Penser et parler&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La communication&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'une langue ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE TRAVAIL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation de la nature&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La division du travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travail et loisir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA JUSTICE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force et le droit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;galit&#233; et diff&#233;rence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit de punir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA RAISON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience et la raison&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rationnel et l'irrationnel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'&#234;tre raisonnable ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA V&#201;RIT&#201;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Erreur et illusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mensonge&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science et l'opinion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ART&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaut&#233; naturelle et beaut&#233; artistique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation artistique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plaisir esth&#233;tique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA LIBERTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois et l'&#201;tat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sirer et vouloir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La responsabilit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.Programmes de REIMS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;PROJET DE PROGRAMME POUR l'ENSEIGNEMENT PHILOSOPHIQUE EN LYC&#201;ES PROFESSIONNELS&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE LANGAGE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le langage et la pens&#233;e &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La communication&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; LE TRAVAIL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation de la nature&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La division du travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA JUSTICE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force et le droit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;changes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CONNAISSANCE ET LA RAISON&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le savoir scientifique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;taphysique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ARTLe beau naturel et le beau artistique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plaisir esth&#233;tique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; LA LIBERTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce programme n'est pas un programme d'examen. Il doit d'abord &#234;tre compris comme unmoyen d'enseignement. Le cours et le travail de la classe se d&#233;veloppent librement &#224; partir des directions indiqu&#233;es. Il est souhaitable qu'elles soient autant que possible toutes prises en compte, mais le professeur est le seul responsable de l'ordre qu'il retient et de l'ampleur qu'il accorde &#224; chaque partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce programme a &#233;galement la fonction d'un r&#233;f&#233;rentiel . Il vise &#224; fournir une norme commune &#224; l'ensemble des exp&#233;riences de l'acad&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les exercices propos&#233;s aux &#233;l&#232;ves sont laiss&#233;s &#224; l'initiative du professeur, qui les adaptera &#224; chaque situation, en ce qui concerne leur forme et leur rythme. Il pourra s'inspirer librement de la circulaire sur &#8220; le travail des &#233;l&#232;ves &#8221; (n0 77-417 du 4novembre 1977).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans la mesure du possible, le professeur de philosophie assure le suivi de stage de ses &#233;l&#232;ves dans les m&#234;mes conditions que les professeurs d'enseignement g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les &#233;l&#232;ves tiennent un carnet de bord dans lequel ils consignent, de mani&#232;re synth&#233;tique, ce qui leur para&#238;t digne d'&#234;tre retenu de chaque s&#233;ance de travail comme de leurs initiatives individuelles. &#192; la fin de l'ann&#233;e, ce carnet de bord fait l'objet d'une pr&#233;sentation, si possible devant trois examinateurs (un professeur d'enseignement g&#233;n&#233;ral, un professeur d'enseignement professionnel, le professeur de philosophie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'attribution du certificat d'enseignement philosophique se fonde sur cette &#233;valuation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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