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	<title>ACIREPh</title>
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		<title>ACIREPh</title>
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		<title>Manifeste pour l'enseignement de la philosophie</title>
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		<dc:date>2020-08-29T01:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Activit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;dagogie</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>Connaissances</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce texte est un acte fondateur de l'association. Il part d'un &#233;tat des lieux de l'enseignement de la philosophie en France pour en arriver &#224; une liste de 10 chantiers qui d&#233;finissent les buts de l'ACIREPh.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Manifeste pour l'enseignement de la philosophie a &#233;t&#233; unanimement approuv&#233; lors de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du 31 mars 2001. Il a &#233;t&#233; actualis&#233; en 2020.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://acireph.org/mot/activites" rel="tag"&gt;Activit&#233;s&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://acireph.org/mot/avenir-de-la-philosophie" rel="tag"&gt;Avenir de la philosophie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://acireph.org/mot/democratisation" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/connaissances" rel="tag"&gt;Connaissances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#034;&lt;i&gt;La philosophie n'est pas un temple, mais un chantier.&lt;/i&gt;&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Georges Canguilhem&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e est en panne. Certes, il n'a jamais touch&#233; autant d'&#233;l&#232;ves qu'aujourd'hui et sa l&#233;gitimit&#233; n'a jamais &#233;t&#233; mieux &#233;tablie dans une soci&#233;t&#233; o&#249; la demande de philosophie, quelle que soit son ambigu&#239;t&#233;, n'a jamais &#233;t&#233; aussi forte. Mais sa vitalit&#233;, sa capacit&#233; de renouvellement sont atteintes et les sympt&#244;mes d'un d&#233;p&#233;rissement de la philosophie scolaire se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des sympt&#244;mes de d&#233;p&#233;rissement&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Un grand nombre d'&#233;l&#232;ves&lt;/i&gt; &#8212; et pas seulement dans les s&#233;ries technologiques &#8212; &lt;i&gt;ne parviennent pas &#224; tirer un r&#233;el profit de l'enseignement de philosophie tel qu'il leur est actuellement dispens&#233;&lt;/i&gt;. Cela fait dire que les &#233;l&#232;ves qui n'ont pas de philosophie en demandent, mais que ceux qui en font s'y ennuient. La formule est sans doute excessive, mais les constats que tout un chacun peut faire au moment du baccalaur&#233;at ne sont gu&#232;re encourageants : nombre de copies ne portent aucune trace d'un an de philosophie, et malgr&#233; leur bonne volont&#233; &#233;vidente la plupart n'en contiennent que des bribes confuses ; seule une fraction d'entre elles t&#233;moignent de l'acquisition des rudiments d'une culture et d'une d&#233;marche philosophique. Les difficult&#233;s d'&#233;valuation, si fr&#233;quemment &#233;voqu&#233;es (et auxquelles la profession ne s'est jamais vraiment donn&#233; les moyens de faire face, sauf &#224; relever la notation d'une fa&#231;on volontariste qui &#233;lude le probl&#232;me), ne sont qu'un sympt&#244;me : ce qu'enregistre en d&#233;finitive l'&#233;preuve du baccalaur&#233;at - et qu'on constate au-del&#224; du bac dans toutes les formations sup&#233;rieures - c'est l'incapacit&#233; de l'enseignement de philosophie &#224; former actuellement d'une mani&#232;re satisfaisante une grande partie des &#233;l&#232;ves qui lui sont confi&#233;s.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;i&gt;Face &#224; l'expression de nouvelles demandes et de nouveaux besoins, on enregistre dans la profession des r&#233;actions de frilosit&#233; et de crispation. &lt;/i&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Depuis trente ans, &lt;i&gt;toutes les tentatives pour r&#233;former les programmes ont &#233;chou&#233;&lt;/i&gt;. Plus globalement, la profession se montre incapable d'assurer une &#233;volution r&#233;guli&#232;re de la discipline qui tienne compte aussi bien de l'&#233;tat des d&#233;bats philosophiques contemporains que des changements dans l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques mois de philosophie en terminale, les &#233;l&#232;ves se plaignent presque unanimement d'avoir une seule ann&#233;e pour assimiler la d&#233;marche et la culture philosophique n&#233;cessaires et regrettent de n'avoir pas commenc&#233; d&#232;s la classe de premi&#232;re. Mais il faut bien reconna&#238;tre que &lt;i&gt;l'id&#233;e d'enseigner la philosophie sur deux ans, voire trois &lt;/i&gt; (comme c'est le cas dans la plupart des pays d'Europe o&#249; existe un enseignement, obligatoire ou optionnel, de philosophie) suscite encore aujourd'hui dans la profession des divergences sensibles d'appr&#233;ciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'enseignement dans les s&#233;ries technologiques&lt;/i&gt; reste un sujet tabou : le cadavre dans le placard. Les difficult&#233;s y sont criantes. Mais jamais on n'a pris la peine de r&#233;unir ceux qui y enseignent pour mesurer leurs succ&#232;s comme leurs &#233;checs, et en tirer les cons&#233;quences. Si nombre de professeurs se passionnent pour cet enseignement, et quelquefois y r&#233;ussissent, beaucoup attendent impatiemment la mutation qui les d&#233;livrera de ce qu'ils vivent comme un fardeau ; et plus d'un dit d&#233;sormais &#224; mi-voix qu'apr&#232;s tout la philosophie n'a peut-&#234;tre pas sa place dans ces s&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, est-il surprenant que &lt;i&gt;l'hypoth&#232;se d'un enseignement de la philosophie dans les lyc&#233;es professionnels&lt;/i&gt; inqui&#232;te plus qu'elle n'enthousiasme ? Sa mise en place poserait assur&#233;ment d'&#233;normes probl&#232;mes. Mais on peut se demander si, par l'effet de ses craintes, la profession ne pr&#233;f&#232;rera pas plut&#244;t renoncer devant l'obstacle que se demander si ce ne serait pas pour elle l'occasion d'innovations f&#233;condes et de remises en cause salutaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La philosophie est-elle encore formatrice ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Devant ces ph&#233;nom&#232;nes de fragilisation, de scl&#233;rose et de d&#233;sarroi, on peut se demander combien de temps encore la philosophie sera en mesure de justifier et de conserver sa place si particuli&#232;re dans l'enseignement secondaire fran&#231;ais. Et la question qui se pose est la suivante : &lt;strong&gt;A quelles conditions la philosophie au lyc&#233;e peut-elle rester ou redevenir une discipline vivante et formatrice ?&lt;/strong&gt; Cette question ne concerne pas seulement les enseignants de philosophie, mais tous ceux qui, &#224; des titres divers, s'int&#233;ressent &#224; elle parce qu'ils enseignent d'autres disciplines, parce qu'ils ont des responsabilit&#233;s syndicales ou politiques, parce qu'ils sont &#233;l&#232;ves, parents d'&#233;l&#232;ves, ou tout simplement des citoyens &#224; qui l'avenir de cet enseignement importe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour leur part, les professeurs de philosophie du secondaire se retrouvent extraordinairement d&#233;munis : il n'existe parmi eux aucune structure institutionnelle d'&#233;change didactique et p&#233;dagogique. Chacun est seul dans ses classes, aussi bien pour faire face &#224; ses &#233;checs et &#224; ses besoins que pour soutenir et poursuivre dans la dur&#233;e ses propres innovations. La formation initiale des professeurs de philosophie et leur formation continue restent presque exclusivement th&#233;oriques. Pire : les exp&#233;riences et les recherches didactiques et p&#233;dagogiques sont parfois accueillies avec m&#233;fiance ou m&#233;pris. Celui qui en exprime le besoin est aussit&#244;t soup&#231;onn&#233; d'entretenir une conception techniciste ou formaliste de l'enseignement qui ferait perdre &#224; la philosophie son &#226;me : il passe simplement pour un pi&#232;tre professeur parce qu'il serait un mauvais philosophe.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La &#8220;doctrine officieuse&#8221; et ses cons&#233;quences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, p&#232;se depuis 50 ans sur l'enseignement de philosophie une &lt;i&gt;doctrine officieuse &lt;/i&gt; qui impr&#232;gne et oriente de fait la profession. Elle est &lt;i&gt;officieuse&lt;/i&gt; parce qu'elle ne figure comme telle dans aucune instruction officielle ni aucun texte de programme. Mais c'est une &lt;i&gt;doctrine&lt;/i&gt; parce qu'elle est explicite et coh&#233;rente ; elle a &#233;t&#233; express&#233;ment formul&#233;e lors de colloques, de conf&#233;rences et dans divers articles ; elle est en permanence rappel&#233;e en filigrane dans les rapports des jurys de concours ou certains rapports d'inspection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette doctrine part d'un principe qui inspire l'enseignement de la philosophie en France depuis plus d'un si&#232;cle :&lt;i&gt; l'enseignement de la philosophie est un enseignement philosophique.&lt;/i&gt; Sa finalit&#233; premi&#232;re n'est pas que l'&#233;l&#232;ve sache ce qu'ont dit Platon ou Descartes, mais qu'il apprenne &#224; mener par lui-m&#234;me une r&#233;flexion philosophique et d&#233;veloppe ainsi son esprit critique et l'autonomie de son jugement. C'est l&#224; un principe que personne ne conteste. Ce qui est contestable en revanche, c'est la d&#233;formation que la doctrine officieuse lui fait subir, et ce sont les normes et les repr&#233;sentations qu'elle pr&#233;tend en tirer pour l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du principe qu'un enseignement de la philosophie doit &#234;tre philosophique, elle croit pouvoir en d&#233;duire deux autres :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'enseignement de la philosophie &lt;i&gt;n'&lt;/i&gt;aurait &#224; r&#233;pondre &lt;i&gt;qu'&#224; &lt;/i&gt; des exigences philosophiques, &#224; l'exclusion de toute autre ; et&lt;/li&gt;&lt;li&gt; il lui &lt;i&gt;suffirait&lt;/i&gt; de satisfaire &#224; ces exigences pour &#234;tre ce qu'il doit &#234;tre.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, c'est &#224; partir de la &lt;i&gt;seule&lt;/i&gt; consid&#233;ration de l'essence de la philosophie que devrait se r&#233;gler son enseignement. Le sophisme est manifeste : que l'enseignement de la philosophie doive r&#233;pondre &#224; des exigences philosophiques n'implique &#233;videmment pas qu'il doive, et puisse m&#234;me, en ignorer d'autres, celles qui d&#233;coulent du fait qu'il est un enseignement et qu'il s'adresse, dans un cadre scolaire pr&#233;cis, &#224; des &#233;l&#232;ves d&#233;termin&#233;s : des exigences p&#233;dagogiques et didactiques. Elaborer un programme qui soit formateur pour les &#233;l&#232;ves d'une s&#233;rie d&#233;termin&#233;e, s'entendre sur des crit&#232;res d'&#233;valuation, concevoir un enseignement dans les lyc&#233;es professionnels, etc. : aucun de ces probl&#232;mes ne peut &#234;tre r&#233;solu sans articuler ensemble exigences philosophiques, p&#233;dagogie et didactique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette articulation, la doctrine officieuse la rend impossible : constituant la philosophie en puissance r&#233;gulatrice qui n'a de compte &#224; rendre qu'&#224; elle-m&#234;me, elle conduit &#224; juger son enseignement en rapport avec des exigences abstraites et id&#233;ales, jamais en rapport avec ses effets de formation sur ceux &#224; qui il s'adresse. L'enseignant de philosophie n'aurait &#224; justifier ce qu'il dit et fait qu'au regard d'une id&#233;e de la philosophie comme pens&#233;e qui se fonde en permanence sur elle-m&#234;me. Or cette id&#233;e rel&#232;ve d'&lt;i&gt;une&lt;/i&gt; conception de la philosophie ; elle est r&#233;cus&#233;e dans d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, une telle doctrine conduit &#224; ignorer ou m&#233;priser les exigences p&#233;dagogiques propres &#224; la situation scolaire : ou bien on pr&#233;tend qu'elles sont magiquement satisfaites pourvu que celles de la philosophie le soient ; ou bien on les renvoie &#224; l'idiosyncrasie et &#224; la &#8220;petite cuisine&#8221; de chaque enseignant. Cela revient &#224; entretenir la c&#233;cit&#233; sur les processus par lesquels les &#233;l&#232;ves s'approprient peu &#224; peu les comp&#233;tences et les savoirs requis et sur les obstacles qu'ils peuvent rencontrer dans ces apprentissages. Cela revient &#224; la n&#233;gation pure et simple du &lt;i&gt;m&#233;tier&lt;/i&gt; d'enseignant et des pratiques diverses par lesquelles chacun dans ses classes, de mani&#232;re intuitive ou m&#233;thodique, s'efforce de conduire le travail et la progression de ses &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &lt;i&gt;le mythe d'une discipline &#8220; ascolaire &#8221;&lt;/i&gt; se paie cher. Au fil des ann&#233;es s'est d&#233;velopp&#233;e une scolarisation rampante et non assum&#233;e de la philosophie, une mauvaise scolarisation : ce sont les sujets du bac et les manuels qui fixent le programme r&#233;el et ce sont les fascicules de m&#233;thode qui codifient la dissertation. Et tant qu'on se contentera de d&#233;clarer que les candidats au baccalaur&#233;at doivent &#8220; prendre le risque de penser &#8221; et qu'une bonne copie est celle qui &#8220; &#233;tonne le correcteur &#8221;, il ne faudra pas s'&#233;tonner de voir les &#233;l&#232;ves chercher &#224; se rassurer, demander avec insistance ce qu'on attend d'eux et, faute de r&#233;ponse, se d&#233;brouiller avec l'aide en ligne sur l'Internet. Sous l'effet de cette r&#233;gulation par le mauvais bout, les contenus se normalisent et s'appauvrissent, les exigences m&#233;thodologiques tournent &#224; la caricature. Tout se passe comme si la doctrine officieuse produisait exactement ce qu'elle pr&#233;tend &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Articuler philosophie et p&#233;dagogie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne sortira pas l'enseignement de la philosophie de l'impasse o&#249; il s'est mis lui-m&#234;me sans un r&#233;examen collectif de ces id&#233;es re&#231;ues et de ces repr&#233;sentations qui gouvernent la profession depuis des d&#233;cennies, la replient sur elle-m&#234;me et paralysent son &#233;volution. Il ne s'agit pas de remplacer une doctrine par une autre, mais de lever les verrous et de lib&#233;rer les initiatives et les &#233;changes. Il s'agit d'&lt;i&gt;ouvrir un espace de d&#233;bat et de r&#233;flexion&lt;/i&gt; o&#249; l'exp&#233;rience de chacun &#8212; qu'il enseigne en s&#233;rie technologique dans un lyc&#233;e de zone sensible ou dans un grand lyc&#233;e parisien, qu'il soit agr&#233;g&#233; ou ma&#238;tre-auxiliaire &#8212; soit &#233;galement reconnue et o&#249; la pluralit&#233; des d&#233;marches p&#233;dagogiques ne soit plus consid&#233;r&#233;e comme une menace pour le caract&#232;re philosophique de l'enseignement, mais comme l'expression normale et stimulante d'un enseignement vivant et formateur de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la cr&#233;ation d'un tel espace, dans des conditions de reconnaissance institutionnelle (les IREPH : Instituts de Recherche sur l'Enseignement de la Philosophie), qui est la raison d'&#234;tre de notre association. En 20 ans d'existence, nous nous sommes efforc&#233;s, avec les moyens limit&#233;s qui sont les n&#244;tres, de le faire d'ores et d&#233;j&#224; vivre : nous avons tenu des colloques et des journ&#233;es d'&#233;tude, nous avons mis en place des groupes de travail r&#233;gionaux et th&#233;matiques, nous avons particip&#233; aux d&#233;bats sur les programmes et les &#233;preuves du baccalaur&#233;at en tentant d'y apporter des suggestions et des arguments. A partir de ces 20 ann&#233;es d'exp&#233;riences, de prises de conscience et de confrontations, ce manifeste propose d'ouvrir &lt;strong&gt;10 chantiers pour l'enseignement de la philosophie. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chantiers doivent contribuer &#224; faire vivre et &#233;tendre la philosophie au lyc&#233;e et &#224; l'Universit&#233;. Ils rel&#232;vent &#233;videmment de la responsabilit&#233; des professeurs. Ce sont eux qui doivent op&#233;rer, dans le respect de leur tradition, le renouvellement n&#233;cessaire de leur enseignement : ils sont en effet les mieux plac&#233;s et les mieux arm&#233;s (pour autant qu'ils s'en donnent et qu'on leur en donne les moyens) pour r&#233;fl&#233;chir, exp&#233;rimenter et &#233;changer collectivement sur leurs pratiques. Ces chantiers font concourir philosophie, p&#233;dagogie et didactique au d&#233;veloppement de l'esprit critique et de l'autonomie du jugement des &#233;l&#232;ves. Parce qu'ils d&#233;veloppent les moyens de favoriser l'appropriation et l'exercice par le plus grand nombre du savoir et de la r&#233;flexion philosophique, ces chantiers apportent par l&#224; m&#234;me leur pierre &#224; la difficile et n&#233;cessaire d&#233;mocratisation de la philosophie et de son enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dix chantiers pour l'enseignement de la philosophie&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premier chantier :
Reconna&#238;tre que la philosophie au lyc&#233;e est une discipline scolaire.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'identification pure et simple de l'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e &#224; la philosophie tout court emp&#234;che de penser la sp&#233;cificit&#233; de la philosophie comme discipline scolaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie, en effet, existe pr&#233;alablement &#224;, et ind&#233;pendamment de, son enseignement au lyc&#233;e. Elle vit d'abord ailleurs : dans les recherches, les livres et les d&#233;bats des philosophes et &#8212; plus ou moins &#8212; dans ce que tout un chacun peut dire ou &#233;crire quand il philosophe. Ce qui fait sa sp&#233;cificit&#233; comme discipline scolaire, c'est sa valeur formatrice, ce sont les finalit&#233;s qui lui sont assign&#233;es en tant qu'elle participe, avec les autres disciplines, &#224; la formation intellectuelle des &#233;l&#232;ves des lyc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, l'enseignement n'a pas &#224; &#234;tre con&#231;u &#224; partir d'une id&#233;e a priori de ce qu'est la philosophie &#8212; il y en a d'ailleurs de multiples &#8212; mais &#224; partir de la question : &lt;i&gt;qu'est-ce qui dans l'h&#233;ritage de 2500 ans de philosophie et dans la vie philosophique contemporaine peut le mieux contribuer &#224; permettre aux &#233;l&#232;ves de se forger un esprit critique, de d&#233;velopper leurs capacit&#233;s de r&#233;flexion et l'autonomie de leur jugement, de se construire une culture qui soit un instrument d'intelligibilit&#233; du monde qui les entoure ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette question d&#233;coule une s&#233;rie d'autres sur lesquelles doit porter la r&#233;flexion collective des professeurs de philosophie. Quels sont les contenus de connaissances et les outils intellectuels que, comme dans toutes les autres disciplines, les &#233;l&#232;ves doivent apprendre &#224; ma&#238;triser ? Quelles comp&#233;tences doivent-ils acqu&#233;rir ? Que peut-on exiger d'un &#233;l&#232;ve de terminale de telle ou telle s&#233;rie ? A l'aune de quels crit&#232;res son travail sera-t-il &#233;valu&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne signifie nullement que l'on r&#233;duise la philosophie au bachotage ou la subordonne au baccalaur&#233;at, ni qu'on l'enferme dans une perspective &#233;troitement utilitaire ou techniciste, ni qu'on lui enl&#232;ve son caract&#232;re de recherche et de d&#233;couverte intellectuelle. Cela signifie au contraire qu'on lui redonne, contre la &#8220; mauvaise scolarisation par les manuels &#8221;, son plein sens de discipline scolaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Etudier la philosophie au lyc&#233;e, c'est se former &#224; la philosophie et se former par la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Deuxi&#232;me chantier :
Reconna&#238;tre qu'apprendre &#224; philosopher est un apprentissage et qu'enseigner la philosophie est un m&#233;tier.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne saurait sans dommage identifier purement et simplement le professeur de philosophie &#224; un philosophe. Celui qui fait le philosophe devant ses &#233;l&#232;ves ne les forme pas puisqu'il les traite comme des disciples qu'ils ne seront jamais. Et sa &#8220;philosophie&#8221; restera faible, r&#233;p&#233;titive, victime de cette confusion des genres. Cette identification, avec les images de soi qui l'accompagnent, reste pourtant fortement ancr&#233;e dans les esprits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On la r&#233;sume souvent dans la formule : &lt;i&gt;&#8220; le professeur de philosophie est l'auteur de son cours &#8221;&lt;/i&gt;. Si on entend par l&#224; que chaque professeur organise comme il le veut et sous sa pleine responsabilit&#233; son ann&#233;e et son approche des notions et des textes avec telle ou telle classe, selon son propre style d'enseignement, alors c'est trivial, et il n'est pas besoin d'en faire un dogme. Mais si cela veut dire qu'un cours est un texte, faisant &#339;uvre, que le professeur &#233;crit et dit (ou qu'il improvise sans l'avoir &#233;crit) devant ses &#233;l&#232;ves, ou m&#234;me avec eux, alors cette formule est fausse et n&#233;faste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est &lt;i&gt;fausse&lt;/i&gt;, sur le plan intellectuel : lorsqu'un philosophe est l'auteur d'une &#339;uvre, il la publie, ce qui signifie qu'il prend le risque de la soumettre &#224; la critique de ses pairs. Or les &#233;l&#232;ves ne sont pas nos pairs, et leur critique, si elle a lieu, ne nous fait pas courir grand risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est &lt;i&gt;n&#233;faste&lt;/i&gt;, sur le plan p&#233;dagogique : elle fait l'impasse sur l'activit&#233; des &#233;l&#232;ves, et emp&#234;che de se poser la question de &lt;i&gt;ce que font les &#233;l&#232;ves&lt;/i&gt; lorsqu'ils &#233;coutent un tel texte. Ou plus pr&#233;cis&#233;ment, elle pr&#233;suppose acquise la capacit&#233; d'une &#233;coute active et critique de la parole de l'enseignant : la capacit&#233; de se l'approprier pour son propre compte, d'en saisir la dimension probl&#233;matique et de s'en servir pour mettre en &#339;uvre sa propre pens&#233;e, dans une dissertation par exemple. Elle pr&#233;suppose donc acquis ce qui, en r&#233;alit&#233;, ne l'est que par un tout petit nombre &#224; l'entr&#233;e en terminale, et doit au contraire &#234;tre appris par la grande majorit&#233; des &#233;l&#232;ves aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre formule exprime la m&#234;me occultation de la dimension d'apprentissage : &lt;i&gt;&#8220; la philosophie est &#224; elle-m&#234;me sa propre p&#233;dagogie &#8221;&lt;/i&gt;. Si on veut simplement signifier qu'en classe de philosophie on doit philosopher, personne ne saurait la contester s&#233;rieusement. Mais si on entend par l&#224; que, pour apprendre &#224; philosopher, il suffirait d'entendre ou de lire de la philosophie et que le professeur peut se passer de toute r&#233;flexion sur les moyens &#224; mettre en &#339;uvre pour amener ses &#233;l&#232;ves &#224; faire de la philosophie, alors elle est trompeuse et nocive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler des conditions de l'apprentissage de la philosophie au lieu de parler philosophie est encore trop souvent per&#231;u comme une faiblesse ou un signe d'insuffisance philosophique, ce qui a pour effet pervers d'instiller un sentiment de culpabilit&#233; ou d'&#233;chec chez l'enseignant qui, dans sa pratique, a besoin d'outils p&#233;dagogiques, et de l'isoler : comment r&#233;soudre des difficult&#233;s d'ordre p&#233;dagogique quand la seule discussion admise est la discussion philosophique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concevoir l'enseignement de la philosophie comme un apprentissage, c'est justement s'atteler &#224; cette difficult&#233; : comment faire entrer des &#233;l&#232;ves dans l'ensemble des d&#233;marches intellectuelles qui constituent l'activit&#233; philosophique ? Cela suppose de r&#233;fl&#233;chir &#224; la fa&#231;on dont les connaissances et les comp&#233;tences philosophiques acquises par l'enseignant au cours de ses &#233;tudes universitaires &#8212; qui sont, rappelons-le, essentiellement des connaissances d'histoire de la philosophie &#8212; vont pouvoir &#234;tre mises au service de cette t&#226;che de formation &#224; l'activit&#233; philosophique ; de clarifier les buts que l'on vise et d'ajuster au mieux les moyens (quels concepts, quels textes, quelles d&#233;marches, quels exercices&#8230;) pour atteindre ces buts avec les &#233;l&#232;ves ; de r&#233;organiser en permanence, &#224; l'&#233;preuve de l'exp&#233;rience et au plus pr&#232;s de la r&#233;alit&#233; des classes, ce rapport entre comp&#233;tences philosophiques et comp&#233;tences p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce travail, chacun certes l'effectue plus ou moins, m&#234;me si c'est souvent de mani&#232;re intuitive ; mais il l'effectuera d'autant mieux qu'il en prendra une claire conscience &#224; travers le partage des exp&#233;riences et la r&#233;flexion commune. Cela suppose de reconna&#238;tre et d'assumer son &lt;i&gt;m&#233;tier de professeur&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Troisi&#232;me chantier :
Assumer la diversification des formes d'enseignement de la philosophie qu'entra&#238;ne sa d&#233;mocratisation.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici le mod&#232;le philosophique fran&#231;ais s'est &#233;tendu en g&#233;n&#233;ralisant l'enseignement de la classe de philosophie : les &lt;i&gt;Instructions de 1925&lt;/i&gt;, texte de r&#233;f&#233;rence d'une aristocratie intellectuelle, sont devenues, &#224; la virgule pr&#232;s, la bible d'un enseignement de masse. Mais en un si&#232;cle, la position d'exception de la philosophie, &#8220; couronnement des humanit&#233;s &#8221;, est devenue par l'effet conjugu&#233; de l'extension de la philosophie et de la massification de l'enseignement une position de &lt;i&gt;repli sur soi&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'introduction de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques en est l'exemple flagrant : on a d'abord choisi de transplanter directement aupr&#232;s de publics nouveaux, sans aucun souci de leur cursus et de leurs sp&#233;cificit&#233;s, le programme, la p&#233;dagogie et le mode d'&#233;valuation de la &#8220;classe de philosophie&#8221;. Puis on a fait le silence non seulement sur les difficult&#233;s p&#233;dagogiques et les &#233;checs caract&#233;ris&#233;s dans ces classes, souvent v&#233;cus dans la honte et la solitude, mais aussi sur le tr&#233;sor d'inventions que les professeurs y d&#233;ploient quotidiennement : on consid&#232;re celles-ci comme de simples exp&#233;dients, in&#233;vitables de la part d'un enseignement &#224; la d&#233;rive ou d'un enseignant en p&#233;ril ; elles appellent au mieux la sympathie, mais on leur refuse la reconnaissance et la possibilit&#233; de circuler parmi les enseignants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, les professeurs qui se sont investis aupr&#232;s des &#233;l&#232;ves des s&#233;ries technologiques sont nombreux &#224; juger que le travail pour aller &#224; ce qui est philosophiquement essentiel et l'effort d'imagination p&#233;dagogique que cet enseignement exige d'eux sont tout &#224; fait salutaires. Ils sont une source de renouvellement particuli&#232;rement f&#233;conde dont les effets s'&#233;tendent, avec b&#233;n&#233;fice, &#224; leur enseignement dans toutes les autres s&#233;ries. On peut enseigner dans ces s&#233;ries sans avoir le sentiment ni de &#8220;brader&#8221; la philosophie ni de d&#233;choir, mais bien au contraire d'y exercer pleinement son m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose &#233;videmment que la diversification des formes d'enseignement de la philosophie qu'entra&#238;ne n&#233;cessairement sa d&#233;mocratisation soit reconnue de plein droit et soit collectivement assum&#233;e, au lieu d'&#234;tre laiss&#233;e au bricolage individuel. Dispenser un enseignement diversifi&#233;, ce n'est pas m&#233;priser les &#233;l&#232;ves en leur dispensant une philosophie au rabais. C'est reconna&#238;tre que &lt;i&gt;les capacit&#233;s philosophiques qu'on rencontre chez tous les &#233;l&#232;ves ne s'expriment pas chez tous de la m&#234;me mani&#232;re et ne peuvent pas &#234;tre cultiv&#233;es chez tous selon les m&#234;mes modalit&#233;s&lt;/i&gt;. La mani&#232;re dont des &#233;l&#232;ves peuvent se former &#224; la philosophie ne saurait &#234;tre ind&#233;pendante ni de leur parcours scolaire ant&#233;rieur, ni de leur bagage culturel, ni des rapports qu'ils entretiennent avec le langage, avec l'&#233;cole ou avec les adultes, ni non plus de leur projet professionnel et de la fa&#231;on dont plus g&#233;n&#233;ralement ils envisagent leur avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'enseignement de la philosophie veut vraiment s'adresser &#224; tous, il doit s'interroger : qu'est-ce qui, dans ses formes d'enseignement, est ins&#233;parable et constitutif de la discipline ? qu'est-ce qui rel&#232;ve d'une histoire contingente, c'est-&#224;-dire du r&#244;le institutionnel, de la fonction sociale et du public que la discipline a pu avoir &#224; telle ou telle &#233;poque ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quatri&#232;me chantier :
Reconna&#238;tre que faire de la philosophie ne sert pas seulement &#224; philosopher.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La philosophie fait appel &#224; un &lt;i&gt;riche &#233;ventail de comp&#233;tences&lt;/i&gt; : poser des probl&#232;mes ; analyser des concepts ; se d&#233;centrer de son propre point de vue et prendre de la distance &#224; l'&#233;gard de ses opinions ; exercer son esprit critique &#224; l'&#233;gard des id&#233;es re&#231;ues et des sch&#232;mes de pens&#233;e &#233;tablis ; passer de l'expression imm&#233;diate et spontan&#233;e de son avis au d&#233;veloppement argument&#233; et nuanc&#233; d'une position ; pratiquer un va-et-vient permanent entre l'abstrait et le concret, entre le particulier et l'universel ; tirer les le&#231;ons d'un exemple et envisager les cons&#233;quences d'un principe ; faire &#233;voluer le contenu et la formulation de ses id&#233;es pour tenir compte d'objections dont on reconna&#238;t la l&#233;gitimit&#233; ; conduire une r&#233;flexion depuis l'exposition d'une question jusqu'&#224; la formulation d'une r&#233;ponse ; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cours de philosophie, ces comp&#233;tences sont des moyens au service d'un seul but : le libre exercice de la pens&#233;e, pratiqu&#233; pour lui-m&#234;me. Mais ces comp&#233;tences ont aussi une valeur en elles-m&#234;mes. Elles constituent des &#233;l&#233;ments indispensables de la formation de l'&#233;l&#232;ve, quel que soit son avenir scolaire et professionnel et quelles que soient les activit&#233;s dans lesquelles il s'engagera au cours de son existence future.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit souvent que la philosophie a d'autant plus de valeur qu'elle &#233;chappe au souci de l'utile. Et c'est en un sens vrai : quand on se forme &#224; la philosophie, comme quand on se forme &#224; la musique ou aux math&#233;matiques, on vise la philosophie pour elle-m&#234;me. Mais dans le m&#234;me temps, on se forme par la philosophie, comme on se forme par la musique ou par les math&#233;matiques ; et en ce sens-l&#224;, la philosophie n'a pas &#224; rougir d'&#234;tre utile, et m&#234;me de revendiquer son utilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie ne saurait justifier la position qu'il occupe aujourd'hui &#8212; et encore moins le renforcement de sa pr&#233;sence dans les cursus scolaires et universitaires &#8212; s'il ne fait pas la preuve de son &lt;i&gt;utilit&#233;&lt;/i&gt; dans la formation intellectuelle et culturelle de tous les &#233;l&#232;ves et s'il ne s'interroge pas sur son efficacit&#233; ainsi que sur les moyens de l'&#233;valuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cinqui&#232;me chantier :
Red&#233;finir l'&#233;l&#233;mentaire.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On entend souvent dire : &lt;i&gt;&#8220; les &#233;l&#232;ves ont droit &#224; toute la philosophie &#8221;&lt;/i&gt;. Si on entend par l&#224; qu'il n'y a aucune raison de ne pas proposer aux &#233;l&#232;ves des s&#233;ries litt&#233;raires de r&#233;fl&#233;chir sur les sciences, &#224; ceux des s&#233;ries scientifiques de s'interroger sur l'art et &#224; ceux des s&#233;ries technologiques de se poser des questions m&#233;taphysiques, tout le monde sera d'accord. Mais pr&#233;tendre que le programme d'une ann&#233;e de philosophie, quelle que soit la s&#233;rie et quel que soit l'horaire, doit avoir une vis&#233;e encyclop&#233;dique et &#234;tre aussi illimit&#233; dans son principe qu'ind&#233;termin&#233; dans son contenu puisque toute la philosophie en puissance doit y &#234;tre incluse, c'est une id&#233;e contestable et d&#233;sastreuse dans la pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est dans son principe solidaire d'une conception initiatique de l'enseignement : il faudrait faire op&#233;rer &#224; l'&#233;l&#232;ve une sorte de conversion intellectuelle par laquelle il acc&#233;derait en quelques mois &#224; une nouvelle mani&#232;re de consid&#233;rer toute chose et d'aborder tous les probl&#232;mes. C'est l&#224; simplement une doctrine p&#233;dagogique et nul n'a le droit de l'&#233;riger en norme unique. Mais surtout elle a, dans un cadre scolaire, des effets particuli&#232;rement n&#233;fastes : si toute la philosophie est au programme, rien n'est au programme et rien n'est exigible. Refuser ainsi d'indiquer &#224; l'&#233;l&#232;ve sur quoi il doit faire porter son effort, quels probl&#232;mes il doit comprendre, quelles connaissances ma&#238;triser et quelles comp&#233;tences acqu&#233;rir, ne lui permet pas de s'engager dans un v&#233;ritable travail de formation de soi. C'est l'entretenir dans l'id&#233;e qu'on est &#8220;dou&#233; pour la philo&#8221; ou pas et, &#224; l'examen, favoriser l'habile ignorant au d&#233;triment de celui qui a travaill&#233; et appris. En outre, &#224; refuser ainsi de d&#233;limiter et d'expliciter l'&#233;l&#233;mentaire, la discipline perd sa consistance et la philosophie se transforme peu &#224; peu en une &#8220;mati&#232;re d'&#233;veil&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que l'&#233;l&#233;mentaire, en philosophie, c'est ce qui est premier, ce dont tout d&#233;coule. Mais c'est confondre &lt;i&gt;deux sens du mot &#8220;&#233;l&#233;mentaire&#8221;&lt;/i&gt; : les &#233;l&#233;ments premiers d'un syst&#232;me &lt;i&gt;(philosophique)&lt;/i&gt; et les premiers pas d'une progression &lt;i&gt;(p&#233;dagogique)&lt;/i&gt;. La responsabilit&#233; collective des enseignants de philosophie est, comme dans n'importe quelle autre discipline, de discerner et de pr&#233;lever ce qui, dans les d&#233;marches, les probl&#232;mes, les concepts et les doctrines majeures de la tradition, peut &#234;tre formateur pour des &#233;l&#232;ves d&#233;butants qui, dans leur immense majorit&#233;, ne feront plus de philosophie ensuite. Refuser d'op&#233;rer une telle s&#233;lection, mettre d'un coup les &#233;l&#232;ves devant &#8220;toute la philosophie&#8221;, c'est en r&#233;alit&#233; d&#233;missionner. Bien entendu, ce choix n'est pas simple. Il ne peut se faire qu'&#224; partir de l'exp&#233;rience et de la r&#233;flexion de toute la profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fixer ainsi des exigences limit&#233;es et raisonnables, ce n'est ni renoncer ni baisser le niveau. Le pire est d'avoir des exigences d&#233;raisonnables qu'on est incapable de tenir et de faire respecter. Car on perd alors tout crit&#232;re pour juger des progr&#232;s ou des &#233;checs. C'est une des raisons des inextricables probl&#232;mes d'&#233;valuation rencontr&#233;s au baccalaur&#233;at. Mieux vaut moins, mais mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sixi&#232;me chantier : Articuler l'apprentissage philosophique et les savoirs.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se former &#224; la philosophie, c'est apprendre &#224; penser &#224; travers l'appropriation de connaissances philosophiques et non-philosophiques. On a us&#233; et abus&#233; de la formule de Kant selon laquelle &lt;i&gt;on ne peut apprendre la philosophie mais seulement &#224; philosopher&lt;/i&gt;. Certes, on veut souligner par l&#224; que l'enseignement de la philosophie au lyc&#233;e ne saurait consister &#224; &#233;tudier pour elles-m&#234;mes des doctrines philosophiques, l'histoire de la philosophie ou celle des id&#233;es. Mais, sur ce principe, l'accord des professeurs de philosophie est unanime. En revanche, &#224; durcir souvent jusqu'&#224; la caricature les distinctions l&#233;gitimes entre penser et conna&#238;tre, entre la philosophie et les savoirs positifs ou entre le mouvement d'une pens&#233;e vivante et les id&#233;es des philosophes, on finit par s'interdire toute r&#233;flexion s&#233;rieuse sur la mani&#232;re de les articuler dans l'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : si le cours de philosophie s'organise autour de probl&#232;mes, ceux-ci ne peuvent &#234;tre s&#233;rieusement abord&#233;s par les &#233;l&#232;ves qu'&#224; travers la connaissance des principales options philosophiques qu'ils ont engendr&#233;es et par la ma&#238;trise progressive des distinctions conceptuelles qui permettent de leur donner un sens. Ces options et ces distinctions n'ont rien de naturel ni de spontan&#233;. C'est dans l'histoire de la philosophie qu'elles ont &#233;t&#233; produites et c'est l&#224; seulement qu'on peut les rencontrer. On ne peut &#233;luder la question : qu'est-ce que des &#233;l&#232;ves d&#233;butants doivent savoir de l'histoire de la philosophie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : la philosophie s'est toujours nourrie de ce qui n'est pas elle et on ne saurait philosopher un tant soit peu sur les sciences, l'art ou la religion sans disposer d'&#233;l&#233;ments de connaissance solides et pr&#233;cis sur certains &#233;pisodes fondamentaux de l'histoire des sciences, sur certains courants artistiques et esth&#233;tiques, sur certains textes religieux. On ne peut &#233;luder la question : puisque ces connaissances indispensables ne sont pas fournies actuellement par le lyc&#233;e, quelle place l'enseignement de la philosophie doit-il leur donner s'il veut &#234;tre pertinent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : assimiler une id&#233;e de tel ou tel grand philosophe et l'exposer pour son propre compte, c'est une comp&#233;tence philosophique fondamentale. L'&#233;l&#232;ve qui a compris les arguments justifiant l'id&#233;e de &#8220;contrat social&#8221; ou celle d'&#8220;imp&#233;ratif cat&#233;gorique&#8221; et qui est capable de l'exposer intelligemment &lt;i&gt;pense&lt;/i&gt; tout autant que celui qui pose un probl&#232;me ou analyse un concept. On a fini par faire de la question de cours un &#233;pouvantail, comme s'il n'y avait pas de diff&#233;rence entre r&#233;citer des formules et s'approprier des id&#233;es. On ne peut &#233;luder la question : comment favoriser et valoriser ce travail par lequel l'&#233;l&#232;ve apprend &#224; int&#233;rioriser et &#224; faire siennes des id&#233;es qu'il n'a pas invent&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Septi&#232;me chantier : Articuler l'apprentissage philosophique et l'apprentissage de nouveaux usages de la langue.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Se former &#224; la philosophie, c'est apprendre &#224; faire un usage philosophique de la langue orale et &#233;crite. Chacun sait que la plupart des &#233;l&#232;ves ont d'&#233;normes difficult&#233;s &#224; &#233;crire, ou &#224; articuler oralement, un discours un tant soit peu construit, suivi et coh&#233;rent. On impute un peu trop facilement ces difficult&#233;s &#224; un d&#233;faut de la pens&#233;e, ou &#224; ce qu'on a coutume d'appeler la &#8220; mauvaise ma&#238;trise de la langue &#8221;. Ce qui se passe est bien plut&#244;t d'abord que les &#233;l&#232;ves sont confront&#233;s pour la premi&#232;re fois &#224; cet usage particulier de la langue qui consiste &#224; r&#233;fl&#233;chir sur le sens des mots et des questions, sur le statut des propositions et la logique des discours, et &#224; faire de cette r&#233;flexion l'objet m&#234;me d'un discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est bien cet usage particulier de la langue qu'ils doivent apprendre. A cet &#233;gard, l'id&#233;e selon laquelle &lt;i&gt;&#8220; le mod&#232;le de la dissertation, c'est la le&#231;on du professeur &#8221;&lt;/i&gt; s'av&#232;re dramatiquement insuffisante, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle fait l'impasse sur cet apprentissage. Et pire encore est l'id&#233;e que &lt;i&gt;&#8220; pour faire une dissertation, il suffit de penser &#8221;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire de cet apprentissage un objet de r&#233;flexion, est-ce r&#233;duire la philosophie &#224; une &#8220; rh&#233;torique argumentative &#8221; ou au &#8220; d&#233;bat d'opinion &#8221; ? Cette objection fait resurgir la traditionnelle pr&#233;vention des philosophes &#224; l'&#233;gard de la rh&#233;torique, et cette pr&#233;vention n'est pas infond&#233;e : aucun de nous ne veut transformer ses &#233;l&#232;ves en apprentis sophistes qui mettraient en &#339;uvre de mani&#232;re m&#233;canique des artifices de langage. Mais nous n'en sommes pas l&#224;. Les &#233;l&#232;ves, dans leur grande majorit&#233;, sont tr&#232;s loin de courir le risque d'un exc&#232;s de rh&#233;torique. Le probl&#232;me est bien plut&#244;t qu'ils manquent g&#233;n&#233;ralement des outils de la rh&#233;torique la plus &#233;l&#233;mentaire, la plus n&#233;cessaire et la plus l&#233;gitime pour &#233;laborer et d&#233;velopper leur pens&#233;e. Par exemple, ils ne savent pas comment s'y prendre pour articuler un raisonnement et sa r&#233;futation, pour pr&#233;senter une objection et y r&#233;pondre, pour mener une analyse de notion ou de probl&#232;me ; ils ne savent ni comment &lt;i&gt;&#233;crire&lt;/i&gt; cela, ni comment le &lt;i&gt;lire&lt;/i&gt; dans un texte, ni non plus comment le &lt;i&gt;parler&lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;entendre&lt;/i&gt; dans une discussion orale. Tout cela, les professeurs ont &#224; le leur apprendre, &#224; leur en faire d&#233;couvrir les normes, &#224; leur en faire construire la comp&#233;tence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore la question ne peut &#234;tre &#233;lud&#233;e : comment conjuguer l'apprentissage de la pens&#233;e avec celui des outils langagiers et discursifs par lesquels cette pens&#233;e, non seulement s'exprime, mais plus encore s'&#233;labore, se forme, s'affermit et s'affine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Huiti&#232;me chantier : Enseigner la philosophie vivante.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apprendre &#224; philosopher, c'est &#234;tre confront&#233; &#224; la fois &#224; une tradition et &#224; la philosophie vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence d'un v&#233;ritable programme et le poids des sujets de baccalaur&#233;at sur une discipline qui n'existe qu'en ann&#233;e d'examen ont produit peu &#224; peu un r&#233;tr&#233;cissement des horizons de l'enseignement philosophique. Comme on ignore ce que traitent les coll&#232;gues, on fait ce qu'on croit qu'ils font (ce qui figure dans les manuels) et on se replie non seulement sur les auteurs canoniques, mais sur un tout petit nombre de textes et de doctrines qui ont acquis le statut de pont aux &#226;nes. Evidemment on a le droit d'&#234;tre original, mais c'est aux risques et p&#233;rils de l'&#233;l&#232;ve : m&#234;me si elle est m&#233;diocrement restitu&#233;e, le correcteur reconna&#238;tra toujours l'&lt;i&gt;All&#233;gorie de la caverne&lt;/i&gt; ; une id&#233;e de Vico, de Carnap, ou m&#234;me de Locke, risque de n'&#234;tre ni connue ni comprise et de s'attirer un point d'interrogation, quand ce n'est pas une grande rature en rouge. En une trentaine d'ann&#233;es, le programme de 1973 a &#233;t&#233; peu &#224; peu &#233;cr&#234;t&#233; de toutes ses innovations : les questions au choix ont &#224; peu pr&#232;s disparu ; on enseigne de moins en moins &#8220;la formation d'un concept scientifique&#8221; (peu utile au bac o&#249; les sujets de philosophie des sciences sont devenus de plus en plus g&#233;n&#233;raux) et &#8220;la constitution d'une science de l'homme&#8221; (le m&#233;pris des sciences humaines instill&#233; depuis 50 ans a fini par produire ses effets). L'enseignement de philosophie tend &#224; s'enfermer dans une &#8220;philosophie philosophante&#8221; et &#224; reprendre ind&#233;finiment quelques &#233;pisodes de l'histoire de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes de la 1&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle nous paraissent sans doute aujourd'hui poussi&#233;reux ; mais on y trouvait un &#233;cho des d&#233;bats philosophiques qui avaient alors cours en France ; les programmes des ann&#233;es 60-70 ont int&#233;gr&#233; la pr&#233;sence dans la pens&#233;e contemporaine de Marx, de Nietzsche, de Freud, de la tradition d'&#233;pist&#233;mologie et d'histoire des sciences fran&#231;aise. Mais aujourd'hui, la plupart des d&#233;bats contemporains particuli&#232;rement intenses en philosophie du langage, en philosophie de l'esprit ou en philosophie politique n'ont &#224; peu pr&#232;s aucune r&#233;sonance dans la philosophie telle qu'elle s'enseigne au lyc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que l'enseignement de la philosophie n'a pas &#224; suivre les modes et doit se tenir &#224; l'&#233;cart de l'actualit&#233;. Sans doute. Mais peut-on parler des rapports de l'&#226;me et du corps dans les &lt;i&gt;M&#233;ditations&lt;/i&gt; ou aborder le &lt;i&gt;Contrat social&lt;/i&gt; sans jamais se demander ce que Descartes et Rousseau ont &#224; nous dire aujourd'hui, par exemple au regard des questions soulev&#233;es par les penseurs cognitivistes ou contractualistes contemporains ? On ne peut entretenir une relation vivante avec les classiques que si on les lit en relation avec nos questions, qui sont pour une bonne part celles de la philosophie d'aujourd'hui. Les &#233;l&#232;ves lisent des journaux, des revues, regardent &#224; la t&#233;l&#233;vision des &#233;missions scientifiques ou des d&#233;bats d'id&#233;es ; et ils posent des questions. Le professeur de philosophie a sans doute &#224; leur parler de Platon, mais Platon ne saurait suffire &#224; leur curiosit&#233; ni leur donner tous les moyens de s'orienter dans la pens&#233;e d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discerner dans les travaux contemporains ce qui non seulement est important, mais ce qui peut &#234;tre formateur et utile aux &#233;l&#232;ves, ce devrait &#234;tre un souci collectif et permanent de notre profession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Neuvi&#232;me chantier : Sortir l'enseignement de la philosophie de son enfermement en terminale.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie &#233;touffe en terminale ; l'avenir de l'enseignement de la philosophie passe par son extension en amont et en aval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des raisons purement historiques, l'enseignement de la philosophie occupe, dans l'institution scolaire fran&#231;aise, une position d'exception : install&#233; en classe terminale et dans cette seule ann&#233;e, assur&#233; par un enseignant qui restera &#224; jamais, dans la plupart des cas, l'unique professeur de philosophie rencontr&#233; par chacun dans sa vie, il est toujours con&#231;u, m&#234;me si on n'ose plus gu&#232;re employer cette expression, comme le &#8220; couronnement &#8221; des &#233;tudes secondaires. Or cette position est loin d'avoir les effets b&#233;n&#233;fiques qu'on lui suppose. Au lieu d'&#234;tre une ann&#233;e marquante et r&#233;ellement formatrice, elle est en r&#233;alit&#233; le plus souvent une parenth&#232;se dans le cursus des &#233;l&#232;ves, parenth&#232;se aussi vite referm&#233;e qu'elle a &#233;t&#233; ouverte : on se souvient d'un professeur charismatique et du sujet tomb&#233; au bac, mais il ne reste le plus souvent de la terminale ni culture ni savoir-faire philosophiques effectifs. Les professeurs de philosophie du sup&#233;rieur le savent bien, et ils ne pr&#233;supposent souvent aucun acquis d&#233;termin&#233; chez leurs &#233;tudiants de classes pr&#233;paratoires ou d'Universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, l'enseignement de la philosophie souffre de son confinement dans la classe de terminale. Il ne peut y avoir de vraie formation &#224; la philosophie si on ne reconna&#238;t pas que, comme toutes les autres disciplines, son apprentissage demande du temps et doit &#234;tre conduit selon une progression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir de l'enseignement de la philosophie passe par son extension en dehors de la terminale. &lt;i&gt;Extension en amont&lt;/i&gt; d'abord, c'est-&#224;-dire au moins &#224; partir de la classe de premi&#232;re : les &#233;l&#232;ves le demandent fr&#233;quemment, ce qui traduit l'inad&#233;quation du mod&#232;le actuel d'une &#8220; &#233;closion soudaine &#8221; et le besoin qu'ils ressentent d'avoir du temps devant eux pour se former efficacement. &lt;i&gt;Extension en aval&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire dans toutes les branches des &#233;tudes sup&#233;rieures : l'enseignement en terminale prendrait ainsi un sens nouveau en devenant la base d'une formation qui se continuerait de mani&#232;re diversifi&#233;e selon les &#233;tudes poursuivies. Concevoir et mettre en &#339;uvre les modalit&#233;s de cette extension est sans doute l'un des chantiers les plus ambitieux et les plus neufs pour l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dixi&#232;me chantier : Remodeler la formation initiale et continue des professeurs de philosophie &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les conditions et les modalit&#233;s de la formation des enseignants de philosophie n'apparaissent plus aujourd'hui satisfaisantes. On ne peut ici qu'indiquer quelques n&#339;uds de difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cursus universitaires, de la 1&#232;re ann&#233;e de Licence au Master, sont rarement coh&#233;rents. Les &#233;tudiants se voient proposer chaque ann&#233;e des contenus d'enseignement souvent disparates qu'ils ont beaucoup de mal &#224; relier entre eux et &#224; faire tenir ensemble. Au bout de 4 ans, il n'est pas rare qu'ils n'aient jamais eu de cours sur des auteurs, des th&#232;mes ou des courants de pens&#233;e fondamentaux. C'est tout autant le cas pour les &#233;tudiants pass&#233;s par les classes pr&#233;paratoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;paration aux concours est de fait surtout assur&#233;e par les kh&#226;gnes, seul lieu o&#249; les &#233;tudiants sont r&#233;guli&#232;rement entra&#238;n&#233;s &#224; la dissertation et &#224; la le&#231;on qui sont actuellement la base des &#233;preuves de concours. L'Universit&#233; n'a pas autant de moyens de le faire. Il y a l&#224; une in&#233;galit&#233; grave et un dysfonctionnement majeur (qui n'est certes pas propre &#224; la philosophie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les concours, et tout particuli&#232;rement l'agr&#233;gation, sont con&#231;us et v&#233;cus comme des &#8220;brevets d'excellence philosophique&#8221; et des moyens de continuer d'&#8220;&#234;tre philosophe&#8221; plut&#244;t que comme la voie d'entr&#233;e dans le m&#233;tier de professeur de philosophie. Les &#233;preuves privil&#233;gient simultan&#233;ment la possession de connaissances tr&#232;s pr&#233;cises, voire pointues, d'histoire de la philosophie (auteurs de l'&#233;crit &#224; l'agr&#233;gation) et la capacit&#233; in&#233;vitablement rh&#233;torique &#224; traiter de toute question possible (oral d'agr&#233;gation). Passer une ann&#233;e enti&#232;re &#224; &#233;tudier des auteurs comme Fichte ou Plotin (qui ne figurent pas au programme de terminale) et se voir proposer &#224; l'oral de l'agr&#233;gation des sujets comme &#8220;L'insouciance&#8221; ou &#8220;Qu'est-ce qu'un paysage ?&#8221;, est-ce vraiment la meilleure mani&#232;re de se pr&#233;parer &#224; enseigner la philosophie ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Les jeunes enseignants sont pour la plupart d&#233;&#231;us de l'ann&#233;e qu'ils passent &#224; la fois en stage et en INSPE. Manifestement, la confrontation de l'exp&#233;rience qu'ils font dans leur classe avec l'indispensable r&#233;flexion p&#233;dagogique et didactique ne se fait pas, ou tr&#232;s mal, ou trop peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me la formation continue des enseignants de philosophie est presque exclusivement &#233;rudite et ne fait pour ainsi dire aucune place &#224; l'&#233;change sur les pratiques, &#224; la r&#233;flexion sur les obstacles p&#233;dagogiques et &#224; la mise en circulation des innovations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans une connaissance s&#233;rieuse et non mythologique de la tradition de l'enseignement philosophique, il est difficile de la faire vivre et &#233;voluer, et de nourrir utilement le d&#233;bat entre professeurs de philosophie. Il para&#238;t n&#233;cessaire d'int&#233;grer &#224; la formation des nouveaux professeurs un enseignement de l'histoire de la discipline, en France et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; un ensemble de probl&#232;mes s&#233;rieux et d&#233;licats qu'on ne saurait traiter en quelques lignes ni r&#233;soudre par quelques mesures rapides. C'est un chantier de longue haleine qui suppose une analyse lucide, approfondie et non manich&#233;enne de la situation et qui conduira sans doute &#224; un certain nombre de remises en cause. Il est l'affaire de toute la profession : professeurs de terminale et de classes pr&#233;paratoires, universitaires et formateurs d'INSPE, inspecteurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dissertation en question</title>
		<link>https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/la-dissertation/article/la-dissertation-en-question</link>
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		<dc:date>2015-12-21T11:53:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La dissertation en terminale, Jean-Jacques ROSAT &lt;br class='autobr' /&gt; &#201;L&#201;MENTS D'HISTOIRE DE LA DISSERTATION &lt;br class='autobr' /&gt;
De la r&#233;daction &#224; la dissertation, Bruno POUCET &lt;br class='autobr' /&gt;
El&#233;ments d'histoire de la dissertation dans l'enseignement secondaire, Bruno POUCET &lt;br class='autobr' /&gt; LES D&#201;BATS AUTOUR DE LA DISSERTATION &lt;br class='autobr' /&gt;
Le propre de la dissertation philosophique, Alain LHOMME &lt;br class='autobr' /&gt;
Penser et disserter, Jean-Jacques ROSAT &lt;br class='autobr' /&gt;
So What ?, Jean-Jacques GUINCHARD &lt;br class='autobr' /&gt;
Priv&#233;s de dissertation, Pascal ENGEL &lt;br class='autobr' /&gt;
Faut-il jeter la dissertation aux orties ? (article (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/la-dissertation/" rel="directory"&gt;La dissertation&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/dissertation" rel="tag"&gt;Dissertation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/notions" rel="tag"&gt;Notions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/spip.php?article26&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dissertation en terminale, Jean-Jacques ROSAT&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &#201;L&#201;MENTS D'HISTOIRE DE LA DISSERTATION&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/poucet_de_la_redaction_a_la_dissertation.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;De la r&#233;daction &#224; la dissertation, Bruno POUCET&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/POUCET%20Histoire%20Dissertation.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;El&#233;ments d'histoire de la dissertation dans l'enseignement secondaire, Bruno POUCET&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; LES D&#201;BATS AUTOUR DE LA DISSERTATION&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/LHOMME%20La%20dissertation.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le propre de la dissertation philosophique, Alain LHOMME&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/ROSAT%20PENSER%20DISSERTER.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Penser et disserter, Jean-Jacques ROSAT&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/JJ%20GUINCHARD%20So%20What.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;So What ?, Jean-Jacques GUINCHARD&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/ENGEL%20Vie%20apres%20Dissertation.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Priv&#233;s de dissertation, Pascal ENGEL&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/Article%20Telerama.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Faut-il jeter la dissertation aux orties ? (article paru dans T&#233;l&#233;rama)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; LES SUJETS DE DISSERTATION&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/MARCHAL%20Bon%20sujet.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce qu'un bon sujet ? Francis MARCHAL&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/ALQUIE%201951.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les beaux sujets sont-ils de bons sujets ? Texte de Ferdinand ALQUIE (1951)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/ROSAT%20sujet%20art%20dissertation.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;20 ans de sujets sur l'art ou l'aberration d'un programme de notions, Jean-Jacques ROSAT&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; COMMENT L'ENSEIGNER ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/GRATALOUP%20Nicole_philo_epreuv_dissert_.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La philosophie &#224; l'&#233;preuve de la dissertation, Nicole GRATALOUP&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/JJ%20GUINCHARD%204%20maniere%20enseigner%20dissertation.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quatre mani&#232;res d'enseigner la dissertation, Jean-Jacques GUINCHARD&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/Atelier%20dissertation.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Compte-rendu d'ateliers d'&#233;changes de pratiques sur la dissertation colloque ACIREPh 2001&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; DU COTE DES ELEVES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/LE%20DOEUFF%20Discours%20des%20lyceens.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le discours philosophique des lyc&#233;ens, trente ans apr&#232;s..., Mich&#232;le LE DOEUFF&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/RAYOU%20Dissertation%20Consignes%20transaction.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Qu'est-ce qu'ils en font ? Consignes et transaction, Patrick RAYOU&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/DEGOY%20eleves%20correcteurs.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand les lyc&#233;ens sont correcteurs, H&#233;l&#232;ne DEGOY&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/RAYOU%20Dissertation%20US%20Mag.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dissertation de philosophie, entre malentendus et transaction, Patrick RAYOU&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; DU COTE DES AUTRES DISCIPLINES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/CHATEL%20dissert%20sc%20eco.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dissertation en Sciences &#201;conomiques et Sociales, Elisabeth CHATEL&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/COMELLI%20Dissert%20Histoire.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dissertation en Histoire, Dominique COMELLI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://acireph.org/Files/Other/Pedagogie/dissertation/CAPEL%20dissertation%20%20defendre.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La dissertation, &#233;preuve de r&#233;flexion, mod&#232;le &#224; r&#233;fl&#233;chir, Fanny CAPEL&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Journ&#233;es d'&#233;tude 2015. Philosophie et croyances : jusqu'o&#249; peut aller la libert&#233; de critique ?</title>
		<link>https://acireph.org/journees-d-etude/article/journees-d-etude-2015-philosophie-et-croyances-jusqu-ou-peut-aller-la-liberte</link>
		<guid isPermaLink="true">https://acireph.org/journees-d-etude/article/journees-d-etude-2015-philosophie-et-croyances-jusqu-ou-peut-aller-la-liberte</guid>
		<dc:date>2015-12-01T21:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un premier compte-rendu synth&#233;tique de ces journ&#233;es est consultable dans notre dernier bulletin n&#176;64 (d&#233;cembre 2015), avant la publication du dossier complet dans notre revue C&#244;t&#233; Philo n&#176;20, &#224; para&#238;tre au printemps 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une libert&#233; d'expression &#224; g&#233;om&#233;trie variable ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'enseignement de la philosophie se heurte &#224; des difficult&#233;s croissantes lorsqu'il s'agit d'aborder certains sujets, en particulier depuis les attentats de janvier 2015. Nous sommes confront&#233;s &#224; un soup&#231;on grandissant de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://acireph.org/journees-d-etude/" rel="directory"&gt;Journ&#233;es d'&#233;tude&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Un premier &lt;strong&gt;compte-rendu synth&#233;tique de ces journ&#233;es&lt;/strong&gt; est consultable dans notre dernier &lt;a href=&#034;http://www.acireph.org/Files/Other/2015%2011%20Bulletin%2064.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;bulletin n&#176;64 (d&#233;cembre 2015)&lt;/a&gt;, avant la publication du dossier complet dans notre revue &lt;i&gt;C&#244;t&#233; Philo&lt;/i&gt; n&#176;20, &#224; para&#238;tre au printemps 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une libert&#233; d'expression &#224; g&#233;om&#233;trie variable ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie se heurte &#224; des difficult&#233;s croissantes lorsqu'il s'agit d'aborder certains sujets, en particulier depuis les attentats de janvier 2015. Nous sommes confront&#233;s &#224; un soup&#231;on grandissant de la part d'&#233;l&#232;ves qui ne comprennent pas toujours pourquoi la libert&#233; d'expression semble d&#233;fendue ici mais bafou&#233;e ailleurs. Le &#171; deux poids, deux mesures &#187; a parfois &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; : que pouvons-nous r&#233;pondre face &#224; ces interrogations ? Pourquoi la libert&#233; d'expression a-t-elle des limites ? Quelles sont-elles ? Peut-on les questionner, voire les critiquer ? Comment faire travailler et progresser nos &#233;l&#232;ves sur ces probl&#232;mes o&#249; se m&#234;lent politique et religion, rationalit&#233; et croyances ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nos &#233;l&#232;ves acceptent en g&#233;n&#233;ral th&#233;oriquement le bien-fond&#233; d'interroger voire de critiquer leurs croyances et leurs valeurs, le passage &#224; la pratique s'av&#232;re parfois plus d&#233;licat : les croyances les plus fortes, religieuses notamment, semblent imperm&#233;ables au questionnement. Tout se passe comme si r&#233;fl&#233;chir de fa&#231;on critique, c'&#233;tait manquer de respect. A l'inverse, l'attitude de la simple tol&#233;rance, sans &#233;change ni dialogue, revient &#224; faire des croyances une sorte de &#171; pr&#233;-carr&#233; &#187; que rien ne doit venir troubler. Notre mission n'est-elle pas au contraire de susciter l'ouverture et la confrontation des id&#233;es ? Mais comment le faire dans un cadre s&#233;curisant, o&#249; nos &#233;l&#232;ves puissent avoir confiance et sans qu'ils soient contraints de trop s'exposer en prenant le risque de se renfermer ensuite. Quelles m&#233;thodes permettent de faire d&#233;battre sereinement et rationnellement nos &#233;l&#232;ves ? Quelle attitude devons-nous avoir vis-&#224;-vis d'un rejet presque visc&#233;ral exprim&#233; par certains &#233;l&#232;ves lorsque nous abordons la religion ou des th&#233;ories qui s'opposent &#224; leurs croyances ? Comment pouvons-nous mieux comprendre le rapport qu'entretiennent ces &#233;l&#232;ves &#224; leur religion ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La&#239;cit&#233; ou neutralit&#233; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des professeurs, les injonctions de l'institution semblent parfois contredire les exigences de la philosophie. Tandis que la Charte de la la&#239;cit&#233; &#224; l'&#233;cole affirme qu'&#171; aucun sujet n'est a priori exclu du questionnement scientifique et p&#233;dagogique &#187;, on a entendu la ministre de l'&#233;ducation nationale d&#233;noncer les &#171; questionnements insupportables &#187; de certains &#233;l&#232;ves, tout en enjoignant les enseignants &#224; organiser des d&#233;bats en classe et &#224; promouvoir les valeurs r&#233;publicaines de la&#239;cit&#233; et de libert&#233; d'expression. Est-il possible d'adopter une position de &#171; stricte neutralit&#233; &#187;, comme l'exige la Charte de la la&#239;cit&#233; ? Comment exercer l'esprit critique des &#233;l&#232;ves dans ces conditions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adh&#233;sion religieuse ne concerne-t-elle que les dogmes clairement identifi&#233;s comme tels ? N'existe-t-il pas un rapport dogmatique, sacr&#233; et quasi-religieux &#224; des principes ou des valeurs apparemment rationnels et la&#239;ques ? C'est ce que sugg&#232;re Durkheim :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; Entre la science et la foi religieuse il existe des interm&#233;diaires ; ce sont les croyances communes de toute sorte, relatives &#224; des objets la&#239;ques en apparence, tels que le drapeau, la patrie, telle forme d'organisation politique, tel h&#233;ros, tel &#233;v&#233;nements historique, etc. Elles sont obligatoires en quelque sens, par cela seul qu'elles sont communes ; car la communaut&#233; ne tol&#232;re pas sans r&#233;sistance qu'on les nie ouvertement. (&#8230;) C'est qu'en effet elles sont, dans une certaine mesure, indiscernables des croyances proprement religieuses. La patrie, la R&#233;volution fran&#231;aise, etc., sont pour nous des choses sacr&#233;es auxquelles nous ne permettons pas qu'on touche. L'opinion publique ne tol&#232;re pas volontiers qu'on conteste la sup&#233;riorit&#233; morale de la d&#233;mocratie, la r&#233;alit&#233; du progr&#232;s, l'id&#233;e d'&#233;galit&#233;, de m&#234;me que le chr&#233;tien ne laisse pas mettre en discussion ses dogmes fondamentaux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Ainsi, &#171; il y a une multitude de manifestations religieuses qui ne ressortissent &#224; aucune religion proprement dite &#187;. (&lt;i&gt;De la d&#233;finition des ph&#233;nom&#232;nes religieux&lt;/i&gt;, 1897)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chose est d'autant moins simple qu'une certaine mani&#232;re de se &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; mobiliser pour les valeurs de la R&#233;publique &#187; voulue par le Minist&#232;re n'est peut-&#234;tre pas aussi la&#239;que et r&#233;publicaine qu'il para&#238;t, au moins si on suit le premier penseur de la la&#239;cit&#233; scolaire, Ferdinand Buisson :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; Le premier devoir d'une R&#233;publique est de faire des r&#233;publicains, et l'on ne fait pas un r&#233;publicain comme on fait un catholique. Pour faire un catholique il suffit de lui imposer la v&#233;rit&#233; toute faite ; voil&#224;, il n'a plus qu'&#224; l'avaler. Je dis catholique, mais j'aurais dit tout aussi bien un protestant ou un croyant quelconque. Pour faire un r&#233;publicain, il faut prendre l'&#234;tre humain si petit et si humble qu'il soit, un enfant, un adolescent, une jeune fille ; il faut prendre l'homme le plus inculte et lui donner l'id&#233;e qu'il faut penser par lui-m&#234;me, qu'il ne doit ni foi ni ob&#233;issance &#224; personne, que c'est &#224; lui de chercher la v&#233;rit&#233; en fonction de ce que son professeur lui aura enseign&#233; et qu'il ne doit pas la recevoir faite d'un ma&#238;tre, d'un chef quel qu'il soit, temporel et spirituel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Discours au Congr&#232;s du parti radical&lt;/i&gt; , 1903&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est fid&#232;le en cela &#224; un autre penseur &#233;minent de l'&#201;cole de la R&#233;publique, Condorcet, qui d&#233;clare dans son Rapport sur l'Instruction publique de 1792 que&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; ni la Constitution fran&#231;aise ni m&#234;me la D&#233;claration des droits ne seront pr&#233;sent&#233;es &#224; aucune classe de citoyens, comme des tables descendues du ciel, qu'il faut adorer et croire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;al la&#239;que doit-il &#234;tre simplement &#171; transmis &#187; tel un dogme et les &#171; valeurs r&#233;publicaines &#187; pr&#233;sent&#233;es comme un indiscutable, objet de simple inculcation, voire d'une v&#233;n&#233;ration ? O&#249; doivent-ils faire l'objet de recherches et de questionnements, admettre la critique ? Faut-il rappeler &#224; l'ordre r&#233;publicain l'&#233;l&#232;ve qui dit &#171; Je ne suis pas Charlie &#187; ou examiner de fa&#231;on critique si la la&#239;cit&#233; autorise ce genre d'expression ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, faut-il vraiment entrer dans ces questions de cette mani&#232;re ? N'est-ce pas le plus s&#251;r moyen de crisper le d&#233;bat et de renforcer des croyance et des comportements que nous souhaitons voire &#233;voluer ?&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PROGRAMME DES JOURN&#201;ES D'&#201;TUDES&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;SAMEDI 17 OCTOBRE 2015&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;9h30 - Accueil&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10h - Allocution d'ouverture &#8211; Fr&#233;d&#233;ric LE PLAINE, professeur de philosophie, pr&#233;sident de l'ACIREPh&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10h30 - Conf&#233;rence-d&#233;bat : Sa&#239;d BOUAMAMA, sociologue (IFAR), interviendra sur le rapport des jeunes issus de l'immigration aux questions religieuses et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12h30 - D&#233;jeuner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14h &#8211; Table ronde : Nos r&#233;ponses en classe apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de janvier 2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15h30 - Conf&#233;rence-d&#233;bat : Serge COSP&#201;REC, professeur de philosophie, ESPE &#8211; Universit&#233; Paris-Est-Cr&#233;teil, interviendra sur le concept de la&#239;cit&#233; (titre &#224; pr&#233;ciser)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17h &#8211; Ateliers au choix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18h45 - Cl&#244;ture 1&#232;re journ&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;DIMANCHE 18 OCTOBRE 2015&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;9h30 - Conf&#233;rence-d&#233;bat : Thomas HOCHMANN, ma&#238;tre de conf&#233;rence en droit public, interviendra sur l'encadrement juridique et les limites de la libert&#233; d'expression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11h30 &#8211; Ateliers au choix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13h - D&#233;jeuner&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14h30 &#8211; Synth&#232;se des r&#233;sultats du questionnaire SNES-ACIREPh sur l'&#233;tat des lieux de l'enseignement de la philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15h30 &#8211; Positions de l'ACIREPh et chantiers pour l'ann&#233;e 2015-2016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17h - Cl&#244;ture des journ&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Ateliers au choix &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1) &#171; Organiser en classe un atelier de discussion sur : la libert&#233; d'expression, jusqu'o&#249; ? &#187;, atelier anim&#233; par Michel TOZZI, professeur &#233;m&#233;rite en sciences de l'&#233;ducation, Univ. Montpellier 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) &#171; La&#239;cit&#233; ouverte ou la&#239;cit&#233; ferm&#233;e &#187;, atelier anim&#233; par Jean-Charles ROYER, professeur de philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) &#171; Probl&#233;matiser la relation foi-raison &#187;, atelier anim&#233; par Bastien SUEUR, professeur de philosophie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) &#171; Apprendre &#224; classifier des croyances &#187;, ateliers anim&#233; par C&#233;cile VICTORRI, professeur de philosophie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui sommes-nous ?</title>
		<link>https://acireph.org/l-acireph-2/l-acireph/article/qui-sommes-nous</link>
		<guid isPermaLink="true">https://acireph.org/l-acireph-2/l-acireph/article/qui-sommes-nous</guid>
		<dc:date>2015-07-07T10:59:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;valuation</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Connaissances</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>
		<dc:subject>Raisonnement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pr&#233;sentation rapide de l'ACIREPh&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://acireph.org/l-acireph-2/l-acireph/" rel="directory"&gt;Pr&#233;sentation de l'ACIREPh&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/dissertation" rel="tag"&gt;Dissertation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/evaluation" rel="tag"&gt;&#201;valuation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/connaissances" rel="tag"&gt;Connaissances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/raisonnement" rel="tag"&gt;Raisonnement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ACIREPh est une association de professeurs de philosophie ouverte &#224; tous les coll&#232;gues qui enseignent cette mati&#232;re, dans les &#233;tablissements publics ou priv&#233;s. Cr&#233;&#233;e en 1998, son but est de r&#233;fl&#233;chir &#224; l'enseignement de la philosophie dans les lyc&#233;es, et de proposer des pistes pour une am&#233;lioration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre constat est en effet que, depuis de nombreuses ann&#233;es, l'enseignement de la philosophie tel qu'il est institu&#233; est difficilement praticable, ce qui contribue &#224; sa d&#233;t&#233;rioration. L'ACIREPh ouvre des d&#233;bats, diffuse des id&#233;es, des exp&#233;rimentations, et organise p&#233;riodiquement des rencontres o&#249; les professeurs de philosophie peuvent analyser en commun leurs difficult&#233;s, d&#233;couvrir ou confronter leurs pratiques, dans un esprit pluraliste, sans tabou, sans autoritarisme et sans pr&#233;tention &#224; d&#233;tenir ce qui serait LA v&#233;rit&#233; sur l'enseignement de la philosophie. En particulier, chaque ann&#233;e, nous organisons des Journ&#233;es d'&#233;tude sur un ou plusieurs th&#232;mes. Nous publions aussi une revue : &lt;i&gt;C&#244;t&#233;-Philo.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ACIREPh a le double souci de d&#233;fendre les exigences propres &#224; notre discipline, essentielle &#224; la formation de l'esprit critique, et de consid&#233;rer les &#233;l&#232;ves comme ils sont, pour une r&#233;elle efficacit&#233; p&#233;dagogique. Ce double souci anime les id&#233;es dont nous d&#233;battons :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Remplacer les programmes actuels de notions, infaisables car contenant en puissance un nombre ind&#233;fini de probl&#232;mes qu'aucun &#233;l&#232;ve ne peut ma&#238;triser, par des programmes plus d&#233;termin&#233;s : par exemple des programmes de probl&#232;mes.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Repenser les &#233;preuves du Baccalaur&#233;at, notamment pour les s&#233;ries technologiques. Pr&#233;ciser les attentes pour les diff&#233;rents types d'&#233;preuve, et sortir ainsi des &#233;ternelles discussions (notamment en commission d'entente du Bac) sur ce qui est formellement exig&#233; des &#233;l&#232;ves. Instituer des rapports de jurys diffus&#233;s &#224; tous.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Assurer de meilleures conditions pour les apprentissages : d&#233;doublement (notamment pour les s&#233;ries technologiques), travaux dirig&#233;s, diversification des pratiques et des exercices, etc. Limiter la place du cours magistral dans notre enseignement, en faveur d'un travail plus actif en classe de la part des &#233;l&#232;ves.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; R&#233;former l'enseignement de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques, en repensant ses contenus, ses pratiques et ses exercices.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Commencer la philosophie d&#232;s la 1&#232;re, notamment pour la s&#233;rie Litt&#233;raire, et mettre ainsi en place un v&#233;ritable cursus permettant une progressivit&#233; ce qui &#171; donnerait de l'air &#187; &#224; un enseignement qui &#233;touffe dans l'&#233;troite ann&#233;e de Terminale sur laquelle p&#232;se l'examen final.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Dans le cadre d'une progressivit&#233; sur plusieurs ann&#233;es, introduire un v&#233;ritable apprentissage de l'argumentation philosophique.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Association_pour_la_cr%C3%A9ation_des_instituts_de_recherche_sur_l%27enseignement_de_la_philosophie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'ACIREPh sur Wikip&#233;dia&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
*****&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La question des programmes</title>
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		<dc:date>2015-07-07T07:33:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'enseignement de philosophie conserve, depuis 1973, le m&#234;me type de programmes : une liste de notions. . L'ACIREPh soutient que cette forme de programme est nuisible &#224; l'enseignement de la philosophie qu'elle plonge dans d'innombrables contradictions tout en le privant de ses vertus formatrices.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://acireph.org/les-programmes/" rel="directory"&gt;Les programmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/notions" rel="tag"&gt;Notions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;POSITION DE l'ACIREPh :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8212;&gt;&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;http://www.acireph.org/Files/Other/Extrait%20Intervention%20GEPS%202002.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;D&#233;termination des programmes et libert&#233; du professeur&lt;/i&gt;. Extrait de l'intervention de l'ACIREPh devant le GEPS de philosophie (2002)&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8212;&gt;&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;http://www.acireph.org/Files/Other/JJR%20Philosophie%20Hors%20Programme%20US%202001.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La philosophie, hors programme ?&lt;/i&gt; Tribune de Jean-Jacques Rosat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi changer la nature des programmes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aucune discipline scolaire ne peut faire l'&#233;conomie d'une r&#233;flexion sur le sens et la pertinence de ses programmes. L'enseignement de philosophie conserve, depuis 1973, le m&#234;me type de programmes au point que cette forme type est devenue comme une &#233;vidence, un allant de soi. L'ACIREPh soutient que cette forme de programme est nuisible &#224; l'enseignement de philosophie qu'elle plonge dans d'innombrables contradictions tout en le privant de ses vertus formatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour un enseignement de philosophie renouvel&#233;, adapt&#233; au lyc&#233;e d'aujourd'hui et surtout plus formateur, l'ACIREPh soutient que la premi&#232;re r&#233;forme &#224; faire est celle des programmes : il faut abandonner les programmes de notions pour passer &#224; des programmes de probl&#232;mes pr&#233;cisant les &#233;l&#233;ments d'une culture philosophique de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi un programme de &#171; probl&#232;mes &#187; plut&#244;t que de &#171; notions &#187; ? Quelques mots d'explication.&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La &#171; notion &#187; n'est pas un objet philosophique ; aucun philosophe n'a jamais &#233;tudi&#233; de &#171; notions &#187;. La philosophie traite de probl&#232;mes. La &#171; notion &#187; est une invention assez r&#233;cente dans la conception des programmes de philosophie. En effet, en philosophie les programmes ont toujours &#233;t&#233; des programmes de &#171; questions &#187; (comprendre &#171; probl&#232;mes &#187;) et ce n'est qu'en 1973 qu'ils sont devenus des programmes de &#171; notions &#187; et que s'est d&#233;velopp&#233; tout un discours pour convaincre les enseignants qu'un programme de notions constituait l'essence m&#234;me de l'enseignement philosophique.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Les objectifs des programmes actuels - auxquels souscrit l'ACIREPh - sont ainsi &#233;nonc&#233;s : &#034;L'enseignement de la philosophie en classes terminales a pour objectif de favoriser l'acc&#232;s de chaque &#233;l&#232;ve &#224; l'exercice r&#233;fl&#233;chi du jugement, et de lui offrir une culture philosophique initiale &#034;. Or, des programmes de &#171; notions &#187; sont incompatibles avec ces objectifs. En effet, ce type de programme souffre d'un vice constitutif : leur ind&#233;termination intrins&#232;que. Chaque &#034;notion&#034; renvoie &#224; plusieurs champs philosophiques diff&#233;rents et, &#224; l'int&#233;rieur de chaque champ, &#224; des probl&#232;mes si nombreux qu'il est impossible de les &#233;tudier dans le temps d'une ann&#233;e ; de plus, ces programmes autorisent une diversit&#233; si grande de sujets &#224; l'examen que toute pr&#233;paration s&#233;rieuse des &#233;l&#232;ves est impossible ; en d&#233;pit des efforts de leurs professeurs, les &#233;l&#232;ves se trouvent le plus souvent &#034;surpris&#034; par des sujets que l'enseignement qu'ils ont re&#231;u ne leur permet pas de traiter. La pr&#233;sentation en &#034;double colonne&#034; des programmes actuels qui &#233;tait cens&#233;e mieux d&#233;limiter le champ de l'&#233;tude de chaque groupe de notions n'a, dans les faits, rien chang&#233;. Les programmes restent vagues, lourds, infaisables faute d'une d&#233;termination suffisante de leur contenu.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Donnons un premier aper&#231;u de la diff&#233;rence entre ces deux types de programmes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034; aria-describedby=&#034;dby1251&#034;&gt;
&lt;caption&gt;Programme de probl&#232;mes possible&lt;br /&gt; &lt;small id=&#034;dby1251&#034; class=&#034;summary offscreen&#034;&gt;Un exemple&lt;/small&gt;&lt;/caption&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th id='id1251_c0'&gt; Champ philosophique &lt;/th&gt;&lt;th id='id1251_c1'&gt; Programme de notions &lt;/th&gt;&lt;th id='id1251_c2'&gt; Programme de probl&#232;mes &lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td rowspan='2' headers='id1251_c0'&gt;M&#233;taphysique&lt;/td&gt;
&lt;td rowspan='2' headers='id1251_c1'&gt;La libert&#233;&lt;/td&gt;
&lt;td rowspan='2' headers='id1251_c2'&gt;&lt;i&gt;Avons-nous une volont&#233; libre ?&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
rep&#232;res philosophiques :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; le d&#233;terminisme&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le libre-arbitre&lt;/li&gt;&lt;li&gt; d&#233;terminisme, libert&#233;, responsabilit&#233;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td rowspan='2' headers='id1251_c0'&gt;Morale&lt;/td&gt;
&lt;td rowspan='2' headers='id1251_c1'&gt;Le devoir&lt;/td&gt;
&lt;td rowspan='2' headers='id1251_c2'&gt;&lt;i&gt;Qu'est-ce qui fait l'action bonne ou mauvaise ?&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Rep&#232;res philosophiques :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; morale du devoir&lt;/li&gt;&lt;li&gt; morale des cons&#233;quences&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td rowspan='2' headers='id1251_c0'&gt;Esth&#233;tique&lt;/td&gt;
&lt;td rowspan='2' headers='id1251_c1'&gt;L'art&lt;/td&gt;
&lt;td rowspan='2' headers='id1251_c2'&gt;&lt;i&gt;Qu'est-ce qui fait la valeur de l'art ?&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Rep&#232;res philosophiques :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; comme moyen d'acc&#232;s &#224; la v&#233;rit&#233;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; pour son pouvoir d'expression&lt;/li&gt;&lt;li&gt; pour ses qualit&#233;s formelles ou &#171; esth&#233;tiques &#187;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td rowspan='2' headers='id1251_c0'&gt;Politique&lt;/td&gt;
&lt;td rowspan='2' headers='id1251_c1'&gt;La libert&#233;&lt;/td&gt;
&lt;td rowspan='2' headers='id1251_c2'&gt;&lt;i&gt;Pourquoi devrions-nous &#234;tre gouvern&#233;s ? &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Rep&#232;res philosophiques :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'&#233;tat de nature et l'&#233;tat civil&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'obligation politique et le consentement&lt;/li&gt;&lt;li&gt; D&#233;sob&#233;issance, contestation et r&#233;sistance&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Un programme de &#171; notions &#187; se r&#233;duit en v&#233;rit&#233; &#224; une catalogue de &#171; mots &#187; (la libert&#233;, le devoir, l'art, etc.) autorisant un nombre ind&#233;fini de compr&#233;hensions renvoyant elles-m&#234;mes &#224; un nombre ind&#233;fini de probl&#232;mes. De tels programmes sont incapables en raison m&#234;me de leur nature de d&#233;limiter les objets d'&#233;tudes. Le TOUT de la philosophie se retrouve ainsi au programme et chaque professeur se trouve contraint de choisir dans ce TOUT les quelques &#171; probl&#232;mes &#187; qu'il &#233;tudiera avec ses &#233;l&#232;ves. Ce choix varie donc d'une classe &#224; une autre, la formation re&#231;ue par les &#233;l&#232;ves est donc tr&#232;s diff&#233;rentes selon les lieux. Enfin, il en r&#233;sulte aussi qu'au baccalaur&#233;at rien ne garantit que les sujets ait un quelconque rapport avec ce que l'&#233;l&#232;ve a &#233;tudi&#233; pendant l'ann&#233;e. L'al&#233;atoire du baccalaur&#233;at est bien r&#233;el et l'examen injuste. Notre enseignement est discr&#233;dit&#233; et les &#233;l&#232;ves pensent que la philosophie, dans ces conditions, ne vaut pas une heure de peine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un programme de probl&#232;mes permettrait :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; de d&#233;limiter raisonnablement les programmes et les rendre lisibles. La lecture d'un programme de notions ne donne aucune id&#233;e pr&#233;cise de ce qui est &#224; &#233;tudier. Un programme de probl&#232;mes indique clairement aux &#233;l&#232;ves et professeurs l'objet d'&#233;tude, car si la notion est vague, le probl&#232;me, lui, est pr&#233;cis : il renvoie &#224; des interrogations parfaitement constitu&#233;es et identifiables dans le champ philosophique. Un programme de probl&#232;mes est &#233;galement plus lisible parce qu'il renvoie &#224; des questions qui ont un sens pour tout homme et dont l'int&#233;r&#234;t est imm&#233;diatement perceptible. Remarque : il va de soi qu'un tel programme ne pourrait comporter qu'un nombre limit&#233; de probl&#232;mes. Il ne servirait &#224; rien d'essayer de d&#233;limiter raisonnablement l'objet des &#233;tudes en philosophie par le moyen d'un programme de probl&#232;mes si leur nombre &#233;tait excessif. Compte tenu du temps imparti dans l'ann&#233;e, il para&#238;trait raisonnable de limiter le programme &#224; l'&#233;tude de quatre &#224; six probl&#232;mes fondamentaux dans les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales, deux &#224; trois probl&#232;mes dans les s&#233;ries technologiques. Bien entendu, avec un enseignement &#233;tal&#233; de la seconde &#224; la terminale, les choses seraient diff&#233;rentes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; de donner du temps &#224; pour la formation&lt;br class='autobr' /&gt;
Le caract&#232;re ind&#233;termin&#233; des programmes de notions et d'auteurs entra&#238;ne in&#233;vitablement la saturation du temps scolaire. Chaque professeur conna&#238;t les inconv&#233;nients et les effets pervers de la course apr&#232;s un programme qui n'est jamais boucl&#233;. La course apr&#232;s le programme conduit aussi, et bien souvent malgr&#233; soi, &#224; une forme d'enseignement magistral (&#171; la le&#231;on &#187;) qui, ponctuellement, n'est pas sans int&#233;r&#234;t mais dont la pratique presque exclusive n'est pas formatrice On se souviendra ici du jugement d'Alain :
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; &#171; Les cours magistraux sont temps perdu. Les notes prises ne servent jamais. J'ai remarqu&#233; qu'&#224; la caserne on n'explique pas seulement en style clair ce que c'est qu'un fusil ; mais chacun est invit&#233; &#224; d&#233;monter et &#224; remonter le fusil en disant les m&#234;mes mots que le ma&#238;tre ; et celui qui n'aura pas fait et refait, dit et redit, et plus de vingt fois, ne saura pas ce que c'est qu'un fusil ; il aura seulement le souvenir d'avoir entendu un discours de quelqu'un qui savait. On n'apprend pas &#224; dessiner en regardant un professeur qui dessine tr&#232;s bien. On n'apprend pas le piano en &#233;coutant un virtuose. De m&#234;me, me suis-je dit souvent, on n'apprend pas &#224; &#233;crire et &#224; penser en &#233;coutant un homme qui parle bien et qui pense bien. Il faut essayer, faire, refaire, jusqu'&#224; ce que le m&#233;tier entre, comme on dit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Alain, &lt;strong&gt;Propos sur l'&#233;ducation&lt;/strong&gt;, XXXVII.&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Un programme de probl&#232;mes circonscrit au contraire d'embl&#233;e le champ du questionnement et sans en pr&#233;d&#233;terminer l'issue puisque chacun reste libre de la ou des th&#232;ses qu'il explore. Cela permet de disposer d'un temps bien plus cons&#233;quent pour l'&#233;tude et les exercices ; le professeur a alors r&#233;ellement la libert&#233; d'approfondir le questionnement dans la direction de son choix (auteurs, r&#233;f&#233;rences), il a plus de facilit&#233; pour adapter sa pratique aux n&#233;cessit&#233;s de son enseignement et de ses classes, plus de temps pour varier les exercices et former des &#233;l&#232;ves qui ont enfin le temps de comprendre, d'essayer, de chercher.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;ciser les &#233;l&#233;ments d'une culture philosophique de base.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi faut-il pr&#233;ciser les &#233;l&#233;ments exigibles de la culture philosophique initiale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1960, &#224; peine 10% d'une classe d'&#226;ge d&#233;crochait son baccalaur&#233;at contre 62-63 % depuis les ann&#233;es 90. Avec l'extension de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques et l'acc&#232;s plus large aux &#233;tudes secondaires, les conditions ont chang&#233; mais l'enseignement de philosophie n'en a pas (ou pas suffisamment) tir&#233; les le&#231;ons. Les programmes actuels affirment encore que &#171; la culture philosophique&#8230; repose elle-m&#234;me sur la formation scolaire ant&#233;rieure, dont l'enseignement de la philosophie mobilise de nombreux &#233;l&#233;ments, notamment pour la ma&#238;trise de l'expression et de l'argumentation, la culture litt&#233;raire et artistique, les savoirs scientifiques et la connaissance de l'histoire &#187;. Pourtant les professeurs de philosophie savent bien que la culture g&#233;n&#233;rale des &#233;l&#232;ves ainsi entendue est tr&#232;s r&#233;duite (plus encore dans les s&#233;ries technologiques) et qu'ils peuvent difficilement s'appuyer sur les acquis, au demeurant mal connus, de cette &#171; formation scolaire ant&#233;rieure &#187;. Quel que soit le jugement que l'on porte sur cet &#233;tat de fait, il est impossible de ne pas en tenir compte sauf &#224; ce que la philosophie renonce &#224; s'adresser &#224; tous. L'ACIREPh consid&#232;re que la d&#233;mocratisation de l'enseignement cr&#233;e de nouvelles obligations dont celle de ne plus compter que sur ces pr&#233;tendus acquis ant&#233;rieurs avec ses corollaires : accepter de former les &#233;l&#232;ves aux exercices scolaires (apprendre &#224; argumenter, apprendre l'&#233;criture et la lecture philosophique, etc.) et leur apporter une vraie culture philosophique de base (qu'ils sortent ainsi d'une ann&#233;e de philosophie en ayant appris au moins quelque chose).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels pourraient ces &#233;l&#233;ments de cette culture philosophique ? C'est aux professeurs qu'il conviendrait de le dire dans le d&#233;tail. Mais, dans le principe, il s'agit des &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; l'intelligence des probl&#232;mes &#233;tudi&#233;s, car si nous voulons que les &#233;l&#232;ves r&#233;fl&#233;chissent philosophiquement au lieu d'en rester &#224; la vague et trompeuse injonction de &#171; penser par soi-m&#234;me &#187;, il faut bien leur en donner les moyens, leur apporter les &#233;l&#233;ments de culture et les outils conceptuels n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;l&#233;ments sont de diverses sortes :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; les positions fondamentales (th&#232;ses fondatrices et arguments) relatives &#224; un probl&#232;me qui permettent de structurer la pens&#233;e&lt;/li&gt;&lt;li&gt; des rep&#232;res lexicaux et conceptuels li&#233;s au probl&#232;me &#233;tudi&#233; afin qu'ils fonctionnent comme de v&#233;ritables outils pour l'analyse et la conceptualisation (ce n'est pas le cas dans les programmes actuels car les rep&#232;res sont d&#233;connect&#233;s de tout probl&#232;me, ce qui les condamne au formalisme)&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &#233;ventuellement : de courts extraits de textes, classiques ou fondamentaux ; il serait raisonnable de limiter &#224; deux extraits par probl&#232;me ces r&#233;f&#233;rences communes constituant un point de passage oblig&#233; (ce qui ferait par exemple six extraits pour toute l'ann&#233;e dans le cas d'un programme de trois probl&#232;mes) ; le professeur resterait ainsi libre de compl&#233;ter ces r&#233;f&#233;rences par d'autres textes ou extraits de son choix, de toute nature.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Apprendre &#224; philosopher &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le programme devrait aussi assigner explicitement l'apprentissage des &#171; d&#233;marches propres au travail philosophique &#187; comme objectif de l'enseignement au m&#234;me titre que la r&#233;flexion sur les probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en reconnaissant qu'il y a des &#034;d&#233;marches propres au travail philosophique&#034;, les programmes actuels affirment que les &#034;exigences associ&#233;es&#034; aux exercices philosophiques &#034;se ram&#232;nent aux conditions &#233;l&#233;mentaires de la r&#233;flexion&#034; et que les &#034;capacit&#233;s &#224; mobiliser reposent largement sur les acquis de la formation scolaire ant&#233;rieure&#034;. Cette conviction n'est pas nouvelle : la question de &#034;l'apprentissage de la r&#233;flexion philosophique&#034; n'a jamais &#233;t&#233; vraiment prise au s&#233;rieux, elle a toujours &#233;t&#233; rel&#233;gu&#233;e en fin de programme, comme quelque chose d'annexe, voire repouss&#233;e comme exigence non-philosophique. Les programmes actuels le disent &#224; leur mani&#232;re lorsqu'ils affirment que &#034;le programme se compose d'une liste de notions et d'une liste d'auteurs&#034;. L'apprentissage des &#034;d&#233;marches propres au travail philosophique&#034; ne fait donc pas partie des &#233;l&#233;ments constitutifs (ou centraux) du programme ; toute l'attention est orient&#233;e sur les notions et les auteurs. Ce choix &#233;tait peut-&#234;tre justifi&#233; &#224; l'&#233;poque o&#249; la philosophie ne s'adressait qu'&#224; un petit nombre d'&#233;l&#232;ves qui arrivaient en Terminale pourvus d'une bonne culture humaniste et d'une solide formation rh&#233;torique. Il est aujourd'hui extr&#234;mement pr&#233;judiciable : &#224; l'enseignement de philosophie r&#233;guli&#232;rement accus&#233; de ne pas pr&#233;parer suffisamment les &#233;l&#232;ves aux &#233;preuves qui les &#233;valuent ; aux &#233;l&#232;ves eux-m&#234;mes dont il ignore les besoins de formation. Il conduit &#224; minorer le temps n&#233;cessaire aux apprentissages en philosophie et &#224; ignorer les conditions r&#233;elles de l'acc&#232;s du plus grand nombre &#224; la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous constatons enfin que l'ensemble des professeurs que nous rencontrons consid&#232;rent comme essentiel - parfois comme &lt;i&gt;le plus essentiel&lt;/i&gt; - ce que les programmes actuels consid&#232;re peu, tr&#232;s peu, trop peu. Le refus de faire de l'apprentissage des &#171; d&#233;marches propres au travail philosophique &#187; un &#233;l&#233;ment central des programmes repose sur une double erreur :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'erreur d'appr&#233;ciation concernant les acquis des &#233;l&#232;ves : les programmes postulent l'existence d'&#233;l&#232;ves largement rompus par les Humanit&#233;s &#224; des modes de pens&#233;e et des formes de discours qu'on ne saurait raisonnablement s'attendre &#224; trouver chez un &#233;l&#232;ve de Terminale d'aujourd'hui. C'est ce que disent les professeurs et que confirme l'Inspection G&#233;n&#233;rale de Philosophie dans l'un de ses rapports : &#171; maintenant que le lyc&#233;e est ouvert &#224; une large partie de la jeunesse, nous sommes dans la situation de relever un d&#233;fi : le professeur de philosophie doit enseigner sans pouvoir esp&#233;rer s'appuyer sur la moindre culture de ses &#233;l&#232;ves, il doit aussi (et c'est l&#224; le travail de tous, dans l'&#233;tablissement) apprendre &#224; nombre de ses &#233;l&#232;ves &#224; lire et &#224; se construire une culture philosophique personnelle &#187;. Consid&#233;rer le travail d'apprentissage de la pens&#233;e et d'appropriation progressive de ses exigences comme une dimension accessoire de l'enseignement de philosophie revient de facto &#224; priver les &#233;l&#232;ves de toute possibilit&#233; d'un progr&#232;s r&#233;el en philosophie.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'erreur d'appr&#233;ciation sur la nature de ces apprentissages. Oubliant que l'&#233;cole est le lieu o&#249; l'on va pour apprendre, la notion &#171; d'apprentissage &#187; est diabolis&#233;e ou r&#233;duite &#224; l'acquisition de proc&#233;dures formelles, de savoirs-faire, d'habilet&#233;s pratiques. Les programmes actuels sont plus soucieux de mettre en garde contre les d&#233;rives de l'apprentissage de la r&#233;flexion que de convaincre les professeurs de sa n&#233;cessit&#233;. Une telle conception de l'apprentissage comme simple observation et imitation est dat&#233;e et caricaturale. La philosophie - comme les autres disciplines - requiert bel et bien des apprentissages sp&#233;cifiques (que seuls les professeurs de philosophie peuvent assurer) et des apprentissages progressifs, c'est-&#224;-dire proc&#233;dant des exercices gradu&#233;s et r&#233;p&#233;t&#233;s .&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233;cessaire que l'enseignement de philosophie s'engage dans l'apprentissage progressif des &#034;d&#233;marches propres au travail philosophique&#034; et &#034;exigences&#034; qui y sont &#034;associ&#233;es&#034; comme disent les programmes. Cela suppose aussi qu'on reconnaisse qu'il existe de &lt;i&gt;multiples fa&#231;ons de s'exercer&lt;/i&gt; &#224; penser, et pas seulement la seule dissertation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ACIREPh est convaincue que c'est en accordant l'importance n&#233;cessaire aux apprentissages et aux exercices, au travail sur la langue et sur les modes de pens&#233;e, que la &lt;i&gt;valeur formatrice&lt;/i&gt; de l'enseignement de philosophie et son &lt;i&gt;utilit&#233;&lt;/i&gt; seront mieux connues et reconnues, que la &lt;i&gt;place&lt;/i&gt; de la philosophie au lyc&#233;e en sera renforc&#233;e et, qu'&#224; l'inverse, si l'on persiste &#224; ignorer la n&#233;cessit&#233; de ces apprentissages, l'enseignement de philosophie sera de plus en plus impraticable, toujours plus affaibli et discr&#233;dit&#233;, en butte &#224; des attaques radicales visant sa suppression pure et simple.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des pratiques innovantes &#224; la philosophie comme business</title>
		<link>https://acireph.org/les-pratiques/article/des-pratiques-innovantes-a-la-philosophie-comme-business</link>
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		<dc:date>2014-06-11T11:52:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
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		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Article paru dans &lt;i&gt;C&#244;t&#233;-Philo&lt;/i&gt; n&#176;18 - Juin 2014&lt;br class='autobr' /&gt;
Un regard sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques (NPP)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Article paru dans &lt;i&gt;C&#244;t&#233;-Philo&lt;/i&gt; n&#176;18 - Juin 2014&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La philosophie, formidable cheval de Troie.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Port&#233;e par des p&#233;dagogues qui labourent le terrain de longue date, la philosophie &#171; hors les murs &#187; - ceux du lyc&#233;e conna&#238;t un engouement certain : caf&#233;s philosophiques, philo pour ados, consultation ou &#171; s&#233;minaires &#187; de philosophie pour individu ou entreprise, etc. Cette ann&#233;e, se tiendront les tr&#232;s respectables &#171; 13&#232;mes rencontres internationales &#187; sur &#171; les nouvelles pratiques philosophiques &#224; l'&#233;cole et dans la cit&#233; &#187; (d&#233;sormais NPPEC) soutenues par l'UNESCO. Pourtant, et &#224; y regarder de plus pr&#232;s, on s'aper&#231;oit vite que le label des &#171; pratiques philosophiques innovantes &#187; couvre beaucoup d'activit&#233;s, dont certaines nettement suspectes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre clair pr&#233;cisons encore ceci. Les NPPEC sont un lieu foisonnant de cr&#233;ativit&#233; et d'innovations qu'il serait stupide et arrogant d'ignorer au nom d'une &#171; philosophie authentiquement philosophique &#187; dispens&#233;e par et dans les seuls lyc&#233;es. Mon propos ne vise nullement les nouvelles pratiques mais entend interroger la capacit&#233; de certains de leurs promoteurs &#224; emp&#234;cher qu'elles ne deviennent le cheval de Troie d'entreprises nettement plus suspectes. Force est de constater, en effet, l'invasion du temple par les marchands. L'expression ne doit pas tromper. Il ne s'agit pas de d&#233;fendre une conception plus ou moins sacralis&#233;e de &#171; LA &#187; philosophie, mais seulement d'ouvrir les yeux sur le d&#233;veloppement impressionnant d'un business qui pense avoir trouv&#233; le bon filon : exploiter jusqu'&#224; la corde l'aura pourtant tr&#232;s contestable dont jouit en France la philosophie pour en retirer de substantiels b&#233;n&#233;fices (qui eux n'ont rien de symbolique) sans avoir &#224; se coltiner le fardeau du prof de philo ordinaire &#339;uvrant dans un service public d'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militants de la cause p&#233;dagogique ou simples mercenaires, d'infatigables promoteurs des NPPEC veulent &#224; tout prix nous persuader que c'est bien l&#224; d&#233;sormais que se joue - et de fa&#231;on assur&#233;ment d&#233;cisive - l'avenir de la philosophie, pas moins. Ils n'ont de cesse de d&#233;noncer le monstrueux c&#233;notaphe que serait devenue la philo du lyc&#233;e. Na&#239;vet&#233; des uns et calcul cynique des autres, ils ignorent ou feignent d'ignorer que leur entreprise d&#233;pend justement du maintien dans l'opinion de cette &#171; aura &#187; fond&#233;e sur les mythes scolaires que la philo du lyc&#233;e fabrique, c&#233;l&#232;bre et entretient. Parmi lesquels, une certaine conception initiatique - quasi oraculaire - de la philosophie et de son enseignement dont la myst&#233;rieuse et magique injonction &#224; &#171; penser par soi-m&#234;me &#187; (le moyen de faire autrement ?) constitue &#224; la fois le schibboleth professoral national et le S&#233;same ouvre toi p&#233;dagogique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons au propos. De quoi parlons-nous ? De commerce : ces derni&#232;res ann&#233;es se sont multipli&#233;s, tels pains et poissons de la parabole, la saintet&#233; en moins, &#171; consultants &#187; ; et autres &#171; coachs &#187; de philosophie avides de proposer leurs &#171; pratiques &#187; aux individus comme aux collectifs, dans le priv&#233; comme dans le public, et cela partout : au caf&#233;, &#224; l'&#233;cole, dans les entreprises, les institutions publiques (IUFM, Universit&#233;s, Ambassades,&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Gourou et business man. Diversit&#233; de l'offre marchande&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces nouveaux et lib&#233;raux praticiens se disent presque tous &#171; professeur de philosophie &#187;, se gardant bien toutefois de dire quels sont leurs titres, o&#249; ils les ont obtenus et o&#249; ils enseignent. Certains, sont r&#233;ellement professeurs. Leurs pratiques sont vari&#233;es mais souvent ils cumulent. Le blog d'un certain Bruno Guitton intitul&#233; &#171; pratiques philosophiques &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le Blog de Bruno Guitton&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; donne un aper&#231;u assez complet des diverses prestations offertes : ateliers pour adulte sur question philosophique (3 &#224; 20 personnes, en 2 s&#233;ances de 45 mn), consultation individuelle (45 mn), caf&#233; philosophique, cours individuel ou collectif de philosophie (pour le bac ou les concours) et &#171; accompagnement philosophique &#187; &#171; formule novatrice qui associe dans des exercices vivants et passionnants, r&#233;flexion philosophique th&#233;orique, et pratiques concr&#232;tes sur le projet professionnel ou de formation d'une personne &#187; (une demi-journ&#233;e &#224; trois jours). Seul le tarif n'est jamais indiqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise est parfois familiale, ainsi le m&#234;me Bruno Guitton indique qu'il intervient pour le compte du Cabinet de Coaching JG Consulting dont le propri&#233;taire et unique employ&#233; n'est autre qu'une certaine Josefina Guitton&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Josefina est &#171; Dipl&#244;m&#233;e de Coaching Ontologique &#187; (sic) de Crear (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et quelle est la raison sociale de JB Consulting ? Assur&#233;ment philanthropique, &#339;uvrant dans le secteur de l'&#233;ducation. Les intentions sont absolument pures. Josefina Guitton fait croisade &#171; contre le &#171; burn out &#187; des personnels de l'&#233;ducation nationale ! &#187;. Quand on conna&#238;t le malaise enseignant, le march&#233; potentiel est consid&#233;rable. Le probl&#232;me est le suivant : &#171; comment &#233;changer pour donner &#224; l'&#234;tre qui souffre des perspectives pour changer, mieux g&#233;rer sa vie professionnelle et refonder son relationnel avec &#233;l&#232;ves, parents, hi&#233;rarchie ? &#187;. On est dans l'air du temps : ce n'est pas la soci&#233;t&#233; qui est malade et &#224; transformer mais les individus qu'il faut &#171; coacher &#187; . Elle propose d'ailleurs des services ( &#171; offre de coaching &#187; ) &#171; dans le cadre de l'accompagnement et l'aide aux enseignants &#187; qui, assure-t-elle, permettront la progression du &#171; participant &#187; &#171; tant au niveau des comp&#233;tences strictement linguistiques qu'au niveau de la connaissance absolument n&#233;cessaire de soi et de la relation &#224; soi-m&#234;me et &#224; l'autre. &#187;. On voit le genre. Ou plut&#244;t le m&#233;lange des genres. Surfant sur la vague des id&#233;ologies postmodernes, le fondement th&#233;orique du coaching se compose invariablement d'une mixture indigeste de psychologie fumeuse empruntant aux pseudo-sciences (type PNL, th&#233;orie des &#171; intelligences multiples &#187;, etc.), aux th&#233;osophies et &#171; sagesses orientales &#187; acclimat&#233;es au besoin de la cause et &#224; diverses &#171; th&#233;rapies &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le mensonge est la pratique commerciale de base. Exemple : il est tr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (yoga transcendantal, art-th&#233;rapie, etc.). D'ailleurs Bruno Guitton pratique lui aussi la PNL, rencontre des moines Bouddhistes comme Ngawang Sherap. Militant &#233;galement de la philosophie en entreprise pour &#171; redonner du sens, des valeurs &#187; , il pr&#233;cise non sans une certaine ing&#233;nuit&#233; : &#171; Le secteur du marketing et de la publicit&#233; a compris depuis bien longtemps l'int&#233;r&#234;t des philosophes &#187;. Il ne croit pas si bien dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains de ces praticiens lib&#233;raux connaissent une belle r&#233;ussite. Oscar Brenifier, &#171; philosophe praticien &#187; est l'auteur de nombreux ouvrages de philosophie pour enfants dans de grandes maisons de l'&#233;dition fran&#231;aise. Il pratique son m&#233;tier de Consultant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On trouve sur You Tube des vid&#233;os de ses consultations ; on pourra aussi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et donne des conf&#233;rences un peu partout en France et &#224; l'&#233;tranger (Russie, Espagne, Alg&#233;rie, Turquie, Italie, &#201;tats-Unis, etc.). C'est d'ailleurs probablement cette exp&#233;rience internationale qui lui permet d'affirmer cette forte conviction &#171; les Russes ont beaucoup de mal &#224; s'astreindre &#224; un raisonnement rationnel. Une forte subjectivit&#233; et un refus d'esprit critique tendent toujours de rejaillir dans la r&#233;flexion &#187;, si l'on en croit les propos rapport&#233;s par la journaliste Marl&#232;ne Brocard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. article d'Aujourd'hui la Russie :&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui rappelle qu'Oscar Brenifier, &#171; figure de proue de la consultation philosophique &#187; est un &#171; philosophe fran&#231;ais, globe-trotteur et l'un des principaux promoteurs de la philosophie dans la cit&#233; &#187;. Il a enfin cr&#233;&#233; l'IPP, Institut de Pratiques Philosophiques, enti&#232;rement d&#233;di&#233; &#224; l'autopromotion de ses activit&#233;s. Ce qui, apr&#232;s tout, est bien normal puisque ces pratiques relevant du secteur priv&#233; n'ont aucun autre moyen de se financer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pourquoi s'offusquer ? Le commerce n'est-il pas libre ? L&#224; o&#249; le b&#226;t blesse, c'est que pr&#233;cis&#233;ment les NNPEC deviennent le vecteur promotionnel d'entreprises dont la finalit&#233; mercantile a quand m&#234;me peu de chose &#224; voir avec la philosophie et une quelconque vis&#233;e d'&#233;mancipation. Ces entreprises se r&#233;clament bruyamment des &#171; nouvelles pratiques &#187; qui, par d&#233;finition, ne sauraient exclure quoi que ce soit. Un des promoteurs des NPPEC, notre ami et coll&#232;gue Michel Tozzi, sert bien souvent &#224; son insu de caution th&#233;orique (on le cite, on renvoie vers son site, on se r&#233;clame de ses pratiques). D'o&#249; ma question : comment distinguer dans les &#171; nouvelles pratiques philosophiques &#224; l'&#233;cole et dans la cit&#233; &#187; ce qui, d'une mani&#232;re ou d'une autre, pourrait effectivement relever de la philosophie largo sensu, et ce qui rel&#232;ve du simple business fond&#233; sur l'ignorance et la cr&#233;dulit&#233; ? Est-il seulement possible ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir le &lt;a href=&#034;http://philoguitton.over-blog.com/page-2561213.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Blog de Bruno Guitton&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Josefina est &#171; Dipl&#244;m&#233;e de Coaching Ontologique &#187; (&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt;) de Crear Contexto (Argentine) et &#171; Dipl&#244;m&#233;e de P.N.L &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le mensonge est la pratique commerciale de base. Exemple : il est tr&#232;s facile en France de se faire reconna&#238;tre des pseudo-dipl&#244;mes et d'obtenir leur inscription dans le &#171; R&#233;pertoire national des certifications&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On trouve sur You Tube des vid&#233;os de ses consultations ; on pourra aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
lire l'article &#171; J'ai test&#233; une consultation de philosophie &#187; sur psychologie.com, o&#249; on apprend au d&#233;tour que la journaliste a pay&#233; avec bonheur ses 50 euros. Un prix d'ami ou le tarif ordinaire ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. article d'Aujourd'hui la Russie : &lt;a href=&#034;http://russie.aujourdhuilemonde.com/un-philosophe-francais-au-pays-de-dostoievski&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://russie.aujourdhuilemonde.com/un-philosophe-francais-au-pays-de-dostoievski&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Enseigner la philosophie d&#232;s la classe de Seconde ?</title>
		<link>https://acireph.org/nos-recherches/avant-la-terminale/article/enseigner-la-philosophie-des-la-classe-de-seconde</link>
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		<dc:date>2012-06-28T16:17:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Trois tribunes parues dans le journal Le Monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Vive la philo en 2de ! - Michel Fichant &lt;br class='autobr' /&gt;
2. L'impensable enseignement de la philosophie en seconde - Thierry Giraud &lt;br class='autobr' /&gt;
Et parce que ces deux tribunes r&#233;agissent &#224; une troisi&#232;me dont le contenu aurait pu faire croire &#224; un canular : &lt;br class='autobr' /&gt;
3. Faire de la philosophie en 2de, c'est trop t&#244;t - Guillaume Pigeard de Gurbert, o&#249; l'on apprend quand m&#234;me que &#171; la philosophie est une impasse &#233;volutive de la pens&#233;e arr&#234;t&#233;e par le mur de l'impensable &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://acireph.org/nos-recherches/avant-la-terminale/" rel="directory"&gt;Avant la Terminale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; Trois tribunes parues dans le journal Le Monde. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;i&gt;Vive la philo en 2&lt;/i&gt;&lt;i&gt;de&lt;/i&gt;&lt;i&gt; !&lt;/i&gt; - Michel Fichant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;i&gt;L'impensable enseignement de la philosophie en seconde&lt;/i&gt; - Thierry Giraud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et parce que ces deux tribunes r&#233;agissent &#224; une troisi&#232;me dont le contenu aurait pu faire croire &#224; un canular :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;i&gt;Faire de la philosophie en 2de, c'est trop t&#244;t&lt;/i&gt; - Guillaume Pigeard de Gurbert, o&#249; l'on apprend quand m&#234;me que &#171; la philosophie est une impasse &#233;volutive de la pens&#233;e arr&#234;t&#233;e par le mur de l'impensable &#187; (sic).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains textes &#233;tant devenus inaccessibles, vous pouvez les lire ci-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et un dossier sp&#233;cial dans notre &lt;i&gt;C&#244;t&#233;-Philo&lt;/i&gt; n&#176;16 : Philosophie en Seconde : un pi&#232;ge ou une chance pour la philosophie ? &lt;a href=&#034;http://www.acireph.org/Files/Other/CP16 web.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En acc&#232;s libre ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Vive la philo en 2de ! - Michel Fichant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LE MONDE, Article paru dans l'&#233;dition du 17.12.10 &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est des arguments en faveur de l'enseignement de la philosophie qui vont exactement &#224; l'encontre de la cause que l'on veut servir. Tel est le cas avec la tribune de Guillaume Pigeard de Gurbert (Le Monde du 26 novembre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Selon son auteur, il faudrait, pour &#233;tablir les conditions de l'enseignement de la philosophie, partir d'une d&#233;finition de la philosophie elle-m&#234;me. Cette premi&#232;re erreur commise, M. Pigeard de Gurbert &#233;nonce sa d&#233;finition : il s'agirait dans la philosophie de 'la prise en compte de la pens&#233;e de l'impensable'. Bien que l'on assure que cette caract&#233;risation 'se retrouve &#224; chaque fois chez les grands philosophes', j'avoue ne pas r&#233;ussir &#224; la retrouver, par exemple, chez Aristote, Thomas d'Aquin, Descartes, Spinoza, Leibniz, Locke, Hume, Kant, Hegel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De cette pseudo-d&#233;finition peu intelligible, qui reste sa d&#233;couverte personnelle, M. Pigeard de Gurbert tire la conclusion qu'il serait trop t&#244;t pour faire de la philosophie en 2de : les &#233;l&#232;ves n'auraient pas la maturit&#233; requise pour enfin affronter 'la trag&#233;die de l'impensable'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le plus grave dans l'affaire est qu'un tel argument, qui entretient l'illusion d'une alt&#233;rit&#233; radicale que l'enseignement de la philosophie devrait &#224; sa position de surplomb, donne une image plut&#244;t r&#233;pulsive ; il accr&#233;dite les pr&#233;jug&#233;s tenaces qui, ici ou l&#224;, entretiennent la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard d'un enseignement qui m&#233;rite de meilleurs d&#233;fenseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le groupe d'experts dont j'ai eu &#224; pr&#233;sider les travaux d'o&#249; sont issus les programmes actuellement enseign&#233;s dans les classes, avait pour mandat de rester dans le cadre d'un enseignement limit&#233; &#224; la seule ann&#233;e de terminale. Nous &#233;tions pourtant tr&#232;s nombreux au sein de ce groupe &#224; penser que les choses iraient beaucoup mieux pour cet enseignement s'il &#233;tait &#233;tal&#233; progressivement sur plusieurs ann&#233;es. Je reste convaincu que le bon moment pour commencer se situe en classe de 2de, avec une continuit&#233; de l'enseignement sur trois ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'attend-on en effet de l'enseignement de la philosophie ? Non pas qu'il v&#233;hicule une d&#233;finition pr&#233;alable de la philosophie, quand bien m&#234;me d'ailleurs elle trouverait une attestation de l&#233;gitimit&#233; r&#233;elle chez tel ou tel grand philosophe. A d&#233;faut, un consensus assez large peut &#234;tre r&#233;alis&#233; sur les objectifs de cet enseignement : amener chaque &#233;l&#232;ve &#224; l'exercice r&#233;fl&#233;chi du jugement, et lui permettre d'acqu&#233;rir une culture philosophique initiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les moyens en sont de ma&#238;triser des concepts &#233;prouv&#233;s dans l'analyse de notions communes fondamentales (v&#233;rit&#233;, libert&#233;, justice, etc.), de formuler un probl&#232;me impliqu&#233; dans l'application de ces notions, de mener la discussion ordonn&#233;e des probl&#232;mes en reconnaissant les pr&#233;suppos&#233;s et les cons&#233;quences de leurs solutions possibles, le tout en s'instruisant, au travers d'&#339;uvres ou de textes des grands philosophes, de la fa&#231;on dont une telle pens&#233;e a pu &#234;tre port&#233;e &#224; son plus haut degr&#233; de responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les exigences associ&#233;es &#224; ce travail ne rel&#232;vent pas d'une capacit&#233; intellectuelle hors de port&#233;e d'un &#233;l&#232;ve de 2de, pourvu qu'il soit convenablement accueilli par un choix judicieux des th&#232;mes &#224; &#233;tudier et des exercices qui les accompagnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Commencer l'&#233;tude de la philosophie en 2de et la poursuivre pendant trois ann&#233;es comporterait, pour tous les &#233;l&#232;ves et donc au-del&#224; d'une exp&#233;rimentation limit&#233;e, toutes sortes d'avantages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tout d'abord, celui d'introduire une progressivit&#233; dans l'agencement du programme. La r&#232;gle du jeu a maintenu le temps court d'une seule ann&#233;e, l&#224; o&#249; un &#233;talement dans une plus longue dur&#233;e permettrait l'acquisition d'une familiarit&#233; avec la discipline enseign&#233;e, donnant &#224; l'&#233;l&#232;ve beaucoup plus d'assurance dans son apprentissage et les moyens de consolider ses r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ensuite, les &#233;l&#232;ves trouveraient l'occasion, dans la plupart des cas, d'avoir affaire &#224; plusieurs professeurs diff&#233;rents, dont chacun aurait sa propre fa&#231;on de faire. On en finirait ainsi avec la repr&#233;sentation plus ou moins fantasm&#233;e d'un intercesseur unique entre l'&#233;l&#232;ve et la philosophie, et l'on r&#233;duirait les risques de d&#233;ception li&#233;s &#224; cette unicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour ne rien dire de l'universit&#233;, et &#224; s'en tenir aux formations o&#249; les &#233;tudiants ne se sp&#233;cialisent pas compl&#232;tement, un &#233;l&#232;ve qui poursuit sa scolarit&#233; en classe pr&#233;paratoire aux grandes &#233;coles peut rencontrer deux ou trois professeurs de philosophie diff&#233;rents. Qui niera que ce soit une occasion d'enrichissement intellectuel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Enfin, un des motifs de la difficult&#233; que beaucoup d'&#233;l&#232;ves rencontrent lorsqu'ils abordent, trop tard, l'enseignement de la philosophie, est qu'il se trouve alors exclusivement corr&#233;l&#233; &#224; la pr&#233;paration d'une &#233;preuve du baccalaur&#233;at. A tort ou &#224; raison - sans doute &#224; tort, mais le fait est l&#224; - il en r&#233;sulte une appr&#233;hension, entretenue par des rumeurs sur la valeur de la notation en philosophie, qui ob&#232;re de difficult&#233;s superflues le travail des &#233;l&#232;ves et des professeurs ; elles seraient fortement amoindries s'il en allait ici de la philosophie comme du reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Assur&#233;ment, cette conception banale, et d&#233;lib&#233;r&#233;ment telle, de l'enseignement de la philosophie ne promet pas aux &#233;l&#232;ves d''entrer en philosophie', comme on entre dans le temple des myst&#232;res initiatiques. Il leur suffirait d'entrer en classe sans la crainte (ou l'espoir, ce qui ne vaudrait pas mieux) d'avoir &#224; y subir une '&#233;preuve'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En bref, il s'agit simplement de faire de la philosophie qu'on enseigne une discipline scolaire comme les autres. Qu'on ne dise pas que l'on nie par l&#224; ce qui diff&#233;rencie la philosophie des autres mati&#232;res, pas plus que l'on n'a &#224; effacer les diff&#233;rences qui existent tout aussi bien entre les math&#233;matiques et l'histoire, l'anglais et la physique-chimie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il ne s'agit de rien d'autre que de rendre d&#233;finitive l'inscription n&#233;cessaire de la philosophie comme une composante indissociable de notre enseignement des lyc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement ex-pr&#233;sident (2001-2005) du Groupe d'experts pour les programmes scolaires de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Fichant, professeur &#233;m&#233;rite &#224; l'universit&#233; Paris-Sorbonne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans l'&#233;dition du 17.12.10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'impensable enseignement de la philosophie en seconde - Thierry Giraud&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LEMONDE.FR 13.12.10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il me semble que la tribune de Guillaume Pigeard de Gurbert, publi&#233;e dans Le Monde du 26 novembre sur le projet de faire de la philosophie en seconde, repr&#233;sente un faux d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le faux d&#233;bat de la seconde et de l'essence de la philosophie. Le probl&#232;me n'est pas de savoir si le projet annonc&#233; par l'actuel ministre de l'Education nationale (lors d'un discours prononc&#233; au si&#232;ge de l'Unesco &#224; paris le 18 novembre, journ&#233;e mondiale de la philosophie) est, ou n'est pas compatible, avec une des d&#233;finitions possibles, parmi d'autres, de 'ce que [c'est] que la philosophie'. Car il s'agit 'a fortiori de son enseignement', c'est-&#224;-dire, non d'une essence, mais d'un usage institutionnel qui lui assigne des finalit&#233;s et des responsabilit&#233;s. Usage institutionnel, dont on peut penser d'ailleurs qu'il a une part de responsabilit&#233; dans ce qu'a r&#233;p&#233;t&#233; l'id&#233;ologie dominante des enseignants de philosophie sur la n&#233;cessaire maturit&#233; des &#233;l&#232;ves, correspondant, par une sorte d'harmonie pr&#233;&#233;tablie, avec la classe de terminale. Tout ceci aurait bien fait rire, et ensemble, mais pour des raisons inverses, ces deux intellectuels ennemis que furent Platon et Gorgias : le premier pr&#244;nant l'introduction de la philosophie vers quarante-cinq ans, le second d&#232;s l'adolescence mais pour la stopper presque aussit&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'ai eu la chance d'enseigner &#224; d'immatures petites secondes qui ont tous volontairement continu&#233; en premi&#232;re. Et qu'est-ce que cela prouve ? Outre le caract&#232;re ponctuel de cet exemple, tout enseignant un peu lucide sait qu'il est difficile d'&#234;tre juge et partie, a fortiori lorsqu'il enseigne une mati&#232;re qui jouit d'un certain prestige. Comment pourra-t-on s&#233;rieusement se prononcer sur cette question de l'&#226;ge &#224; partir duquel un enseignement de la philosophie, non d&#233;voy&#233;, est effectivement possible avant une exp&#233;rimentation institutionnalis&#233;e tr&#232;s diff&#233;rente des exp&#233;riences actuelles aussi sporadiques, bien souvent, que les sous services ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Effet d'annonce : l'avenir est d&#233;j&#224; l&#224;. L'annonce de l'actuel ministre de l'&#201;ducation nationale est le &#233;ni&#232;me effet d'annonce, &#224; soixante-quinze pour cent, de l'actuel gouvernement. En effet, il s'agirait de r&#233;fl&#233;chir &#224; quatre axes principaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La possibilit&#233; d'intervenir dans le cadre de l'&#233;ducation civique, juridique et sociale (ECJS) qui existe d&#233;j&#224; depuis quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; d'intervenir dans le cadre des enseignements d'exploration qui existe d&#233;j&#224; depuis la rentr&#233;e 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La possibilit&#233; d'intervenir dans le cadre de l'accompagnement personnalis&#233; qui existe d&#233;j&#224; depuis la rentr&#233;e 2010. Par ailleurs, on voit mal le rapport entre du soutien scolaire et l'introduction d'une nouvelle mati&#232;re. Autrement dit, il s'agirait de l'introduction des professeurs de philosophie en seconde sans introduction de la philosophie en seconde. Ne s'agit-il pas l&#224; d'un authentique 'impensable' &#224; penser ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Reste le dernier axe, authentique avenir cette fois, consistant en interventions ponctuelles dans un cadre interdisciplinaire. Le probl&#232;me ne tient pas ici &#224; une quelconque absence de maturit&#233;, maturit&#233; en laquelle il faut encore croire, mais est v&#233;ritablement de nature p&#233;dagogique. Peut-on penser raisonnablement qu'il est possible de faire comprendre la sp&#233;cificit&#233; d'un nouvel enseignement &#224; un &#233;l&#232;ve de seconde dans un cadre interdisciplinaire de fa&#231;on ponctuelle ? Telle est bien la diff&#233;rence avec l'enseignement d'exploration qui se d&#233;ploie lui aussi dans un cadre interdisciplinaire mais pendant une ann&#233;e, sans cependant avoir encore fait ses preuves, s'il les fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FIN DE PARTIE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour autant, ce faux d&#233;bat redoublant un effet d'annonce concerne un vrai probl&#232;me que les plus hautes instances de l'&#201;ducation nationale n'ignorent pas. Le rapport de 2010 de l'ex-doyen de l'inspection g&#233;n&#233;rale de philosophie, Jean-Louis Poirier, se terminait en des termes tr&#232;s clairs : urgence de ne pas en rester au statu quo &#224; diff&#233;rents niveaux dont celui de l'enseignement en s&#233;ries technologiques et celui de l'introduction de la philosophie en premi&#232;re. La n&#233;cessit&#233; d'introduire l'enseignement de la philosophie en amont de la terminale appara&#238;t donc de plus en plus comme de la responsabilit&#233; de l'institution m&#234;me si elle n'appara&#238;t pas &#224; tous ses acteurs. La lente et s&#251;re &#233;rosion de la s&#233;rie L n'est-elle pas due, entre autres, au fait que la majorit&#233; des &#233;l&#232;ves aurait besoin de plus de temps pour acqu&#233;rir de nouvelles m&#233;thodes et de nouveaux savoirs de fa&#231;on &#224; ce que l'&#233;preuve ne se transforme pas, pour une partie d'entre eux du moins, en une sorte de rite sacrificiel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais alors, c'est d'une v&#233;ritable introduction dont ils ont besoin, qui implique un v&#233;ritable programme de philosophie, sans cadre interdisciplinaire et qui s'adresse &#224; l'ensemble des &#233;l&#232;ves consid&#233;r&#233;s, sous la forme d'un enseignement obligatoire. Or si l'actuel ministre 'pense notamment &#224; un enseignement de pr&#233;paration &#224; la philosophie en premi&#232;re litt&#233;raire', celui-ci s'inscrit dans le cadre s&#233;ducteur en apparence mais en r&#233;alit&#233; nationalement 'd&#233;cadr&#233;' de la fameuse autonomie des &#233;tablissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette ann&#233;e, combien d'&#233;l&#232;ves de seconde re&#231;oivent un enseignement d'exploration o&#249; intervient un professeur de philosophie ? L'an prochain, combien de lyc&#233;es choisiront de mettre en place un tel enseignement en premi&#232;re, cr&#233;ant une in&#233;galit&#233; de plus, contrevenant &#224; une &#233;cole qui se pr&#233;tend r&#233;publicaine ? Alors, fin de partie ou 'ce n'est qu'un d&#233;but' ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Thierry Giraud, enseignant de philosophie&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Faire de la philosophie en 2de, c'est trop t&#244;t - Guillaume Pigeard de Gurbert&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;LE MONDE, article paru dans l'&#233;dition du 26.11.10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Voil&#224; que ressurgit d'un carton minist&#233;riel la vieille id&#233;e d'introduire l'enseignement de la philosophie plus t&#244;t dans le cursus scolaire. Aujourd'hui, l'id&#233;e est de le tester au lyc&#233;e, en classe de 2de ; d'autres fois, on a voulu l'essayer au coll&#232;ge, voire &#224; l'&#233;cole primaire. Les uns comme les autres se gardent le plus souvent de dire ce qui fait au juste qu'un enseignement est un enseignement philosophique, et non simplement un enseignement de choses qui ont un rapport plus ou moins lointain &#224; la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Comme si cela allait de soi, comme si chacun savait bien ce que c'&#233;tait que la philosophie et, a fortiori, son enseignement. On pr&#233;suppose tant&#244;t que la philosophie consiste en une mani&#232;re de penser, une m&#233;thode, et l'apprentissage de l'argumentation, de l'analyse, de la critique ou du questionnement, lequel tient alors lieu de label 'philosophique'. Tant&#244;t on mentionne les th&#232;mes cens&#233;s garantir l'appellation 'philosophique' de l'enseignement, non plus par la forme mais cette fois par le contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour ma part, j'observe depuis vingt ans dans mes classes que l'ann&#233;e de terminale constitue le bon moment pour entrer en philosophie et je devine qu'un an plus t&#244;t, &#224; quelques exceptions pr&#232;s, les &#233;l&#232;ves passeraient &#224; c&#244;t&#233;. Pour autant que je m'en souvienne, si ma propre d&#233;couverte de l'enseignement philosophique en classe de terminale a &#233;t&#233; d&#233;terminante, au point d'y consacrer mon existence, je crois que je n'aurais pas &#233;t&#233; aussi bien pr&#233;par&#233; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente et je crains fort que l'&#233;l&#232;ve que j'&#233;tais en 2de ne se f&#251;t m&#233;pris sur la nature de cet enseignement. Tout cela, bien s&#251;r, rel&#232;ve de l'empirique et reste hautement discutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il me semble que tout ce d&#233;bat repose sur un malentendu concernant ce que c'est que la philosophie. Je veux parler de cette pr&#233;supposition silencieuse selon laquelle tout le monde sait plus ou moins ce que c'est que la philosophie et est donc &#224; m&#234;me d'&#234;tre pour ou contre son enseignement en 2de. Or il n'est pas du tout certain que tel soit le cas. A &#233;couter les discussions, on a le sentiment d'&#234;tre en pr&#233;sence d'une sorte d'essaim souterrain de d&#233;finitions dont l'unit&#233; est absente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Commen&#231;ons par &#233;carter toutes les pseudo-d&#233;finitions en disant clairement ce que la philosophie n'est en aucun cas : la philosophie n'est pas une m&#233;thode ni une forme de pens&#233;e. Je mets au d&#233;fi quiconque de d&#233;finir une telle m&#233;thode sans englober du m&#234;me coup dans sa d&#233;finition bien d'autres disciplines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La philosophie ne se d&#233;finit pas davantage par des th&#232;mes ou des questions sp&#233;cifiques : Dieu, le d&#233;sir, la mort, que sais-je encore ?, ces th&#232;mes et les questions qu'ils suscitent appartiennent aussi bien &#224; la religion ou aux sciences. Pourtant, si la philosophie existe, et c'est un fait qu'elle existe, elle doit bien pouvoir &#234;tre d&#233;finie. Et c'est &#224; partir de cette d&#233;finition seule qu'on doit &#234;tre &#224; m&#234;me de poser le probl&#232;me de l'enseignement philosophique en 2de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faut ici chercher ce qui se retrouve &#224; chaque fois chez les grands philosophes, ce qui leur appartient en propre et qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. Or, ce trait qui fait la dimension philosophique d'une pens&#233;e, c'est tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment la prise en compte par la pens&#233;e de l'impensable. La philosophie est en effet cette pens&#233;e qui se d&#233;finit par sa sensibilit&#233; &#224; l'impensable que son usage ordinaire, scientifique ou religieux lui ravit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La philosophie est une sorte de rat&#233; de la pens&#233;e, une mani&#232;re d'aberration intellectuelle. L&#224; o&#249; science et religion ouvrent &#224; la pens&#233;e des horizons infinis, la philosophie est une impasse &#233;volutive de la pens&#233;e arr&#234;t&#233;e par le mur de l'impensable. Ce n'est pas qu'elle se satisfasse de ce d&#233;sastre ni qu'elle l'ait voulu ou qu'elle le revendique. C'est juste qu'elle ne peut pas faire autrement que d'y penser comme &#224; son propre probl&#232;me incontournable, qui met en doute son existence m&#234;me. Voil&#224; la philosophie : la pens&#233;e saisie d'un doute ind&#233;passable et inoubliable non pas sur tel objet, tel sujet, telle question ou tel th&#232;me, mais sur sa propre existence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science, elle, ne conna&#238;t que le drame de l'inconnu, qui est du non encore pens&#233; c'est-&#224;-dire du pensable. La religion, de son c&#244;t&#233;, oscille entre la pens&#233;e et la passion du divin. Mais qu'elle aille au divin par la raison ou qu'elle s'y sente passionn&#233;ment attir&#233;e, le divin est de toute fa&#231;on l'assurance absolue contre l'impensable. La pens&#233;e philosophique se situe en de&#231;&#224; du penchant de la pens&#233;e pour le pensable. Le probl&#232;me naturel de la pens&#233;e est d'&#233;chapper &#224; l'impensable. Le fait philosophique, lui, est celui d'une pens&#233;e qui y est englu&#233;e au point de douter de jamais pouvoir s'en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La pr&#233;sence ou l'absence de cette trag&#233;die de l'impensable fait le d&#233;part entre la philosophie et ses ombres. Or, pour y avoir affaire, il faut que la pens&#233;e se soit pr&#233;alablement et durablement install&#233;e dans son &#233;l&#233;ment : le pensable. Tel est pr&#233;cis&#233;ment le r&#244;le de l'enseignement secondaire, qui apprend &#224; &#233;tendre l'empire du pensable &#224; l'histoire, &#224; la biologie, &#224; l'&#233;conomie, etc. et dont l'enseignement philosophique constitue tr&#232;s exactement la limite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enseignement de la philosophie en terminale ne vient pas simplement ajouter une nouvelle discipline, un champ d'application suppl&#233;mentaire pour la pens&#233;e. Non, il intervient comme une d&#233;couverte qui rend &#224; la pens&#233;e sa sensibilit&#233; &#224; l'impensable et fissure l'&#233;difice construit jusque-l&#224;, depuis l'apprentissage de la lecture jusqu'&#224; la ma&#238;trise du calcul int&#233;gral ou des lois de l'h&#233;r&#233;dit&#233;, en passant par la connaissance du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Veillons d'abord &#224; bien installer les &#233;l&#232;ves de lyc&#233;e dans l'effort de la pens&#233;e pour ramener l'impens&#233; au pensable. Plus ceux-ci auront pratiqu&#233; la puissance de la pens&#233;e dans divers domaines, mieux ils seront pr&#233;par&#233;s &#224; endurer cette &#233;preuve, qui se nomme philosophie, d'une pens&#233;e pr&#233;occup&#233;e par son impuissance, comme c'est le cas aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Guillaume Pigeard de Gurbert, professeur de philosophie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelques rep&#232;res sur l'enseignement philosophique dans les s&#233;ries technologiques</title>
		<link>https://acireph.org/nos-recherches/en-series-technologiques/article/quelques-reperes-sur-l-enseignement-philosophique-dans-les-series</link>
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		<dc:date>2005-01-01T18:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Notions</dc:subject>
		<dc:subject>Sujets</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D'abord quelques chiffres : dans les ann&#233;es 50, 5% d'une classe d'&#226;ge ont un cours de philosophie, dans les ann&#233;es 2000, plus de 50% d'une classe d'&#226;ge. Cette augmentation r&#233;sulte d'une part de l'augmentation du taux de scolarisation en lyc&#233;e (mouvement continu des ann&#233;es 60 aux ann&#233;es 90, avec une acc&#233;l&#233;ration importante dans les ann&#233;es 80) et, d'autre part, de l'extension progressive de la philosophie &#224; toutes les s&#233;ries technologiques (ann&#233;es 80). &lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;sence de la philosophie dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord quelques chiffres : dans les ann&#233;es 50, 5% d'une classe d'&#226;ge ont un cours de philosophie, dans les ann&#233;es 2000, plus de 50% d'une classe d'&#226;ge. Cette augmentation r&#233;sulte d'une part de l'augmentation du taux de scolarisation en lyc&#233;e (mouvement continu des ann&#233;es 60 aux ann&#233;es 90, avec une acc&#233;l&#233;ration importante dans les ann&#233;es 80) et, d'autre part, de l'extension progressive de la philosophie &#224; toutes les s&#233;ries technologiques (ann&#233;es 80).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de la philosophie dans les s&#233;ries techniques date de 1958, un nombre tr&#232;s r&#233;duit d'&#233;l&#232;ves pr&#233;parent alors le Brevet Sup&#233;rieur d'&#201;tudes Commerciales (B.S.E.C.) cr&#233;&#233; en 1947 avec ses trois s&#233;ries : Secr&#233;tariat, Comptabilit&#233;, Gestion). Le B.S.E.C. &#233;tait un dipl&#244;me de l'enseignement primaire sup&#233;rieur donnant acc&#232;s &#224; la vie professionnelle, &#224; certains BTS et aux Facult&#233;s de Droit (permettant m&#234;me d'y pr&#233;parer une licence). L'&#233;preuve de philosophie comportait trois sujets de dissertation, sanctionnant un enseignement hebdomadaire de 3 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1969&lt;/strong&gt;, le B.S.E.C. est transform&#233; en baccalaur&#233;at de technicien et on retrouve les trois s&#233;ries dans l'intitul&#233; des nouvelles G &#171; techniques administratives &#187;, &#171; techniques quantitatives de gestion &#187; et &#171; techniques commerciales &#187; (= actuelles STMG). L'enseignement de la philosophie est alors dispens&#233; en G et en H, &#224; raison de deux heures par semaine ; l'arr&#234;t&#233; du 5 d&#233;cembre 1969 institue l'&#233;preuve de philosophie au baccalaur&#233;at (coefficient 1 et dur&#233;e de 3 heures) qui comprend d&#233;sormais une nouveau genre d'&#233;preuve le sujet texte assorti de question (c'est de l'exp&#233;rience du sujet texte en G qu'est issue la g&#233;n&#233;ralisation du troisi&#232;me sujet texte &#224; toutes les s&#233;ries du baccalaur&#233;at g&#233;n&#233;ral).&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme comporte alors trois &lt;i&gt;th&#232;mes&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. La diversit&#233; des cultures et l'id&#233;e de civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nature et culture - Technique, art, religion, science - Le progr&#232;s. L'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. Communication et langage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signe et symbole- la langue et la parole - le discours et la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III. Libert&#233; et soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Volont&#233; et libert&#233; - la reconnaissance d'autrui. La justice - Politique et morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Remarques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le soin d'expliciter les significations des trois th&#232;mes qui constituent le programme est confi&#233; &#224; l'initiative du professeur. Les d&#233;terminations qui figurent sous chacun des titres indiquent, non pas des chapitres successifs, mais les directions dans lesquelles la recherche et la r&#233;flexion sont invit&#233;es &#224; s'engager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#233;tude de ces th&#232;mes, il est conseill&#233;, d'une part, de s'appuyer sur l'analyse de textes classiques et modernes, de faire appel, d'autre part, aux travaux contemporains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1973&lt;/strong&gt;, le programme est chang&#233; (B.0. du 1er novembre 1973), le funeste mod&#232;le pens&#233; pour les s&#233;ries g&#233;n&#233;rales vaut d&#233;sormais pour les s&#233;ries technologiques : d&#233;sormais, le programme &#171; &lt;i&gt;se compose uniquement de notions non regroup&#233;es en th&#232;mes&lt;/i&gt; &#187; et il vaut pour les sections F3, G1, G2, G3, et H&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nature et histoire&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Langage et V&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;changes, le Droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art. La religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi en 73 que la philosophie est introduite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; en &lt;strong&gt;F8&lt;/strong&gt; (actuelles SMS), mais avec un horaire plus favorable (pour un m&#234;me programme !) de 3 heures par semaine et un coefficient 1 &#224; l'examen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2' en &lt;strong&gt;F11&lt;/strong&gt; (musique, actuelle s&#233;rie &#171; techniques de la musique et de la danse &#187;), le programme (non modifi&#233; depuis - ni en 83, ni en 94) y est celui des classes scientifiques de l'enseignement g&#233;n&#233;ral (C, D et E) mais avec un horaire sup&#233;rieur et un coefficient de 2 au baccalaur&#233;at ; les &#233;l&#232;ves ont alors le choix entre une &#233;preuve &#233;crite de philosophie ou de math&#233;matiques, passant &#224; l'oral l'&#233;preuve non choisie &#224; l'&#233;crit. Ceux qui choisissent la philosophie &#224; l'oral ont 4 heures par semaine, les autres b&#233;n&#233;ficient de 6 heures (soit le double de leurs camarades des s&#233;ries g&#233;n&#233;rales pour un m&#234;me programme et les m&#234;mes &#233;preuves !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1981, &lt;/strong&gt;la philosophie est introduite en F12 (s&#233;rie &#171; arts appliqu&#233;s &#187;) avec un horaire de 3 heures par semaine et un programme sp&#233;cial (non modifi&#233; depuis), celui des F8, G et H avec en plus &lt;strong&gt;L'espace. La perception. L'imagination.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A partir de 1983 &lt;/strong&gt;est d&#233;cid&#233;e &lt;strong&gt;l'extension de la philosophie &#224; toutes les s&#233;ries de la voie technologique.&lt;/strong&gt; L'arr&#234;t&#233; du 5 octobre &lt;strong&gt;1983 (B.O. &lt;/strong&gt;n030 du 1er septembre 1983) fixe le programme pour les F1, F2, F3, F4, FS, F6, F7, F7', F8, F9 et F10 (donc except&#233; les F11 et F12) sous la forme d'une liste de &#171; notions &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature. L'art. La technique. L'histoire, Le droit La libert&#233;, La conscience. La raison. La v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'horaire hebdomadaire est de deux heures (sauf en F8, toujours 3 heures) et le coefficient de l'&#233;preuve (dur&#233;e 3 heures port&#233;e &#224; 4 heures &#224; partir de la session 1989) est de 1 (sauf en G1 o&#249; il est de 2). Le programme est donc fix&#233; en 83, mais l'extension se fera progressivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1983, &lt;/strong&gt;application en F5, F6, F7 et F7'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1984, &lt;/strong&gt;en F2, F4, F9 et F10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 1985, &lt;/strong&gt;en F3 et &lt;strong&gt;en 1986, &lt;/strong&gt;en F1. Toutes ces sections correspondent aux actuelles STI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1994, une circulaire indique la possibilit&#233; de d&#233;doubler l'une des heures d'enseignement de la philosophie dans les s&#233;ries technologiques. L'application s'en av&#232;re bien difficile ; puis l'habitude s'installe au d&#233;but des ann&#233;es 2000 avant la brutale remise en cause de cette mesure. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1970, il y avait &#224; peu pr&#232;s 255.000 candidats au baccalaur&#233;at dont 55.000 pour les s&#233;ries technologiques, soit 21% ; en 1995, il y avait 574.000 candidats (bac pro non compris) dont 184.000 pour le technologique, soit 32% ; en 2009, 622.322 candidats (bac pro compris) dont 163.085 pour les s&#233;ries technologiques (26%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La massification des &#233;tudes a entra&#238;n&#233; le syst&#232;me &#233;ducatif dans une s&#233;rie d'ajustements dont on attend encore la r&#233;alisation en philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le d&#233;doublement d'une des heures d'enseignement.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;doublement avait pour but d'am&#233;liorer les conditions de l'enseignement et cela tant pour les &#233;l&#232;ves que pour les professeurs. Pour les &#233;l&#232;ves les &#171; travaux dirig&#233;s &#187; en demi-classes devaient permettre de les aider plus efficacement gr&#226;ce &#224; des exercices gradu&#233;s, &#224; une aide m&#233;thodologique, &#224; des pratiques sollicitant davantage leur participation et leur activit&#233; (ce qui est le plus souvent impossible en classe compl&#232;te o&#249; s'installe alors rapidement un bavardage g&#233;n&#233;ralis&#233;). Pour les professeurs, les classes &#224; 2 heures aux effectifs d&#233;passant souvent la trentaine conduisaient &#224; des charges de travail insupportables, et en v&#233;rit&#233;, &#224; l'impossibilit&#233; de tout travail r&#233;ellement s&#233;rieux (comment avec 7, 8 ou 9 classes et 230, 270 et parfois 300 &#233;l&#232;ves appliquer les instructions de 1977 par exemple relatives au travail des &#233;l&#232;ves et demandant que les &#233;l&#232;ves fassent 3 devoirs par trimestre - dont un en temps limit&#233; ! - et au moins deux exercices par mois ! Avec &#171; seulement &#187; 200 &#233;l&#232;ves... cela ferait 1800 travaux &#224; corriger ?). Le d&#233;doublement devait permettre de diminuer le nombre de classes et le nombre d'&#233;l&#232;ves, et faciliter la r&#233;alisation des exercices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; r&#233;novation p&#233;dagogique &#187; des lyc&#233;es met en place le d&#233;doublement. Mais la Direction des Lyc&#233;es et Coll&#232;ges (D.L.C.), dans un courrier adress&#233; aux Recteurs et pr&#233;cisait : &#171; &lt;i&gt;s'agissant de cette discipline et de ces s&#233;ries, il n'y a pas lieu de fixer nationalement de seuil pour ce d&#233;doublement&lt;/i&gt; &#187;. Profitant de cette &#233;quivoque, certains Recteurs, voire certains chefs d'&#233;tablissement, en conclurent qu'ils avaient loisir de fixer eux-m&#234;mes ce seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite ensuite, les restrictions budg&#233;taires (la diminution de la D.G.H.) ont conduit &#224; une interpr&#233;tation tr&#232;s restrictive du texte. Dans les divers Rectorat on explique que &lt;strong&gt;&#171; le calcul des charges norm&#233;es &#224; partir desquelles sont notifi&#233;es les D.G.H. inclut le d&#233;doublement de la philosophie au 25&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&#232;me&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&#233;l&#232;ve &#187;&lt;/strong&gt;, ce qui &#8211; en clair &#8211; signifie que la dotation horaire des lyc&#233;es ne permet donc pas un d&#233;doublement en de&#231;&#224;&#8230; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'importe aux gestionnaires le fait que dans de nombreuses classes de ces s&#233;ries, il soit devenu quasiment impossible de travailler en classe compl&#232;te. La d&#233;mocratisation des conditions de l'acc&#232;s &#224; la culture a encore de beaux jours devant elle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{}&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Texte d'orientation pour la cr&#233;ation d'Instituts de recherche sur l'enseignement de la philosophie (IREPh)</title>
		<link>https://acireph.org/l-acireph-2/l-acireph/article/texte-d-orientation-pour-la-creation-d-instituts-de-recherche-sur-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://acireph.org/l-acireph-2/l-acireph/article/texte-d-orientation-pour-la-creation-d-instituts-de-recherche-sur-l</guid>
		<dc:date>1998-03-28T19:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;dagogie</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Texte adopt&#233; lors de la cr&#233;ation de l'ACIREPh, en 1998&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://acireph.org/l-acireph-2/l-acireph/" rel="directory"&gt;Pr&#233;sentation de l'ACIREPh&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/pedagogie" rel="tag"&gt;P&#233;dagogie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/avenir-de-la-philosophie" rel="tag"&gt;Avenir de la philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Partant du constat que les lieux de formation actuels ne permettent pas de r&#233;pondre au besoin de formation des enseignants parce qu'il n'y semble presque jamais opportun de &#171; parler p&#233;dagogie &#187; ou de r&#233;fl&#233;chir sur les probl&#232;mes didactiques de notre discipline et que la richesse et la diversit&#233; des innovations restent aussi largement absentes de l'actuelle formation initiale, l'A.C.I.R.E.Ph se constitue pour obtenir la cr&#233;ation d'Instituts de Recherche sur l'Enseignement de la Philosophie. Mais, &#224; ce jour, ni le Minist&#232;re de l'&#201;ducation Nationale, ni celui de l'Enseignement Sup&#233;rieur et de la Recherche n'ont donn&#233; de suite &#224; cette demande. L'ACIREPh essaye n&#233;anmoins de donner corps &#224; cette id&#233;e, notamment en organisant chaque ann&#233;e des Journ&#233;es d'&#233;tudes dans l'esprit des IREPh qui, selon leur Texte d'Orientation, ont &#034;pour vocation de permettre un &#233;change et une r&#233;flexion sur les pratiques d'enseignement, dans leur diversit&#233;, sans pr&#233;suppos&#233;s p&#233;dagogiques ou philosophiques, en partant de ce qui se fait effectivement dans les classes sur le plan p&#233;dagogique et sur celui des contenus&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De r&#233;els IREPh travailleraient donc en priorit&#233; sur les pratiques scolaires &#224; partir des &#233;changes entre enseignants de philosophie privil&#233;giant un mode de formation fond&#233; sur la mutualisation des ressources, la &lt;strong&gt;formation entre pairs&lt;/strong&gt; plut&#244;t qu'une formation con&#231;ue sur le mod&#232;le vertical des conf&#233;rences, souvent trop &#233;loign&#233;es de la r&#233;alit&#233; des classes, ou celle de la r&#233;p&#233;tition &#233;ternelle des m&#234;mes fa&#231;ons de faire &#034;la le&#231;on&#034;, &#034;la dissertation&#034;, la &#034;lecture suivie d'une oeuvre&#034;, etc. La formation entre pairs suppose une certaine logistique, par exemple, celle que met en oeuvre l'ACIREPh lors de ses Journ&#233;es d'&#233;tude. L'ambition de ce premier IREPh est beaucoup plus limit&#233;e puisqu'il s'agit principalement de rassembler des textes, articles et documents sur l'enseignement de la philosophie, souvent dispers&#233;s, difficiles d'acc&#232;s, voire indisponibles. Ce travail est n&#233;anmoins essentiel pour d&#233;velopper une perspective critique. On se souvient du mot de Canguilhem : &#034;La philosophie n'a pas besoin de d&#233;fenseurs, dans la mesure o&#249; sa justification est son affaire propre. Mais la d&#233;fense de l'enseignement de la philosophie aurait besoin d'une philosophie critique de l'enseignement&#034; (&lt;i&gt;Nouvelle Critique&lt;/i&gt;, 84, mai 1975, p. 29).&lt;br class='autobr' /&gt; Les textes, articles et documents publi&#233;s ici le sont &#224; des fins de recherche, de documentation et de formation ; ils n'engagent pas l'ACIREPh et n'expriment en rien son point de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Texte d'orientation pour la cr&#233;ation des Instituts de Recherche sur l'Enseignement de la Philosophie&lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; Ce projet a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;, &#224; la suite d'un long cheminement d'exp&#233;riences et de probl&#232;mes apparus depuis au moins une dizaine d'ann&#233;es dans l'enseignement de la philosophie. Le texte du premier appel a &#233;t&#233; rendu public en mars 1997 ; il a re&#231;u un premier soutien tr&#232;s diversifi&#233; d'universitaires, de professeurs d'I.U.F.M. et de professeurs de lyc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LES RAISONS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Dans tous les lieux o&#249; exercent des professeurs de philosophie (lyc&#233;es, universit&#233;s et I.U.F.M.) la situation de l'enseignement de la philosophie a chang&#233; ; c'est l'effet de modifications de l'&#233;cole en g&#233;n&#233;ral (massification plut&#244;t que d&#233;mocratisation, diversification des fili&#232;res et sp&#233;cification des profils de formation) et aussi de mutations dans les attentes selon les g&#233;n&#233;rations. Cela engendre des changements qualitatifs profonds, si l'on ajoute de plus - effet de mode ou ph&#233;nom&#232;ne structurel ? - que la &#171; place &#187; de la philosophie a elle-m&#234;me chang&#233; en regard de la soci&#233;t&#233; globale. Les attentes des jeunes &#233;l&#232;ves n'en sont que plus vives, mais en m&#234;me temps de s&#233;rieuses difficult&#233;s apparaissent dans l'exercice de notre m&#233;tier. &lt;br class='autobr' /&gt; Il y a souvent trop d'&#233;cart, voire d'inad&#233;quation, entre ces attentes et l'enseignement qui est propos&#233;. De fait, les professeurs de philosophie ont d&#251; ces derni&#232;res ann&#233;es consid&#233;rablement modifier leurs pratiques. Le mod&#232;le unique du cours magistral ou du dialogue socratique ne r&#233;pond pas toujours, ni &#224; la diversit&#233;, ni &#224; la nouveaut&#233; des situations de l'enseignement. Beaucoup inventent des d&#233;marches nouvelles : dans les exercices, les travaux de groupe, l'articulation du travail individuel et collectif, l'incitation au travail autonome et dans la recherche de liaisons avec d'autres disciplines. Souvent m&#234;me des professeurs utilisant des m&#233;thodes classiques se tournent aussi vers des pratiques innovantes, parfois dans l'urgence d'une situation &#224; d&#233;bloquer, sans toutefois syst&#233;matiser la reprise r&#233;flexive de leurs pratiques d'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Or chacun reste seul devant la classe, les &#233;changes se faisant &#224; la rigueur avec ses proches coll&#232;gues, mais l'innovation franchit rarement le seuil de la salle des professeurs. Chacun est donc aussi seul devant ses difficult&#233;s. Les pratiques d'enseignement de la philosophie ne sont ainsi ni &#233;chang&#233;es ni syst&#233;matiquement r&#233;fl&#233;chies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les lieux de formation actuels ne permettent pas de r&#233;pondre &#224; ce genre de besoins : il ne semble presque jamais opportun de &#171; parler p&#233;dagogie &#187; ou de r&#233;fl&#233;chir sur les probl&#232;mes didactiques de notre discipline dans la majorit&#233; des stages de la M.A.F.P.E.N. La richesse et la diversit&#233; des innovations restent aussi largement absentes de l'actuelle formation initiale telle qu'elle est pratiqu&#233;e en I.U.F.M.. Nos jeunes coll&#232;gues entrent donc dans le m&#233;tier, le plus souvent, en ayant comme seul horizon p&#233;dagogique le repli sur soi et l'int&#233;riorisation de leur difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il n'existe aucun lieu institutionnel permettant aux enseignants de philosophie de se rencontrer pour &#233;changer des r&#233;flexions sur leurs pratiques, les confronter et le cas &#233;ch&#233;ant pour trouver des moyens de rem&#233;dier &#224; leurs difficult&#233;s et pour rencontrer sur ces m&#234;mes questions, des universitaires eux- m&#234;mes face &#224; de semblables situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les commissions d'entente et d'harmonisation qui existent aujourd'hui n'ont pas vocation &#224; assumer tous ces r&#244;les et s'av&#232;rent m&#234;me insuffisantes pour rendre possible une r&#233;flexion sur les &#233;preuves du Baccalaur&#233;at et sur le sens de l'&#233;valuation. La proc&#233;dure institutionnelle concernant la nature et l'&#233;volution du programme n'a pas &#233;t&#233; assez lisible pour une majorit&#233; de professeurs confront&#233;s cependant &#224; la n&#233;cessit&#233; de l'appliquer sur le terrain. Ce sont donc ces r&#244;les que pourront jouer les I.R.E.P.H.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LES FINALITES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Les I.R.E.P.H. pourront avoir pour vocation de permettre un &#233;change et une r&#233;flexion sur les pratiques d'enseignement, dans leur diversit&#233;, sans pr&#233;suppos&#233;s p&#233;dagogiques ou philosophiques. Il s'agira de partir de ce qui se fait effectivement dans les classes sur le plan p&#233;dagogique et sur celui des contenus.&lt;br class='autobr' /&gt; Ils pourront devenir des instruments collectifs de formation par les enseignants eux-m&#234;mes qui devront d'abord recenser les besoins de formation, en travaillant avec leurs coll&#232;gues universitaires, ce qui conduira &#224; conforter les liens organiques et r&#233;ciproques entre l'enseignement secondaire et le sup&#233;rieur. Cela rendra aussi possible de mieux penser la transition et les besoins du premier cycle de l'enseignement sup&#233;rieur. Les travaux de recherche s'efforceront ainsi de :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Cerner des objets d'analyse, sans partir d'impossibles accords pr&#233;alables, sur lesquels nous pouvons avoir de profondes divergences : par exemple, la place de la dissertation, le sens de l'&#233;valuation, le rapport entre l'&#233;crit et l'oral et la question plus g&#233;n&#233;rale des finalit&#233;s de notre enseignement.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Examiner de quoi les &#233;l&#232;ves ont besoin sur le plan de leur formation philosophique, que ce soit dans leur vie de citoyen, leur r&#233;flexion critique sur le monde actuel, leur existence priv&#233;e ou leurs futures &#233;tudes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Permettre de s'interroger sur la recherche des causes de &#171; ce qui marche &#187; et de &#171; ce qui ne marche pas &#187; dans nos pratiques d'enseignement.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Proposer des modes d'analyse et d'&#233;valuation de ce que font nos &#233;l&#232;ves autrement que dans les seuls termes de travaux finis. Pour ce faire, il faudrait prospecter et inventorier les diff&#233;rentes sortes d'exercices - &#233;crits et oraux - o&#249; peut s'exprimer et s'&#233;valuer le travail d'&#233;laboration philosophique.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Devenir un instrument d'analyse th&#233;orique de ces pratiques et de rep&#233;rage de l'ampleur du d&#233;calage entre ce que chacun croit faire et ce qu'il fait r&#233;ellement.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Faire le point de la multiplicit&#233; des registres de difficult&#233;s rencontr&#233;es dans l'exercice de notre m&#233;tier par rapport aux diff&#233;rentes s&#233;ries de Baccalaur&#233;at.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Examiner la place que doit occuper la philosophie dans les formations post-baccalaur&#233;at.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Organiser des &#233;changes avec d'autres mod&#232;les d'enseignement de la philosophie &#224; l'&#233;tranger et approfondir cet &#233;clairage r&#233;ciproque, par la recherche universitaire sur l'histoire de l'enseignement de la philosophie, selon la tradition fran&#231;aise.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt; Il va de soi que la mise en &#339;uvre de ces programmes de recherche conduira &#224; ce que les I.R.E.P.H deviennent des lieux o&#249; seront &#233;valu&#233;s les besoins de formation initiale ; ils deviendront donc des acteurs de cette formation&lt;br class='autobr' /&gt;
initiale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LES STRUCTURES &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il sera souhaitable de s'inspirer de l'exemple propos&#233; par l'histoire et la r&#233;alit&#233; actuelle des I.R.E.M. (Instituts de Recherche sur l'Enseignement des Math&#233;matiques). Il faudra surtout &#233;viter le risque d'une &#171; professionnalisation &#187; de cette recherche comme r&#233;sultante d'un &#233;loignement pratique de la classe et surtout affirmer le principe que ce sont les professeurs de philosophie qui se doivent d'&#234;tre aussi les acteurs des recherches didactiques de leur discipline. Un statut d'enseignant-chercheur du second degr&#233; devra &#234;tre, &#224; cette fin, d&#233;fini. Il pourrait devenir utile pour d'autres disciplines. Des heures de d&#233;charge seront attribu&#233;es aux enseignants- chercheurs pour leur permettre de pr&#233;parer, de r&#233;aliser et de suivre les programmes de recherche sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cr&#233;&#233;s et plac&#233;s sous la tutelle du Minist&#232;re de l'Education Nationale, de l'Enseignement Sup&#233;rieur et de la Recherche, les I.R.E.P.H. travailleront en liaison avec les Inspections P&#233;dagogiques R&#233;gionales et G&#233;n&#233;rales de Philosophie, avec les Universit&#233;s et les I.U.F.M.. Leurs statuts leur assureront la libert&#233; de recherche.&lt;br class='autobr' /&gt; Les IREPH se formeront par r&#233;seaux en fonction des secteurs g&#233;ographiques et des Acad&#233;mies et nationalement. Des structures acad&#233;miques de coordination et une structure nationale seront mises en place, sous forme de comit&#233;s scientifiques de pilotage, dans le but d'assurer les &#233;changes nationaux, le distribution et le contr&#244;le des ressources n&#233;cessaires &#224; leur bon fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La cr&#233;ation des I.R.E.P.H. repr&#233;sentera donc une chance pour tous d'appr&#233;hender mieux la n&#233;cessaire relation entre l'enseignement et la recherche, ainsi que celle entre la formation initiale et la formation continue des professeurs de philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 mars 1998&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour un vrai d&#233;bat, par Jacques Derrida</title>
		<link>https://acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/pour-un-vrai-debat-par-jacques-derrida</link>
		<guid isPermaLink="true">https://acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/article/pour-un-vrai-debat-par-jacques-derrida</guid>
		<dc:date>1989-11-15T17:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph, Serge Cosp&#233;rec</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>IREPh</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratisation</dc:subject>
		<dc:subject>Derrida</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Premi&#232;res r&#233;ponses &#224; quelques objections &lt;br class='autobr' /&gt; D&#232;s le mois d'octobre 89 - et alors que le texte du Rapport de la Commission ne devait &#234;tre officiellement rendu publiable que vers la mi-novembre - le Bureau de la tr&#232;s conservatrice APPEP avait distribu&#233;, en 'suppl&#233;ment' (tir&#233; &#224; part et tr&#232;s largement diffus&#233;...) au num&#233;ro de Septembre-Octobre de 'L'enseignement philosophique', un fascicule de 'documentation critique' explicitement destin&#233; &#224; 'alerter l'ensemble de nos coll&#232;gues', et, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://acireph.org/nos-recherches/regards-historiques/documents-relatifs-a-la-guerre-des-programmes/" rel="directory"&gt;Documents relatifs &#224; la guerre des programmes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/ireph" rel="tag"&gt;IREPh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/democratisation" rel="tag"&gt;D&#233;mocratisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/derrida" rel="tag"&gt;Derrida&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Premi&#232;res r&#233;ponses &#224; quelques objections&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D&#232;s le mois d'octobre 89 - et alors que le texte du Rapport de la Commission ne devait &#234;tre officiellement rendu publiable que vers la mi-novembre - le Bureau de la tr&#232;s conservatrice APPEP avait distribu&#233;, en 'suppl&#233;ment' (tir&#233; &#224; part et tr&#232;s largement diffus&#233;...) au num&#233;ro de Septembre-Octobre de '&lt;/i&gt;L'enseignement philosophique&lt;i&gt;', un fascicule de 'documentation critique' explicitement destin&#233; &#224; 'alerter l'ensemble de nos coll&#232;gues', et, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;naturellement non accompagn&#233; de la reproduction int&#233;grale du texte &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;critiqu&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En fait, c'&#233;tait un v&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&#233;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;ritable libelle de d&#233;sinformation et d'intoxication, pr&#233;sentant, &#224; coup d'amalgames de citations fallacieusement tronqu&#233;es et abusivement isol&#233;es du contexte, une &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;caricature absolument ahurissante&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;des propositions de la Commission, visant manifestement ainsi &#224; susciter &lt;/i&gt;a priori &lt;i&gt;la pr&#233;vention et le rejet, et &#224; &#233;touffer dans l'&#339;uf tout d&#233;bat...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La r&#233;ponse de Jacques Derrida est parue dans le num&#233;ro de Novembre-D&#233;cembre de '&lt;/i&gt;L'enseignement philosophique&lt;i&gt;' - organe de l'APPEP - qui par ailleurs continuait &#224; mener la charge contre les propositions de la Commission accus&#233;e d'&#234;tre &#171; &lt;/i&gt;un moyen de pression &lt;i&gt; &#187; pour imposer les dogmes d'une &#171; &lt;/i&gt;p&#233;dagogie officielle &lt;i&gt; &#187; (Jean-Lefranc &#8211; pr&#233;sident de l'APPEP, &#171; Une consultation discr&#233;dit&#233;e &#187;, &lt;/i&gt;dans ce m&#234;me num&#233;ro&lt;i&gt;).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A l'outrance de ces attaques qui ne pouvaient convaincre que ceux qui, nombreux, n'avaient pas lu le Rapport, Jacques Derrida, au nom de la Commission, eu l'&#233;l&#233;gance de r&#233;pondre de mani&#232;re non pol&#233;mique, invitant les professeurs de philosophie &#224; engager un d&#233;bat digne de ce nom. On conna&#238;t la suite&#8230; un &#171; Collectif &#187; contre le projet Derrida-Bouveresse se constitua &#171; spontan&#233;ment &#187; et sa propagande fut amplement relay&#233;e et soutenue par l'APPEP&#8230; ; il faut dire que parmi ses initiateurs figuraient d'&#233;minents responsables de l'APPEP, les m&#234;mes qui 13 ans plus tard monteront un nouveau 'Collectif' tout aussi spontan&#233; contre les programmes dits 'Renaut'&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****************************************************************&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Derrida nous a demand&#233; &#224; exposer le point de vue de la commission qu'il pr&#233;side avec Jacques Bouveresse. Nous lui donnons volontiers la parole. Nos lecteurs pourront comparer avec notre plaquette, suppl&#233;ment du pr&#233;c&#233;dent num&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux de notre commission n'ont pas donn&#233; lieu &#224; des conclusions mais &#224; propositions ouvertes, avanc&#233;es comme telles, et destin&#233;es &#224; nourrir une discussion large, patiente, scrupuleuse et inform&#233;e. Si la brochure sp&#233;ciale que vous y avez consacr&#233;e confirme la n&#233;cessit&#233; d'un tel d&#233;bat, elle nous parait malheureusement le limiter trop vite : une pr&#233;sentation qui ignore la coh&#233;rence de notre d&#233;marche et passe quasiment sous silence notre expos&#233; des motifs a toute chance de rendre nos propositions peu intelligibles et de susciter &#224; notre &#233;gard tous les soup&#231;ons. D'autant plus que la diffusion actuellement tr&#232;s restreinte de notre rapport emp&#234;che la plupart de vos lecteurs d'en avoir une connaissance directe et compl&#232;te. Aussi cette r&#233;ponse, dont nous vous remercions d'avoir bien voulu accepter la publication, ne vise-t-elle ni &#224; engager une pol&#233;mique, ni &#224; d&#233;fendre &#224; tout prix des id&#233;es qui, loin de constituer un syst&#232;me arr&#234;t&#233;, forment donc plut&#244;t un ensemble de perspectives et de suggestions &#224; pr&#233;ciser, infl&#233;chir ou compliquer. En esp&#233;rant que la lecture int&#233;grale de notre rapport r&#233;pondra &#224; bien des inqui&#233;tudes ou des objections et permettra &#224; la discussion de se d&#233;velopper parmi vos lecteurs, nous voudrions simplement, dans les limites du temps et de l'espace dont nous disposons, pr&#233;ciser ici la lettre et l'esprit de certaines de nos propositions. Nous poserons clairement quelques questions qui &#224; nos yeux m&#233;ritent la r&#233;flexion commune de tous ceux que pr&#233;occupent la situation et l'avenir de l'enseignement de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 - &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Comment, dans le contexte d'une r&#233;forme des lyc&#233;es, garantir &#224; l'enseignement de la philosophie toute sa place et toute sa coh&#233;rence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Born&#233; &#224; la seule Terminale, l'enseignement de la philosophie occupe une position d'exception qui est en r&#233;alit&#233; une position de faiblesse : il est &#224; la merci de toute modification des horaires ou de l'organisation du baccalaur&#233;at. Le meilleur moyen de le d&#233;fendre n'est pas de s'accrocher au statu quo, mais d'exiger &#171; &lt;i&gt;une extension, un espace, un temps, et une coh&#233;rence qui sont depuis longtemps des droits reconnus &#224; toutes es disciplines fondamentales. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;Aucune discipline fondamentale n'est confin&#233;e dans le temps d'une seule ann&#233;e acad&#233;mique&lt;/strong&gt; &#187; Les passages en italique sont des extraits de notre rapport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est pourquoi nous proposons de r&#233;organiser la formation philosophique en l'articulant en trois temps :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1. Un temps &lt;/i&gt;d'&lt;strong&gt;initiation&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, d&#232;s la premi&#232;re, dans le cadre d'un enseignement interdisciplinaire.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2. Un temps de &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;formation&lt;/strong&gt; &lt;i&gt; : la terminale doit rester le temps fort et la philosophie y conserver un volume horaire suffisant pour une formation efficace. Il ne devrait en aucun cas &#234;tre inf&#233;rieur &#224; l'horaire actuel.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3. Un temps &lt;/i&gt;d'&lt;strong&gt;approfondissement &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;au niveau du premier cycle des Universit&#233;s, non seulement litt&#233;raires, mais aussi scientifiques, juridiques, m&#233;dicales, etc. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 - &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Faut-il faire commencer la philosophie en Premi&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois raisons au moins militent en faveur de cette id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- &lt;/i&gt;la demande des &#233;l&#232;ves : &lt;i&gt;&#171; ils consid&#232;rent que la bri&#232;vet&#233; de l'enseignement philosophique est un handicap pour l'assimilation de cette discipline nouvelle. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'exigence de progressivit&#233; : &lt;i&gt;&#171; l'enseignement de la philosophie a trop souvent &#233;t&#233; con&#231;u sur le mod&#232;le de la conversion ; il doit plut&#244;t &#234;tre envisag&#233; comme un apprentissage m&#233;thodique et progressif des connaissances et des comp&#233;tences requises. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;- &lt;/i&gt;L'int&#233;r&#234;t d'une initiation interdisciplinaire &#224; la philosophie : c'est sans doute en liaison avec les probl&#232;mes rencontr&#233;s dans les autres disciplines que l'int&#233;r&#234;t et la n&#233;cessit&#233; du questionnement philosophique peuvent &#234;tre le mieux compris et justifi&#233;s. &#171; La philosophie devrait consid&#233;rer comme une de ses obligations et l'une de ses ch&lt;i&gt;ances de favoriser la communication non seulement entre la culture litt&#233;raire et la culture scientifique, mais &#233;galement entre les diff&#233;rents secteurs du savoir et de la culture dont l'&#233;parpillement pose aujourd'hui tant de probl&#232;mes aux &#233;l&#232;ves &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet enseignement serait anim&#233; en permanence par le professeur de philosophie, mais il en partagerait la responsabilit&#233; avec les professeurs des autres disciplines qui y interviendraient dans des proportions et selon des modalit&#233;s &#224; d&#233;finir en commun (interventions altern&#233;es, cours &#224; 2 ou 3 voix, demi-journ&#233;es ou journ&#233;es banalis&#233;es et organis&#233;es en commun). Le volume horaire serait fix&#233; sur une base annuelle. Dans un premier temps au moins, il ne serait pas inf&#233;rieur &#224; 75 heures (soit l'&#233;quivalent de 2 heures hebdomadaires). Une r&#233;partition pourrait &#234;tre propos&#233;e en trois modules trimestriels de 25 heures chacun, respectivement intitul&#233;s : 1. Philosophie/Sciences (logique, math&#233;matiques, physique et biologie). 2. Philosophie/Sciences sociales (Histoire, g&#233;ographie, sociologie, droit, &#233;conomie, politique). 3. Philosophie/Langage (rh&#233;torique, traduction, langues, arts et litt&#233;ratures). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la mise en place d'une telle initiation soul&#232;ve de multiples probl&#232;mes et bouscule les habitudes, c'est l'&#233;vidence. Ce serait pourtant une politique frileuse et &#224; courte vue que de se r&#233;fugier derri&#232;re l'&#233;num&#233;ration de ces difficult&#233;s pour refuser une innovation capable d'&#233;largir et d'enrichir les perspectives de l'enseignement philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 - &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Les obstacles que rencontre l'enseignement philosophique tiennent-lis avant tout &#224; l'insuffisance des horaires, ou &#224; l'&#233;ca&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;rt entre ce dont les &#233;l&#232;ves sont capabl&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;es et les exigences impliqu&#233;es par le programme et la d&#233;finition de l'&#233;preuve du baccalaur&#233;at ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que le d&#233;veloppement des fili&#232;res techniques a entra&#238;n&#233; une d&#233;gradation des conditions de travail des professeurs, et non moins &#233;vident que le d&#233;doublement d'une heure dans les sections techniques et scientifiques serait une am&#233;lioration consid&#233;rable. Mais il ne nous para&#238;t ni lucide ni raisonnable de faire de la question des horaires le n&#339;ud des probl&#232;mes. Peu raisonnable, car quand bien m&#234;me on penserait qu'avec 4 ou 6 heures hebdomadaires on peut apprendre la dissertation philosophique aux &#233;l&#232;ves de G (ce qui est douteux), ni ceux-ci ni les enseignants des autres disciplines n'accepteraient, et &#224; juste titre, un tel horaire dans des sections d&#233;j&#224; surcharg&#233;es. Il faut renoncer &#224; enseigner la philosophie &#224; ces &#233;l&#232;ves ou b&#226;tir pour eux un enseignement compatible avec un faible volume horaire. Peu lucide car l'attention exclusive aux probl&#232;mes d'horaire masque les difficult&#233;s les plus graves. Ce n'est pas noircir le tableau ou monter en &#233;pingle une mauvaise humeur de correcteur que de constater que &#171; &lt;i&gt;la plupart des copies de baccalaur&#233;at ne r&#233;pondent pas aux exigences minimales d'une dissertation de philosophie. &#187; &lt;/i&gt;Pour &#234;tre affront&#233;es dans des conditions satisfaisantes, les &#233;preuves actuelles supposent &#224; la fois une capacit&#233; rh&#233;torique ou une culture g&#233;n&#233;rale hors de port&#233;e de 90% des &#233;l&#232;ves, et une familiarit&#233; avec une telle diversit&#233; de probl&#232;mes, un usage ma&#238;tris&#233; d'un tel nombre de concept et d'id&#233;es qu'il est rigoureusement impossible &#224; la plupart de les assimiler en un an, m&#234;me dans les sections b&#233;n&#233;ficiant d'un fort volume d'heures. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la cr&#233;dibilit&#233; de l'enseignement de la philosophie implique un contrat clair avec les &#233;l&#232;ves quant aux comp&#233;tences exig&#233;es d'eux, une diversification des exercices qui relativise la place de la dissertation et une r&#233;organisation des programmes qui permette de fixer clairement les savoirs et les savoir-faire exigibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 - Comment, concilier l'indispensable libert&#233; du professeur et la n&#233;cessit&#233; de sp&#233;cifier bien plus rigoureusement ce qui est exigible des &#233;l&#232;ves ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; et la responsabilit&#233; individuelle du professeur sont garantes du caract&#232;re authentiquement philosophique de son enseignement. Et nul ne songe &#224; remettre en cause un tel acquis. Reste que les &#233;l&#232;ves de doivent pas &#234;tre livr&#233;s &#224; l'ind&#233;termin&#233;, qu'ils sont en droit d'avoir pu apprendre par l'&#233;cole ce qu'on attend qu'ils sachent et sachent faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour concilier ces deux exigences, nous proposons un &lt;i&gt;double&lt;/i&gt; &lt;i&gt;programme : &lt;/i&gt;un programme &lt;i&gt;g&#233;n&#233;ral&lt;/i&gt; de notions fondamentales et d'outils conceptuels, cadre national et durable de l'enseignement, et un programme &lt;i&gt;sp&#233;cial&lt;/i&gt; de 2 &#224; 4 &#224; 4 probl&#232;mes, auxquels des textes seraient associ&#233;s, fix&#233; annuellement par acad&#233;mie. Les &#233;l&#232;ves pourraient ainsi acqu&#233;rir une r&#233;elle comp&#233;tence sur des questions d&#233;termin&#233;es tout en conservant un large horizon philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me esprit ; nous proposons d'associer &#224; l'&#233;preuve de &lt;i&gt;dissertation &lt;/i&gt;(dont il faut diversifier les modalit&#233;s) un &lt;i&gt;exercice de questions &#171; portant aussi bien sur le vocabulaire philosophique de base, ou des distinctions philosophiques &#233;l&#233;mentaires que sur des points de rep&#232;re essentiels dans l'histoire de la philosophie. &#187; &lt;/i&gt;On ne voit gu&#232;re ce qu'il y aurait d'anti-philosophique &#224; demander &#224; des &#233;l&#232;ves de dire en 10 ou 20 lignes &lt;i&gt;ce &lt;/i&gt;qu'ils comprennent sous les termes d'&#171; empirisme &#187;, d'&#171; essence &#187; et d'&#171; existence &#187; ou de &#171; philosophie des lumi&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 - &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;A quelles conditions un enseignement de philosophie dans le technique est-il possible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'enseignement de la philosophie dans les sections techniques constitue un enjeu d&#233;cisif. Pourtant les probl&#232;mes qu'il soul&#232;ve ont &#233;t&#233; syst&#233;matiquement minor&#233;s ou ignor&#233;s depuis vingt ans. Avec la multiplication des classes de section G, et l'extension de son enseignement aux sections F, la philosophie atteint d&#233;sormais un public qu'elle n'a jamais eu. Il y a l&#224; pour elle une chance historique qui jusqu'&#224; pr&#233;sent a &#233;t&#233; compl&#232;tement perdue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inad&#233;quation du mod&#232;le en vigueur est manifeste : l'indigence des copies les rend in&#233;valuables ; la plupart des &#233;l&#232;ves oscillent entre le d&#233;couragement et le m&#233;pris, entre croire qu'ils ne sont pas capables de faire de la philosophie et juger qu'elle ne vaut pas une heure de peine ; les professeurs ont le sentiment qu'on leur assigne une mission impossible et de n'&#234;tre pas en mesure tout simplement d'exercer leur m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne comprend gu&#232;re en quoi il serait anti-d&#233;mocratique &#171; de prendre en compte ce que les &#233;l&#232;ves sont &#187; : refuser de le faire trahirait plut&#244;t une attitude &#233;litiste et irr&#233;aliste qui pr&#233;tendrait imposer &#224; des &#233;l&#232;ves un moule qui n'a jamais &#233;t&#233; con&#231;u pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#171; la volont&#233; et les moyens d'&#233;laborer pour ces &#233;l&#232;ves un autre mod&#232;le d'enseignement, qui d'une part s'appuie davantage sur leurs questions, pr&#233;occupations et motivations, et qui d'autre part fasse appel &#224; une gamme diversifi&#233;e d'exercices et de travaux &#233;crits et oraux mieux adapt&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre rapport pr&#233;sente un certain nombre de suggestions : d&#233;doublement d'une heure, regroupement de cours sur un semestre, &#233;preuve de bac orale sur dossier ou contr&#244;le continu, etc. Mais ces probl&#232;mes exigent une confrontation des exp&#233;riences de tous ceux qui actuellement enseignent dans ces sections. Des &#201;tats G&#233;n&#233;raux de l'enseignement de la philosophie dans le technique sont urgents et indispensables. Pourquoi une Association comme la v&#244;tre n'en prendrait-elle pas l'initiative ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les Membres de la Commission&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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