<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>ACIREPh</title>
	<link>https://acireph.org/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>ACIREPh</title>
		<url>https://acireph.org/IMG/logo/logo_acireph5.jpg?1707424856</url>
		<link>https://acireph.org/</link>
		<height>15</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;valuation comme probl&#232;me</title>
		<link>https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/article/l-evaluation-comme-probleme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/article/l-evaluation-comme-probleme</guid>
		<dc:date>2009-10-24T17:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Victorri</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Dissertation</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;rie technologique</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La philosophie semble &#234;tre la seule mati&#232;re qui &#233;chappe aux probl&#232;mes pos&#233;s par l'&#233;valuation : partout on remet en question les modalit&#233;s d'&#233;valuation, on multiplie les exercices, on tente de d&#233;finir les comp&#233;tences que les &#233;l&#232;ves doivent acqu&#233;rir. Tout se passe comme si en philosophie la question ne se posait pas&#8230; sauf &#233;videmment pour chacun d'entre nous, isol&#233;ment, quand il s'agit pr&#233;cis&#233;ment d'&#233;valuer nos &#233;l&#232;ves, ou de noter les copies du bac. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce qu'il faut bien appeler cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://acireph.org/les-pratiques/l-evaluation/" rel="directory"&gt;L'&#233;valuation&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/dissertation" rel="tag"&gt;Dissertation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/serie-technologique" rel="tag"&gt;S&#233;rie technologique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La philosophie semble &#234;tre la seule mati&#232;re qui &#233;chappe aux probl&#232;mes pos&#233;s par l'&#233;valuation : partout on remet en question les modalit&#233;s d'&#233;valuation, on multiplie les exercices, on tente de d&#233;finir les comp&#233;tences que les &#233;l&#232;ves doivent acqu&#233;rir. Tout se passe comme si en philosophie la question ne se posait pas&#8230; sauf &#233;videmment pour chacun d'entre nous, isol&#233;ment, quand il s'agit pr&#233;cis&#233;ment d'&#233;valuer nos &#233;l&#232;ves, ou de noter les copies du bac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce qu'il faut bien appeler cette &#233;preuve de l'&#233;valuation, les professeurs de philosophie sont particuli&#232;rement d&#233;munis. Et ce ne sont pas les commissions d'harmonisation du bac qui peuvent ni les aider, ni les rassurer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant nous devons &#233;valuer nos &#233;l&#232;ves : pour des raisons institutionnelles, parce que la philosophie est une discipline scolaire, mais aussi parce que c'est le seul moyen de sortir des fantasmes et des repr&#233;sentations, et de se confronter, tant pour les &#233;l&#232;ves que pour les professeurs, &#224; une norme ext&#233;rieure, et &#224; la r&#233;alit&#233; d'un travail. En effet, tant que nous n'&#233;valuons pas ce que les &#233;l&#232;ves peuvent produire, nous pouvons &#224; loisir imaginer que nous transmettons r&#233;ellement ce que nous esp&#233;rons transmettre ; pendant les quelques semaines b&#233;nies de la rentr&#233;e o&#249; l'on travaille avec les &#233;l&#232;ves sans avoir &#224; corriger leur copie, on ignore ce qu'ils retiennent exactement des cours et ce qu'ils en comprennent. Plus le moment de l'&#233;valuation est retard&#233;, plus la d&#233;sillusion risque d'&#234;tre grande. C'est seulement par l'&#233;valuation des travaux des &#233;l&#232;ves que l'on peut se donner des rep&#232;res objectifs de leurs progr&#232;s et de la distance qui les s&#233;pare du but vis&#233;. C'est peut-&#234;tre le r&#244;le premier d'une &#233;valuation formative : donner des rep&#232;res pour l'apprentissage. Sans doute&#8230; si ce n'est que ces rep&#232;res objectifs sont rarement fournis par l'&#233;valuation telle qu'on la pratique. Et on peut se demander si en philosophie, dans cette discipline institutionnalis&#233;e au point de faire partie des &#233;preuves du bac, &lt;i&gt;nous ne sommes pas priv&#233;s de ces outils ou instruments les plus &#233;l&#233;mentaires d'une &#233;valuation un peu fine et fiable du travail et des progr&#232;s des &#233;l&#232;ves&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;valuation en philosophie et selon les textes officiels.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas qu'en philosophie, bien s&#251;r, que l'&#233;valuation fait probl&#232;me ; les critiques de la docimologie &#224; l'encontre de la notation, des biais d'&#233;valuation ne sont pas nouvelles ; la conf&#233;rence de Pierre Merle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir dans notre revue C&#244;t&#233; Philo n&#176;14 (en libre acc&#232;s) l'article de Pierre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; permettra de mieux comprendre pourquoi l'&#233;valuation d'une copie est loin d'&#234;tre une science exacte, et cela dans toutes les disciplines et non pour la seule philosophie ou les seules les disciplines dites litt&#233;raires contrairement &#224; des repr&#233;sentations tenaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, le silence institutionnel sur la question, pour ne pas dire le d&#233;ni pur et simple du probl&#232;me, est bien propre &#224; la philosophie L'illustration probablement la plus parfaite de ce d&#233;ni est le Rapport sur les notes et les sujets de philosophie au baccalaur&#233;at (1999) de Christiane Menasseyre, alors doyenne de l'Inspection G&#233;n&#233;rale de philosophie et qui sert encore de r&#233;f&#233;rence aux propagandes d&#233;fensives d&#232;s qu'on aborde cette question &#233;pineuse.. Les instructions officielles ne contiennent aucune information pr&#233;cise concernant l'&#233;valuation elle-m&#234;me ou ses modalit&#233;s (&#224; part le vague rappel sur le nombre de dissertations &#224; faire par trimestre !). Certes, le programme pr&#233;cise les objectifs de l'enseignement de la philosophie en fonction desquels il faudrait sans doute pouvoir &#233;valuer nos &#233;l&#232;ves, quels sont-ils ? Le programme actuel en indique deux : &#171; &lt;i&gt;favoriser l'acc&#232;s de chaque &#233;l&#232;ve &#224; l'exercice r&#233;fl&#233;chi du jugement, et lui offrir une culture philosophique initiale&lt;/i&gt; &#187; et il ajoute que ces &#171; &lt;i&gt;deux finalit&#233;s sont substantiellement unies&lt;/i&gt; &#187;. Seulement, comment &#233;valuer si ces objectifs sont atteints alors que, dans le m&#234;me temps, on ignore :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 - le contenu un tant soit peu pr&#233;cis de cette fameuse culture philosophique initiale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 &#8211; ce qu'il faut entendre exactement par &#171; &lt;i&gt;exercice r&#233;fl&#233;chi du jugement&lt;/i&gt; &#187;, en quoi il se distingue en philosophie de ce qu'il peut aussi bien &#234;tre dans les autres disciplines, quels sont les crit&#232;res &#8211; autres qu'impressionnistes &#8211; qui le d&#233;finissent, etc. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve ici le probl&#232;me de la d&#233;termination des programmes : comment parler de l'&#233;valuation sans dire de ce qu'on &#233;value ? Si les &#233;l&#232;ves doivent &#234;tre &#233;valu&#233;s &#224; partir de l'enseignement re&#231;u alors il faut bien savoir ce qui doit &#234;tre enseign&#233; et ce que l'on attend des &#233;l&#232;ves&#8230; pour pouvoir l'&#233;valuer ; c'est presque une lapalissade. L'ind&#233;termination des programmes de &#171; notions &#187; rend difficile voire impossible toute forme d'&#233;valuation un peu s&#233;rieuse. Cette situation &#8211; refus de la d&#233;termination, absolutisation de la dissertation, etc. - r&#233;sulte de ce que l'ACIREPh appelle, dans son &lt;i&gt;Manifeste&lt;/i&gt;, la &#171; &lt;i&gt;doctrine officieuse&lt;/i&gt; &#187; impos&#233;e depuis les ann&#233;es 80 comme norme r&#233;gulatrice de l'enseignement de philosophie.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir dans notre revue C&#244;t&#233; Philo n&#176;14 (en libre acc&#232;s) l'article de Herv&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons aux programmes. Est-il vrai qu'ils ne donnent aucune pr&#233;cision sur les objectifs d'une formation philosophique initiale ? Pas tout &#224; fait, puisqu'on trouve ceci : &#171; &lt;i&gt;cet enseignement vise dans l'ensemble de ses d&#233;marches &#224; d&#233;velopper chez les &#233;l&#232;ves &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;l'aptitude &#224; l'analyse&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;le go&#251;t des notions exactes &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;et le &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;sens de la responsabilit&#233; intellectuelle&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; &#187;&#8230; &lt;/strong&gt;autant de choses qu'on est encore bien en peine d'&#233;valuer ! Les deux derniers points se passent de commentaire. Le &#171; &lt;i&gt;go&#251;t des notions exactes&lt;/i&gt; &#187;, &#224; quoi et comment se mesure-t-il ? Le &#171; &lt;i&gt;sens de la responsabilit&#233; intellectuelle&lt;/i&gt; &#187; para&#238;t encore plus extraordinaire, est-ce un sixi&#232;me sens ? comment se manifeste-t-il ? Que peut signifier cet appel &#224; la &#171; responsabilit&#233; &#187; (de qui ? de quoi ? devant qui et pourquoi ?) quand il s'agit d'&#233;valuer le travail d'un &#233;l&#232;ve de lyc&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut se demander si ces &lt;i&gt;dispositions&lt;/i&gt; ne sont pas davantage suppos&#233;es, d&#233;sir&#233;es, ou simplement requises, qu'enseign&#233;es&#8230; et si de tels &#171; crit&#232;res &#187; ne reviennent pas &#224; faire fonder l'&#233;valuation sur la connivence socioculturelle entre l'enseignant et certains de ses &#233;l&#232;ves, plut&#244;t que sur des crit&#232;res fiables et explicites. Au-del&#224; de la stricte question de l'&#233;valuation, c'est la question de la forme possible et des conditions d'un enseignement r&#233;solument d&#233;mocratique de philosophie qui est aussi en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &#171; &lt;i&gt;l'aptitude &#224; l'analyse&lt;/i&gt; &#187; n'est pas un don mais une comp&#233;tence &#224; d&#233;velopper, on peut s'&#233;tonner qu'elle soit la seule mentionn&#233;e au titre de finalit&#233;, comme si les autres comp&#233;tences n'en &#233;taient que les moyens. Le programme les aborde un peu plus loin sous le titre &#171; &lt;i&gt;apprentissage de la r&#233;flexion philosophique&lt;/i&gt; &#187;, mais qu'en dit-il ? On ne sera pas surpris, ces moyens de d&#233;velopper &#171; &lt;i&gt;l'exercice r&#233;fl&#233;chi du jugement&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;l'aptitude &#224; l'analyse &lt;/i&gt; &#187; sont les deux exercices canoniques bien connus : la dissertation et le commentaire de texte. Nous discuterons dans nos &lt;i&gt;Journ&#233;es d'&#233;tude&lt;/i&gt; de la nature de ces exercices tels qu'ils sont &lt;i&gt;r&#233;ellement&lt;/i&gt; pratiqu&#233;s et, en particulier, tels que les &#233;l&#232;ves les comprennent et parviennent &lt;i&gt;effectivement &lt;/i&gt;&#224; les faire ; et non pas selon l'id&#233;e qu'on s'en fait puisque l'une des difficult&#233;s de l'&#233;valuation est justement l'ab&#238;me qui s&#233;pare la (re-)pr&#233;sentation officielle de l'exercice (celle que nous avons tous plus ou moins de la copie id&#233;ale) et la r&#233;alit&#233; parfois douloureuse des copies d'&#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a quelque chose d'encore plus &#233;tonnant. Les conditions de possibilit&#233;s des exercices canoniques, tout ce que l'on pourrait consid&#233;rer comme les comp&#233;tences n&#233;cessaires &#224; la r&#233;alisation m&#234;me d'une dissertation ou d'un commentaire (eux-m&#234;mes simple &lt;i&gt;moyen &lt;/i&gt;d'apprentissage de la r&#233;flexion et non fin en soi) sont consid&#233;r&#233;es comme des &lt;i&gt;pr&#233;-requis &lt;/i&gt;et non pas comme ce que nous devons enseigner. Citons le texte : &#171; &lt;i&gt;les capacit&#233;s &#224; mobiliser reposent largement sur &lt;/i&gt;&lt;strong&gt;les acquis de la formation scolaire ant&#233;rieure&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;elles consistent principalement &#224; introduire &#224; un probl&#232;me, &#224; mener ou analyser un raisonnement, &#224; appr&#233;cier la valeur d'un argument, &#224; exposer et discuter une th&#232;se pertinente par rapport &#224; un probl&#232;me bien d&#233;fini, &#224; rechercher un exemple illustrant un concept ou une difficult&#233;, &#224; &#233;tablir ou restituer une transition entre deux id&#233;es, &#224; &#233;laborer une conclusion.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est quand m&#234;me extraordinaire d'affirmer que toutes les comp&#233;tences n&#233;cessaires &#224; l'apprentissage de la r&#233;flexion philosophique sont largement &#171; &lt;i&gt;ant&#233;rieures&lt;/i&gt; &#187; &#224; l'enseignement de la philosophie. Cela r&#232;gle par avance et tr&#232;s confortablement le probl&#232;me de l'&#233;valuation qui est en v&#233;rit&#233; tr&#232;s simple : nos &#233;l&#232;ves ne remplissent pas les conditions requises pour pouvoir apprendre la r&#233;flexion philosophique par le seul moyen possible la dissertation et le commentaire. Argument &#224; la Ponce-Pilate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi l'ACIREPh juge n&#233;cessaire que les programmes et instructions tiennent v&#233;ritablement compte des exigences de l'&#233;valuation (et donc de la formation), de la diversit&#233; de ses modalit&#233;s ; que l'on s'interroge sur les objectifs et comp&#233;tences prioritaires de notre enseignement, leur prise en charge dans l'enseignement m&#234;me (et non comme un vague appendice m&#233;thodologique). C'est aussi pourquoi nous avons souhait&#233; ces journ&#233;es qui seront l'occasion de r&#233;fl&#233;chir ensemble &#224; toutes ces questions et peut-&#234;tre d'&#233;laborer collectivement des propositions que nous pourrions adresser aux repr&#233;sentants institutionnels de l'enseignement de philosophie au lyc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dans les classes. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si on met de c&#244;t&#233; les contraintes et paradoxes institutionnels, comment le probl&#232;me de l'&#233;valuation se pose-t-il dans la classe avec les &#233;l&#232;ves ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier abord, l'&#233;valuation para&#238;t moins difficile qu'au baccalaur&#233;at par exemple. En effet, quand nous &#233;valuons nos &#233;l&#232;ves, nous savons ce qu'ils doivent avoir appris, ce dont ils sont &#224; peu pr&#232;s capables, nous avons une id&#233;e pr&#233;cise des acquis exigibles et nous choisissons nous-m&#234;mes les contenus, les sujets, les exercices supports de l'&#233;valuation. Nous devrions alors &#234;tre en mesure de les &#233;valuer de mani&#232;re assez satisfaisante. Or, c'est loin d'&#234;tre le cas. Nous aurons l'occasion... [&lt;i&gt;et de revenir&lt;/i&gt;]... sur les malentendus et difficult&#233;s de notre pratique d'&#233;valuation la plus fr&#233;quente : la correction des copies (sur ces difficult&#233;s, cf. l'&#233;tude de Patrick Rayou, &lt;i&gt;La &#171; Dissert de philo &#187;. Sociologie d'une &#233;preuve scolaire, PUR,&lt;/i&gt; 2002 et les articles le site de l'ACIREPh dans la rubrique 'dissertation'). &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, ces difficult&#233;s ne sont pas toutes sp&#233;cifiques &#224; la philosophie, seulement nous les rencontrons aussi. Je n'en d&#233;velopperai rapidement qu'une seule et qui part du principe suivant : &#171; &lt;i&gt;ce que nous exigeons de nos &#233;l&#232;ves, ils doivent en &#234;tre capables &lt;/i&gt; &#187;. Si ce principe est vrai, sa mise en &#339;uvre obligerait &#224; s'assurer d'un certain nombre de choses. Par exemple, il para&#238;trait raisonnable de commencer par faire le point sur que les &#233;l&#232;ves sont capables de faire afin de d&#233;terminer ce que nous pouvons exiger &lt;i&gt;d'abord et en premier lieu&lt;/i&gt;, un peu selon le mod&#232;le de l'escalier qui veut que la premi&#232;re marche soit accessible ! Voir ensuite, quelles seront les marches ou degr&#233;s suivants. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une s&#233;rie d'obstacles se pr&#233;sente aussit&#244;t :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Comment penser une r&#233;elle une progressivit&#233; en philosophie et sur une seule ann&#233;e ? Qu'est-ce qui est premier ? Que peut-on demander qui serait l'&#233;quivalent d'une &#171; &#233;tape &#187; ? Est-ce qu'une &#233;tape de la philosophie est encore de la philosophie ? On conna&#238;t l'objection selon laquelle la philosophie on s'y jette comme dans l'eau, d'un seul coup ou pas du tout. M&#234;me si on conteste la pertinence du mod&#232;le de l'immersion brutale dans l'&#233;l&#233;ment philosophique, encore faut-il concevoir ce que seraient ces &#233;tapes possibles et ici la question de l'&#233;valuation et de la formation rencontre celle de la philosophie en premi&#232;re et de la progressivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Deuxi&#232;me obstacle : le risque de r&#233;gresser, sinon &#224; l'infini, du moins fort loin ! Si on se demande ce dont les &#233;l&#232;ves arrivant en terminale sont capables, il est &#233;vident que les comp&#233;tences &lt;i&gt;suppos&#233;es ant&#233;rieurement acquises &lt;/i&gt;par le programme existent trop peu, peu ou pas. Il est alors tentant de segmenter le travail des &#233;l&#232;ves en une s&#233;rie de comp&#233;tences partielles dont on pense qu'ils doivent les ma&#238;triser avant d'aller plus loin. Mais quelles comp&#233;tences partielles ? Pour apprendre &#224; analyser un raisonnement par exemple, il faut des comp&#233;tences logiques (et d&#233;j&#224; savoir reconna&#238;tre un connecteur logique, le distinguer &#233;ventuellement de sa forme linguistique variable) et on peut concevoir des exercices sp&#233;cifiques. Certaines disciplines ont fait ce choix mais en butant, souvent, sur un autre obstacle : le probl&#232;me pos&#233; par une technicisation ou formalisation excessive, les &#233;l&#232;ves devenant des sp&#233;cialistes de comp&#233;tences partielles tr&#232;s pr&#233;cises - trouver les d&#233;ictiques dans un texte ou rep&#233;rer un champ lexical mais sans en comprendre le sens ni l'utilit&#233;. Entre l'impressionnisme d'injonctions vagues et formelles (&#171; &lt;i&gt;faites une introduction &#187;,&lt;/i&gt;&#171; &lt;i&gt;probl&#233;matisez &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;osez penser&lt;/i&gt; &#187;) et la division sans b&#233;n&#233;fice des objectifs et comp&#233;tences en une myriade de sous-objectifs et sous-comp&#233;tences n'y a-t-il aucun moyen terme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; Un effort de d&#233;finition des attentes conduit &#224; parfois pr&#233;ciser les &#171; consignes &#187;, un peu comme lorsque nous souhaitons guider la lecture ou l'analyse d'un texte par une s&#233;rie de questions. Or, des consignes ainsi pr&#233;cis&#233;es ne sont pas toujours mieux comprises et peuvent involontairement mettre les &#233;l&#232;ves en &#233;chec devant un exercice qu'ils &#233;taient pourtant capables de r&#233;ussir. Cela est d&#251;, on le sait, au fait que des questions apparemment claires pour l'enseignant (qui a une id&#233;e pr&#233;cise LUI de la r&#233;ponse possible) ne le sont pas n&#233;cessairement pour les &#233;l&#232;ves ; ou encore &#224; la part d'implicite, sans doute irr&#233;ductible, qu'il y a dans l'&#233;nonc&#233; d'une consigne, la part aussi de convention et d'assimilation plus ou moins fine des codes scolaires eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176; Enfin, il est probablement tr&#232;s difficile de distinguer et d'expliciter pour nous-m&#234;mes et &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; pour les &#233;l&#232;ves ce qui doit &#234;tre acquis seulement comme un &lt;i&gt;moyen &lt;/i&gt;et ce qui est une &lt;i&gt;fin&lt;/i&gt;. Quand, par exemple, nous &#233;valuons l'acquisition du vocabulaire (ou des &#171; rep&#232;res &#187;) philosophiques, exigeons que les &#233;l&#232;ves connaissent certaines d&#233;finitions, cette connaissance devient pour eux une fin en soi alors que l'utilisation de ces outils pour la r&#233;flexion est la fin r&#233;elle mais souvent implicite de l'exercice. Et d'un autre c&#244;t&#233;, dans une dissertation, l'utilisation de tel ou tel rep&#232;re, de telle distinction conceptuelle, n'est jamais un crit&#232;re explicite d'&#233;valuation et on ne sugg&#232;re m&#234;me pas aux &#233;l&#232;ves, avant l'exercice, la possibilit&#233; d'utiliser ces distinctions&#8230; Cet obstacle est-il insurmontable ? (...)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir dans notre revue &lt;i&gt;C&#244;t&#233; Philo&lt;/i&gt; n&#176;14 (en libre acc&#232;s) l'article de Pierre MERLE, &#171; lA NOTATION DE LA COMP&#201;TENCE PHILOSOPHIQUE : SP&#201;CIFICIT&#201;S DE LA PHILOSOPHIE ET SP&#201;CIFICIT&#201;S DE L'&#201;VALUATION &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir dans notre revue &lt;i&gt;C&#244;t&#233; Philo&lt;/i&gt; n&#176;14 (en libre acc&#232;s) l'article de Herv&#233; BOILLOT apportant un &#233;clairage historique pr&#233;cieux sur la gen&#232;se de cette doctrine et les enjeux id&#233;ologiques de son &#233;laboration.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le vocabulaire philosophique est-il un savoir ? Apprendre les mots de la pens&#233;e</title>
		<link>https://acireph.org/les-pratiques/la-question-des-connaissances/article/le-vocabulaire-philosophique-est-il-un-savoir-apprendre-les-mots-de-la-pensee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://acireph.org/les-pratiques/la-question-des-connaissances/article/le-vocabulaire-philosophique-est-il-un-savoir-apprendre-les-mots-de-la-pensee</guid>
		<dc:date>2003-02-06T17:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Victorri</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Acireph</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Par C&#233;cile VICTORRI &lt;br class='autobr' /&gt; Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans quelle mesure le vocabulaire peut-il faire figure de savoir dans l'enseignement de la philosophie ? C'est la question que je voudrais poser ici. Elle m'est venue d'un triple constat. J'ai &#233;t&#233; surprise, quand j'ai commenc&#233; &#224; enseigner, de m'apercevoir que les premiers obstacles que je rencontrais en cours avaient pour origine des malentendus sur le sens des mots les plus courants ou les plus familiers pour moi, et que pour faire comprendre une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://acireph.org/les-pratiques/la-question-des-connaissances/" rel="directory"&gt;La question des connaissances&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/acireph" rel="tag"&gt;Acireph&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par &lt;strong&gt;C&#233;cile VICTORRI&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans quelle mesure le vocabulaire peut-il faire figure de savoir dans l'enseignement de la philosophie ? C'est la question que je voudrais poser ici. Elle m'est venue d'un triple constat.&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;J'ai &#233;t&#233; surprise, quand j'ai commenc&#233; &#224; enseigner, de m'apercevoir que les premiers obstacles que je rencontrais en cours avaient pour origine des malentendus sur le sens des mots les plus courants ou les plus familiers pour moi, et que pour faire comprendre une question ou un probl&#232;me &#224; mes &#233;l&#232;ves il fallait d'abord lever ces malentendus.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;L'existence m&#234;me de dictionnaires de la philosophie semble confirmer l'id&#233;e selon laquelle il y aurait un vocabulaire sp&#233;cifiquement philosophique que nos &#233;l&#232;ves pourraient apprendre, id&#233;e renforc&#233;e par les conseils d'un inspecteur de faire tenir aux &#233;l&#232;ves un r&#233;pertoire, comme pour une langue &#233;trang&#232;re.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Enfin et surtout, &#224; l'occasion d'un travail fait tout r&#233;cemment avec des coll&#232;gues, j'ai constat&#233; que nous &#233;tions plusieurs &#224; proposer &#224; nos &#233;l&#232;ves des interrogations de connaissances, pratique obscure et cach&#233;e (honteuse, peut-&#234;tre ?), que je soup&#231;onne d'&#234;tre plus r&#233;pandue qu'il n'y para&#238;t, et dont une partie est toujours consacr&#233;e &#224; la d&#233;finition de certains termes, et &#224; des distinctions conceptuelles. Je voudrais me fonder ici sur l'analyse compar&#233;e que nous avons tent&#233;e de ces exercices scolaires que sont ces interrogations.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se que je me propose de d&#233;velopper est la suivante : dans la mesure, d'une part, o&#249; on trouve dans les interrogations &#233;crites que nous avons propos&#233;es &#224; nos &#233;l&#232;ves des invariants et o&#249;, parmi ces invariants, il y a les questions de vocabulaire, &#233;tant donn&#233;, d'autre part, que nous donnons tous des termes &#224; d&#233;finir, des distinctions &#224; &#233;tablir, des d&#233;finitions de concepts propres &#224; une doctrine &#224; rappeler, ne faut-il pas consid&#233;rer qu'il y a l&#224; des contenus de connaissance qu'il s'agit tout bonnement d'apprendre ? Ne peut-on pas consid&#233;rer que parmi les contenus que nous enseignons &#8212; si toutefois on reconna&#238;t qu'il y a des contenus dans un cours de philosophie &#8212; il y a du vocabulaire ? Sans une certaine ma&#238;trise de ce vocabulaire, les &#233;l&#232;ves, bien qu'ils aient par ailleurs acquis une m&#233;thode, sont souvent d&#233;pourvus : ils sont r&#233;duits &#224; confronter des opinions &#224; d'autres opinions et manquent d'outils pour travailler philosophiquement une question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce qui fait difficult&#233; bien s&#251;r, c'est la nature de ce vocabulaire et son statut. Les d&#233;finitions propos&#233;es dans un cours ont toujours des statuts divers : on y trouve aussi bien des d&#233;finitions de d&#233;part, qui constituent le sens commun des termes comme pr&#233;alable pour une analyse (ex. : erreur, objectif/subjectif, pr&#233;jug&#233;, etc.), que des distinctions construites au terme d'analyses (ex. contrainte/obligation/n&#233;cessit&#233; ou encore possession/propri&#233;t&#233;) ; et il y a aussi des concepts propres &#224; des auteurs (la volont&#233; g&#233;n&#233;rale chez Rousseau, le refoulement chez Freud, le doute cart&#233;sien, etc.). Ainsi, certains termes doivent &#234;tre connus pour permettre l'analyse, d'autres sont eux-m&#234;mes objets d'analyse, d'autres enfin sont d&#233;finis par des doctrines philosophiques. Il faudra tenter une sorte de typologie du vocabulaire rencontr&#233; dans un cours de philosophie, &#224; la fois selon sa nature et selon sa fonction, et se demander dans quelle mesure on peut alors le qualifier de savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;laboration d'une telle typologie soul&#232;ve des difficult&#233;s. D'abord existe-t-il un langage sp&#233;cifiquement philosophique &#8212; ce qui impliquerait un vocabulaire commun aux philosophes &#8212;, ou seulement un usage philosophique des mots du langage courant, qu'il faudrait identifier, et dont il faudrait comprendre ce qu'il a de &#8220;philosophique&#8221; ? Ensuite, faire du vocabulaire un savoir soul&#232;ve aussi des probl&#232;mes par rapport &#224; la d&#233;marche philosophique elle-m&#234;me : n'y a-t-il pas contradiction entre, d'une part, la probl&#233;matisation, le questionnement et l'analyse philosophique, et, d'autre part, la d&#233;termination de d&#233;finitions comme contenus de savoir ? Comment en effet consid&#233;rer comme savoir &#8220;positif&#8221; ce qui n'est que provisoire, discutable, ce qui parfois n'est affirm&#233; que pour &#234;tre d&#233;menti ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne pr&#233;tends pas r&#233;soudre ici toutes ces questions, qui mettent en jeu la philosophie tout enti&#232;re, et je m'en tiendrai &#224; quelques &#233;l&#233;ments de r&#233;flexion, dans le cadre strict de l'enseignement de la philosophie en Terminale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Une typologie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le contexte de la querelle des programmes de philosophie, il n'est sans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; la philosophie travaille sur le sens des mots, son enseignement ne requiert-il pas un vocabulaire commun aux professeurs et aux &#233;l&#232;ves afin de rendre possible le travail de questionnement et d'analyse &#224; partir duquel on &#233;labore les probl&#232;mes ? Je me propose d'essayer de recenser les divers types de termes qui apparaissent dans les interrogations &#233;crites de connaissances, pour imaginer de quoi pourrait &#234;tre constitu&#233; un tel &#8220;vocabulaire&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant tout, il faut lever une ambigu&#239;t&#233; sur l'expression m&#234;me de &#8220;vocabulaire philosophique&#8221;. En effet, dire qu'il y a un vocabulaire du cours de philosophie, une sorte de lexique, reviendrait &#224; dire que la philosophie poss&#232;de une terminologie sp&#233;cifique, comme il y a une terminologie juridique ou technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si c'&#233;tait le cas, il faudrait se mettre d'accord sur les termes sans lesquels on ne peut pas penser philosophiquement. Mais il est bien &#233;vident qu'un tel lexique est impossible &#224; &#233;tablir. D'abord, parce que la philosophie, en particulier quand on l'enseigne en terminale, consiste davantage en une r&#233;flexion sur le langage courant et &#224; partir de lui. Ensuite, parce que les termes dits techniques sont en g&#233;n&#233;ral construits pour un probl&#232;me ou une doctrine donn&#233;s, et non pour l'ensemble de la philosophie (par exemple, la distinction entre l'essence formelle et l'essence objective d'une id&#233;e &#8212; distinction que l'on peut qualifier de technique, au sens o&#249; elle est sp&#233;cifique et o&#249; elle est construite pour traiter une question philosophique particuli&#232;re &#8212; se comprend en fonction de la mani&#232;re dont la scolastique a d'abord pos&#233; ce probl&#232;me). Il existe bien des concepts construits par des philosophes, mais ils sont d&#233;termin&#233;s par une doctrine ou un probl&#232;me et ne constituent en rien un lexique de la philosophie. La seule chose que l'on pourrait alors identifier comme connaissance serait la ma&#238;trise du vocabulaire propre &#224; un auteur, ce qui est tr&#232;s diff&#233;rent de l'id&#233;e d'un vocabulaire philosophique ou, plus encore, d'un &#8220;langage philosophique&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, s'il y a un vocabulaire sp&#233;cifiquement philosophique, il faut l'entendre non pas au sens d'un langage des philosophes en g&#233;n&#233;ral, mais au sens d'un ensemble de concepts propres &#224; une doctrine ou &#224; un courant de pens&#233;e. C'est, de fait, le premier genre de termes sur lesquels on interroge les &#233;l&#232;ves dans les interrogations &#233;crites de connaissances que nous avons examin&#233;es. Il s'agit en g&#233;n&#233;ral de concepts dont l'appartenance &#224; un auteur est imm&#233;diatement identifiable (conatus, refoulement, doute m&#233;thodique, etc.) ou qui ne peuvent &#234;tre compris que relativement &#224; un courant de pens&#233;e au sens large (la notion d'&#233;tat de nature par exemple est partag&#233;e par plusieurs philosophes, mais il reste qu'elle ne peut &#234;tre comprise qu'&#224; partir d'un contexte, au sens d'une mani&#232;re dont certains probl&#232;mes ont &#233;t&#233; pos&#233;s dans l'histoire de la philosophie ; ainsi on pourra &#224; partir d'un sens g&#233;n&#233;ral de ce concept, distinguer la fa&#231;on dont il a &#233;t&#233; con&#231;u par Hobbes, Locke, Rousseau, etc.) Or ce sont des &#233;l&#233;ments de cours faciles &#224; isoler, et que les &#233;l&#232;ves peuvent sans trop de difficult&#233; s'approprier. Un exemple typique : dans une interrogation &#233;crite, &#224; la question &#171; qu'est-ce que la mauvaise foi pour Sartre ? &#187;, les &#233;l&#232;ves qui ont travaill&#233; leur cours savent distinguer le sens courant du sens sartrien ; les autres d&#233;finiront l'expression comme mensonge ou insinc&#233;rit&#233;. Or il s'agit bien l&#224; d'un contenu de connaissance, indiscutable : personne ne peut contester que Sartre donne une d&#233;finition de la mauvaise foi, et il faut bien la conna&#238;tre pour en discuter les fondements. Il ne s'agit donc pas de distinctions conceptuelles, mais bien de d&#233;finitions qui sont cette fois fix&#233;es d&#233;finitivement (Sartre ne reviendra pas l&#224;-dessus), et &#224; partir desquelles on peut discuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;terminer alors ce qui doit &#234;tre ma&#238;tris&#233; par les &#233;l&#232;ves reviendrait finalement &#224; se demander quels sont les &#233;l&#233;ments de doctrine que l'on doit leur enseigner. (certains sujets requi&#232;rent d'ailleurs de telles connaissances : quand il s'agit de savoir si le respect n'est d&#251; qu'a la personne, par exemple, ne faut-il pas ma&#238;triser le concept kantien pour pouvoir probl&#233;matiser cette question ? En principe, il ne le faudrait pas. En r&#233;alit&#233;&#8230; Mais c'est une autre question.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point donc le probl&#232;me du &#8220;vocabulaire&#8221; rejoint celui du rapport de l'enseignement de la philosophie aux textes et aux auteurs. Et le vocabulaire ne sera consid&#233;r&#233; comme savoir que si on consid&#232;re qu'il y a dans l'histoire de la philosophie quelque chose comme des connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant il faut aussi reconna&#238;tre, sans pour autant d&#233;fendre l'id&#233;e d'une langue philosophique, que certains termes issus le plus souvent du langage courant ont pris un sens dans la tradition philosophique, en s'&#233;mancipant parfois d'ailleurs de leurs auteurs d'origine (je pense &#224; des termes comme n&#233;cessit&#233;, entendement, a priori, etc.). L&#224; encore, des d&#233;finitions peuvent &#234;tre donn&#233;es aux &#233;l&#232;ves, ne serait-ce que pour leur permettre de lire certains textes. Les &#233;l&#232;ves qui auront appris que &#8220;n&#233;cessaire&#8221;, au sens philosophique, ne signifie pas &#8220;vital&#8221; mais qualifie ce qui ne peut pas ne pas &#234;tre, &#233;viteront bien des faux sens en lisant un texte ou en probl&#233;matisant une question. L&#224; encore, il est facile d'isoler au sein d'un cours ce type de d&#233;finition, et il n'est pas impossible d'interroger les &#233;l&#232;ves dessus. A condition bien entendu de comprendre que le &#8220;sens philosophique&#8221; d'un terme n'est pas le seul l&#233;gitime, ni le seul possible, sans quoi le travail d'analyse peut &#234;tre paralys&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les erreurs de nos &#233;l&#232;ves portent moins sur les concepts &#233;labor&#233;s par les auteurs, ou sur des termes dont on &#233;tablit explicitement le sens philosophique, que sur des termes appartenant au langage courant ; nous travaillons alors &#224; lever ces malentendus et toute la difficult&#233; est alors de se mettre d'accord sur un sens premier des termes. C'est tout le travail que nous faisons quand nous levons des malentendus ; je pense par exemple &#224; des termes comme volont&#233; ou d&#233;termination souvent compris par les &#233;l&#232;ves comme des qualit&#233;s psychologiques (&#8220;avoir de la volont&#233;&#8221;, &#8220;&#234;tre d&#233;termin&#233; &#224; r&#233;ussir&#8221;), ce qui fait obstacle &#224; l'analyse de la volont&#233; comme d'une facult&#233; de se d&#233;terminer. Mais ces malentendus ne sont pas seulement des obstacles. Nous en avons besoin pour la r&#233;flexion philosophique. Les &#233;vacuer, tout simplement, semble impossible : ce serait pr&#233;tendre substituer un vocabulaire exact &#224; un autre, inexact. Or personne ne pr&#233;tend que le cours de philosophie est fait pour &#233;tablir un sens d&#233;fini et rigoureux, immuable, des mots ! Et pourtant, il faut bien d&#233;finir un sens commun si on veut pouvoir faire cours ! Il s'agit ici, ou bien de se mettre d'accord sur ce sens premier, sur ce qui peut &#234;tre d'embl&#233;e reconnu comme d&#233;finition valable pour n'importe qui, donc sur un sens qui soit commun aux professeurs, aux &#233;l&#232;ves et aux lecteurs de copies (je pense par exemple au support &#233;tymologique de certaines analyses), ou bien de r&#233;pertorier les diff&#233;rentes acceptions d'un terme pour pr&#233;ciser le sens auquel on l'entendra, selon les moments. Dans les deux cas, cela peut constituer des objets de connaissance, faciles &#224; isoler et &#224; apprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du recensement des diff&#233;rents types de termes rencontr&#233;s dans les interrogations &#233;crites de connaissances, nous pouvons esquisser une sorte de typologie des &#8220;d&#233;finitions philosophiques&#8221;, &#224; condition bien s&#251;r de reconna&#238;tre qu'un terme peut toujours &#234;tre d&#233;fini de diff&#233;rentes mani&#232;res, et que les fronti&#232;res entre ces types sont loin d'&#234;tre imperm&#233;ables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le terme a priori par exemple peut au sens kantien appartenir &#224; la premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Les d&#233;finitions de concepts propres &#224; des auteurs, qui ne peuvent &#234;tre comprises sans r&#233;f&#233;rence &#224; un texte ou &#224; une doctrine (mauvaise foi, jugement synth&#233;tique a priori).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Les d&#233;finitions de termes qui, sans &#234;tre r&#233;ductibles &#224; une doctrine, ont pris un sens g&#233;n&#233;ral dans la tradition philosophique (libre arbitre, a priori, entendement, n&#233;cessit&#233;).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Les diff&#233;rentes acceptions d'un terme (ma&#238;trise) ou d'une notion (nature, histoire).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Les d&#233;finitions de d&#233;part, lorsqu'on cherche &#224; s'accorder sur le sens &#8220;premier&#8221; d'un terme. C'est le cas quand on est conduit &#224; proposer aux &#233;l&#232;ves des d&#233;finitions fond&#233;es sur l'&#233;tymologie (conscience, autonomie, etc.) ou quand on doit lever un malentendu (en distinguant par exemple l'erreur et le mensonge). C'est le cas encore des distinctions qui permettent de clarifier ou de rendre visible des difficult&#233;s ; il s'agit l&#224; de mettre l'accent sur la distinction par comparaison des termes (r&#233;el/vrai, rationnel/raisonnable).&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Les pratiques des professeurs de philosophie, si diverses soient-elles, montrent que tous, peu ou prou, font ce travail de d&#233;finition ; mais les choses se passent tr&#232;s diff&#233;remment selon qu'ils le tiennent pour un simple pr&#233;alable, certes n&#233;cessaire pour philosopher, mais au fond ext&#233;rieur &#224; philosophie (qui ressortirait du fran&#231;ais par exemple) ou, au contraire, pour une activit&#233; d&#233;j&#224; philosophique par elle-m&#234;me et donc pour un objet propre &#224; un enseignement de philosophie. Ainsi, en demandant aux &#233;l&#232;ves d'apprendre ces d&#233;finitions, parce qu'elles sont n&#233;cessaires &#224; tout travail d'analyse et de probl&#233;matisation, on fait de cet apprentissage une partie int&#233;grante du cours de philosophie. On pourrait objecter que les &#233;l&#232;ves sont cens&#233;s construire ces d&#233;finitions, ou les poss&#233;der d&#233;j&#224; &#224; titre de culture g&#233;n&#233;rale. Cela serait s&#251;rement souhaitable, au moins pour ce que j'ai appel&#233; le sens &#8220;premier&#8221; des termes ; nous pourrions en effet l&#233;gitimement attendre que les &#233;l&#232;ves connaissent un peu d'&#233;tymologie et qu'ils soient capables de construire par eux-m&#234;mes les d&#233;finitions les plus communes de certains termes. Il se trouve que nous sommes le plus souvent d&#233;&#231;us dans cette attente. On peut se contenter de le regretter. Mais on peut aussi chercher &#224; pallier ces lacunes, en consid&#233;rant que cette mise au point est d'ores et d&#233;j&#224; philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit donc d'isoler dans un cours des contenus qui constituent autant de mat&#233;riaux et d'outils pour r&#233;fl&#233;chir sur des questions qui ne sont pas n&#233;cessairement celles du cours ; il s'agit de contenus pr&#233;cis qui doivent &#234;tre compris pour qu'on puisse avancer et prendre appui sur eux. Par exemple, si &#224; l'occasion d'un cours sur la v&#233;rit&#233; on a distingu&#233; rationnel et raisonnable, r&#233;el et vrai, erreur et mensonge, ces distinctions peuvent &#234;tre r&#233;-exploit&#233;es ou r&#233;-interrog&#233;es pour une r&#233;flexion sur les passions, la perception ou le langage. Si les &#233;l&#232;ves parviennent &#224; les ma&#238;triser pour elles-m&#234;mes, ind&#233;pendamment du contexte de ce cours, ils pourront s'en servir de fa&#231;on autonome. En outre, quand une distinction a &#233;t&#233; faite, elle doit pouvoir servir plus tard dans l'ann&#233;e sans que le travail soit enti&#232;rement &#224; reprendre. Ces contenus constituent soit la mati&#232;re m&#234;me de la r&#233;flexion parce que ce sont des d&#233;finitions, et donc un point de d&#233;part pour l'analyse (c'est le cas quand on donne le sens premier d'un terme, qui peut &#234;tre lui-m&#234;me d&#233;compos&#233;, et interrog&#233;), soit des outils pour l'analyse (par exemple, la ma&#238;trise d'une distinction comme essence/existence permet d'entrer dans l'analyse d'un sujet comme &#171; Puis-je savoir ce que je suis ? &#187;). Expliciter ces distinctions et v&#233;rifier que les &#233;l&#232;ves les ma&#238;trisent, c'est leur donner des instruments pour sortir de la confusion qui n'est pas la leur, mais celle de l'usage courant du langage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Quel savoir ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais peut-on vraiment tenir ces d&#233;finitions et distinctions pour des savoirs stricto sensu, et, partant, est-il l&#233;gitime d'interroger les &#233;l&#232;ves sur ce &#8220;vocabulaire&#8221; ? Car, si cette pratique peut se justifier comme moyen d'appropriation des connaissances par les &#233;l&#232;ves, elle soul&#232;ve aussi de s&#233;rieuses difficult&#233;s qu'il faut maintenant aborder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justification &#8220;scolaire&#8221; de la pratique des interrogations &#233;crites&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue tr&#232;s g&#233;n&#233;ral d'abord, ce proc&#233;d&#233;, si classique soit-il, pr&#233;sente quelques avantages pr&#233;cieux, ind&#233;pendamment des questions auxquelles il renvoie pour la philosophie et sur lesquelles nous reviendrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, il permet d'&#233;valuer autrement le travail effectu&#233; car il rend visible ce travail purement scolaire du cours que font nombre d'&#233;l&#232;ves qui, par ailleurs, peuvent &#233;chouer dans les exercices canoniques (dissertation ou &#233;tude de texte) comme en t&#233;moignent les &#233;carts de notes importants entre ces derniers et les interrogations &#233;crites. Celles-ci r&#233;v&#232;lent efficacement le travail r&#233;ellement fourni mais aussi les points de cours bien compris par la classe et ceux qui, mal saisis, devront &#234;tre repris. En outre, on peut, au premier trimestre en particulier, mod&#233;rer la faiblesse des moyennes aux dissertations en tenant compte des notes d'interrogation (et d'autres exercices), ce qui est encourageant pour les &#233;l&#232;ves dont le travail est reconnu et &#8220;r&#233;compens&#233;&#8221;. Il ne s'agit pas de tromper ces derniers en leur faisant croire que leur r&#233;ussite &#224; l'interrogation est r&#233;v&#233;latrice de leur &#8220;niveau&#8221; pour le bac, mais bien de combattre le sentiment souvent &#233;prouv&#233; par certains que tous leurs efforts sont vains (on sait que le r&#233;sultat du travail des &#233;l&#232;ves n'est pas imm&#233;diat, et que ce d&#233;calage est d&#233;courageant pour beaucoup d'entre eux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, apr&#232;s avoir analys&#233; collectivement cette pratique, on doit aussi faire &#233;tat des obstacles ou des difficult&#233;s qu'elle suscite. Ces derniers sont de plusieurs ordres : d'abord p&#233;dagogique, au sens o&#249; la double exigence (appropriation des connaissances, et r&#233;flexion sur ces m&#234;mes connaissances) est difficile &#224; transmettre ; mais aussi philosophique, au sens o&#249; le rapport de la d&#233;marche philosophique &#224; de tels contenus est lui-m&#234;me probl&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Difficult&#233; 1 : le risque du mauvais usage des connaissances.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'examen des interrogations faites par les professeurs de philosophie montre qu'ils demandent toutes sortes de d&#233;finitions et au statut tr&#232;s diff&#233;rent : car ce n'est pas la m&#234;me chose que d'interroger un &#233;l&#232;ve sur le sens des mots du langage courant et de l'interroger sur le sens d'un concept (autonomie, universel) ou d'une notion du programme (histoire, v&#233;rit&#233;) ; de m&#234;me, tant&#244;t c'est une d&#233;finition assez simple qui est attendue, tant&#244;t c'est plut&#244;t et d&#233;j&#224; une analyse (savoir distinguer les diff&#233;rents sens du mot nature par exemple). Lorsqu'il s'agit d'une notion dont le sens, probl&#233;matique, est &#224; construire, sa premi&#232;re d&#233;finition ne sera qu'un point de d&#233;part ou une &#233;tape de la r&#233;flexion ; on ne saurait en demander une d&#233;finition achev&#233;e ou pr&#233;tendant en fixer d&#233;finitivement un sens sans perdre de vue le probl&#232;me que pose, justement, sa construction. Cependant il faut bien un point de d&#233;part et apprendre le sens &#233;tymologique du terme &#8220;conscience&#8221; par exemple, c'est bien apprendre une d&#233;finition, utile &#224; l'analyse, et donc &#224; la probl&#233;matisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en demandant aux &#233;l&#232;ves d'apprendre une d&#233;finition et de la restituer ensuite, on prend le risque de les voir confondre la d&#233;finition comme op&#233;ration n&#233;cessaire &#224; l'analyse, et le r&#233;sultat d'un travail de conceptualisation. En effet, demander aux &#233;l&#232;ves de distinguer contrainte, obligation et n&#233;cessit&#233;, c'est leur demander de restituer le r&#233;sultat d'un travail de probl&#233;matisation fait en cours. Or, certains sujets de bac n&#233;cessiteront la connaissance et la ma&#238;trise de cette distinction soit, au d&#233;part, comme outil d'analyse pour comprendre le sujet, en clarifier le sens, soit, &#224; l'arriv&#233;e, comme &#233;l&#233;ment de r&#233;ponse &#224; la question pos&#233;e (l'&#233;l&#232;ve doit alors savoir red&#233;ployer le travail de probl&#233;matisation et d'analyse qui conduit &#224; cette distinction).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les &#233;l&#232;ves consid&#232;rent cette distinction comme acquise, ils peuvent &#234;tre mis en difficult&#233; par leurs connaissances, ce qui n'est pas le moindre des paradoxes. Je me souviens d'une &#233;l&#232;ve qui pour traiter le sujet &#171; Puis-je savoir ce que je suis ? &#187; prenait pour point de d&#233;part la distinction sartrienne en soi/pour soi (&#233;tudi&#233;e en cours). Il &#233;tait &#233;vident pour elle que la question ne se posait pas : l'&#234;tre pour soi, n'ayant pas d'essence, ne pouvait faire l'objet d'un savoir ; elle l'avait appris, compris et r&#233;affirm&#233; &#224; cette occasion ! On pourrait penser que cette &#233;l&#232;ve aurait &#233;t&#233; plus &#224; l'aise sans son &#8220;bagage philosophique&#8221; ; mais cette hypoth&#232;se ne r&#233;siste pas longtemps &#224; l'&#233;preuve de la lecture de copies dont les auteurs sont d&#233;pourvus de tels &#233;l&#233;ments de connaissance. Mais il est vrai que tout le travail, avec elle, a consist&#233; &#224; lui faire comprendre que ce qu'elle avan&#231;ait comme une &#233;vidence premi&#232;re recouvrait en fait une th&#232;se qu'il fallait d&#233;montrer et qui pouvait &#234;tre discut&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce risque est r&#233;el, il est vain de vouloir l'&#233;viter. D'abord parce que sans la connaissance de ces d&#233;finitions et distinctions en quelque sorte requises pour comprendre et traiter certains probl&#232;mes, les &#233;l&#232;ves sont de fait compl&#232;tement d&#233;munis ou le plus souvent incapables de penser quoi que ce soit de pertinent. Ensuite, refuser de prendre ce risque, au pr&#233;texte d'un mauvais usage possible des connaissances reviendrait &#224; refuser d'enseigner au pr&#233;texte que ce qu'on enseigne risque d'&#234;tre mal compris ! La vraie difficult&#233; est plut&#244;t de faire comprendre le statut particulier des connaissances dans le cours de philosophie. Ce qui renvoie &#224; la question plus g&#233;n&#233;rale du rapport de la philosophie elle-m&#234;me &#224; un certain type de savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Difficult&#233; 2 : le rapport de la philosophie au langage courant. Pourquoi apprendre la d&#233;finition courante des termes courants s'il faut de plus s'en &#233;carter ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut s'interroger sur la l&#233;gitimit&#233; m&#234;me de ces d&#233;finitions d'un sens &#8220;premier&#8221; des termes et de faire apprendre aux &#233;l&#232;ves des &#8220;contenus&#8221; qu'ils devront remettre en cause, c'est-&#224;-dire de consid&#233;rer finalement comme objets de savoir des propositions qui n'ont pas le statut de v&#233;rit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e m&#234;me de faire apprendre des d&#233;finitions de termes courants suppose qu'ils aient un sens pr&#233;cis que le langage ordinaire des &#233;l&#232;ves aurait oubli&#233; ou recouvert. Cela est &#233;videmment discutable. Le langage ordinaire ou courant des &#233;l&#232;ves est aussi un objet de r&#233;flexion philosophique, et par cons&#233;quent il faut bien en tenir compte et non l'&#233;vacuer au pr&#233;texte de son manque de rigueur. Sinon, comment pourrait-on, par exemple, s'interroger de mani&#232;re pertinente sur un sujet comme &#171; Peut-on manquer de volont&#233; ? &#187; ou &#171; Peut-on dire &#8220;&#224; chacun sa v&#233;rit&#233;&#8221; ? &#187; ? (ou alors les probl&#232;mes seraient r&#233;gl&#233;s d'avance !). Ce qui est sera justement int&#233;ressant ici, c'est de jouer des diff&#233;rents sens. Ne conseillons nous pas &#224; nos &#233;l&#232;ves de partir du langage courant ? Or, tout cela para&#238;t &#234;tre une d&#233;marche contradictoire avec l'id&#233;e qu'il faut leur faire apprendre un sens pr&#233;cis des termes en lieu et place de leur usage courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#234;che que si on peut analyser &#224; partir de l'usage courant des termes, c'est &#224; condition de ne pas &#234;tre aveugl&#233; par celui-ci, ou, plus exactement, &#224; condition d'&#234;tre en mesure de voir son obscurit&#233;. C'est bien le but d'une analyse de sujet que de faire appara&#238;tre les difficult&#233;s li&#233;es aux diff&#233;rentes acceptions d'un terme. Encore faut-il acc&#233;der &#224; ces diff&#233;rentes acceptions et, pour cela, les conna&#238;tre. On voudrait que les &#233;l&#232;ves soient en mesure d'analyser le langage courant, en ne disposant que de lui. (Et encore !) Or il est bien &#233;vident que pour comprendre les difficult&#233;s qu'il pose, il faut disposer d'outils d'analyse, et que ces outils sont souvent, &#224; nouveau, du vocabulaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agirait alors de comprendre que la connaissance de d&#233;finitions, et m&#234;me l'apprentissage syst&#233;matique du vocabulaire rencontr&#233; en cours, ne vise &#224; fixer de fa&#231;on univoque et irr&#233;vocable le sens exact du langage, comme dans le r&#234;ve d'une langue parfaitement ad&#233;quate &#224; son objet, mais seulement &#224; en clarifier les usages en donnant ainsi aux &#233;l&#232;ves les moyens de voir l'obscurit&#233; et la confusion, riches de sens, de la langue. Pour rendre cela visible, il faut pouvoir analyser, et pour analyser, il faut pouvoir d&#233;finir ! Si l'analyse et le questionnement sont le propre de la d&#233;marche philosophique, et que ces deux op&#233;rations requi&#232;rent la d&#233;finition, alors la d&#233;marche philosophique elle-m&#234;me requiert la d&#233;finition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Difficult&#233; 3 : la contradiction apparente entre l'apprentissage de d&#233;finitions et la d&#233;marche philosophique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut s'interroger sur la contradiction qui semble exister, au moins &#224; premi&#232;re vue, entre la d&#233;marche philosophique (analyse, questionnement, probl&#233;matisation) et l'apprentissage de d&#233;finitions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On pourrait en effet nous opposer que d&#233;finir est une d&#233;marche philosophique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e m&#234;me d'analyse recouvre en effet plusieurs op&#233;rations distinctes, dans lesquelles la ma&#238;trise du vocabulaire joue un r&#244;le diff&#233;rent :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;on peut analyser en mettant en question une d&#233;finition courante : mettre en cause, par exemple, le sens premier d'un terme en d&#233;composant les &#233;l&#233;ments de sa d&#233;finition, ce qui suppose &#233;videmment une premi&#232;re d&#233;finition, celle du langage courant. Soit la question &#171; La conscience de soi est-elle une connaissance ? &#187;. Pour analyser un tel sujet, ne faut-il pas poss&#233;der dans son bagage une premi&#232;re d&#233;finition, ne serait-ce qu'&#233;tymologique, de la conscience ? Dans ce cas, ce sont vraiment des d&#233;finitions qui sont requises, bien que le but de l'analyse soit de les mettre en question.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;on peut analyser en faisant jouer les diff&#233;rentes acceptions d'un terme. Dans ce cas, l'analyse d'un terme peut faire l'objet d'un apprentissage (par exemple, on demandera aux &#233;l&#232;ves d'apprendre les diff&#233;rents sens possibles de &#8220;nature&#8221;,)&lt;/li&gt;&lt;li&gt;on peut analyser encore en faisant &#233;clater le sens d'un terme par l'examen de ses oppos&#233;s. Par exemple, la libert&#233; a un sens diff&#233;rent selon qu'on l'oppose &#224; la contrainte, &#224; la n&#233;cessit&#233;, &#224; l'ali&#233;nation, etc., ce qui suppose la ma&#238;trise de ces oppos&#233;s et de leurs distinctions.&lt;br class='autobr' /&gt;
On voit bien ici que toute op&#233;ration d'analyse, pour permettre une r&#233;flexion sur l'usage courant du langage, requiert la ma&#238;trise d'un vocabulaire. Encore une fois, ce qui r&#233;siste, dans l'enseignement de la philosophie, ce qui fait v&#233;ritablement difficult&#233;, ce n'est pas tant l'appropriation de ce vocabulaire &#8212; pour peu qu'on accepte de donner effectivement aux &#233;l&#232;ves les moyens de se l'approprier, et donc de lui accorder un statut de connaissance &#8212; que la compr&#233;hension de l'usage sp&#233;cifique des connaissances dans la d&#233;marche philosophique.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On est alors face au probl&#232;me que pose l'id&#233;e d'un savoir en philosophie : celle de son articulation avec l'ensemble du travail philosophique. En effet, bien conna&#238;tre son cours est une condition n&#233;cessaire mais non suffisante pour r&#233;ussir la dissertation ou pour probl&#233;matiser une question ! Si on peut conna&#238;tre parfaitement &#8220;son cours&#8221; et &#233;chouer en dissertation, cela ne signifie-il pas qu'il est effectivement inutile de conna&#238;tre quoi que ce soit en philosophie ? Cela ne serait vrai que si les &#8220;ignorants&#8221; r&#233;ussissaient mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#234;che que les connaissances acquises ne sont pas toujours, loin s'en faut, r&#233;utilis&#233;es dans les copies. Il faut donc faire le pont entre le travail d'appropriation du cours et celui de la probl&#233;matisation pour permettre une exploitation pertinente des connaissances. Les interrogations ne suffisent pas pour cela. Alors comment faire ? D&#233;j&#224;, peut-&#234;tre, s'efforcer &#224; une pratique permanente de la probl&#233;matisation par les connaissances d&#233;j&#224; acquises, c'est-&#224;-dire, plut&#244;t que d'en ajouter toujours plus, ne pas h&#233;siter &#224; revenir &#224; plusieurs reprises sur les m&#234;mes &#233;l&#233;ments de connaissance et montrer comment on peut s'en servir pour probl&#233;matiser les questions nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais finalement cette difficult&#233; n'est-elle pas g&#233;n&#233;rale, et non strictement philosophique ? Ne rencontre-t-on pas cet &#233;cart dans toutes les mati&#232;res : la r&#232;gle d'orthographe bien connue quand il s'agit de la r&#233;citer, mais syst&#233;matiquement transgress&#233;e dans une r&#233;daction ; ou encore le th&#233;or&#232;me appris, mais mal utilis&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement en philosophie, comme ailleurs, il y a des savoirs que l'on peut isoler et caract&#233;riser &#8212; on a tent&#233; ici de le faire &#224; propos du vocabulaire &#8212; mais, en philosophie comme ailleurs, cet apprentissage n'est qu'une partie du travail. Aucune des disciplines enseign&#233;es &#224; l'&#233;cole n'accepterait d'&#234;tre consid&#233;r&#233;e simplement comme un apprentissage de connaissances &#224; restituer ; la philosophie ni plus ni moins que les autres ne peut &#234;tre r&#233;duite &#224; cela. Mais il serait absurde, pour &#233;viter cet &#233;cueil, de renoncer &#224; l'id&#233;e m&#234;me de savoir. L'explicitation des termes employ&#233;s en cours de philosophie fait partie de ce qui peut s'apprendre, et de ce qui peut permettre aux &#233;l&#232;ves de faire effectivement de la philosophie. La difficult&#233; est bien de trouver les moyens de travailler le passage de la connaissance &#224; la construction de probl&#232;me, c'est-&#224;-dire de faire comprendre aux &#233;l&#232;ves l'usage et le sens de ce qu'ils apprennent. En r&#233;fl&#233;chissant sur la sp&#233;cificit&#233; des difficult&#233;s rencontr&#233;es dans l'enseignement de la philosophie, je m'aper&#231;ois qu'on retrouve finalement, en philosophie, la difficult&#233; principale de tout enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le contexte de la querelle des programmes de philosophie, il n'est sans doute pas inutile de clarifier quelques points. Ma d&#233;marche ici consiste uniquement, &#224; partir d'exp&#233;riences de professeurs de philosophie, &#224; examiner ce que ces derniers consid&#232;rent, dans leur enseignement, comme des &#233;l&#233;ments de connaissance sur lesquels ils peuvent interroger leurs &#233;l&#232;ves. Bien entendu, ces &#233;l&#233;ments sont toujours &#233;troitement li&#233;s &#224; un cours, dont la probl&#233;matique est connue du professeur comme des &#233;l&#232;ves, les termes d&#233;finis le sont donc en fonction d'un probl&#232;me d&#233;termin&#233;. Quant &#224; inscrire dans un programme une liste de termes, ind&#233;pendamment de la question de leur nature ou de leur fonction, et ind&#233;pendamment du cadre probl&#233;matique dans lesquels ils sont d&#233;finis, voil&#224; qui me semble faire fi des difficult&#233;s que je serai conduite &#224; d&#233;velopper. Par ailleurs, je me contente ici de rep&#233;rer ce qu'il y a de commun dans les pratiques, et non de prescrire ce qui doit &#234;tre appris dans l'absolu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le terme a priori par exemple peut au sens kantien appartenir &#224; la premi&#232;re cat&#233;gorie, mais il peut aussi appartenir &#224; la deuxi&#232;me s'il s'agit de le distinguer du sens courant tel qu'il est compris par les &#233;l&#232;ves (pr&#233;jug&#233;), ou encore &#224; la quatri&#232;me si on le d&#233;finit plus simplement par opposition &#224; a posteriori, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On pourrait en effet nous opposer que d&#233;finir est une d&#233;marche philosophique dans la mesure o&#249; cela exige une construction, alors qu'apprendre une d&#233;finition c'est la consid&#233;rer comme donn&#233;e. Ce qui revient &#224; dire qu'il y a une contradiction entre philosopher et savoir. Je crois que quand on enseigne en Terminale, il faut poser le probl&#232;me autrement et se demander de quel savoir on se sert, de fait quand on fait de la philosophie, et de s'assurer que les &#233;l&#232;ves puissent aussi s'en servir, et donc qu'ils le poss&#232;dent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vid&#233;o : Positions de l'ACIREPh et de l'APPEP sur les programmes et les &#233;preuves de philosophie </title>
		<link>https://acireph.org/l-acireph-2/l-acireph/article/video-positions-de-l-acireph-et-de-l-appep-sur-les-programmes-et-les-epreuves</link>
		<guid isPermaLink="true">https://acireph.org/l-acireph-2/l-acireph/article/video-positions-de-l-acireph-et-de-l-appep-sur-les-programmes-et-les-epreuves</guid>
		<dc:date>1998-02-06T20:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Acireph, C&#233;cile Victorri</dc:creator>


		<dc:subject>Enseignement</dc:subject>
		<dc:subject>Pratiques</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;dagogie</dc:subject>
		<dc:subject>Programmes</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Connaissances</dc:subject>
		<dc:subject>Baccalaur&#233;at</dc:subject>

		<description>

-
&lt;a href="https://acireph.org/l-acireph-2/l-acireph/" rel="directory"&gt;Pr&#233;sentation de l'ACIREPh&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/enseignement" rel="tag"&gt;Enseignement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/pratiques" rel="tag"&gt;Pratiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/pedagogie" rel="tag"&gt;P&#233;dagogie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/programmes" rel="tag"&gt;Programmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/histoire" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/connaissances" rel="tag"&gt;Connaissances&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://acireph.org/mot/baccalaureat" rel="tag"&gt;Baccalaur&#233;at&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_2 spip_document spip_documents spip_document_video spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende&#034; data-legende-len=&#034;97&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;video-intrinsic-wrapper&#034; style='height:0;width:560px;max-width:100%;padding-bottom:56.25%;position:relative;'&gt; &lt;div class=&#034;video-wrapper&#034; style=&#034;position: absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034;&gt; &lt;video class=&#034;mejs mejs-2&#034; data-id=&#034;2d34b844f5730f236626759ffcce31d8&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;pluginPath&#034;:&#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/&#034;,&#034;loop&#034;:false,&#034;videoWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;videoHeight&#034;:&#034;100%&#034;}' width=&#034;100%&#034; height=&#034;100%&#034; poster=&#034;local/cache-vignettes/L301xH201/capture_d_e_cran_2016-01-13_a_09.38.59-f4a46.png?1707862464&#034; controls=&#034;controls&#034; preload=&#034;none&#034; &gt; &lt;source type=&#034;video/mp4&#034; src=&#034;IMG/mp4/les_positions_de_l_acireph_et_de_l_appep_sur_les_programmes_et_les_epreuves_de_philosophie_-_youtube_360p_.mp4&#034; /&gt; &lt;img src='https://acireph.org/local/cache-vignettes/L301xH201/capture_d_e_cran_2016-01-13_a_09.38.59-f4a46-a9ce9.png?1707862464' width='301' height='201' alt='Impossible de lire la video' /&gt; &lt;/video&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vid&#233;o : Positions de l'ACIREPh et de l'APPEP sur les programmes et les &#233;preuves de philosophie.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;
&lt;div class=&#034;base64javascript51961071069ec1ed942f792.11099003&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzcxNDA2OTAwJyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3NzE0MDY5MDAnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
