Acireph : Association pour la Création d’Instituts de Recherche sur l’Enseignement de la PHilosophie

Communiqué sur la suspension d’un professeur de philosophie à Poitiers

dimanche 1er février 2015.

Nous apprenons la suspension récente, pour 4 mois et à titre conservatoire, de Jean-François Chazerans, professeur de philosophie au Lycée Victor Hugo de Poitiers. J.-F. Chazerans est accusé par des parents d’élèves d’avoir tenu des propos déplacés à propos des récents attentats de Paris. Cette semaine, l’affaire a pris un tour judiciaire, puisque le rectorat de Poitiers a saisi le parquet qui ouvre une information judiciaire pour apologie d’actes de terrorisme.

Dans la Charente Libre (24/01/2015), Jean-François Chazerans répond à ces accusations : « Je suis sonné, je m’attendais à tout sauf à ça. Ce fameux jeudi, j’ai organisé des débats avec mes six classes de terminale. Le but était de comprendre les causes du terrorisme en sortant autant que possible de la passion et de l’émotion du moment. Ce sont les élèves qui étaient demandeurs. J’étais réticent. Je n’aime pas évoquer à chaud de tels sujets. Devant leur insistance et leur état de choc, j’ai décidé de mettre en place ces débats. ». J.-F. Chazerans souligne qu’il n’a pas la « moindre sympathie pour les djihadistes ». « Ce sont des groupes fascistes que je combats. Il n’y a pas eu une quelconque apologie du terrorisme pendant mes cours. »

La Nouvelle République (27/01/2015) rapporte avoir reçu de nombreux témoignages de soutien, d’élèves notamment : « M. Chazerans ne dérange pas comme certains le pensent, mais il interpelle. Il fait parler et donc réfléchir. Que peut-on demander de plus à un professeur de philosophie ? » Nous ne savons pas si des propos déplacés ont été tenus. Mais connaissant les engagements et les prises de position publiques de Jean-François Chazerans, il nous paraît proprement stupéfiant que le Rectorat ait saisi le Parquet de Poitiers pour lui demander d’ouvrir une information judiciaire pour « apologie d’actes de terrorisme ».

La précipitation de cette plainte avant même que l’intéressé ait pu avoir connaissance des faits reprochés et en présenter sa version, est également choquante. Elle met clairement à mal la protection fonctionnelle normalement due à tout fonctionnaire dans l’exercice de sa mission.

Nous suivrons avec la plus grande attention le résultat des enquêtes en cours.
L’ACIREPh


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