Acireph : Association pour la Création d’Instituts de Recherche sur l’Enseignement de la PHilosophie

Le Programme d’Éducation Civique et Morale au lycée

mardi 7 juillet 2015.

Tel que présenté, le projet est globalement excellent, par les thèmes et le type d’approche qu’il propose. De la Seconde à la Terminale, les thèmes sont en lien avec des enjeux fondamentaux du monde contemporain : la démocratie, la justice sociale, la société de l’information, les biotechnologies, etc. Et l’approche recommandée est bien réflexive, non dogmatique, comme certains le craignaient. De plus, l’idée de placer le débat argumenté au centre de cet enseignement fait de celui-ci un vrai apprentissage de la vie démocratique. Hélas, dans la réalité, nous pouvons déjà dire que ce projet n’aboutira pas, compte tenu de la disproportion évidente entre l’importance de son contenu et la petitesse du volume horaire alloué. D’un côté, pour chaque classe du lycée (seconde, première et terminale), le programme comporte deux thèmes qui se déclinent en nombreuses connaissances, chacune ou presque liée à un ou plusieurs problèmes complexes. D’un autre côté, il n’y a que les pauvres 16h- élèves annuelles de l’actuel ECJS ! Ainsi, en considérant le temps nécessaire aux travaux préparatoires d’un débat, au débat lui-même, et à la réflexion rétrospective (il s’agit des recommandations du programme), on voit mal un professeur mener plus que trois débats par an. Par rapport aux nombreux problèmes directement appelés par les connaissances de chaque thème, cela paraît fort mince. Dans les faits, on entrevoit déjà les risques : survol des problèmes, disparition de la dimension réflexive au profit d’un cours plus magistral, place réduite accordée au débat, etc. Un programme dont on sait d’emblée qu’il est inapplicable est un mauvais coup porté aux élèves et aux enseignants. Ajoutons que rien n’est dit concernant l’évaluation qui, dans ces conditions, risque elle-même d’être impraticable ou arbitraire. Au regard des enjeux, ces limites ne doivent pas cependant pas empêcher les professeurs de philosophie de participer à cet enseignement. C’est une occasion de philosopher autrement et hors des contraintes du Bac.


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