Acireph : Association pour la Création d’Instituts de Recherche sur l’Enseignement de la PHilosophie

Extrait de la présentation du Rapport dans l’U.S. (SNES) de mars 1990

Le texte ci-dessous est extrait de l’US, journal syndical du SNES. Etant donné la violence du Front Conservateur, le SNES avance prudemment en lançant le débat auprès de ses syndiqués. Plutôt favorable aux propositions qu’il considère comme un progrès, il va donner largement la parole à ses adhérents. Après un temps de discussion collective positive, les débats vont s’enflammer et il lui faudra constater que, même, chez ses syndiqués la propagande menée par la réaction conservatrice a fini par porter ses fruits : à l’image de la profession, une majorité de syndiqués n’a même pas lu le rapport.
vendredi 23 mars 1990 par Acireph, Serge Cospérec

PHILOSOPHIE ET EPISTEMOLOGIE :

le rapport Derrida-Bouveresse

[extrait de L’Université Syndicaliste N° 234 – 23 mars 1990 – © SNES]

 

PROBLÉMATIQUE

Le rapport de la commission a ce mérite particulier de partir des questions vraies et essentielles qui se posent aujourd’hui à cet enseignement, et qui se poseront avec toujours plus d’acuité dès lorsque l’on étendra l’accès à l’enseignement philosophique à de nouveaux élèves.

Parmi ces questions, on relèvera celles qui fondent les quatre principes du rapport :

  • La difficulté majeure, en dix mois, d’opérer cette sorte de « conversion qui devrait faire passer l’élève de l’opinion commune à l’esprit philosophique » ;
  • La place de la philosophie par rapport aux autres disciplines : ne pouvant pas prétendre à « une position de surplomb », elle a cependant un rôle à jouer « pour contribuer à l’unité de la formation » ;
  • Toutes les dérives résultant d’une conception de l’enseignement qui, au nom du souci légitime de préservation de la liberté pédagogique et de refus de l’appauvrissement, aboutit, aux yeux des élèves, à situer l’épreuve du baccalauréat du côté de l’aléatoire, sans exigences précises de compétences, entraînant abandon ou bachotage ;
  • Le divorce entre cette conception de l’enseignement de la philosophie, mécaniquement transposée, et les publics scolaires de l’enseignement technique, et, plus généralement les publics scolaires nouveaux qui accéderont au baccalauréat dans les prochaines années.
    Les principales propositions découlent de ces constats. Elles sont présentées avec d’infinies précautions, soucieuses de prévenir les objections, notamment celles qui relèvent des conditions de travail actuelles dans les lycées : « Les propositions que nous faisons n’auraient aucun sens, aucun, intérêt, aucune chance, elles rencontreraient une opposition légitime de la part de tous les professeurs si elles n’étaient pas mises en œuvre dans un contexte nouveau. » On notera avec satisfaction la priorité absolue accordée à l’allègement des effectifs et du nombre maximal de classes à la charge de chacun, comme condition première de ce nouveau contexte.

Malgré tout, les quatre principales propositions du rapport ne manqueront pas de susciter bien des interrogations : leur caractère novateur est indéniable mais elles soulèvent presque autant de questions qu’elles prétendent en résoudre. Il serait bon qu’elles fassent l’objet d’une large consultation des professeurs de philosophie. C’est aussi un appel à contributions que lance le S.n.e.s.

[…]

Un rapport qui a le mérite de repérer les problèmes, de proposer des solutions. Faisons-les débattre par les professeurs de philosophie avant tout changement.

Résumé des propositions

1. La philosophie doit intervenir comme constituant indispensable de toute information intellectuelle cohérente, structurée et soucieuse de comporter une dimension critique, à partir d’un certain niveau de savoir et de culture ;

  • Elle doit avoir un caractère progressif ;
  • Renforcer les liens entre l’enseignement de la philosophie et celui des autres disciplines ;
  • Faciliter le lien entre les différents secteurs du savoir et de la culture aujourd’hui éparpillés.
     

2. Comme toute discipline fondamentale, la philosophie doit donner lieu à un enseignement qui respecte son identité, s’articule sur d’autres disciplines et étende sur plusieurs années le cycle d’une initiation, d’une formation et d’un approfondissement.

- *Initiation en première à raison de 2 h obligatoires par semaine réparties selon divers modèles au cours de l’année, en collaboration avec 3 groupes de disciplines philosophie / sciences-philosophie / sciences sociales philosophie / langages, arts et littérature.

- *Formation en TD avec horaires suffisants. En aucun cas inférieur au volume actuel.

- *Approfondissement en premier cycle universitaire avec thèmes appropriés aux dominantes de formation.
 

3. Innovation prudente mais déterminée au baccalauréat : contrat clair - diversification des exercices qui relativise la place de la dissertation : les élèves ne devront être confrontés qu’à des questions avec lesquelles ils auront pu acquérir une réelle familiarité.

Pour lutter contre la diversité illimitée des sujets, leur extrême généralité, leurs liens trop indirects avec ce qui a été étudié, l’appel à des capacités rhétoriques inaccessibles, proposition d’un épreuve écrite en 4 h combinant :

  • Une série de questions visant à évaluer l’assimilation du vocabulaire de base, des distinctions conceptuelles élémentaires, des points de repères dans l’histoire de la philosophie : durée 1 heure ; 6 questions avec réponses de 10 à 20 lignes, les candidats devraient en choisir 3 ;
  • Une dissertation (ou un commentaire) portant exclusivement sur le programme spécial -. durée 3 h. Une épreuve orale pour les baccalauréats technologiques à partir d’un dossier.
     

4. Rénovation en profondeur des programmes et du baccalauréat.

  • Programme général, définir pour une longue période au niveau national (plus restreint que le programme actuel, réduit d’un tiers : notions, méthodologie).
  • Programme spécial, constitué par deux ou trois problèmes philosophiques de base et l’étude de deux ou trois œuvres philosophiques, à partir du programme général. Problèmes et œuvres seraient formulés au plan académique avec présence ou représentation des enseignants (les œuvres pourraient être choisies dans un ensemble plus vaste que les œuvres actuelles). Ces problèmes philosophiques seraient étroitement reliés aux notions du programme général.
    La commission académique serait régulièrement renouvelée.

 

5. Formation des maîtres : y inclure à tous les niveaux un enseignement de la philosophie comme dans les E.n. actuelles

  • Interrogations sur la pratique pédagogique ;
  • Doit permettre de former les maîtres à la pratique pluridisciplinaire.

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