Acireph : Association pour la Création d’Instituts de Recherche sur l’Enseignement de la PHilosophie

Enseigner la philosophie dès la classe de Seconde ?

L’annonce ministérielle d’un enseignement anticipé de philosophie dès la classe de seconde a relancé le débat lancé par le GREPH en 1975 sur l’âge de la philosophie. Quelques textes pour la réflexion.
jeudi 28 juin 2012 par Acireph

 Trois tribunes parues dans le journal Le Monde. 

1. Vive la philo en 2de ! - Michel Fichant

2. L’impensable enseignement de la philosophie en seconde - Thierry Giraud

Et parce que ces deux tribunes réagissent à une troisième dont le contenu aurait pu faire croire à un canular :

3. Faire de la philosophie en 2de, c’est trop tôt - Guillaume Pigeard de Gurbert, où l’on apprend quand même que « la philosophie est une impasse évolutive de la pensée arrêtée par le mur de l’impensable » (sic).

Certains textes étant devenus inaccessibles, vous pouvez les lire ci-dessous.

Et un dossier spécial dans notre Côté-Philo n°16 : Philosophie en Seconde : un piège ou une chance pour la philosophie ? En accès libre ici.


Vive la philo en 2de ! - Michel Fichant

LE MONDE, Article paru dans l’édition du 17.12.10 

 Il est des arguments en faveur de l’enseignement de la philosophie qui vont exactement à l’encontre de la cause que l’on veut servir. Tel est le cas avec la tribune de Guillaume Pigeard de Gurbert (Le Monde du 26 novembre).

 Selon son auteur, il faudrait, pour établir les conditions de l’enseignement de la philosophie, partir d’une définition de la philosophie elle-même. Cette première erreur commise, M. Pigeard de Gurbert énonce sa définition : il s’agirait dans la philosophie de ’la prise en compte de la pensée de l’impensable’. Bien que l’on assure que cette caractérisation ’se retrouve à chaque fois chez les grands philosophes’, j’avoue ne pas réussir à la retrouver, par exemple, chez Aristote, Thomas d’Aquin, Descartes, Spinoza, Leibniz, Locke, Hume, Kant, Hegel.

 De cette pseudo-définition peu intelligible, qui reste sa découverte personnelle, M. Pigeard de Gurbert tire la conclusion qu’il serait trop tôt pour faire de la philosophie en 2de : les élèves n’auraient pas la maturité requise pour enfin affronter ’la tragédie de l’impensable’.

 Le plus grave dans l’affaire est qu’un tel argument, qui entretient l’illusion d’une altérité radicale que l’enseignement de la philosophie devrait à sa position de surplomb, donne une image plutôt répulsive ; il accrédite les préjugés tenaces qui, ici ou là, entretiennent la méfiance à l’égard d’un enseignement qui mérite de meilleurs défenseurs.

 Le groupe d’experts dont j’ai eu à présider les travaux d’où sont issus les programmes actuellement enseignés dans les classes, avait pour mandat de rester dans le cadre d’un enseignement limité à la seule année de terminale. Nous étions pourtant très nombreux au sein de ce groupe à penser que les choses iraient beaucoup mieux pour cet enseignement s’il était étalé progressivement sur plusieurs années. Je reste convaincu que le bon moment pour commencer se situe en classe de 2de, avec une continuité de l’enseignement sur trois ans.

 

Qu’attend-on en effet de l’enseignement de la philosophie ? Non pas qu’il véhicule une définition préalable de la philosophie, quand bien même d’ailleurs elle trouverait une attestation de légitimité réelle chez tel ou tel grand philosophe. A défaut, un consensus assez large peut être réalisé sur les objectifs de cet enseignement : amener chaque élève à l’exercice réfléchi du jugement, et lui permettre d’acquérir une culture philosophique initiale.

 Les moyens en sont de maîtriser des concepts éprouvés dans l’analyse de notions communes fondamentales (vérité, liberté, justice, etc.), de formuler un problème impliqué dans l’application de ces notions, de mener la discussion ordonnée des problèmes en reconnaissant les présupposés et les conséquences de leurs solutions possibles, le tout en s’instruisant, au travers d’œuvres ou de textes des grands philosophes, de la façon dont une telle pensée a pu être portée à son plus haut degré de responsabilité.

 Les exigences associées à ce travail ne relèvent pas d’une capacité intellectuelle hors de portée d’un élève de 2de, pourvu qu’il soit convenablement accueilli par un choix judicieux des thèmes à étudier et des exercices qui les accompagnent.

 

 Commencer l’étude de la philosophie en 2de et la poursuivre pendant trois années comporterait, pour tous les élèves et donc au-delà d’une expérimentation limitée, toutes sortes d’avantages.

 Tout d’abord, celui d’introduire une progressivité dans l’agencement du programme. La règle du jeu a maintenu le temps court d’une seule année, là où un étalement dans une plus longue durée permettrait l’acquisition d’une familiarité avec la discipline enseignée, donnant à l’élève beaucoup plus d’assurance dans son apprentissage et les moyens de consolider ses résultats.

 Ensuite, les élèves trouveraient l’occasion, dans la plupart des cas, d’avoir affaire à plusieurs professeurs différents, dont chacun aurait sa propre façon de faire. On en finirait ainsi avec la représentation plus ou moins fantasmée d’un intercesseur unique entre l’élève et la philosophie, et l’on réduirait les risques de déception liés à cette unicité.

 Pour ne rien dire de l’université, et à s’en tenir aux formations où les étudiants ne se spécialisent pas complètement, un élève qui poursuit sa scolarité en classe préparatoire aux grandes écoles peut rencontrer deux ou trois professeurs de philosophie différents. Qui niera que ce soit une occasion d’enrichissement intellectuel ?

 Enfin, un des motifs de la difficulté que beaucoup d’élèves rencontrent lorsqu’ils abordent, trop tard, l’enseignement de la philosophie, est qu’il se trouve alors exclusivement corrélé à la préparation d’une épreuve du baccalauréat. A tort ou à raison - sans doute à tort, mais le fait est là - il en résulte une appréhension, entretenue par des rumeurs sur la valeur de la notation en philosophie, qui obère de difficultés superflues le travail des élèves et des professeurs ; elles seraient fortement amoindries s’il en allait ici de la philosophie comme du reste.

 Assurément, cette conception banale, et délibérément telle, de l’enseignement de la philosophie ne promet pas aux élèves d’’entrer en philosophie’, comme on entre dans le temple des mystères initiatiques. Il leur suffirait d’entrer en classe sans la crainte (ou l’espoir, ce qui ne vaudrait pas mieux) d’avoir à y subir une ’épreuve’.

 En bref, il s’agit simplement de faire de la philosophie qu’on enseigne une discipline scolaire comme les autres. Qu’on ne dise pas que l’on nie par là ce qui différencie la philosophie des autres matières, pas plus que l’on n’a à effacer les différences qui existent tout aussi bien entre les mathématiques et l’histoire, l’anglais et la physique-chimie.

 Il ne s’agit de rien d’autre que de rendre définitive l’inscription nécessaire de la philosophie comme une composante indissociable de notre enseignement des lycées.

Il est également ex-président (2001-2005) du Groupe d’experts pour les programmes scolaires de philosophie.

Michel Fichant, professeur émérite à l’université Paris-Sorbonne

Article paru dans l’édition du 17.12.10

 


 

L’impensable enseignement de la philosophie en seconde - Thierry Giraud

LEMONDE.FR 13.12.10

 Il me semble que la tribune de Guillaume Pigeard de Gurbert, publiée dans Le Monde du 26 novembre sur le projet de faire de la philosophie en seconde, représente un faux débat.

 Le faux débat de la seconde et de l’essence de la philosophie. Le problème n’est pas de savoir si le projet annoncé par l’actuel ministre de l’Education nationale (lors d’un discours prononcé au siège de l’Unesco à paris le 18 novembre, journée mondiale de la philosophie) est, ou n’est pas compatible, avec une des définitions possibles, parmi d’autres, de ’ce que [c’est] que la philosophie’. Car il s’agit ’a fortiori de son enseignement’, c’est-à-dire, non d’une essence, mais d’un usage institutionnel qui lui assigne des finalités et des responsabilités. Usage institutionnel, dont on peut penser d’ailleurs qu’il a une part de responsabilité dans ce qu’a répété l’idéologie dominante des enseignants de philosophie sur la nécessaire maturité des élèves, correspondant, par une sorte d’harmonie préétablie, avec la classe de terminale. Tout ceci aurait bien fait rire, et ensemble, mais pour des raisons inverses, ces deux intellectuels ennemis que furent Platon et Gorgias : le premier prônant l’introduction de la philosophie vers quarante-cinq ans, le second dès l’adolescence mais pour la stopper presque aussitôt.

 J’ai eu la chance d’enseigner à d’immatures petites secondes qui ont tous volontairement continué en première. Et qu’est-ce que cela prouve ? Outre le caractère ponctuel de cet exemple, tout enseignant un peu lucide sait qu’il est difficile d’être juge et partie, a fortiori lorsqu’il enseigne une matière qui jouit d’un certain prestige. Comment pourra-t-on sérieusement se prononcer sur cette question de l’âge à partir duquel un enseignement de la philosophie, non dévoyé, est effectivement possible avant une expérimentation institutionnalisée très différente des expériences actuelles aussi sporadiques, bien souvent, que les sous services ?

 Effet d’annonce : l’avenir est déjà là. L’annonce de l’actuel ministre de l’Éducation nationale est le énième effet d’annonce, à soixante-quinze pour cent, de l’actuel gouvernement. En effet, il s’agirait de réfléchir à quatre axes principaux.

 La possibilité d’intervenir dans le cadre de l’éducation civique, juridique et sociale (ECJS) qui existe déjà depuis quelques années.

La possibilité d’intervenir dans le cadre des enseignements d’exploration qui existe déjà depuis la rentrée 2010.

 La possibilité d’intervenir dans le cadre de l’accompagnement personnalisé qui existe déjà depuis la rentrée 2010. Par ailleurs, on voit mal le rapport entre du soutien scolaire et l’introduction d’une nouvelle matière. Autrement dit, il s’agirait de l’introduction des professeurs de philosophie en seconde sans introduction de la philosophie en seconde. Ne s’agit-il pas là d’un authentique ’impensable’ à penser ?

 Reste le dernier axe, authentique avenir cette fois, consistant en interventions ponctuelles dans un cadre interdisciplinaire. Le problème ne tient pas ici à une quelconque absence de maturité, maturité en laquelle il faut encore croire, mais est véritablement de nature pédagogique. Peut-on penser raisonnablement qu’il est possible de faire comprendre la spécificité d’un nouvel enseignement à un élève de seconde dans un cadre interdisciplinaire de façon ponctuelle ? Telle est bien la différence avec l’enseignement d’exploration qui se déploie lui aussi dans un cadre interdisciplinaire mais pendant une année, sans cependant avoir encore fait ses preuves, s’il les fait.

 

FIN DE PARTIE ?

 Pour autant, ce faux débat redoublant un effet d’annonce concerne un vrai problème que les plus hautes instances de l’Éducation nationale n’ignorent pas. Le rapport de 2010 de l’ex-doyen de l’inspection générale de philosophie, Jean-Louis Poirier, se terminait en des termes très clairs : urgence de ne pas en rester au statu quo à différents niveaux dont celui de l’enseignement en séries technologiques et celui de l’introduction de la philosophie en première. La nécessité d’introduire l’enseignement de la philosophie en amont de la terminale apparaît donc de plus en plus comme de la responsabilité de l’institution même si elle n’apparaît pas à tous ses acteurs. La lente et sûre érosion de la série L n’est-elle pas due, entre autres, au fait que la majorité des élèves aurait besoin de plus de temps pour acquérir de nouvelles méthodes et de nouveaux savoirs de façon à ce que l’épreuve ne se transforme pas, pour une partie d’entre eux du moins, en une sorte de rite sacrificiel ?

 Mais alors, c’est d’une véritable introduction dont ils ont besoin, qui implique un véritable programme de philosophie, sans cadre interdisciplinaire et qui s’adresse à l’ensemble des élèves considérés, sous la forme d’un enseignement obligatoire. Or si l’actuel ministre ’pense notamment à un enseignement de préparation à la philosophie en première littéraire’, celui-ci s’inscrit dans le cadre séducteur en apparence mais en réalité nationalement ’décadré’ de la fameuse autonomie des établissements.

 Cette année, combien d’élèves de seconde reçoivent un enseignement d’exploration où intervient un professeur de philosophie ? L’an prochain, combien de lycées choisiront de mettre en place un tel enseignement en première, créant une inégalité de plus, contrevenant à une école qui se prétend républicaine ? Alors, fin de partie ou ’ce n’est qu’un début’ ?

 Thierry Giraud, enseignant de philosophie


Faire de la philosophie en 2de, c’est trop tôt - Guillaume Pigeard de Gurbert

LE MONDE, article paru dans l’édition du 26.11.10

 Voilà que ressurgit d’un carton ministériel la vieille idée d’introduire l’enseignement de la philosophie plus tôt dans le cursus scolaire. Aujourd’hui, l’idée est de le tester au lycée, en classe de 2de ; d’autres fois, on a voulu l’essayer au collège, voire à l’école primaire. Les uns comme les autres se gardent le plus souvent de dire ce qui fait au juste qu’un enseignement est un enseignement philosophique, et non simplement un enseignement de choses qui ont un rapport plus ou moins lointain à la philosophie.

 Comme si cela allait de soi, comme si chacun savait bien ce que c’était que la philosophie et, a fortiori, son enseignement. On présuppose tantôt que la philosophie consiste en une manière de penser, une méthode, et l’apprentissage de l’argumentation, de l’analyse, de la critique ou du questionnement, lequel tient alors lieu de label ’philosophique’. Tantôt on mentionne les thèmes censés garantir l’appellation ’philosophique’ de l’enseignement, non plus par la forme mais cette fois par le contenu.

 Pour ma part, j’observe depuis vingt ans dans mes classes que l’année de terminale constitue le bon moment pour entrer en philosophie et je devine qu’un an plus tôt, à quelques exceptions près, les élèves passeraient à côté. Pour autant que je m’en souvienne, si ma propre découverte de l’enseignement philosophique en classe de terminale a été déterminante, au point d’y consacrer mon existence, je crois que je n’aurais pas été aussi bien préparé l’année précédente et je crains fort que l’élève que j’étais en 2de ne se fût mépris sur la nature de cet enseignement. Tout cela, bien sûr, relève de l’empirique et reste hautement discutable.

 Il me semble que tout ce débat repose sur un malentendu concernant ce que c’est que la philosophie. Je veux parler de cette présupposition silencieuse selon laquelle tout le monde sait plus ou moins ce que c’est que la philosophie et est donc à même d’être pour ou contre son enseignement en 2de. Or il n’est pas du tout certain que tel soit le cas. A écouter les discussions, on a le sentiment d’être en présence d’une sorte d’essaim souterrain de définitions dont l’unité est absente.

 Commençons par écarter toutes les pseudo-définitions en disant clairement ce que la philosophie n’est en aucun cas : la philosophie n’est pas une méthode ni une forme de pensée. Je mets au défi quiconque de définir une telle méthode sans englober du même coup dans sa définition bien d’autres disciplines.

 La philosophie ne se définit pas davantage par des thèmes ou des questions spécifiques : Dieu, le désir, la mort, que sais-je encore ?, ces thèmes et les questions qu’ils suscitent appartiennent aussi bien à la religion ou aux sciences. Pourtant, si la philosophie existe, et c’est un fait qu’elle existe, elle doit bien pouvoir être définie. Et c’est à partir de cette définition seule qu’on doit être à même de poser le problème de l’enseignement philosophique en 2de.

 Il faut ici chercher ce qui se retrouve à chaque fois chez les grands philosophes, ce qui leur appartient en propre et qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Or, ce trait qui fait la dimension philosophique d’une pensée, c’est très précisément la prise en compte par la pensée de l’impensable. La philosophie est en effet cette pensée qui se définit par sa sensibilité à l’impensable que son usage ordinaire, scientifique ou religieux lui ravit.

 La philosophie est une sorte de raté de la pensée, une manière d’aberration intellectuelle. Là où science et religion ouvrent à la pensée des horizons infinis, la philosophie est une impasse évolutive de la pensée arrêtée par le mur de l’impensable. Ce n’est pas qu’elle se satisfasse de ce désastre ni qu’elle l’ait voulu ou qu’elle le revendique. C’est juste qu’elle ne peut pas faire autrement que d’y penser comme à son propre problème incontournable, qui met en doute son existence même. Voilà la philosophie : la pensée saisie d’un doute indépassable et inoubliable non pas sur tel objet, tel sujet, telle question ou tel thème, mais sur sa propre existence !

La science, elle, ne connaît que le drame de l’inconnu, qui est du non encore pensé c’est-à-dire du pensable. La religion, de son côté, oscille entre la pensée et la passion du divin. Mais qu’elle aille au divin par la raison ou qu’elle s’y sente passionnément attirée, le divin est de toute façon l’assurance absolue contre l’impensable. La pensée philosophique se situe en deçà du penchant de la pensée pour le pensable. Le problème naturel de la pensée est d’échapper à l’impensable. Le fait philosophique, lui, est celui d’une pensée qui y est engluée au point de douter de jamais pouvoir s’en sortir.

 La présence ou l’absence de cette tragédie de l’impensable fait le départ entre la philosophie et ses ombres. Or, pour y avoir affaire, il faut que la pensée se soit préalablement et durablement installée dans son élément : le pensable. Tel est précisément le rôle de l’enseignement secondaire, qui apprend à étendre l’empire du pensable à l’histoire, à la biologie, à l’économie, etc. et dont l’enseignement philosophique constitue très exactement la limite.

L’enseignement de la philosophie en terminale ne vient pas simplement ajouter une nouvelle discipline, un champ d’application supplémentaire pour la pensée. Non, il intervient comme une découverte qui rend à la pensée sa sensibilité à l’impensable et fissure l’édifice construit jusque-là, depuis l’apprentissage de la lecture jusqu’à la maîtrise du calcul intégral ou des lois de l’hérédité, en passant par la connaissance du passé.

 Veillons d’abord à bien installer les élèves de lycée dans l’effort de la pensée pour ramener l’impensé au pensable. Plus ceux-ci auront pratiqué la puissance de la pensée dans divers domaines, mieux ils seront préparés à endurer cette épreuve, qui se nomme philosophie, d’une pensée préoccupée par son impuissance, comme c’est le cas aujourd’hui.

 Guillaume Pigeard de Gurbert, professeur de philosophie


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