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Rencontre avec la DGESCO sur le programme de la spécialité "Humanités, littérature et philosophie"

samedi 1er décembre 2018 par Frédéric Le Plaine

Compte-rendu de la rencontre du 29/11/2018 avec la Direction générale de l’enseignement scolaire

Invitée par Monsieur Jean-Marc Huart, Directeur de l’enseignement scolaire, dans le cadre des échanges menés par la DGESCO avec les associations et les syndicats, parallèlement à la consultation sur les projets de programme, l’ACIREPh était représentée par Frédéric Le Plaine (président) Serge Cospérec et Cécile Victorri (membres du C.A.).
Étaient présents :
- Jean-Marc Huart, Directeur général de l’enseignement scolaire,
- David Muller, Chef du bureau des contenus d’enseignement et des ressources pédagogiques,
- Muriel Grébert, chargée d’études au bureau des contenus d’enseignement et des ressources pédagogiques.
Également invitée, l’Appep était représentée par Nicolas Franck et Pierre Hayat.

L’objet de cette rencontre était d’entendre la position des associations représentatives des professeurs de philosophie sur le programme de la spécialité « Humanités, littérature et philosophie » (HLP).

Compte-tenu du calendrier très contraint, l’ACIREPh peine à croire que ces consultations puissent réellement être prises en compte avant la publication définitive des programmes. Elle rappelle à M. Huart son opposition aux modalités de leur écriture par les Groupes d’élaboration des projets de programmes (GEPP), ces derniers s’étant vu refuser par la présidence du Conseil supérieur des programmes (CSP) de rencontrer les associations de spécialistes, en contradiction avec les textes réglementaires. Cependant, M. Huart nous précise que c’est la DGESCO qui finalise les programmes et qu’en ce sens nos remarques et nos propositions ne sont pas vaines.

L’ACIREPh présente tout d’abord les aspects du projet de programme de Première de la spécialité HLP qui lui paraissent intéressants :

- le caractère interdisciplinaire de cet enseignement, qui suppose un réel travail en concertation entre professeurs de lettres et professeurs de philosophie ;

- L’ancrage historique des thématiques choisies peut être de nature à donner des repères utiles pour comprendre que les idées ont une histoire. La chronologie permet aux éléments de savoirs souvent disparates chez les élèves de faire culture au lieu de s’éparpiller dans le vide. Cet ancrage n’empêche aucunement la nécessaire problématisation propre à la philosophie. Cette détermination par l’histoire pourrait permettre de compenser en partie les inégalités des élèves face à la culture scolaire.

L’ACIREPh expose ensuite ses critiques, de deux ordres, internes au programme lui-même, et relatives à ses conditions d’enseignement.

Critiques internes
 :

- Les objectifs de cette spécialité pour la formation intellectuelle des élèves ne sont indiqués que dans des termes très vagues dans le texte de préambule du programme. Quelles compétences, quelles connaissances sont censées être développés, et que doivent-elles apporter à la construction personnelle des élèves ? Ces objectifs doivent être précisés, en particulier pour pouvoir élaborer des épreuves qui soient à même de les évaluer.

- L’ancrage historique devrait être accompagné d’une entrée en matière, pour chaque thématique, par une problématique contemporaine. Il s’agit d’échapper à une conception muséographique des humanités, et de rendre cette spécialité attractive pour les élèves en reliant la dimension historique à ce qui lui donne son sens, c’est-à-dire comme un tremplin d’analyse pour « diagnostiquer le présent ».
- l’intitulé « les pouvoirs de la parole » donne la part belle à une approche littéraire centrée sur une approche descriptive de la rhétorique. L’ACIREPh demande que soient plus explicitement indiquées l’articulation des procédés rhétoriques aux normes rationnelles de vérité et l’analyse critique des pouvoirs.

Critiques externes :

- La question de la démocratisation de cet enseignement reste entière. Si les humanités ne doivent pas être réservées à une minorité d’élèves, la spécialité HLP doit être proposée dans tous les établissements. Il ne serait pas sérieux de la renvoyer à des bassins d’établissements, voire à des académies entières. Comment songer sérieusement que les élèves soient à égalité face à l’éloignement géographique, et que le choix de leurs spécialités n’obéisse pas à autre chose en définitive qu’aux contraintes locales de leur établissement ?

- Le texte du préambule du programme est très insuffisamment coercitif quant au cadrage horaire de l’enseignement de la spécialité HLP entre professeurs de lettres et professeurs de philosophie. Il y est indiqué : « Aucune de ces entrées n’est spécifiquement littéraire ou philosophique. Chacune d’entre elles se prête à une approche croisée, impliquant une concertation et une coopération effectives entre les professeurs en charge de cet enseignement qui, en terminale comme en première, doit être assuré à parts égales. » Une telle formulation laisse trop de marge à l’interprétation et aux arbitrages qui dans les lycées obéiront inévitablement à des impératifs de gestion visant à ajuster la répartition des heures de façon très variable, hors de toute considération pédagogique. C’est la raison pour laquelle l’ACIREPh demande un cadrage explicite et clair inscrit au Bulletin Officiel : 2 heures pour chaque discipline en Première, 3 heures pour chaque discipline en Terminale. Telle est la condition pour que l’interdisciplinarité soit réussie et l’égalité républicaine de traitement assurée.

- La coordination entre professeurs de lettres et professeurs de philosophie est intéressante, mais elle ne s’improvise pas : elle a besoin de moyens pour être correctement mise en œuvre. L’ACIREPh demande donc qu’un minimum raisonnable de 5 heures annuelles soit alloué à ce travail indispensable de préparation des progressions, des cours et des modalités d’évaluation.

Sur la question des épreuves, la difficulté de se prononcer sur des programmes sans avoir une idée des épreuves a été signalée. Il nous a été » répondu que pour avoir des épreuves il fallait avoir des programmes. Cet argument serait valable si toutefois les compétences visées par les programmes étaient explicites et spécifiées, ou si au moins les objectifs du programme étaient clairement déterminés. Ce n’est pas le cas comme nous l’avions déjà fait remarquer.

Bilan

Si nos remarques ont été écoutées, et notées, pour être « remontées » il nous a été clairement précisé que le ministre ayant sa propre vision, seules les observations réitérées par les différents représentants consultés, ou celles qui apporteraient une amélioration simple et évidente seraient sans doute prises en compte. L’ACIREPh a donc systématiquement souligné les points d’accord ou de convergence qu’elle avait avec l’APPEP, notamment sur la nécessité d’avoir des garantie sur la répartition horaires entre les professeurs de lettres et de philosophie, et que soit levée toute ambiguïté des textes à cet égard.


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