Acireph : Association pour la Création d’Instituts de Recherche sur l’Enseignement de la PHilosophie

Les sujets du bac philo à Pondichéry

mercredi 4 mai 2016 par Admin

Série S :

La religion n’est-elle qu’un fait de culture ?

Choisit-on d’être artiste ?

Expliquer le texte suivant :

Tout ce qui est bon est louable ; or, tout ce qui est louable est honnête ; donc tout ce qui est bon est honnête. » La conséquence te paraît-elle bien tirée ? Certes ; car tu vois bien que la conséquence est dans ce qui résulte des deux propositions prises pour prémisses [1]. De ces deux propositions, on a l’habitude de contester la première en disant qu’il n’est pas vrai que tout bien est louable ; car on accorde que tout ce qui est louable est honnête ; mais il est tout à fait absurde qu’il y ait un bien qui ne soit pas une chose à rechercher, ou une chose à rechercher qui n’agrée pas, ou une chose qui agrée qui ne soit pas digne d’être aimée, donc aussi digne d’être approuvée, par conséquent aussi louable ; or le louable est honnête ; il en résulte que ce qui est bien est aussi honnête. Je demande aussi qui pourrait se glorifier d’une vie malheureuse ou d’une vie qui n’est pas heureuse ? On ne peut tirer gloire que d’une vie heureuse : d’où il résulte que la vie heureuse est digne d’être glorifiée, qualité qui ne peut appartenir à bon droit qu’à une vie honnête : et de là vient qu’une vie heureuse est une vie honnête… Et puisque l’homme qui mérite d’être loué est désigné pour l’honneur et pour la gloire par des avantages si grands qu’il mérite aussi d’être appelé heureux, on aura le droit de dire de sa vie ce qu’on dit de lui-même. Ainsi, puisque l’honnêteté détermine la vie heureuse, ce qui est honnête doit être tenu pour le seul bien.

CICERON, Des Biens et des maux (1er siècle avant J.C.)

La connaissance de la doctrine de l’auteur...


Série ES

Y a-t-il des vérités indiscutables ?

Le bonheur est-il le but de l’existence ?

Expliquer le texte suivant :

La seule raison légitime que puisse avoir une communauté pour user de la force contre un de ses membres est de l’empêcher de nuire aux autres. Contraindre quiconque pour son propre bien, physique ou moral, ne constitue pas une justification suffisante. Un homme ne peut pas être légitimement contraint d’agir ou de s’abstenir sous prétexte que ce serait meilleur pour lui, que cela le rendrait plus heureux ou que, dans l’opinion des autres, agir ainsi serait sage ou même juste. Ce sont certes de bonnes raisons pour lui faire des remontrances, le raisonner, le persuader ou le supplier, mais non pour le contraindre ou lui causer du tort s’il agit autrement. La contrainte ne se justifie que lorsque la conduite dont on désire détourner cet homme risque de nuire à quelqu’un d’autre. Le seul aspect de la conduite d’un individu qui soit du ressort de la société est celui qui concerne les autres. Mais pour ce qui ne concerne que lui, son indépendance est, de droit,absolue. Sur lui-même, sur son corps et son esprit, l’individu est souverain.

J.S Mill, De la liberté, 1859

La connaissance de la doctrine de l’auteur...


Série L

Faut-il des connaissances pour apprécier une œuvre d’art ?

L’autorité de l’État s’oppose-t-elle à la liberté des individus ?

Expliquer le texte suivant :

Concernant la partie des créatures qui est vivante, bien que dépourvue de raison, un traitement violent et en même temps cruel des animaux est […] intimement opposé au devoir de l’homme envers lui-même, parce qu’ainsi la sympathie à l’égard de leurs souffrances se trouve émoussée en l’homme et que cela affaiblit et peu à peu anéantit une disposition naturelle très profitable à la moralité dans la relation avec les autres hommes – quand bien même, dans ce qui est permis à l’homme, s’inscrit le fait de tuer rapidement (d’une manière qui évite de les torturer) les animaux, ou encore de les astreindre à un travail (ce à quoi, il est vrai, les hommes eux aussi doivent se soumettre), à condition simplement qu’il n’excède pas leurs forces ; à l’inverse, il faut avoir en horreur les expériences physiques qui les martyrisent pour le simple bénéfice de la spéculation, alors que, même sans elles, le but pourrait être atteint. Même la reconnaissance pour les services longtemps rendus par un vieux cheval ou un vieux chien (comme s’ils étaient des personnes de la maison) appartientindirectementdevoirs de aux l’homme, à savoir au devoir conçu enconsidération de ces animaux, mais cette reconnaissance, envisagéedirectement, n’est jamais qu’un devoir de l’homme envers lui-même.

Kant, Doctrine de la vertu, 1797

La connaissance de la doctrine de l’auteur...


Séries technologiques : STMG, STI2S...

Tous les échanges sont-ils profitables ?

Est-on d’autant plus heureux que l’on est plus cultivé ?

Pourquoi l’homme est-il perfectible et pourquoi l’animal ne l’est-il pas ? L’animal ne l’est pas, parce que sa raison, s’il en a une, est dominée par un sens despote [2] qui la subjugue [3]. Toute l’âme du chien est au bout de son nez, et il va toujours flairant. Toute l’âme de l’aigle est dans son œil, et l’aigle va toujours regardant. Toute l’âme de la taupe est dans son oreille, et elle va toujours écoutant.

Mais il n’en est pas ainsi de l’homme. Il est [4] entre ses sens une telle harmonie qu’aucun ne prédomine assez sur les autres pour donner la loi à son entendement ; c’est son entendement au contraire, ou l’organe de sa raison qui est le plus fort. C’est un juge qui n’est ni corrompu ni subjugué par aucun des témoins ; il conserve toute son autorité, et il en use pour se perfectionner : il combine toutes sortes d’idées et de sensations, parce qu’il ne sent rien fortement.

Diderot, Réfutation d’Helvétius, 1786

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

  1. Dégager l’idée principale de ce texte et les étapes de son argumentation
  2. Expliquez les expressions suivantes :
    1. L’homme est « perfectible »
    2. « Toute l’âme de l’aigle est dans son œil, et l’aigle va toujours regardant »
    3. « C’est un juge qui n’est ni corrompu ni subjugué par aucun des témoins »
  3. La raison est-elle indépendante des sens ?

[1Prémisse : point de départ d’un raisonnement

[2« Despote » : tyran

[3« subjuguer » : dominer totalement

[4« il est » : il existe


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