Acireph : Association pour la Création d’Instituts de Recherche sur l’Enseignement de la PHilosophie

La guerre des programmes : présentation générale

Le récit par Serge Cospérec des tentatives — réussies ou non — de changement du programme de philosophie des classes terminales de 1975 à nos jours.
jeudi 15 août 2013 par Serge Cospérec

La présentation de cette histoire, la sélection des textes et leur organisation est faite par Serge Cospérec. Quelques mots à ce sujet.

D’où je parle. Je suis professeur agrégé de philosophie, j’ai été adhérent de l’APPEP (une dizaine d’années). Je me suis intéressé à l’enseignement de la philosophie, à son histoire et ses réformes à partir de 1990 (avec le projet Derrida-Bouveresse). De 1998 à 2002, j’ai été responsable du Groupe Philosophie du SNES où j’ai poursuivi l’important travail de réflexion initié par mes prédécesseurs. La bataille autour des programmes Renaut a été fatale. Le SNES, après les avoir soutenus, a dû se résoudre à abandonner la réforme ; les polémiques divisaient trop profondément ses adhérents dont la majorité jusque-là progressiste a rejoint la coalition des opposants à la réforme. J’ai alors quitté le Groupe Philo du SNES et rejoint l’ACIREPh dont je suis toujours adhérent.
L’histoire racontée ici est faite par un acteur engagé. Je ne prétends pas à l’improbable impartialité de l’observateur. Il existe une « histoire officielle » de cette période, faite par les conservateurs, bien peu respectueuse des faits ; elle nourrrit la mémoire fantasmatique de la corporation. Chacun pourra consulter ici les éléments occultés ou déformés par « l’histoire officielle ».

La guerre des programes

Pour une histoire critique de l’enseignement philosophique

« La discipline qui se targue d’être la plus consciente et la plus critique de toutes est aussi celle qui se révèle à peu près toujours, en pratique, la plus conservatrice et la plus imperméable à toute idée de réforme ».

Jacques Bouveresse


L’enseignement de philosophie ne s’est jamais remis de la réforme de 1973 dont les principes continuent de régir les programmes français de philosophie.

Chaque année un certain nombre de sujets de baccalauréat déconcertent élèves et enseignants. Chaque année les correcteurs réunis en commissions d’évaluation des copies désespèrent : la majorité des copies ne répondent pas aux attentes de l’épreuve de philosophie comme en témoigne les moyennes obtenues même après une harmonisation indulgente des notes. Les mêmes explications reviennent sans cesse incriminant la l’effondrement du niveau des élèves, le délitement de la société et de l’école.
Ces explications empêchent de reconnaître que l’origine du mal est ailleurs : dans la nature des programmes qui, depuis 1973, se refusent à déterminer les problèmes que doivent étudier les élèves. La réforme de 1973 institue en effet une rupture majeure avec les programmes antérieurs :
- le classique programme de « questions » est remplacé par un programme de « notions » laissant au professeur la liberté d’élaborer les « problèmes » de son choix auxquelles celles-ci seront artificiellement rattachées ; liberté inouïe et inédite d’inventer un programme de son crû et autant de programmes à l’arrivée qu’il y a d’enseignants.
- la liste des oeuvres est remplacée par une liste d’auteurs (toujours plus extensive) offrant à chaque professeur la possibilité de piocher des textes dans la quasi-totalité du corpus philosophique, au moins occidental et le plus souvent très continental.
- la réforme de 1973 s’accompagne aussi d’une doctrine de l’enseignement (élaborée conjointement par l’Inspection Générale de l’époque et l’APPEP) qui décrète que chaque professeur de philosophie est désormais un « philosophe », et se doit de l’être.
Depuis ces changements, on constate que les élèves sortent du lycée sans acquérir la moindre culture philosophique, cette culture constituée par la connaissance des problèmes classiques de philosophie dont l’étude constituait l’objet même d’une classe de philosophie jusque dans les années 60. Plus personne ne peut dire ce qu’un élève de classe de philosophie est censé savoir au terme d’une année de philosophie, en dehors de formules creuses du type « il apprend à réfléchir », « à penser », il apprend la « liberté », etc. ; ce que le vacuité philosophique sidérale des copies du bac atteste… sans que les élèves y soient pour rien, précisons-le.

En quoi consiste la rupture ?

Avant 1973, il va de soi que le professeur de philosophie traite de « questions » de philosophie et n’a d’autre liberté que celle de l’ordre dans lequel il les traite. Ces « questions » renvoient à des problèmes notoirement reconnus comme tels, c’est-à-dire ceux que les philosophes ont élaboré dans leurs œuvres et qui constituent l’histoire de la philosophie. L’étude des « questions » (ou « notions » si l’on veut) est subordonnée au texte des Auteurs et le « philosopher » à l’histoire de la philosophie. Il ne viendrait à l’idée d’aucun professeur de se prendre pour un « philosophe » et d’ajouter ainsi son nom à la liste des Auteurs. La réforme de 1973 renverse cette logique : le professeur de philosophie devenu « Philosophe » a « le devoir de penser devant sa classe » répètent en chœur Inspection Générale et APPEP. L’étude des Auteurs est subordonnée à celle « notions » (le terme « question » a symptomatiquement disparu) qui l’est elle- même au « philosopher » du professeur. En effet, c’est au Maître de Philosophie de penser et d’élaborer sa « problématique » où viendront s’ordonner les notions, les auteurs et l’histoire de la philosophie. Ce qui signifie concrètement, que puisant ad libitum dans le catalogue des "Notions-du- Programme", le Maître de Philosophie y prélève de quoi fabriquer astucieusement une "problématique" qu’il feint de découvrir et d’étudier rationnellement en pensant, magistralement, « devant ses élèves » ; c’est la « Leçon », modèle pédagogique unique aussitôt imposé à tous ; et l’Inspection y veille. La réforme de 1973 s’accompagne, relève le GREPH, d’une nouvelle compréhension de la « liberté » du professeur qui « l’autorise à qualifier d’"étude de notion" un monologue magistral procédant d’amalgames syncrétiques et de juxtaposition rhapsodique de thèmes disparates et de références hétérogènes […] où se combinent fictivement les champs sémantiques et les contextes, faisant arbitrairement abstraction sélective, pour les besoins de la "problématique", des situations de communication et des domaines d’usage pertinent du langage ». Le souci qui gouvernait la réforme de 1973, était certes, légitime : éviter que un enseignement réduit à des « questions de cours » poussant les élèves à apprendre des résumés doctrinaux, à l’exemple de ce que l’on pouvait trouver dans les manuels en usage (comme le Cuvillier, le Mury & Oriol, le Vergez Huisman). Mais, c’était se tromper le diagnostic et le moyen d’y remédier. Tout enseignement peut tourner à la revue doctrinale y compris avec un programme de notions. Ce n’est pas l’étude des problèmes classiques de philosophie qui en en était en soi la cause, mais bien la manière dogmatique de pratiquer les programmes et l’enseignement.

Mesurons bien la différence institutionnelle introduite par la réforme de 1973. De 1902 à 1960, la formule en tête des programmes est la suivante : « l’ordre et les divisions du programme n’enchaînent pas la liberté du professeur ; il suffit que les questions qui y figurent soient toutes traitées ». À partir de 1973, elle devient : « L’étude des notions est toujours déterminée par des problèmes philosophiques dont le choix et la formulation sont laissés à l’initiative des professeurs. Les notions qui figurent sous chacun des titres indiquent non pas des chapitres successifs, mais des directions dans lesquelles la recherche et la réflexion sont invitées à s’engager. » Un non-programme corrélat de l’ahurissante liberté programmatique. Avant 1973, les professeurs ont la liberté de l’ordre de traitement des questions. C’est bien de cette liberté que met en avant la circulaire de 1925 (dite « Instructions » d’Anatole de Monzie) qui accompagne des programmes de questions de 1923 : "Le professeur est libre de sa méthode comme de ses opinions". Il est clair qu’il s’agit de liberté méthodologique. Le texte distingue d’ailleurs, très explicitement, d’une part, "La méthode", et, d’autre part, "La matière de l’enseignement", à propos de laquelle il n’est aucunement fait mention de la "liberté" du professeur. Cette liberté de méthode et d’opinion n’est pas liberté décider arbitrairement du programme, c’est la liberté académique (ou doctrinale : le professeur est libre de ses références et conclusions) et la liberté pédagogique (ou didactique, le choix de la méthode d’enseignement). La liberté du professeur n’a jamais été une liberté programmatique parce que c’est incompatible avec un enseignement scolaire. Et c’est pourtant cette liberté d’inventer soi-même son programme qui est donné par la réforme de 1973 et son commentaire par l’Inspection et l’APPEP. Disposition ô combien désastreuse. La liste de notions devient cette suite de « mots » interprétables selon la complexion intellectuelle de chaque professeurs, voire de ses marottes. Le "programme de notions" équivaut, de fait, à une absence totale de programme. La conséquence en est qu’il y a autant d’enseignements scolaires dits de "philosophie" (parfaitement hétérogènes et disparates quant au "contenu") qu’il y a d’enseignants. L’aléatoire des épreuves du baccalauréat. Les répercussions sur la validité nationale et la crédibilité de l’examen final sont immédiates : le baccalauréat est devenu impréparable (rien n’est exclu, tout sujet est possible) et les élèves en sont réduits chaque année à espérer un miracle : qu’un des trois sujets qui « tombent » ne soit pas trop éloigné des problématiques librement choisies et inventées par son professeur. L’aléatoire n’est pas la notation (comme le croient les élèves) mais dans la rencontre entre ce qui a été étudié pendant l’année et les sujets de l’examen, un programme de « notions » ne circonscrivant rigoureusement rien. Les critiques de l’épreuve de philosophie - la « loterie du bac » dira même un Ministre – deviennent récurrentes et fragilisent la philosophie (est-ce un complet hasard si deux ans après l’adoption de cette réforme une nouvelle réforme prévoit de faire glisser la philosophie en 1ère et de la rendre optionnelle en Terminale ?). La dissertation impossible. La dissertation, « inventée » sous la Troisième République pour en finir avec les questions de cours, devient impraticable. Disserter sur un problème que l’on connaît est possible ; disserter sur un problème que l’on découvre le jour du baccalauréat, sans connaissance particulière des attendus et présupposés, des enjeux, des thèses possibles, etc., est strictement impossible. La fiction du « penser par soi-même » entretient l’illusion - pédagogiste pour le coup - qu’un élève pourrait traiter n’importe quel sujet en toute ignorance de cause. L’élève est supposé doué d’une faculté de réflexion, absolument autonome, éternelle, impersonnelle et capable de s’exercer spontanément sur n’importe quel sujet. Le mot d’ordre de la pédagogie officielle est devenu : « apprendre à philosopher » sans philosophie ni philosophes, c’est-à-dire « apprendre à apprendre » sans rien apprendre. La dissertation a donc aussi changé de nature : d’exercice de réflexion sur un problème connu parce que classique (étudié dans les classes), elle est devenue exercice de pure invention, exercice de « philosopher » hors sol avec le succès que l’on connaît.

Tentative de réforme et réaction corporatiste

Très tôt les professeurs de philosophie mesurent les impasses de ce type de programme. René Poirier (alors membre de l’Institut, professeur à la Sorbonne) s’inquiète du changement intervenu depuis à peine deux ans :

« ce qu’on nous demande trop souvent, en ce moment, c’est de maintenir, et même d’accroître autoritairement les horaires de philosophie, en laissant aux enseignants toute liberté d’y enseigner ce qui leur plait » (...) Autrefois, en classe de philosophie, on étudiait dans un français normal, un ensemble de problèmes définis, on acquérait un ensemble de connaissances, ouvrant aux élèves un univers presque neuf, celui de l’expérience du moi, de l’esprit en général, et aussi du Monde. C’est sur cette base concrète, et non à vide, que se formait le jugement et que se révélait le sens des choses et de la vie humaine (…) Au bout de quoi, même avec un professeur moyen, on sortait avec un acquis positif, on savait quelque chose, on avait parfois des curiosités et même des inquiétudes philosophiques. (…) il ne s’agit plus désormais d’acquérir de vulgaires connaissances (…) mais de former l’homme, de le préparer à son engagement vital et social, de définir son attitude en face du monde et de l’existence, de faire l’apprentissage de la liberté et de prendre conscience du sens de la vie humaine, en développant avant tout l’esprit critique (…) Et assurément la philosophie est aussi cela et qui n’accepterait ces formules, un peu emphatiques d’ailleurs, pour mon goût ? (…) Je constate que, sans contester intérieurement, j’imagine, la valeur des connaissances concrètes, objectives et durables, et qui doivent être enseignées, ils les passent sous silence et mettent l’accent presque uniquement sur ce qui peut être dialogué, sur le sens de la vie, c’est-à-dire la vie humaine et sociale, sur l’engagement social, la remise en cause des valeurs, etc. Par ailleurs, ils passent également sous silence le fait qu’on ne peut pas apprendre à bien juger sans d’abord apprendre quelque chose de réel, qu’on ne forme pas l’esprit par une critique ou une discussion à vide, et qu’il faut s’appuyer sur des connaissances de faits précis et objectifs, qu’il faut apprendre avant de juger. Cela va sans dire, objectera-t-on. Cela irait mieux encore en le disant. (…) [1]

Toujours en 1975, Jacques Derrida interroge : « Au lieu de se cramponner à la « défense-de-la-philosophie » ou de se résigner à telle « mort-de-la-philosophie » pour servir dans les deux cas, avec le même pathos, les mêmes intérêts, ne faut-il pas travailler à imposer, de façon audacieuse et offensive, de nouveaux programmes, de nouveaux contenus, de nouvelles pratiques ? » [2]. Les États Généraux de la philosophie organisés en 1977 dressent un tableau critique de l’enseignement de philosophie. Et les critiques ne cesseront de s’amplifier. Dans les années 80 et 90, de nombreux projets de réforme voient le jour mais se heurtent à une réaction conservatrice.

La réaction conservatrice est d’abord le fait de l’Inspection de philosophie qui dans les années 80-90 devient partisane et sectaire. Pour conserver des programmes de « notions », elle élabore une doctrine de l’enseignement tout à fait inédite fondés sur quelques slogans (« le professeur est l’auteur de son cours », « tout cours est une leçon », etc.). Elle se présente comme l’ultime « rempart » d’un enseignement « authentiquement philosophique de la philosophie » (sic) et s’appuie tactiquement sur l’APPEP (qui défend aussi la position conservatrice). L’Inspection encourage en coulisse la « résistance » des professeurs à toute réforme, jouant du corporatisme et des traumatismes, encore forts dans la profession, liés aux rares tentatives de suppression de l’enseignement de philosophie. Le « complexe de la citadelle assiégée » - pour reprendre l’expression de Jean-Jacques Rosat - envahit la corporation et la pousse dans une opposition violente à toute proposition de rénovation de l’enseignement de philosophie. L’Inspection, ses affidés et l’APPEP traitent de « fossoyeur de la discipline » tout professeur émettant des doutes sur l’inimitable perfection du modèle français –pourtant récent - d’enseignement de la philosophie ; tout professeur critiquant publiquement les faiblesses de la classe de philo est désigné à la vindicte corporatiste comme un traître. Telle est la réalité, de ce que l’on pourrait appeler, rétrospectivement, les « années de plomb ». Dans cette période, nombreux seront les enseignants pénalisés pour avoir refusé le dogme corporatiste et son unique pensée : la « défense-de-la-classe-de-philosophie ».

Doctrine officieuse et invention de la « Novlangue » Le révisionnisme historique du front conservateur

Pendant ces deux décennies (1983-2003), le front conservateur soutenu par une Inspection générale qui a verrouillé ses propres troupes combat violemment toutes les projets de réformes : les propositions de Derrida-Bouveresse, l’avant-projet de Beyssade, le programme Renaut. L’Inspection se pose en gardienne du Temple : elle en bâtit les murs en théorisant une doctrine pédagogique [3] d’abord officieuse, puis officielle avec les programmes 2003 réussissant à faire croire que l’enseignement « authentiquement philosophique » de la philosophie a toujours été celui qu’elle dit être mais qu’il n’a jamais été. Les professeurs de philosophie, souvent peu au fait de l’histoire de leur discipline, souscrivent au nouveau credo décrétant que, désormais et depuis toujours, « la philosophie est à elle-même sa propre pédagogie » (sic). L’Inspection et l’APPEP réécrivent le dictionnaire : un « authentique » professeur de philosophie devra gommer de son langage des mots comme : « pédagogie », « apprentissage », « progressivité », « philosophie en première », « atelier de philosophie », « didactique », etc. ; d’autres mots changent de sens : « cours » = « leçon », « exercice philosophique » = « dissertation », « étude de texte » = « dissertation sur texte » ; le souci de l’« élémentaire » devient souci de l’immersion directe de l’élève dans « l’élément », comme dirait B. Bourgeois, sans médiation aucune ; de la circulaire ministérielle de 1925, sont occultés tous les passages relatifs au « tact pédagogique », à la critique des « leçons » devant un « auditoire passif », à la nécessité de rendre la philosophie « accessible à la moyenne des esprits » et d’ancrer, le cas échéant, la réflexion « dans les questions d’actualité » (sic !). Contre toute évidence, on affirme - pour les besoins de la cause antipédagogique - la doctrine de l’« unité » de la philosophie, comprenons de ses contenus et de ses pratiques, sorte de philosophia perennis doublée d’une paedagogia unica (celle de la « Leçon- Dissertation »), qui permet de combattre efficacement toutes les tentatives de penser les conditions d’un enseignement la philosophie destiné à tous, et notamment dans les séries technologiques et professionnelles. Dans ces dernières, l’Inspection Générale s’est appliquée à étouffer les « expérimentations » initiée par un Recteur (M. Bloch) et que portaient des professeurs et de rares IPR – dissidents - ).

L’histoire de l’enseignement de philosophie est également « révisé ». Les professeurs sont entretenus une vision mythique de ce qu’aurait été, à en croire l’Inspection, l’enseignement de philosophie. La figure d’Alain pensant devant ses élèves, est ressortie opportunément et devient un modèle (et on se garde bien de rappeler les sévères jugements de l’Inspection à son encontre). Le souci de l’exactitude historique s’efface devant celui, corporatiste, de la légende qu’il faut entretenir à des fins idéologiques. Les articles de foi de la doctrine officieuse sont répétés compulsivement à chaque réunion de professeurs - en exercice et en formation initiale - par la plupart des inspecteurs, et quelques prêtres zélés et néo-convertis de la nouvelle croyance jusqu’à faire oublier ce que fut réellement l’enseignement de philosophie, son histoire, ses débats et à rendre impossible, de ce fait, l’imagination de ce qu’il pourrait encore être ou devenir.

Pour une histoire critique…

L’enseignement de philosophie au lycée est en crise, tout le monde le reconnaît. Mais les récriminations, le ressentiment et les discours de déploration n’y feront rien. L’enseignement de philosophie sera sauvé qu’à la condition de rompre avec les « années de plomb » et d’être repensé dans son programme, ses pratiques, ses épreuves. La virulence des débats sur n’importe quel projet de réforme, la dramatisation des questions pédagogiques ont empêché toute réflexion sereine sur les transformations nécessaires et possibles. L’histoire « officielle » sert d’étouffoir aux débats au nom d’une « tradition » inventée de toute pièce et qu’il faudrait défendre. C’est pourquoi l’IREPh se propose ici de restituer à la mémoire collective les éléments qui pourraient nourrir une philosophie critique de l’enseignement de philosophie.

[1Intervention de Henri Poirier devant la Société Française de Philosophie, séance du 26 Avril 1975 disponible sur le site de la SFP et ici (cf. acte 1).

[2« La réforme Haby », paru dans Le Monde de l’éducation, n° 4, mars 1975.

[3Cette doctrine est analysée dans le Manifeste pour l’enseignement de la philosophie, consultable sur notre site


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